16 juin 2005

Raphaël Capissuchi de Bologne (1628-1655).


LA FRANCE PONTIFICALE (GALLIA CHRISTIANA)
HISTOIRE CHRONOLOGIQUE ET BIOGRAPHIQUE DES ARCHEVÊQUES ET EVEQUES DE TOUS LES DIOCÈSES DE FRANCE -- PAR M. H. FISQUET -- MÉTROPOLE D'AIX -- DIGNE -- 1ère PARTIE
Contenant DIGNE ET RIEZ.

BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N204180
pages 267

ADDITIONS ET CORRECTIONS

Nous avions, pour la Notice de Raphaël Capissuchi de Bologne, suivi la Gallia christiana que d'autres auteurs ont toujours servilement copiée. Cette Notice nous semblait entachée d'inexactitude, aussi avons-nous mis à profit un voyage fait au mois de mai de cette année 1869, dans plusieurs diocèses du midi de la France, pour découvrir, s'il était possible, quelques documents nouveaux sur ce prélat. Le succès a couronné nos recherches; nous prions donc nos lecteurs de substituer la Notice suivante à celle que nous avons insérée, page 109 de ce volume.

53. - RAPHAEL CAPISSUCHI DE BOLOGNE (1628-1655).

Neveu des deux précédents évêques, Raphaël était le fils de Claude, l'aîné des sept frères et il naquit à Mondovi, en Piémont. Après avoir d'abord embrassé la carrière des armes, et s'être distingué à Antibes, il l'abandonna pour entrer dans l'EgLise, et vint à l'université de Pont-à-Mousson, compléter les études qui lui étaient nécessaires. Il habitait cette ville, lorsque Etienne de Bologne, voyant le mal de son frère Louis sans remède, et reconnaissant des services que lui avait rendus son autre frère Claude, voulut, malgré l'avis de sa famille, faire de Raphaël le coadjuteur de l'évêque de Digne. Louis, son oncle, se démit, en 1617, en sa faveur, du prieuré de Sainte-Catherine du Val-des-Ecoliers, à Paris, sous la réserve, toutefois, d'une pension annuelle. Raphaël titré évêque de Mégare in partibus, vint à Digne au mois de septembre 1619, prendre possession de sa coadjutorerie, et ce fut l'illustre Gassendi qui le harangua lors de son installation, au nom du chapitre cathédral.

Raphaël de Bologne devenu, en février 1628, titulaire de l'évêché de Digne, se désista d'un procès intenté par son oncle Jules, devant le grand conseil, relativement au temporel de l'évêché. En décembre 1632, il se rendit à Rome où le pape Urbain VIII, le nomma, au mois de février suivant, prélat assistant au trône pontifical.

En 1635, il fut député de la province ecclésiastique d'Aix à l'assemblée générale du clergé de France, et à son retour, il acheta à Hyères et dans sa banlieue quelques propriétés de ville et rurales, afin de pouvoir aller passer l'hiver sous un ciel plus doux que celui de Digne, qu'il ne lui était pas possible de supporter. Enfin, son âge et ses infirmités ne lui permettant plus de vaquer aux fonctions de la charge pastorale, il demanda et obtint pour coadjuteur avec future succession l'abbé Toussaint de Forbin-Janson, qui, dès 1653, avait le titre de vicaire général.

En 1655, Raphaël se démit du prieuré de Sainte Catherine du Val des Ecoliers, en faveur de Gabriel de Boislève, évêque d'Avranches; mais ce dernier prélat fut dépossédé de ce bénéfice par suite de certaines clauses frauduleuses qu'on découvrit dans l'acte de cession.

Vers la même époque, Raphaël de Bologne crut devoir aussi se démettre complètement du siège de Digne et alla se fixer à Draguignan, attiré dans cette ville soit par ses parents, soit par la salubrité renommée du climat qui convenait à sa santé très gravement compromise. Il acquit dans la rue du Collège une maison ayant appartenu autrefois à un sieur Gerbert, principal des écoles (aujourd'hui maison de M. Segond), et, dit un ancien écrit, « ne la trouvant pas assez vaste pour la résidence d'un prélat, il y annexa d'autres constructions voisines achetées par les R. P. Dominicains pour leur convent, et un jardin pris en partie sur celui des Pères, et en partie sur la voie publique.

La ville, à la sollicitation d'un nouvel hôte de cette considération, ne fit aucune difficulté de supprimer une ruelle longeant la façade occidentale de la maison du prélat, d'autant qu'elle était suspecte durant la nuit, et faisait en quelque sorte double emploi avec la Grande rue qui reliait alors, à travers le jardin des Dominicains, la place du Marché Neuf et celle du Rosaire.

En faisant cette gracieuse concession, le conseil comptait aussi un peu sur la décoration qui résulterait pour une des principales avenues de la ville, de l'érection d'un palais épiscopal. Raphaël de Bologne construisit en effet, dans la rue du Collège, un hôtel d'assez belle apparence dont la façade principale tournait au midi et qui montrait encore, il y a moins de vingt ans, les restes d'une architecture soignée, sa vieille porte cintrée, surbaissée par les exhaussements du sol, et ses fenêtres à meneaux. Au-dessus de la porte d'entrée, le prélat fit graver sur un cartouche recueilli en 1853, par le musée de Draguignan, au moment de la réparation de la maison, ce sentencieux hémistiche, qui, pour être d'un poète païen, n'en exprime pas moins une pensée toute chrétienne :

Non est mortale quod opto.

C'est là de nos jours le seul souvenir existant à Draguignan de l'évêque de Digne, qui, du reste, ne fit pas un long séjour dans la ville qu'il avait choisie pour résidence. Arrivé à Draguignan au mois d'août 1657, le prélat passa de vie à trépas au mois d'octobre suivant, à l'âge de huitante ans, dit son acte de décès. L'illustrissime et Révérendissime Père en Dieu, messire Raphaël de Bologne fut enseveli en sa tombe, en la chapelle Saint-Jean dans l'église paroissiale. C'est donc bien à tort que la Gallia christiana indique son décès en 1663 ou 1664.

Après la mort du prélat, les lieux, un moment modifiés pour satisfaire à son désir, ne tardèrent pas à reprendre leur première physionomie, sauf un point qui détermina le plan définitif que nous voyons encore de nos jours. En 1667, lorsque les Doctrinaires voulurent agrandir, vers l'ouest, les bâtiments du collège, les Dominicains leur cédèrent en bons voisins, une partie de leur ancien cimetière sur la place du Rosaire, plantée alors de cyprès, et à la ville, une parcelle de terrain pour dégager la partie nord-ouest de la place du Marché-Neuf. En échange, les Pères obtinrent la faculté de supprimer une rue qui longeait leur réfectoire, actuellement occupé par un café, et pour en tenir lieu, le passage dont Raphaël de Bologne avait fait un jardin le long de sa maison, fut élargi et rendu à la circulation.

L'hôtel épiscopal de Raphaël de Bologne fut acheté par une ancienne famille noble de Draguignan, la famille de BranBoades ou Favas dont les descendants l'ont habité jusqu'à nos jours. Sous le premier Empire, il devint maison curiale et il avait repris temporairement cette destination, lorsqu'en 1853, il reçut un jour l'illustre restaurateur des Frères-Prêcheurs en France. Durant les quelques moments qu'il passa sous son toit, le R. P. Lacordaire se douta-t-il qu'il était si près des débris d'une ancienne et importante maison de son Ordre, illustrée autrefois par des religieux et des prélats de mérite, notamment par un de ses devanciers distingués dans la charge de provincial, et qu'il était entouré en quelque sorte des souvenirs dont il venait, à ce moment même, renouer en Provence la longue tradition ?

Les armoiries de Raphaël de Bologne étaient celles des deux évêques précédents : d'azur, à une bande d'or.

3 commentaires:

jean-michel Benech a dit…

Renseignements trouvés dans:

Titre : État de la maison du roi Louis XIII, de celles de sa mère, Marie de Médicis, de ses soeurs, Chrestienne, Élisabeth et Henriette de France... : comprenant les années 1601 à 1665 / publié par Eugène Griselle,...
Éditeur : P. Catin (Paris)
Date d'édition : 1912
Contributeur : Griselle, Eugène (1861-1923). Éditeur scientifique
Type : monographie imprimée
Langue : Français
Format : application/pdf
Droits : domaine public
Identifiant : http://gallica2.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k64848c
Source : Bibliothèque nationale de France, 8-L17-24
Relation : http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb30543568s/description
Provenance : bnf.fr
Thématique : Histoire de France

Anthoine de BOLOGNE, de la famille CAPISUCHI: (ibid page 195- 196)
Frère de Louis
- Minime
- Aumonier de Henri III
- Evesque de Digne en 1587, mort le 24 Septembre 1625 (et non 1615 ome dit précédament)
- aumosnier sans gage jusqu'en 1621 (ibid page 3)

Estienne de Bologne:(ibid page 196)
Frère d'Anthoine
- aumosnier du Roy (dès Henri III) jusqu'en 1618. (ibid page 1)
- Chapelain ordinaire à survivance, mort en 1620. (ibid page 8)

Loys de Bologne:
Frère d'Antoine, (ibid page 196)
- Prieur commandataire de Sainte-Caherine du Val des Ecoliers (ibid page 196)
- nommé aumonier ordinaire de Monseigneur Loys Dauphin, Fils du Roi Henri IIII en 1609 (ibid page 49)
- aumosnier du roy Louis XIII de 1610 à 1617 (ibid page 2)
- Chapelain ordinaire à survivance en 1610, mort en 1620 (ibid page 8)
- succède à Antoine comme Coadjuteur, mais ne put être sacré, étant tombé en paralysie. Son neveu Raphael pris sa place.

Arnault de BOLOGNE :
Frère de Louis, Cousin de Pierre PELISSIER de BOLOGNE (ibid page 196)
- succède à son frère Loys en 1617 dans la charge d'aumosnier et décède en 1622 (ibid page 2)
- Succède à Estienne de Bologne dans la charge de Chapelain ordinaire de 1620 à 1622.(ibid page 8)

Jules de Bologne, Seigneur du Plan: (ibid page 196)
- Eschançon du Roy jusqu'en 1619. (ibid page 20)
- nommé Maitre d'Hostel du Roy Louis XIII en 1619, en remplacement de Constant Litolphy
- Maître d'Hostel jusqu'en 1643 (ibid page 13)

Selon certaines sources, Jules Seigneur du plan est indiqué comme frère de Louis, Gouverneur de Nogent, et coadjuteur de l'évêché de Digne en attendant la reprise du siège par Raphaël.

Pierre PELISSIER de BOLOGNE (ibid page 196)
- charge d'aumosnier au lieu de feu Arnault de Bologne, son cousin, en 1622
- quitte la charge d'aumosnier en juillet après seulement 6 mois. (ibid page 2)
- charge de chapelain ordinaire du Roy en remplacement de feu Arnault de Bologne en 1622 (ibid page 9)

Raphael de BOLOGNE de la famille CAPISUCHI :(ibid page 196)
Neveu de Louis, Anthoine, Arnault et Estienne
- Evesque de Digne de 1628 à 1663 (erreur si mort en 1658 a Draguignan)
- Conseiller d'Anne d'Autriche de 1647 à 1656 (ibid page 106)

cordialement,

jean-michel Benech a dit…

bonjour,

renseignements tirés de:

Discours sur la vie et les vertus de Charles François Melchior Bienvenu de Miollis: évêque de Digne Par L[ouis] J[êrome.]. Bondil
Publié par Mme ve A. Guichard, 1843

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au sujet de confusions, erreurs et oublis dans les fonctions d'evesque exercées par les prélats de la famille BOLOGNE

Etienne de CAPISSUCHI BOLOGNE, Abbé de Livry échange cette abbaye contre l'évêchée de Digne avec l'évêque Claude COQUELET mais, Aumonier du Roy (Il donne l'absolution à Henri III après sa blessure fatale), il n'exercera jamais la fonction d'Evêque de Digne.(ref Gassendy)

C'est son frère Antoine de BOLOGNE, né au plan de Barcelonnette qui est nommé Evêque de Digne en 1602. Antoine meurt à Tanaron en 1615 (ou 1625? d'aprés les états de la maison de louis XIII) en laissant ses biens à son frère cadet Jules, Gouverneur de Nogent.

Louis de BOLOGNE, frère et successeur d'Antoine sur le siège de Digne est frappé d'une Hémiplégie qui l'empêche de recevoir la consécration épiscopale. Venu prendre inutilement les eaux à Digne, il retourne rapidement chez son frère Jules à Nogent et lui confie l'administration des biens de l'évêché.

Jules de BOLOGNE eut pour l'assister dans cette tâche son neveu Raphael en tant que Coadjuteur de 1617 à la mort de Louis en 1628.

Raphael de BOLOGNE succède à son oncle Jules et occupe le siège de l'Evêché de Digne de 1628 à 1663.
(dcd 1658 à Draguignan?)

Raphael passe les hivers dans sa maison et sa campagne de Hyères.
Il acquit une maison à Digne confrontant la maison de Jehan Baptiste de Faucon, seigneur du Sauze située place plus haulte.

Gilles a dit…

Merci beaucoup Jean-Michel pou ces références au sujet de la famille de Bologne qui m'intéresse au plus haut point. J'espère que j'aurais d'y regarder de plus près durant les congés de Noël...

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