08 septembre 2005

Nobiliaire de Provence : Ripert-Monclar

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036592
pages 215 à 221
NOTICE HISTORIQUE SUR LA MAISON DE MONCLAR (DE RIPERT D'ARTAUD DE MONTAUBAN).

Trois races, d'une antiquité peu commune, fondues et réunies en une, sont représentées aujourd'hui par la famille généralement connue sous le nom de Monclar.

La première est celle de Montauban ancien, ou Mévouillon Montauban, princes souverains du pays des Baronnies, en Bas Dauphiné.

La seconde, celle d'Artaud de Montauban, ou des Artaud de Die, barons d'Aix en Diois, qui, par suite du mariage de Mabille de Montauban, la dernière de sa maison, avec Guillaume d'Artaud, baron d'Aix en Diois; en releva, en 1230, le nom et les armes, et recommença la maison.

La troisième, celle de Ripert d'Artaud de Montauban. Rose Marie d'Artaud de Montauban, fille unique du seigneur de Barret et la dernière héritière de son nom, ayant épousé, par contrat du 24 septembre 1702, passé devant Durand, notaire royal à Apt (Vaucluse), André II de Ripert-Monclar, seigneur de la Verrière, etc.. Celui-ci s'obligea à relever et maintenir à perpétuité les noms et armes de sa femme, en les joignant aux siens propres.

Nous avons inséré dans l'Annuaire de 1862, p. 383 et 384, une courte notice sur la maison d'Artaud de Montauban, branche puînée des comtes souverains de Die; lesquels étaient agnats des comtes de Provence de la seconde dynastie, issue de la maison de Bourgogne ancien; nous insérons ici quelques lignes sur la maison de Ripert Monclar, dans laquelle s'est continuée cette descendance, et qui est celle que nous avons à faire connaître :

Le nom de Ripert, dit M. le baron de Coston dans ses savantes recherches, est d'origine germanique. Il signifie puissant et illustre. La forme primitive que l'on trouve dans le Polyptyque, rédigé par l'abbé Irminon sous Charlemagne, était Ricbertus.

A l'époque où s'établit l'hérédité des noms de famille (XIe siècle), les Ripert, comme les Adhémar, les Bérenger, les Chabot, les Isnard, les Osmond et quelques autres membres des grandes maisons de France, aimèrent mieux choisir comme nom patronymique un nom personnel, que de prendre celui d'un fief, conformément à l'usage presque généralement adopté par les familles nobles. » (Recherches étymologiques sur tes noms de lieux et de famille, etc. In-4°, p. 28. Paris, 1861, chez Durand).

On trouve cette famille, dit la Chenaye-Desbois, dans son Dictionnaire de la noblesse de France, t. XII, p. 406, répandue dès le commencement du XIIe siècle en différentes branches dans le Diois et dans l'évêché de Saint-Paul trois châteaux. On peut voir dans l'histoire du comtat, où il en existe encore une branche, de quelle noblesse et de quelle considération elle a joui dans tous les temps, sous les premiers souverains du Dauphiné et sous les derniers Dauphins. Il y en avait également des branches établies dans le diocèse d'Apt en Provence. Dès le commencement du XIIIe siècle, la liste des prévôts du chapitre en présente trois, en 1233, en 1256 et en 1268. Le second fut élu évêque d'Apt en 1268, ce qui prouve qu'ils y étaient déjà anciens et considérables.

Les monuments les plus anciens confirment ces appréciations. La tour du beffroi de l'hôtel de ville de Valréas (Vaucluse) est un reste grandiose du Castrum Riperti, élevé au Ie siècle par le seigneur de Valréas de ce nom, que les traditions disent avoir été le troisième fils de Charles Constantin, comte de Viennois, lequel était issu de Louis III, dit l'Aveugle, empereur d'Allemagne et roi de Provence.

Il ne peut entrer dans le plan d'une notice aussi restreinte d'énumérer la filiation de la famille. Nous allons seulement indiquer quelques noms et quelques dates.

Hugues de Ripert se croisa en 1096 (première croisade) avec Giraud et Giraudet Adhémar, souverains de Montélimar. Au retour, en 1099, ceux-ci voulant récompenser ses services, lui inféodèrent les seigneuries de la Bastie du Verre et de la tour et forteresse de Mirmande. (Acte scellé en plomb aux armes d'Adhémar, passé devant les notaires Amauri, Arnaud et Lambert Arnulphi, dans l'église de Sainte-Croix de Monteil, le 21 septembre 1099; archives de la maison d'Adhémar. Cet acte d'inféodation est cité dans toutes les histoires de cette illustre maison.)

Le nom de Ripert est un de ceux que l'on retrouve le plus constamment à la cour des comtes do Toulouse, surtout pendant les XIIe et XIIe siècles. Voici l'indication de quelques-uns des actes, chartes, traités et documents de cette époque, dans lesquels ce nom est mentionné à côté de ceux des personnages les plus nobles du pays.

En 1172, Bertrand de Ripert est témoin avec Elzéar d'Uzès, Raymond d'Uzès son frère, Raymond d'Agout et autres, à la donation du comté de Melgueil, faite par la comtesse Béatrix de Melgueil à Raymond , comte de Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence.

Quatre ans après, le 3 des nones de novembre 1176, Bertrand de Ripert affirma par serment avec plusieurs des mêmes témoins et en présence de nouveaux, dont les principaux sont le cardinal Raymond d'Arènes, Adalbert, évêque de Nîmes, B. Athon, vicomte de Nîmes, Raymond des Baux, Guy de Séverac, etc., la vérité de l'acte ci-dessus. (Voir Dom Vaissette, t. 1H, aux preuves, pièce XV.)

En octobre 1178, Bertrand de Ripert, lieutenant du comte Raymond et délégué par lui (ex auctoritale domiii Baimundi comitis et ejus existente vicario), assisté des consuls et magistrats de la ville de Saint-Gilles, promulgue des règlements relatifs au logement des pèlerins et aux rapports des changeurs de monnaie avec eux , et il reçoit le serment desdits changeurs et hôteliers de les observer fidèlement. (Archives de l'empire; Trésor des chartes. Toulouse, carton II, j. 305, pièce 16.)

Le 4 des calendes de mai 1179, le même Bertrand de Ripert est présent à une ligue faite entre Raymond VI, comte de Toulouse, Raymond, seigneur d'Uzès, Pons Goncelin, seigneur de Lunel, etc., contre le vicomte de Nîmes. (Dom Vaissette, t. 111, p. XXIX.)

Hugues de Ripert, juge délégué du comte de Toulouse dans ses Etats du Venaissin, préside en cette qualité à des actes importants, en date du 9 février 1237, du 4 mai 1238, etc., etc., concernant l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, préceptorie d'Orange, laquelle avait un litige avec les héritiers de Ruffus de Mourmoiron, au sujet de l'héritage de ce dernier, donné par lui à ladite préceptorie, et dont les héritiers de Ruffus s'étaient emparés. Dans ces actes sont mentionnés comme témoins Rostaing de Ripert, chevalier, Geoffroy de Ripert, etc., etc. (Archives de l'empire; Trésor des chartes. Toulouse, carton V, j. 309, pièce cotée 17.)

Bertrand de Ripert, chevalier (de Montélimar), fut témoin avec l'évêque de Carpentras, les dignitaires du chapitre et plusieurs autres chevaliers, à l'acte par lequel Ponce d'Astoaud, délégué du comte de Toulouse restitue à trois frères du nom de la Roca, des terres que le bailli du précédent comte de Toulouse avait confisquées à la mort de R. de la Roca, leur père. Lequel acte fut fait à Carpentras, le 10 des calendes de septembre (22 août) 1267. (Archives impériales; Trésor des chartes. Toulouse, carton I, pièce 20.)

N. de Ripert, prévôt du chapitre d'Apt en 1256, puis évêque d'Apt en 1268. (Gallia Christiana, t. 1, p. 360-361, et la Chenaye-Desbois, t. XII, p. 406, etc.)

Hugues ou Hugon de Ripert testa, le 3 avril 1347, à Saint-Martin de Clelles, diocèse de Die, en faveur de son fils Lambert de Ripert. Ce dernier eut deux fils :

1. Jean de Ripert, héritier de son père, de qui sont descendues les branches de Saint-Maurin, d'Artaud de Montauban et de Monclar. Leur filiation jusques en 1778 est relatée dans le Dictionnaire de la noblesse de la Chenaye-Desbois, L. XII, p. 406 et suivantes.

2. François do Ripert, légataire de son père, qui reçut son legs de Jean son frère, le 9 mai 1412, par acte passé devant Charlaye, notaire. Sa postérité forma cinq branches, dont deux subsistent encore aujourd'hui :

A. Celle des de Ripert du Devès, représentée par sa dernière héritière, veuve de M. de Bertrand de Montfort; résidence Vaison (Vaucluse).

B. Celle des de Ripert d'Alauzier, seigneurs de Rac et de Novezan, pour qui le fief de Barri en Venaissin fut érigé en marquisat, par bref pontifical, en date du 9 juin 1789. (Repertorium camerais, L. N., fo 1092.) Résidence Carpentras et Bollène (Vaucluse.)

Jean Baptiste Joseph Elie, comte de Ripert, maréchal des camps et armées du roi, par brevet en date du 1er janvier 1784, fils de Joseph de Ripert, lieutenant-colonel dans le régiment de Hainaut, et de Albertine de la Roche Aymon, de la famille du célèbre cardinal de ce nom, grand aumônier de France et archevêque de Reims, fut grièvement blessé à Fontenoy et fait chevalier de Saint-Louis sur le champ de bataille. il avait alors vingt ans (1745). (Voir la Biographie vauclusienne, t. II, article Elie de Ripert; et l'Etat militaire de la France pour 1790, p. 69.)

J. N. Albert, chevalier de Ripert Saint-Maurin, brigadier général le 1er mars 1780. (Voir l'Etat militaire de la France, 1790, p. 77.) Il se trouvait au siége de Mahon avec son frère Joseph Elie et son cousin Joseph Gabriel de Ripert, aussi officier dans le régiment de Hainaut. Ce dernier y fut tué en montant à l'assaut.

Pierre-François de Ripert , baron de Monclar, capitaine dans le régiment de Nisas, quitta le service après la mort de son frère aîné, puis fut conseiller au parlement de Provence en 1704, procureur général au même parlement le 29 novembre 1728. Le chancelier d'Aguesseau l'avait surnommé l'Amour du bien.

J. P. François de Ripert, marquis de Monclar, conseiller du roi en ses conseils et son procureur général en la cour de parlement de Provence le 19 décembre 1732. 11 était alors âgé de vingt-deux ans. Après plus de quarante ans d'exercice de ses fonctions, il mourut dans sa terre de Saint-Saturnin les Apt, le 12 février 1773.

Le premier, depuis la révocation de l'édit de Nantes, il avait réclamé la réhabilitation civile des protestants. La première édition de son Mémoire théologique et politique sur les mariages clandestins des protestants en France est de 1750.

En juin 1768, il prit possession d'Avignon et du comtat Venaissin au nom du roi de France, et constatait ses droits à cette enclave, autrefois démembrée de la Provence dans son « Mémoire pour le procureur général du parlement de Provence, tendant à établir la souveraineté du roi de France sur Avignon et le comtat Venaissin. » (2 vol. in-8°, 1768, imprimerie royale.)

Des lettres patentes de S. M. le roi Louis XV, en date d'octobre 1769, enregistrées au parlement de Provence, le 10 janvier suivant, ont concédé à François de Ripert Monclar, pour lui et ses descendants et héritiers mâles, le titre de marquis.

Voulant, dit le préambule de ces lettres, reconnaître les services qu'il nous rend depuis trente-huit ans, dans l'exercice de la magistrature, et notamment ceux qu'il vient de nous rendre dans la restitution du comtat Venaissin à la France, et lui accorder une marque de notre faveur qui rejaillisse sur sa famille, etc., avons, etc.

Chef actuel : André Victor Amédée, marquis de Ripert Monclar d'Artaud de Montauban, fils de Joseph Auguste (1772-1839), en son vivant capitaine de frégate en retraite, chevalier de Saint-Louis et des saints Maurice et Lazare de Sardaigne, et de Thérèse Dorothée, comtesse de Sobiratz, et petit-fils d'André III et de Marie-Anne de Meyronnet auquel s'arrête la filiation donnée par la Chenaye-Desbois; marié le 19 mars 1838 à Marie Clémentine de Jerningham, fille de Edward de Jerningham, frère cadet de lord Stafford , pair d'Angleterre, et d'Emily Mary Middleton of Town-Hill (Hampshire).

De ce mariage sont issus

1. Joseph Anne Amédée François;

2. Marie Thérèse Gabrielle Victoire.

Oncle.

Jules Ange, comte de Ripert d'Artaud de Montauban, chef d'escadron de hussards en retraite, officier de la Légion d'honneur, etc., marié à Françoise Astier; sans enfants. (Il avait eu pour frères feu Joseph Auguste et André J. H. Elie, capitaine de frégate, chevalier de Malte, tué le 2 mai 1810, dans le combat naval de l'amiral de Ramatuelle contre les Anglais (voir le Journal de l'Empire, 25 mai 1810).

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de gueules, au château à trois tours d'or, qui est des ARTAUD, comtes de Die; aux 2 et 3 d'azur, à trois tours d'or, posées deux et un, qui est de MONTAUBAN; et sur le tout : de gueules, à la fleur de lys d'or, traversée par une fasce d'azur, qui est de RIPERT MONCLAR.

Les quartiers du champ, par suite du mariage d'André II de Ripert avec Rose Marie d'Artaud de Montauban, la dernière de sa maison, dans le contrat desquels il fut stipulé que les noms et armes de la maison d'Artaud de Montauban seraient relevés et maintenus par André de Ripert et ses descendants.

« Cette maison (dit Maynier dans son Livre de la noblesse illustre de Provence), qui est étrangère, a fait la branche des seigneurs de Barret, transplantée en Provence. Elle est originaire du Dauphiné, de l'illustre maison d'Artaud de Montauban. L'Histoire générale et Chorier, auteur du Nobiliaire du Dauphiné, rapportent les titres, les alliances et les faits d'armes des seigneurs souverains de Die, dont les Artaud étaient barons et comtes . Ils portent le nom de Montauban depuis le mariage de Guillaume Artaud, baron d'Aix-en-Diois, avec Isoarde de Montauban, dame de Montmaur. Charles d'Artaud de Montauban est compris dans la noblesse de Provence à cause de la terre de Barret, » etc. (Maynier, in-4°, 4719, article d'Artaud de Montauban.)

Voir pour plus de détails: le Dictionnaire de la noblesse, par la Chenaye-Desbois, t. XII, p. 406 et suivantes. Le nobiliaire de Provence, par Artefeuil, t. II, article Ripert. Le Dictionnaire de la France et des Gaules, par Expilly, article Monclar. La Francs illustre ou le Plutarque français, 42e cahier, éloge de Monclar. La Biographie universelle de Didot et toutes les Biographies générales, article Monclar. Histoire de Monclar, 4 vol. in-42. L'éloge de Monclar, procureur général au parlement de Provence, prononcé par M. Borély, procureur général à la cour royale d'Aix, à la rentrée de la cour en novembre 1843, etc., etc.

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