24 septembre 2005

Riquetti de Mirabeau : Précis historique

Annuaire de la noblesse de France - 1845
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036574
page 247
Dessin de Jean-François Binon publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb
ARMES : d'azur, à la bande d'or, accompagnée en chef d'une demi fleur de lis du même, défaillante à dextre et florencée d'argent, et en pointe de trois roses du dernier.

Selon les généalogistes, la maison Riquetti de Mirabeau est originaire de Florence, où elle tenait un rang distingué parmi la noblesse dès le douzième siècle. Elle a donné un consul de cette ville, en 1197, dans la personne de Compagnio Arrigheti, et depuis un gonfalonier et onze prieurs de la liberté, hauts magistrats de la république toscane. Le rôle important qu'elle joua dans les guerres des Guelfes et des Gibelins força Azuccio Arrigheti et son père Gérard Arrigheti à s'expatrier. Ils vinrent s'établir en Provence dans la ville de Seyne, où leur nom se transforma, par abréviation, en celui de Riqueti ou de Riquetti. Les PP. Buonacorsi et Soldani, chargés de vérifier à Florence les titres qui établissent ces premiers degrés généalogiques, disent qu'Azuccio eut pour fils Pierre Riquetti, chevalier, premier consul de Seyne en 1346, à partir duquel la filiation est établie d'une manière authentique.

Jean de Riquetti, écuyer, seigneur de Négreaux et de Beaumont, fut élu premier consul de Marseille en 1568, époque où les gentilshommes de la province étaient presque exclusivement appelés à cette dignité. Il fit faire, en 1584, une enquête juridique pour constater sou extraction italienne et obtenir sa maintenue comme noble de race. Honoré de Riquetti, gentilhomme ordinaire de la chambre de Louis XIII, fils de Jean et de Marguerite de Glandevès, se distingua dans les guerres civiles, et surtout au siége de Montauban. Il épousa, le 26 août 1592, Jeanne de Linche, fille d'Antoine de Linche, consul de Marseille, et soeur de Thomas de Linche, seigneur de Moissac, marié à Louise d'Ornano, fille d'Alphonse d'Ornano, maréchal de France. De son union, Honoré laissa un fils, Thomas de Riquetti, pour lequel la terre de Mirabeau fut érigée en marquisat ; mais les lettres patentes n'ayant pas été enregistrées, Louis XIV renouvela cette érection, au mois de juillet 1685, en faveur d'Honoré II de Riquetti, bisaïeul du comte de Mirabeau, célèbre orateur de l'Assemblée constituante. C'était une récompense bien méritée par une maison qui, depuis plusieurs générations, tenait le premier rang parmi la noblesse de Provence.

Honoré Gabriel de Riquetti, comte de Mirabeau, né le 9 mars 1749, entra de bonne heure au service comme volontaire et fut à vingt ans promu au grade de capitaine de dragons. Quelques heureux essais dans la culture des lettres et du droit signalèrent bientôt après ses premiers pas dans la nouvelle carrière que l'ambition frayait à son génie. Député du tiers-état de la ville d'Aix aux Etats Généraux du royaume en 1789, Mirabeau déploya toutes les ressources de son éloquence. Il mourut le 2 avril 1791, sans avoir eu, de Marguerite Émilie de Covet de Marignane, d'autre enfant qu'un fils décédé en bas âge. Mirabeau ne prit pas le titre de marquis, dont il avait hérité de son père le 13 juillet 1789.

André Boniface Louis de Riquetti, vicomte de Mirabeau, frère puîné du précédent, fit ses premières armes dans les guerres de l'Indépendance. Il était colonel du régiment de Touraine à l'époque où la noblesse de la sénéchaussée du Limousin le nomma député aux Etats Généraux. Loin de partager les principes politiques de son frère, le vicomte refusa le serment à la Constitution, brisa son épée et ne tarda pas à passer la frontière. Il leva une légion qui porta son nom et à la tête de laquelle il fit une guerre d'escarmouches sur les bords du Rhin. Le vicomte mourut vers la fin de l'année 1792 sans avoir été marié; c'était le dernier rejeton de sa race.

La maison de Riquetti de Mirabeau avait contracté des alliances avec celles d'Albertas, de Castellane, de Covet, de Fos, de Glandevès, de Linche, établie aujourd'hui en Valachie, de Pontevès, de Rochemore, etc.

2 commentaires:

Benoit Willot a dit…

André Boniface Louis de Riquetti, vicomte de Mirabeau, n'est pas mort "sans avoir été marié" et n'était pas "le dernier rejeton de sa race".
Marié le 9 juillet 1788, Charentilly, avec Jacquette de Robien 1756 dont il a un fils,
Victor Claude Dymas de Riqueti de Mirabeau, qui a lui même une descendance.

Gilles Dubois a dit…

Merci beaucoup de cette information. J'ai d'ailleurs l'acte de mariage dans les registres paroissiaux de Charentilly (37), paroisse St-Laurent, vue 6/13, le 9 juillet 1788. Consulter les registres paroissiaux.