25 octobre 2005

Notice historique sur la maison de Barbentane

Annuaire de la noblesse de France - 1854
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036582
pages 275 à 278

Porte de BarbentaneRobin Canolle, originaire d'Écosse, s'enrôla en 1248 sous la bannière du duc d'Anjou, frère de saint Louis, qu'il suivit dans la septième et dans la huitième croisade. En 1289, on retrouve son fils au service de Philippe le Hardi, et peu après ses descendants reçoivent du duc d'Anjou la seigneurie de la Thibaudière, avec l'écusson : de gueules, à deux clefs d'argent, en sautoir, surmontées de la coquille de Saint-Jacques, et accompagnées de trois triolets (ou trèfles) d'or, et pour devise : IN TE, DOMINE, SPERAVI, NON CONFUNDAR.

Les Robin de la Tremblaye, issus de cette souche, ont leurs preuves au cabinet du roi, où ils ont produit des lettres originales du connétable de Clisson, en date de 1360, qui prouvent qu'ils étaient cousins.

Le premier de cette ancienne race qui planta piquet au pays de Provence fut noble Pierre de Robin, conseiller et médecin du roi René d'Anjou, avec qui il quitta cette province pour le suivre dans ses campagnes d'Italie en 1458 et 1469, et de qui il reçut en don les seigneuries de Venelles, de Collonges, de Vauvenargues et de Graveson. En 1479, des lettres patentes confirmant la noblesse dudit Pierre de Robin lui furent délivrées par le roi René. Elles sont très particulièrement remarquables, en ce qu'elles sont richement coloriées par le « bon roi » lui-même, qui n'était pas moins grand artiste que prince brave et populaire. Au frontispice de ce curieux parchemin, il peignit de sa main le nouvel écusson qu'il donnait à Pierre de Robin : d'or et de gueules, chargé de trois merlettes, dont deux en chef ; et l'autre en pointe ; et pour cimier la tête d'un More entre deux bannières aux mêmes armes, et le bourrelet sur le casque. Enfin le même Pierre de Robin fut au nombre, des témoins du testament royal, sur lequel il est qualifié de noble et illustre personnage ; et où il est compris pour un legs de deux mille écus d'or. En 1482, le roi Charles du Maine investit le même Pierre de Robin de la terre et seigneurie du lieu de Barbentane.

Connus depuis sous les noms de Graveson, de Barbentane et de Beauregard, les sieurs de Robin se sont toujours maintenus au premier rang de la noblesse de Provence, soit par les emplois qu'ils ont occupés, soit par les alliances qu'ils ont contractées.


  1. Pierre de Robin, seigneur de Graveson, de Barbentane et autres lieux, épousa, en 1488, Marie d'Abisse, dont il eut :
  2. Étienne de Robin, seigneur de Graveson et de Barbentane, lequel eut, de son mariage avec Marie de Posquières ; 1° Etienne de Robin, qui suit ; 2° Claude de Robin, qui fit la branche des seigneurs de Beaulieu à Lunel et à Montpellier ; 3° à 5° trois filles, dont deux mariées dans les niaisons de Cavaillon-Rochegude et de Bonnadonna, et la troisième, abbesse de Saint-Sauveur de Marseille en 1546.
  3. Étienne de Robin, seigneur de Graveson et de Barbentane, conseiller de l'hôtel de ville d'Avignon en 1564, épousa en premières noces Louise d'Aiguières, fille du seigneur de Méjanes et de Louise de Cavaillon, et en secondes noces Marie de Péruzzi, fille du seigneur de Lauris, du Puget, d'Orsan et de Caumont, et de Marie de Mancelli. Du premier mariage naquirent : 1° Antoine de Robin, qui suit ; 2° Marguerite de Robin, mariée avec Pierre Bon, seigneur de Messillon, gouverneur de Marseille; du second mariage naquit Paul-Antoine de Robin.
  4. Antoine Robin, seigneur de Graveson et de Barbentane, fut député par le cardinal d'Armagnac, légat d'Avignon, au gouverneur d'Orange pour traiter de la main-levée des biens séquestrés entre les habitants du comté Venaissin et ceux de la principauté d'Orange en 1572. Il eut de son mariage avec Marguerite de Bouliers-Porcelet : 1° Paul-François de Robin, qui suit ; 2° Alexandre de Robin, coseigneur de Graveson, qui épousa Madeleine de Galiens , fille du seigneur de Vedènes et d'Émilie de Crillon, d'où naquirent : 1° Louis de Robin, premier consul d'Avignon en 1634 ; 2° Henri de Robin, doyen de Tarascon et archidiacre d'Avignon ; 3° Torquat et Guy de Robin, reçus chevaliers de Malte en 1604 et 1614. Ce dernier épousa Charlotte de Fortia, fille du baron de la Bourne, colonel de cavalerie légère, capitaine de cinquante hommes d'armes et gouverneur des îles de Marseille, dont il eut Jacques de Robin, seigneur de Graveson, marié avec Jeanne de Plantiers. Le père et le fils, résidant à Uzès, furent reconnus nobles par jugement de Bezons, intendant du Languedoc, les 29 juillet et 27 septembre 1669.
  5. Paul François de Robin, seigneur de Graveson et de Barbentane, épousa, en 1642, Anne de Chastueil, dont il eut : 1° Antoine de Robin, qui suit ; 2° Paul de Robin, marié deux fois, d'abord avec Marguerite de Guibert, et puis avec Marthe de la Visclède, dont il eut Antoine de Robin, reçu chevalier de Malte en 1674.
  6. Antoine de Robin, seigneur de Graveson, de Barbentane et de Beauregard, épousa Matheline de Clémens-Ventabren, d'où naquirent: 1° Paul-Francois de Robin, qui suit ; 2° Antoine-Paul de Robin, reçu chevalier de Malte en 1674 ; 3° Marguerite de Robin, mariée à Antoine de Raousset (de Tarascon), seigneur de Boulbon.
  7. Paul François de Robin, seigneur de Beauregard et coseigneur de Barbentane, se maria, après avoir été reçu chevalier de Malte en 1670, avec Jeanne de Mottes, dont il eut : 1° Claude Jean Baptiste, seigneur de Beauregard, qui épousa Thérèse de Robin, sa cousine, fille de Paul- Antoine, seigneur en partie de Barbentane, et de Marie de Puget-Cabassole ; 2° Joseph Marc Antoine de Robin Beauregard, reçu chevalier de Malte en 1692, et pourvu, en 1747, d'un hôtel à Malte, Situé rue San-Jacopo, et d'une commanderie, qu'il échangea, comme ledit hôtel, à titre héréditaire, contre le grand prieuré de Toulouse, qu'il avait reçu en prix de ses services dans l'ordre de Malte ; 3° Henri de Robin Beauregard, reçu chevalier de Malte en 1704 ; 4° Henri Joseph, qui suit :
  8. Henri Joseph de Robin, seigneur de Beauregard et marquis de Barbentane, né en 1710, fut reconnu au berceau commandeur de l'ordre de Malte, et se maria, en 1750, avec mademoiselle de Faucon (soeur de la marquise de Giraud et de la marquise de la Tour-Saint-Paulet), dont il eut : 1° Étienne de Robin, marquis de Barbentane, capitaine de dragons en 1786, colonel des chasseurs de Malte en 1790, simple soldat à l'armée de Condé, où il combattit à l'avant-garde, jusqu'au licenciement ; marié, en 1802, avec Catherine Delglat de la Tour du Bosc, nommé chevalier de Saint-Louis à la Restauration, et mort sans postérité; 2° Étienne Claude, qui suit.
  9. Étienne Claude de Robin, chevalier de Beauregard et marquis de Barbentane, reçu chevalier de Malte en minorité, fit la campagne d'Amérique, fut nommé capitaine des vaisseaux du roi et chevalier de Saint-Louis. Il émigra, et servit, comme son frère, dans l'armée de Condé. Repatrié en 1800, il épousa, en 1807, Antoinette de Giraud, fille du marquis de Giraud, sa cousine, dont il eut trois enfants : 1° Étienne Léon, qui suit ; 2° Louis Antoine, qui viendra après son frère aîné ; 3° Maria de Robin de Barbentane, mariée avec Louis, marquis des Isnards.
  10. Étienne Léon de Robin, marquis de Barbentane, aujourd'hui membre du conseil général des Bouches du Rhône et maire de la ville de Barbentane, connu par le congrès sanitaire international de 1852, dont il a été le principal promoteur, et par sa conduite énergique durant la crise de décembre 1851, double fait pour lequel il a été décoré de la main même du prince-président. Il s'est marié, en 1835, avec Valentine de Galliffet, fille aînée du colonel marquis de Galliffet, prince de Martigues, chevalier de Malte et de Saint-Louis, officier de la Légion d'honneur, etc., et d'Adélaïde des Roys, dont les aïeux étaient chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem dès le XIIe siècle, et sénéchaux de Beaucaire pendant le XVIe, dont naquit, en 1839, Noëmi de Barbentane.


X bis. Louis Antoine de Robin, comte de Barbentane né en 1842, député au Corps Législatif, maire de Saint-Jean et membre du conseil général de Saône-et-Loire. Il a épousé, en 1839, Charlotte de Bongars, fille du colonel vicomte de Bongars, ancien écuyer commandant des écuries de Charles X, officier et commandeur de plusieurs ordres, et de demoiselle de Warnet, d'une ancienne maison d'Irlande, dont il a :
  1. Henri Marie de Robin Barbentane;
  2. Roger Antoine Honoré de Robin Beauregard Barbentane;
  3. Marie Thérèse de Robin Barbentane.
Armes : fascé d'or et de gueules de quatre pièces, à trois merlettes de sable, posées sur les fasces d'ors.

Supports : deux sauvages armés d'un arc et d'un carquois.

Devise: Più forte nell'avversità

Voir aussi

7 commentaires:

Anonyme a dit…

Si vous me permettez une remarque orthographique, la devise des Robin-Barbentane doit s'écrire :
"Più forte nell'avversità"
(notez les accents et l'apostrophe !).
Amicalement.
Michel Orcel

Gilles a dit…

J'ai corrigé en tenant compte de votre remarque. Merci.

Djemaa a dit…

Bonne semaine! A bientôt! Pascal.

Anonyme a dit…

Bonjour et bravo pour votre travail.

J'aurais aimé savoir si l'on en sait un peu plus sur les filiations entre les premiers Robin (avant Pierre de Robin, connait-on ses parents, ses grands parents...? et Robin Canolle?).

J'aimerais aussi savoir si les lettres patentes du roi Réné de 1479 ont été conservées et si oui, savez vous où on peut les consulter?


Cordialement,
PA.

Anonyme a dit…

Bonjour ;Dernier descendant par alliance de la famille Robin De Flotte Du Villars je trouve dans les archives de la famille plusieurs correspondances échangées entre 2 cousins datant de 1842,1843 et 1848.
Dans l'une d'elles M.De Villars écrit:"Robin De Flotte ou De Flotte De Villars tous les noms n'appartiennent qu'à nous c'est d'ailleurs celui qu'avait ton grand père dans tous les actes il signait Flotte de Villars et le nom de De Villars est plus honorable que le premier , celui de Robin c'est à dire de ton bisayeul est très ancien puisque c'est celui des Robin De Barbantanne dont la tige vient de Robin médecin du roi René d'Anjou Comte de Provence , roi de Naples lequel lui léga de grands biens pour le récompenser de ses bons et layaux services .La maison des Robin De Barbantanne est encore très riche et honorable , leur château se trouve sur une hauteur au dessus d'Avignon ils sont connus sous le nom de Marquis de Barbantanne "Etc Etc Etc ...Je possède de très nombreux documents de la famille datant de 1651 à nos jours et serais prêt à en communiquer des copies à out descendant de cette famille.Mon adresse mail : christian.rizzo@infonie.fr
Avec mes très sincères salutations.

Anonyme a dit…

Le titre de Marquis de Barbentane appartient au Puget de Barbentane et non au Robin de Barbentane... le Marquis de Puget de Barbentane habite toujours au château de Barbentane 13570.

Jacqueline a dit…

Très juste remarque concernant MM. de Puget de Cabassole du Réal de Barbentane.
Ensuite une petite question : par quel subterfuge reliez vous les Robin de Barbentane, issus effectivement de Pierre Robin, conseiller et médecin du Roi René et les Robin, de La Faurie (05) alias Robin-Flotte, originaires du hameau du Villard, arrivés à Cannes au 19e sous leur nom de naissance Robin-Flotte, avant de se dire que Robin de Flotte de Villars, sonnerait tout de même mieux sur une carte de visite.
Une seconde question : qu'entendez vous par dernier descendant par alliance.
Une dernière pour la route : Robin des Bois est-il également de votre famille ?
Bien à vous

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