30 août 2006

Fauque de Jonquières dans le tome X du Nobiliaire universel de France

Source : Nobiliaire universel de France, tome 10.
Auteur : Nicolas Viton de St-Allais
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36871r/f56.item


Blason de la famille de Fauque de Jonquières sur HeraldiqueGenWebFOULCO ou FAULCO, aujourd'hui FAUQUE DE JONQUIERES.

Nous avons donné la généalogie de cette maison dans le deuxième volume de notre ouvrage; mais elle se trouve inexacte, et la famille Fauque ayant retrouvé une partie des anciens actes et autres papiers essentiel qu'elle avait, nous avons dû donner un nouvel article sur sa généalogie, rédigé d'après les preuves qui nous ont été exhibées.

Cette maison est originaire du royaume de Naples. La terminaison italienne de son nom se soutint pendant assez longtemps ; peu à peu l'on commença à prononcer Fauco, et puis Fauque. On voit le même individu nommé Faulco, Fauco, Faucon, Faulque, Fouque, Foulque et Fauque non seulement dans différents actes, mais encore dans les mêmes ; tels, par exemple, un arrêt du parlement de Provence du 25 juin 1597, dans lequel messire Jean et Gabriel Fauque, nommés quatre fois, le sont de quatre manières différentes. Ces variations ont existé jusqu'à François, qui ayant prouvé en 1596, sa filiation depuis Guillen, fixa l'orthographe de son nom telle qu'elle est aujourd'hui.

D'après l'ouvrage de M. Maynier, intitule: Nouveau État de Provence, etc., dont plusieurs additions ont été publiées, il paraît que cette famille a rendu des services signalés aux rois de Naples, et qu'elle a figuré dans cet État d'une manière brillante. Cependant, il est évident qu'elle était attachée aux rois de France avant que la maison d'Anjou régnât à Naples, et elle a dû se transplanter en France avant le règne de saint Louis. Nous allons transcrire ici littéralement l'article de l'ouvrage de M. de Maynier, qui concerne la maison de Foulco ; l'édition dans laquelle il se trouve compris, paraît être l'une des moins anciennes ; la date n'en est pas indiquée mais on doit présumer qu'elle est de 1724 ou 1725.

Extrait de l'ouvrage intitulé : Nouveau Etat de Provence etc., par M. de Maynier.

La maison de Foulco, aujourd'hui Fauque, a sa noblesse par faits d'armes, noblesse qui a été de tous les siècles, de plus grande gloire ; à peine prend-on garde en France à tout autre mérite ; elle s'acquiert dans la fatigue de la guerre, au risque de la vie, et en répandant son sang pour le service de son prince et pour la défense de sa patrie. Je trouve ce nom dans les guerres des comtes de Provence, de la race des Béranger, princes de Barcelone, dans cette fameuse querelle de Bertrand et Raymond de Béranger, oncle et neveu, marquis et comte de Provence, contre la princesse Étiennette des Baux, petite-fille de Gilbert roi d'Arles ; cette guerre partagea tous les gentilshommes de ce pays, au XIIe siècle, pour le partage de Provence, jusques à leur paix, dont la princesse Étiennette eut les terres qu'on appelle encore de nos jours Terres Baussenques. Je trouve Guillen Foulco, entre les gentilshommes qui accompagnèrent Charles Ier d'Anjou, frère du roi Saint-Louis, comte de Provence, en son mariage avec Béatrix, fille et héritière de Raymond Béranger, lorsque Charles Ier s'arma pour la conquête du royaume de Naples et de Sicile. Je trouve Bertrand de Foulco armé, aux guerres d'Italie entre les Guelfes et les Gibelins, pour le roi Robert, comte de Provence, contre l'empereur Louis de Bavière, celui-ci pour les Gibelins, et les Gueltes pour le Pape.

On trouve le nom de Foulco au royaume de Naples, dans les troubles de la reine Jeanne contre Charles de Duras, son neveu, et, dans la suite, aux guerres de Louis II, duc d'Anjou, roi de Naples, comte de Provence, fils de Louis Ier, successeur de la reine Jeanne, Bertrand Foulco, armé contre Charles de Duras, qui disputait, les armes à la main, les états de la succession de la reine, sa tante ; on voit le nom de Foulco dans les guerres suivantes des règnes des comtes de Provence et des Rois de France, après la réunion de ce même pays à la couronne, sous le roi Charles VIII, de Louis XII, François jusques sous le roi Henri IV, que François de Foulco, fils de Gabriel, remonta, par divers degrés de génération, de père en fils, à tous ces guerriers dont j'ai parlé ci-dessus, par des services signalés dans le service des rois de France et des comtes de Provence jusques à Guillen de Foulco, dans la querelle des Béranger contre Estiennette des Baux. François de Foulco fut officier de la gendarmerie du roi Henri IV. Il était fils de Gabriel de Foulco et d'Anne de Baux, de l'illustre maison des souverains princes d'Orange.

Gabriel II de Foulco, fils de François et de Marguerite de Saint-Maurice des anciens barons de Venasque, servit longtemps dans les armées du roi Louis XIII. Il fut marié avec Philippe de Paparin, des seigneurs de Saint-Chaumond, fille de Claude de Paparin, seigneur de Château Gaillard et de Susanne de Serre, il eut de son mariage trois fils, dont Alexandre de Foulco, sieur de Jonquières, est le seul qui ait laissé postérité. Il servit sous Louis le Grand, officier dans la compagnie dés gardes de son corps, il suivit le Roi dans ses conquêtes de Flandre en 1677 et il se signala en présence de Sa Majesté aux siéges de Valenciennes, de Cambray, de Gand et d'Ypres, en 1678. Il servit encore quelques années dans la maison du Roi, après la paix de Nimègue, en 1682, et enfin il se retira en Provence après la réduction de Strasbourg et de Cazal ; il se maria en 1683 avec demoiselle Thérèse de Monyer ; de ce mariage naquit Jacques-Philippe Foulco, sieur de Jonquières, écuyer, qui a épousé, en 1702, demoiselle Marie de Foulco, sa cousine-germaine, avec dispenses. Il se sacrifia volontairement au service de sa patrie, pendant tout le tems de la peste, dont elle fut malheureusement affligée. Il y donna tous ses soins pour empêcher que le mal n'y fit des progrès ; outre ses soins, il y sacrifia encore son propre bien, qu'il distribua aux pauvres dudit lieu, sans en avoir jamais demandé aucun remboursement à la communauté. De son mariage est né messire Joseph François Alexandre de Foulco, aujourd'hui (en 1723) prieur de Roussillon, recommandable par sa piété et son savoir, et sa charité inépuisable pour les pauvres dudit lieu, qu'il prévient dans leurs nécessités. Gaspard Victor de Foulco, son frère, quoique jeune, a déjà fait les premiers essais du métier de la guerre au service de S. M. Louis XV (1724 ), dans le régiment de Nice, actuellement en Flandre.

Foulco ou Fauque porte de gueules, à deux frênes d'or, appointés, chargés d'un faucon de même, anciennes armes que l'on voit encore aujourd'hui sur la grande porte de l'église paroissiale du lieu de Roussillon, ce qui marque leur ancienneté et leur noblesse ; cette maison a donné des prieurs de cette église depuis plus d'un siècle et demi, qui se sont toujours distingues par leur science, leur mérite et leur piété.

L'on sait, et M. Maynier a eu soin d'en prévenir, qu'il rejetait les mémoires des familles dont la noblesse n'était pas bien prouvée, et ce qu'il dit de celle-ci suffirait pour convaincre qu'elle est d'une très ancienne distinction.

Indépendamment de cet ouvrage, cette famille a eu le bonheur de retrouver beaucoup d'arrêts, transactions contrats, testaments, etc., qui justifient cette opinion et au moyen desquels elle prouve très bien sa filiation sinon depuis Guillen, du moins depuis Michel, aïeul de François, qui, d'après M. de Maynier, avait prouvé qu'il descendait de Guillen, l'un des gentilshommes qui accompagnèrent Charles Ier d'Anjou en son mariage. Il n'est donc pas douteux que la maison de Foulco, aujourd'hui Fauque de Jonquières, n'ait joui, dès ces tems reculés, d'une grande considération. Au surplus, on ne doit pas être étonné que beaucoup de familles aient perdu tout ou partie de leurs titres pendant la révolution, et c'est ce qui est arrivé à celle-ci.

Ne connaissant pas les ascendants de Guillen Foulco, nous commencerons à lui la génération de sa maison. Il vivait en 1230, et l'on voit, par l'ouvrage que nous venons de citer, qu'un siècle auparavant la famille Foulco était connue parmi les nobles de Provence.

  1. Guillen Foulco, fut l'un des gentilshommes qui accompagnèrent le frère de saint Louis, lors de son mariage. Il fit partie de l'expédition de Naples, où son nom a été illustré et s'y maria. Il eut pour fils :
  2. Bertrand, qui servit longtemps dans les armées de Naples; celui-ci eut deux fils :
    1. Gaspard, dont l'article suit ;
    2. Jehan, qui resta en Italie où il forma une branche qui subsistait encore en 1701, sous le nom de comte de Faulco-Pacco.
  3. Gaspard vint s'établir en Provence, où il se signala au service de ses souverains; il eut pour fils :
  4. Louis, qui avait suivi son père dans une expédition en Italie ; il se maria à Turin, et mourut en Piémont. Il eut trois enfants. L'un d'eux :
  5. Charles se maria à Arles. Il eut pour fils :
  6. Claude Alexandre, qui servit longtemps avec distinction en Provence et en Italie. Il se maria Rome; ruiné par les guerres des Guelfes et des Gibelins, il se retira en Provence vers 1360. Il eut deux fils :
    1. Bertrand, dont l'article suit ;
    2. Joseph, qui fut ecclésiastique.
  7. Bertrand, qui était resté à Naples auprès d'un oncle maternel, commanda les armées de la reine Jeanne mais, rappelé auprès de son père, il vint en Provence avec sa femme, qui était napolitaine, et il s'y fixa, Il eut de son mariage :
    1. Paul, qui fut tué au service à l'âge de 20 ans ;
    2. Guillaume, qui suit ;
    3. et 4.0 Deux filles.
  8. Guillaume, se maria à Digne ; de son mariage naquit :
  9. Balthazar, qui servit dans les armées de Charles VII. Il se maria à Forcalquier, et eut pour fils :
  10. Flomard, qui, étant attaché à la maison de Lesdiguières, s'établit au bourg de Roussillon, au diocèse d'Apt en Provence, dont le duc de Lesdiguières était baron, et ses descendants y sont restés jusqu'à la révolution. Il se maria avec demoiselle de Perussis. De ce mariage naquirent :
    1. Honoré, propriétaire du fief de la Garde, suivant acte d'hommage au parlement de Provence, en date du 31 mai 1560, dans lequel il est qualifié noble homme et escuyer. Il servit dans les armées de François Ier. Il épousa mademoiselle de la Motte, et eut pour fils, Joseph, qui, le 20 mars 1572 , fit hommage au parlement du fief de la Motte, de celui de Vaulplane et du quart de la terre de Soleilhas. Son père vivait encore puisqu'il est désigné dans cet acte comme fils d'Honoré, sieur de la Garde. Joseph n'eut point de postérité et sa succession fut divisée. Une partie fut consacrée à la fondation d'un hôpital, sous le nom de Charité, qui subsiste encore à Roussillon ;
    2. Michel, qui suit.
  11. Michel, hérita du quart de la terre de Soleilhas, à la mort de Joseph, son neveu. Il épousa demoiselle Delphine Aillaud. Il eut pour fils :
  12. Gabriel, qui servit longtemps dans les armées de Henri III et Henri IV. Il épousa Anne des Baux de l'illustre maison des Baux, anciennement souveraine d'Orange ; de son mariage naquirent :
    1. François, qui suit ;
    2. Hierosme ;
    3. Jean-Michel, qui fut prieur de Roussillon.
  13. François fut, très jeune, officier de la gendarmerie de Henri IV. Il échangea sa portion de la terre de Soleilhas, contre le fief de Saint-Sauveur, que son arrière petit-fils avait encore en 1729, suivant un bail notarié du 17 septembre 1716 et une quittance pardevant Ripert, notaire, du 14 novembre 1729. Il épousa demoiselle Marguerite de Saint-Maurice, des anciens seigneurs de Venasque, suivant acte du 21 octobre 1611, reçu par Bonhomé, notaire à Vénasque. Les précédents sont toujours qualifiés sire, ou messire, ou noble, dans les actes qui nous ont été représentés, et quelquefois écuyer. François est qualifié écuyer, ainsi que tous ses descendants, dans tous les actes où ils sont nommés. Il eut pour fils :
  14. Gabriel, co-seigneur de Vénasque et de Saint Didier. Il servit longtemps dans les armées de Louis XIII. Il se maria, suivant acte du 19 juin 1638, avec demoiselle de Paparin de Chaumont et de Château Gaillard. Le frère de cette demoiselle était alors évêque de Gap. Gabriel est le premier qui ait ajouré à son nom celui de Jonquières, d'un arrière-fief qu'il possédait. Dans un acte du 9 septembre 1686, reçu par Gaultier, notaire à Mazan, il est qualifié noble Gabriel de Fauque, écuyer, sieur de Jonquières. Il eut trois enfants :
    1. Claude-Joseph, qui eut un fils et une fille. Le fils fut prieur de Roussillon, et la fille fut mariée à Jacques-Philippe, son cousin-germain ;
    2. Alexandre, dont l'article suit ;
    3. François, nommé l'abbé du Contrat, qui fut prieur de Roussillon.
  15. Alexandre servit longtemps et avec beaucoup de distinction dans les gardes du corps de Louis XIV, ainsi qu'il est dit dans l'ouvrage de M. de Maynier. Il épousa demoiselle de Monier, suivant acte du 9 novembre 1683, reçu par Monier, notaire à Viens. Il en eut un fils dont l'article suit, et trois filles.
  16. Jacques Philippe, épousa, en 1702, demoiselle de Fauque, sa cousine germaine, dont il eut trois garçons et deux filles. Son contrat de mariage est du 23 février 1711, devant Ripert, notaire à Roussillon. C'est lui qui sacrifia une grande partie de sa fortune pour le soulagement des pestiférés, ainsi que le dit M. de Maynier. Il vendit, par suite de ses libéralités, le fief de Saint Sauveur et la co-seigneurie de Vénasque et de Saint Didier, qu'il tenait de ses aïeux par succession. L'aîné de ses fils fut :
  17. Gaspard Victor, qui servit pendant plusieurs années dans le régiment de Nice. Il se maria en premières noces, en 1740, avec demoiselle d'Etienne de Peyssonnel de la ville d'Aix. Sa femme étant morte sans enfants la même année, il épousa, en secondes noces, en 1741, mademoiselle d'Eyroux de Pontevès. De ce mariage naquirent plusieurs enfants. Entre autres :
    1. Gabriel Victor, servit longtemps dans le régiment de Soissonnais. Il fit plusieurs campagnes en Flandre, et toutes les guerres de Corse, jusqu'à la soumission entière de cette île à la France. Il mourut des suites des fatigues de la guerre ;
    2. Jacques Philippe, dont l'article suit ;
  18. Jacques Philippe, second des garçons, aujourd'hui chef de cette maison, né en 1748, épousa, suivant acte du 9 novembre 1778, reçu par Gollier, notaire à Avignon, demoiselle de Charlet, d'Avignon, fille de messire Joseph Hyacinthe de Charlet de Beauregard, auditeur de Rote. De ce mariage sont nés beaucoup d'enfants, dont plusieurs sont morts. Les survivants sont cinq garçons et une fille, savoir :
    1. Louis Victor, marié, le 17 octobre 1815, à demoiselle Hortense Bruslé, fille de messire Antoine Bruslé, capitaine de cavalerie, chevalier de Saint-Louis et commandant du quartier de la Grande Rivière à l'île Saint-Domingue, avant la révolution. De son mariage est issu Philippe Auguste Victor, né le premier décembre 1816 ;
    2. Joseph-Amable ;
    3. Elzeard-Vincent-de-Paule ;
    4. Frédéric-Auguste ;
    5. Jean-Baptiste Eugène ;
    6. Louise-Françoise-Eulalie-Philippine.
Les armes de cette famille, telles qu'elles sont indiquées dans l'article de M. de Maynier, relaté ci-dessus, étaient apposées sur le frontispice de l'église paroissiale du bourg de Roussillon, depuis l'an 1593, et dans une chapelle de la même église, ainsi qu'il en conste par trois attestations authentiques qui nous ont été exhibées. Vers l'an 1760, la façade de cette église ayant été reconstruite, quelques-uns des habitants disputèrent à la maison de Fauque le droit qu'elle revendiquait d'y faire placer ses armes. Le comte du Luc, alors seigneur de Roussillon, s'étant fait justifier de l'existence de ce droit, ordonna qu'il serait maintenu, et obligea les habitants à faire rétablir la pierre sur laquelle étaient gravées les armes sur la façade de l'église.

La maison Fauque de Jonquières avait fondé dans le même bourg et doté un hôpital assez richement pour que l'on en doive présumer qu'elle était opulente autrefois, et qu'elle faisait de sa fortune un usage qui avait dû l'environner de la considération publique. Elle jouissait de différents privilèges qui avaient excité contre elle la jalousie de divers habitants du même lieu, et notamment du juge qui voulut contester à Jacques-Philippe, chef actuel de cette famille, ses prérogatives et sa noblesse.

Le juge fut condamné par deux arrêts du parlement d'Aix, des 4 mars 1779 et 10 janvier 1784. Ce dernier, qui doit être regardé comme un arrêt de maintenue de noblesse, nous a été représenté.

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