31 décembre 2007

La famille Roselly de Lorgues

Annuaire de la noblesse de France 1863 page 175
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36591j/f189.item

Armes : d'azur à un coeur percé d'une flèche d'or, au chef d'argent chargé de trois roses de gueules.

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.
La famille Roselly de Lorgues, dont le nom s'écrivait autrefois Rosselli et Roselli, est originaire d'Italie, où elle est encore représentée par plusieurs branches, qui occupent un rang distingué dans la noblesse. Un de ses membres, Cesare Rosselli, embrassa fort activement le parti du roi René. On sait que ce bon prince, après avoir vu la plus grande partie du peuple napolitain reconnaître ses droits au trèfle et se soumettre à son autorité, fut obligé par la trahison d'abandonner ses États à son compétiteur Alphonse d'Aragon en 1442. Cesare Rosselli se vit alors contraint de s'expatrier. Il mourut peu après son arrivée en Provence.

Antonio Rosselli, fils de Cesare, reçut, pour toute indemnité de ses biens perdus en Italie, la charge de notaire de la couronne, qui avait des privilèges fort étendus et qui était généralement exercée par des membres de la noblesse. Un mariage d'inclination le fixa dans la petite ville de Seillans, où il acquit une grande partie des terres de la seigneurie.

Sa charge, dont le titre changea en 1486 par la réunion du comté de Provence à la France, s'est perpétuée dans sa famille et a été transmise de père en fils par rang d'aînesse, depuis le XVe siècle, jusqu'à Pierre Rosselly, grand-oncle de M. Rosselly de Lorgues, représentant actuel du nom. Pendant cette longue période on voit que ces notaires royaux étaient les premiers magistrats de la cité, possédaient de grandes terres et jouissaient de tous les signes et de tous les privilèges de la noblesse.

Les armes de la famille Rosselly n'ont jamais été modifiées ; on les retrouve sur les protocoles de l'ancien notariat royal et dans les archives municipales de Seillans, chaque fois qu'un Rosselli a exercé les fonctions de consul de la commune, notamment en 1642, pendant la minorité du roi Louis XIII, en 1640 sous le ministère du cardinal Richelieu, et en 1659 sous celui de Mazarin. Mais le roi René changea la devise qui n'avait que ces deux mots Cor mundum, en celle-ci : Vulnerasti cor meum Ros Coelli pour témoigner la part qu'il prenait aux afflictions de son fidèle serviteur.

Durant plus de trois cents ans l'origine italienne des Roselli est restée visible dans leur signature. L'y grec ne s'est substitué à l'i que vers le commencement du siècle dernier. Leur nom, conformément à l'usage suivi au delà des monts, n'avait jamais été précédé de la particule.

En 1756, Antoine Léger Rosselly, fils de Joseph César Rosselly, notaire royal à Seillans, s'établit à Lorgues et acheta, pour les réunir dans ses mains, plusieurs études de notaire. On le désigna du surnom de Lorgues pour le distinguer des membres de sa famille restés à Seillans et de ceux qui s'étaient établis sur divers autres points de la Provence. Il fut père d'Antoine Benoît Rosselly, auquel il transmit cette désignation distinctive de de Lorgues.

C'est sous ce nom que M. Antoine François Félix Roselly de Lorgues, fils du précédent, né à Grasse le 11 août 1805, fut toujours connu et qu'il fit ses premiers pas dans le monde avec le patronage du chancelier de Pastoret, son parent. Il fut d'abord destiné à l'administration préfectorale, mais, après la révolution de juillet 1830, renonçant à toute fonction politique, il résolut de s'adonner uniquement aux lettres.

En 1833, il fonda le Journal des instituteurs primaires ; puis il écrivit un livre : le Christ devant le siècle, qui fut suivi de plusieurs ouvrages importants, dont le dernier, la Vie de Christophe Colomb, mit le sceau à sa réputation littéraire.

Cet écrivain catholique a été nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1837, officier en 1855, chevalier de Saint Grégoire le Grand en 1854, officier des saints Maurice et Lazare 13 mars 1857, commandeur de l'ordre de Saint-Sylvestre le 20 mars 1857, et commandeur de l'ordre de Charles III le 17 janvier 1860. Le nom de de Lorgues lui a été conféré régulièrement par décret impérial du 15 décembre 1860. Nous apprenons qu'une instance d'opposition a été engagée par la commune de Lorgues devant le conseil d'État. Quelle que soit la décision à intervenir, c'est ici la place de la famille Roselly de Lorgues, car ce n'est point au nom de Lorgues, mais à son antique origine, qu'elle doit d'y tenir son rang.

Armes : d'azur, à un coeur percé d'une flèche d'or; au chef d'argent chargé de trois roses de gueules.

Devise : VULNERASTI COR MEUM ROS COELLI.

Couronne de comte.

La famille Roselly

Annuaire de la noblesse de France 1869 page 192
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36597m/f204.item

Armes : d'azur à un coeur percé d'une flèche d'or, au chef d'argent chargé de trois roses de gueules.

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.
La notice publiée sur la famille Roselly de Lorgues dans l'Annuaire de 1863 ne s'était occupée que de la branche française à partir de Cesare Roselli, venu de Naples en Provence, et père d'Antonio Roselli qui s'établit à Seillans. Voici, pour la compléter, quelques détails sur la souche italienne.

Originaires d'Arezzo, ville de Toscane autrefois importante, les Roselli se sont répandus dans les différents Etats de la Péninsule. Ils étaient déjà anciens lorsque le chevalier Jean Roselli accompagna le pape Clément V dans sa nouvelle résidence d'Avignon. Leurs armes : d'argent, à trois roses de gueules, se voient encore peintes ou sculptées sur plusieurs monuments publics.

Le premier Roselli dont le nom soit devenu historique était un disciple distingué du célèbre Accurse, qui restaura la science du droit en Italie. Il fut appelé à Florence par le conseil de la république pour enseigner le droit public, et plus tard il devint un des principaux fondateurs de l'université de Padoue. Il a été le chef d'une lignée de jurisconsultes éminents qui pendant deux siècles ont honoré la science, vocation héréditaire que leurs contemporains eux-mêmes ont signalée. Le tableau généalogique de ces gentilshommes, docteurs in utroque, a été dressé et publié par un des plus grands érudits italiens du XVIe siècle, Guido Pancirolo, dans son Histoire des jurisconsultes célèbres, écrite en 1560 et imprimée à Venise en 1638. L'abbé Lucius Paulus Roselli forme la septième génération de ces rejetons illustres parmi lesquels on compte un chevalier d'honneur du souverain Pontife, un gouverneur de Pise, un gonfalonier d'Arezzo, deux légats du Saint-Siège, deux comtes professeurs de droit canonique, un commandant des gardes palatines et un ecclésiastique jurisconsulte, qui fut aussi poète et auteur de plusieurs ouvrages d'érudition, entre autres d'un livre intitulé les Fleurs des lois.

On peut citer encore le dominicain Cosme de Rosellis, qui composa, en 1590, un livre sur la mnémonique : Thesaurus artificiosoe memorioe, Roselli de Rosellis, auteur d'un traité diplomatique : Du sauf-conduit, et l'antiquaire florentin Etienne de Rosellis, qui a écrit une chronique de 1643 à 1663.

Mais dans cette série d'hommes distingués, l'individualité la plus remarquable est sans contredit Antonio Roselli, que les juristes ont surnommé le Monarque des deux droits, et à qui d'une voix générale on décerna dès sa jeune se le titre de Monarque de la sagesse.

Né à Arezzo et héritier du goût des siens pour l'étude des lois, il publia, étant encore adolescent, sous le simple titre : De la légitimation, un ouvrage qui eut beaucoup de retentissement. Les docteurs, jeunes et vieux, s'émerveillèrent d'un pareil savoir et d'une telle maturité de raison. Ce jeune prodige fut successivement appelé à Bologne et à Sienne, où l'on accourait de loin pour l'entendre. Sou opinion faisait autorité en jurisprudence.

Le pape Martin V, qui avait eu à son service d'autres membres de la famille Roselli, manda près de lui le Monarque de la sagesse pour lui confier des négociations difficiles. Il l'envoya comme légat à l'empereur Sigismond, qui non-seulement accorda à Roselli ce qu'il était chargé de lui demander au nom du Saint-Père, mais aussi lui conféra, comme gage, de sa haute estime, le titre de comte de l'empire romain, et l'investit en outre du pouvoir exorbitant de créer à son gré des chevaliers et des notaires, d'émanciper des mineurs et de légitimer des enfants naturels sans le concours d'aucun autre pouvoir que sa propre volonté.

Le Pape Eugène IV recourut aussi aux talents du Monarque de la sagesse, et l'envoya successivement, en qualité de légat, au roi de Pologne, à l'empereur Albert et à Charles VII, roi de France, qui, charmé à son tour de son mérite, le créa chevalier, en déléguant le duc de Lorraine pour lui ceindre l'épée et lui chausser l'éperon.

Le Pape promit à Antonio Roselli, en l'envoyant comme son représentant au concile de Bâle et comme récompense de ses éminents services, de le nommer cardinal à son retour. Sa mission terminée, on lui répondit qu'on ne pouvait lui donner, le chapeau, parce qu'il s'était marié deux fois (c'était là un empêchement absolu, et l'Eglise considérait comme bigame le veuf qui convolait à de secondes noces). A cette occasion, s'élevèrent de grands dissentiments suivis de son entière disgrâce. Antonio Roselli se démit de ses dignités, et se retira dans la résidence que lui offrit à Padoue la république vénitienne. Il habita cette ville pendant vingt-huit ans, et voulut y être inhumé dans la basilique de Saint-Antoine, son patron. Ses obsèques furent célébrées, le 16 décembre 1466, avec une grande magnificence. Ou lui érigea un superbe tombeau qui existe encore, et qui porte cette inscription laconique:

MONARCHA SAPIENTI E ANTONIUS DE ROYCELLIS.

On s'arrête pensif devant cette épitaphe aussi brève que glorieuse. Le monument, en marbre de Carrare, est un chef-d'oeuvre de sculpture et l'une des principales curiosités de Padoue.

La branche italienne des Roselli paraît maintenant éteinte en Italie, et de la branche française il ne reste plus qu'un seul rejeton, le comte Roselly de Lorgues, issu en ligne directe du comte palatin Cesare Roselli, réfugié en Provence après 1442, dont le fils Antonio, neveu et filleul du Monarque de la sagesse, fut notaire de la couronne et s'établit à Seillans. (Voyez l'Annuaire de 1863, p. 175.) La première fois que ce dernier représentant des Roselli de Provence, qui ont conservé en chef dans leur blason les armes paternelles des Roselli d'Arezzo, alla visiter le pays de ses ancêtres, on lui donna partout leur titre, dans le monde et dans les cours des divers souverains de la Péninsule. Cette possession a été régularisée, le 24 avril 1863, par le pape Pie IX, qui a rétabli en faveur de l'écrivain catholique, sous forme de collation directe, l'ancien titre de sa famille, et par une bienveillance toute particulière, le souverain Pontife, dérogeant aux usages de la chancellerie, a voulu que ces lettres patentes fussent gracieusement délivrées, affranchies de tous droits de sceau.

Ultérieurement Sa Sainteté, ajoutant une faveur nouvelle aux honneurs déjà accordés au comte Roselly de Lorgues, l'a élevé à la dignité de commandeur de son ordre de Pie IX, par bref du 3 juillet 1866, et il a daigné, dans les considérants, rappeler l'ancienne fidélité de ses ancêtres et leur dévouement au Saint-Siège.

30 décembre 2007

La famille Robert d'Escragnolle

Annuaire de la noblesse de France 1869 page 138
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36597m/f150.item

Armes : d'or, au sautoir de sinople, accompagné en chef d'un roc d'échiquier du même.

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.

La terre d'Escragnolles, en latin Castrum de Scrangola, est située dans les montagnes des Basses-Alpes, en amont de Saint-Vallier de Thiey, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Grasse. C'était autrefois, comme l'indique son ancienne dénomination, un fief avec château fort, au diocèse de Fréjus. (Dictionnaire de la France, par l'abbé d'EXPILLY, t. II, p. 764). C'est aujourd'hui une commune du département des Alpes-Maritimes.

Ses seigneurs, qui avaient pour nom primitif celui de Robert, appartenaient à une noble famille de Provence. Nous donnerons ultérieurement leur notice généalogique d'une manière plus complète. Mais nous sommes obligé de la retarder par la difficulté d'en rassembler les matériaux épars.

Honoré de Robert, seigneur d'Escragnolle, servait, en 1623, dans la compagnie des chevau-légers du roi sous le maréchal de Luxembourg. Il se distingua dans les guerres du Languedoc et dans celles du nord de l'Italie. En récompense de ses éclatants services, il fut nommé major de la ville d'Antibes par lettres patentes du roi Louis XIII, en date du 7 mai 1624. Il prêta le serment de sa nouvelle charge entre les mains de Mgr le duc de Guise, qui commandait en Provence. Lorsque, au commencement de l'année 1630, la guerre éclata avec plus de violence que jamais en Italie, où le duc de Savoie et l'empereur d'Autriche écrasaient notre allié le duc de Mantoue, la garde d'Antibes, place frontière, devint d'une haute importance. Des lettres patentes du 12 février 1630 investirent Honoré d'Escragnolle de la lieutenance militaire de la ville et du fort d'Antibes, fonctions qu'il fut autorisé à cumuler avec celles de major par nouvelles lettres du 30 avril 1632, et auxquelles le roi ajouta encore, le 13 février 1638, celles de capitaine et gouverneur de la tour de Graillon.

Il épousa Marguerite de Villeneuve, rejeton de la puissante et illustre maison des marquis de Trans et de Villeneuve-Bargemon (ou Bargemont), dont il eut Jacques de Robert, seigneur d'Escragnolle, maintenu avec lui dans sa noblesse par arrêt du 5 octobre 1667, et marié, le 30 avril 1660, avec damoiselle Gabrielle de Rabasse, fille de Balthazar de Rabasse, conseiller au parlement d'Aix, et d'Anne-Marguerite de Tulle (des marquis de Villefranche), et petite-fille d'Anne de Villeneuve-Bargemon.

A cette même branche appartenait Alexandre de Robert d'Escragnolle, capitaine de cavalerie, mort grand prévôt en la maréchaussée de Franco, dont les trois soeurs avaient épousé, l'une Jean-François Thomassin, seigneur de la Garde, l'autre Henri de Laurens, prévôt général de la maréchaussée de Provence, de la famille des marquis de Brue et de Saint-Martin ; la troisième (Aurélie), par contrat du 17juin 1709, Joseph de Micaelis, d'une ancienne maison du pays.

Melchior de Robert, coseigneur d'Escragnolle, frère puîné d'Honoré, forma une branche cadette qui s'allia aux maisons de Pugnaire, de Mourgues, de Rochemaure, de Bovis, etc. ; et qui s'établit au comté de Nice, où elle s'est perpétuée jusqu'à nos jours.

A la fin du siècle dernier le marquis d'Escragnolle, chef du nom et des armes, mourut à Grasse, et laissa quatre enfants :
  1. Auguste de Robert, marquis d'Escragnolle, décédé en 1855, et père de a Caroline; b Thérèse; c Antoinette de Robert d'Escragnolle.
  2. Rosalie de Robert d'Escragnolle, décédée sans alliance en 1855.
  3. Alphonse de Robert d'Escragnolle, mort sans postérité en 1862.
  4. Alexandre Louis-Marie, dont l'article suit.
Alexandre Louis Marie de Robert, Comte d'Escragnolle, était colonel au service du Brésil, gouverneur des armes de la province du Maragnon, où il mourut en 1828. Il avait épousé, en 1810, Adélaïde Françoise de Beaurepaire, décédée en 1840, laissant de son union :
  1. Amélie de Robert d'Escragnolle, morte sans alliance.
  2. Caroline de Robert d'Escragnolle, morte sans alliance.
  3. Gaston Henri, qui a continué la descendance.
  4. Gabrielle de Robert d'Escragnolle, qui, par son mariage avec Félix Emile de Taunay, a formé la nouvelle souche d'Escragnolle-Taunay, rapportée plus loin.
  5. Louis Alphonse de Robert d'Escragnolle capitaine du génie, mort sans alliance en 1853.
Gaston Henri de Robert, comte puis marquis d'Escragnolle, chef actuel du nom et des armes, lieutenant-colonel au service du Brésil, a épousé, en 1843, Anna Léopoldine da Silva Porto, dont il a un fils qui suit :

Alexandre Henri d'Escragnolle, sous-lieutenant au service du Brésil.

Armes : d'or, au sautoir de sinople, accompagné en chef d'un roc d'échiquier du même. Couronne de comte. Supports : deux aigles.

ESCRAGNOLLE-TAUNAY.

Gabrielle de Robert d'Escragnolle, fille d'Alexandre Louis Marie de Robert, comte d'Escragnolle, et d'Adélaïde Françoise de Beaurepaire, épousa en l'année 1840 Félix Emile de Taunay. (Voyez l'Annuaire de la noblesse, 1864, p. 174.) De cette union sont nés :
  1. Alfred Marie Adrien, qui suivra.
  2. Adélaïde Caroline Amélie d'Escragnolle-Taunay, mariée le 10 mai 1868 à Louis Emmanuel des Chagos Doria, capitaine de cavalerie légère dans l'armée brésilienne.
  3. Isabelle d'Escragnolle-Taunay.
  4. Gabrielle d'Escragnolle-Taunay.
  5. Louis Charles Alphonse Godefroy d'Escragnolle-Taunay.
Alfred Marie Adrien d'Escragnolle Taunay, né le 22 février 1843, capitaine du génie au service du Brésil, est le chef actuel du nom et des armes de la branche substituée d'Escragnolle-Taunay.

Armes : écartelé, aux 1er et 4e de gueules, à trois marteaux d'or, qui est de Taunay ; aux 2e et 3e d'or, au sautoir de sinople, accompagné en chef d'un roc d'échiquier du même, qui est Robert d'Escragnolle. Couronne de comte. Supports : un lion à dextre et une aigle à sénestre. Devises : Devoir fait droit ; et en latin : AB OFFICIO JUS.

Voir aussi :

27 décembre 2007

La famille d'Avon de Goult et de Roussillon

Notice mise à jour le 29 décembre 2007 avec les informations fournies par Mr Robert Rey.

Mise à jour du 12 janvier 2008.


Annuaire de la noblesse de France 1873 page 115
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36600p/f132.item

Armes : d'azur, au chevron d'argent, accompagné de trois étoiles du même. La branche des barons de Collongue porte écartelé, aux 1 et 4 de gueules, au chevron d'or, accompagné de trois étoiles d'argent ; aux 2 et 3 d'argent, à trois roses au naturel, tigées et feuillées de sinople, surmontées d'un chef d'azur, chargé de trois croissants entrelacés d'argent, qui est de MARMET DE VAUMALE.

Cette famille, originaire de l'ancien comté de Sault, en Provence, y était déjà établie, à Goult et à Roussillon, dans la seconde moitié du XVe siècle. Des documents authentiques et les actes de l'état civil permettent d'établir la filiation directe depuis Etienne d'Avon, capitaine de cent hommes de pied, et Pierre d'Avon, sieur de la Plane, son frère, capitaine d'une compagnie de cavaliers, qui prirent part à l'expédition du président d'Oppède contre les Vaudois de Cabrières et de Mérindol, en 1545, Il est question, dans les plaidoiries du procès intenté au président d'Oppède à la suite de cette expédition, d'une maison d'habitation qu'Etienne d'Avon possédait près de Roussillon, et que les Vaudois pillèrent et incendièrent lorsqu'ils vinrent assiéger cette localité en 1535. (J. AUBERY, Plaidoyer en la cause de ceux de Cabrières et de Mérindol, Bibliothèque nationale.)

La descendance d'Etienne d'Avon est seule encore représentée aujourd'hui ; celle de Pierre d'Avon, sieur de la Plane, s'est éteinte à Roussillon à la fin du siècle dernier.
  1. Etienne d'Avon, mentionné ci-dessus, fut père de :
    1. Gabriel d'Avon, qui suit ;
    2. Antoine d'Avon, dont la destinée est inconnue.

  2. Gabriel d'Avon, capitaine de cinquante hommes de pied, commandant de Goult, eut, de son mariage avec Basse de Pontevès, entre autres enfants :
    1. Etienne, qui suit ;
    2. Gabriel Pierre d'Avon, capitaine de cent chevau-légers ;
    3. Jean d'Avon, docteur en théologie, agrégé de l'Université d'Avignon, prieur du couvent de Saint-Hilaire, de l'ordre des Carmes, mort le 28 septembre 1639.

  3. Etienne d'Avon, capitaine de cinquante hommes de pied, commandant de Goult, mort octogénaire à Lauris le 12 juillet 1637, épousa Jeanne Teyssonne (Anne Irisson, voir note 1 au bas de cet article), dont, entre autres enfants :
    1. René d'Avon, qui suit ;
    2. Gabriel d'Avon, né le 21 juin 1609, mort le 3 septembre 1683, auteur de la branche des sieurs de la Javy, qui s'est éteinte à Sallon en 1740 ;
    3. Marguerite (voir note 2).

  4. René d'Avon, sieur de Collongue, né en 1591, mort le 28 février 1642, se maria (voir note 1), le 14 novembre 1618, avec Marguerite de Roche, héritière de la terre de Collongue, près de Cadenet, du chef de sa mère, Jeanne de Pontevès. De cette union sont issus entre autres enfants :
    1. Jean d'Avon, qui suit ;
    2. Barthélemy d'Avon, né le 24 novembre 1640, mort le 15 février 1701, auteur d'une branche qui s'est éteinte à Perthuis à la seconde génération.

  5. Jean d'Avon, sieur de Collongue, né le 19 mars 1635, mort le 27 février 1720, épousa Catherine de Daniel. Au nombre de leurs enfants furent :
    1. Gabriel Pierre d'Avon, né le 28 février 1665, mort le 4 octobre 1725, sans postérité de son mariage avec Isabeau de Collavery (dans l'acte : Elisabeth COLLANIER. Mariage à Aix le 5 jan 1693. Elisabeth est la fille de Guillaume et Catherine de GILLY), et laissant la terre de Collongue et tous ses biens à son neveu Gabriel, qui viendra ci-après ;
    2. Jacques, qui suit ;
    3. Joseph d'Avon, sieur de la Plane, chevau-léger dans la compagnie des gardes du corps du duc d'Orléans, passé au service d'Espagne à la suite d'un duel qui le força à quitter la France, et devenu colonel du régiment de Royal France dragons, à la tête duquel il fut tué à la bataille de Bitonto en 1734, sans alliance.

  6. Jacques d'Avon, mort le 6 mai 1715, avocat au parlement de Provence, marié, le 18 janvier 1697, à Lauris (Vaucluse), à Marie-Anne d'Alix de Léouze (Deleuze dans l'acte, Marie est la fille de Jean et de Marie JOUET), laissa entre autres enfants :
    1. Charles, qui suit ;
    2. Jean Baptiste Ambroise d'Avon, officier de cavalerie au service d'Espagne, puis garde du corps dans la compagnie de Charost, chevalier de Saint-Louis, décédé le 28 mars 1777 à Pontoise, où il s'était fixé ; auteur d'une branche dont le dernier représentant mâle est mort en 1844 ;
    3. Gabriel d'Avon, sieur de Collongue, auteur d'une branche qui viendra ci-après.

  7. Charles d'Avon, né le 4 avril 1698, mort le 2 avril 1748, capitaine de dragons au service d'Espagne, épousa, le 11 avril 1736, Anne Françoise de Gaudin, dont il eut entre autres enfants : Jean-Baptiste, qui suit.
    En fait, le mariage de Charles d'Avon et Anne Françoise de Gaudin, date du 5 juillet 1735 à Aix Saint-Sauveur. Les parents d'Anne-Françoise sont Esprit de Gaudin et Marie-Anne de Fornier.
  8. Jean-Baptiste d'Avon, sieur de Sainte Colombe, né posthume le 13 septembre 1748, garde du corps dans la compagnie de Noailles, épousa, le 19 juillet 1773, à Beauvais, Marie Anne Françoise Caron. Il mourut le 9 octobre 1825. Philippe Charles Jean Baptiste, son fils, a continué la descendance.

  9. Philippe Charles Jean Baptiste d'Avon de Sainte Colombe, né le 17 décembre 1783, mort à Apt le 18 janvier 1846, avait épousé, en 1823, Marie Delphine Reynaud, dont une fille religieuse et un fils, qui suit, chef actuel de sa branche.

  10. Joseph Philippe d'Avon de Sainte Colombe, ancien magistrat, président du comice agricole de l'arrondissement d'Apt, né le 27 novembre 1824, a épousé, le 19 mars 1855, Marie Court de Fontmichel, dont il a :
    1. Marie Albertine, née le 11 février 1856 ;
    2. Henriette Marie, née le 29 octobre 1857.
BRANCHE DES BARONS DE COLLONGUE.
  1. Gabriel d'Avon, sieur de Collongue, fils de Jacques d'Avon et de Marie-Anne d'Alix de Léouze, né le 7 février 1715, mort à Collongue le 24 octobre 1788, entra comme cadet au régiment de Flandre. Il reçut quelques mois après une grave blessure qui le força de quitter le service. Il épousa le 9 avril 1736, Marianne de Laugier, dont il eut :
    1. Charles Jean Baptiste François Gabriel, qui suit ;
    2. Joseph Antoine d'Avon, sieur de Mauredon, lieutenant au régiment d'Aquitaine, né le 19 mars 1742, tué en duel le 23 août 1772, sans alliance ;
    3. Jean Antoine d'Avon, né le 17 août 1746, docteur en théologie, recteur de la chapellenie de l'hôpital de Cadenet, mort curé de Dreslincourt (Oise) le 16 décembre 1816.

  2. Charles Jean Baptiste François Gabriel d'Avon, sieur de Collongue, né le 4 décembre 1738, mort à Collongue le 12 janvier 1809, épousa, le 22 octobre 1763, Gabrielle Françoise Josèphe de Marmet de Vaumale, fille de Charles François de Marmet, seigneur de Vaumale et de Valcroissant, dernier du nom, et de Marie Charlotte d'Autric de Vintimille, dont un fils, qui suit.

  3. Jean Joseph Léopold Gabriel Hippolyte d'Avon, baron de Collongue, né le 25 janvier 1766, mort à Collongue le 5 septembre 1845, servit en émigration de 1792 à 1796 dans la compagnie de la noblesse de Provence, puis aux chasseurs nobles du comte de Damas, enfin aux hussards de Choiseul Stainville. Il quitta le service avec la croix de Saint-Louis, le titre de baron et le grade de capitaine de cavalerie. De son union, contractée en octobre 1801 à Hambourg, avec Clémentine Catherine Bargmann, il eut :
    1. Adolphe Chrétien Gabriel, qui suit ;
    2. Jean Baptiste Louis Charles Léopold d'Avon de Collongue, né le 7 novembre 1805, sous-lieutenant de dragons, mort sans alliance le 2 juillet 1828.

  4. Adolphe Chrétien Gabriel d'Avon, baron de Collongue, né le 27 décembre 1802, mort le 20 avril 1857, épousa, le 10 juillet 1834, Marie Le Vaillant de Bovent. Leurs enfants furent :
    1. Paul Gabriel, qui suit ;
    2. Julie Clémentine d'Avon de Collongue, née le 8 juin 1835, mariée le 8 juin 1859 à Louis Boucher de Morlaincourt, capitaine d'artillerie, chevalier de la Légion d'honneur ;
    3. Thérèse Cécile d'Avon de Collongue, née le 22 septembre 1847.

  5. Paul Gabriel d'Avon, baron de Collongue, né le 28 mars 1837, attaché aux affaires étrangères, chevalier de la Légion d'honneur et de plusieurs ordres étrangers, a épousé, le 9 novembre 1869, Alexandrine Louise Augustine Boscary de Villeplaine, dont il a :
    1. Jean Louis Adolphe Gabriel, né le 20 mai 1872 ;
    2. Marie Georgette, née le 20 mai 1872.
La famille d'Avon s'est aussi alliée à celles d'Augier, d'Hugonis, de Ripert, de Cacqueray, de Jenfosse, Muyart de Vouglans, de Violaines, d'Icard, d'Isnard, de Gérard d'Aubres, de Redortier, de Malachie, de Bosse, de Félix, de Bournareau, etc., etc.

Notes prises suite aux informations envoyées par Mr Robert Rey

Note 1 : Mariage de René Avon et Marguerite Roche mentionné sur les registres de Lauris. Le mariage a eu lieu à Cadenet le 24 septembre 1618 et non le 14 novembre. Le nom de la mère de René est Anne Erissone (Irisson) plutôt que Jeanne Teyssonne.



Note 2 : Mariage du 22 juillet 1612 à Lauris de Marguerite AVON, soeur de René. A noter que l'époux de Marguerite AVON, François MADON, est soit un frère, soit un cousin germain de Martin MADON époux de Blanche GALLIANNE qui se trouve dans nos deux ascendances (celle de Robert Rey et la mienne).

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Actes geneabank

paroisse: Aix-en-provence Saint Sauveur
annee: 1735
date: 5/7/1735 00:00:00
nom-epoux: AVON(D')
prenoms-epoux: Charles
nom-epouse: GAUDIN(DE)
prenom-epouse: Françoise
Nom-pere-epoux: AVON(D')
prenom-pere epoux: Jacques
Nom-mere-epoux: LAUZET(DE)
prenom-mere-epoux: Marie Anne
Nom-pere-epouse: GAUDIN(DE)
prenom-pere-epouse: Esprit
Nom-mere-epouse: FORNIER(DE)
prenom-mere-epouse: Marie Anne

paroisse: Aix-en-provence Saint Sauveur
annee: 1693
date: 5/1/1693 00:00:00
nom-epoux: AVON
prenoms-epoux: Gabriel
nom-epouse: COLLANIER
prenom-epouse: Elizabeth
Nom-pere-epoux: AVON
prenom-pere epoux: Jean
Nom-mere-epoux: DANIEL(DE)
prenom-mere-epoux: Catherine
Nom-pere-epouse: COLLANIER
prenom-pere-epouse: Guillaume
Nom-mere-epouse: GILLY(DE)
prenom-mere-epouse: Catherine

La famille d'Abon

Annuaire de la noblesse de France 1869 page 116
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36597m/f128.item

Armes : Parti émanché (alias : coupé émanché) d'or et d'azur de huit pièces, les pointes pommetées. – Devise : UNION MAINTIENT.

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.
Cette famille, originaire du Gapençais, est issue de noble et sage homme Pierre Abon, en latin Abonis, qui épousa Jeanne de Justas, et qui était notaire à Gap en 1412, dans un temps « où cet art, dit Chorier, bien loin de déroger à la noblesse, estoit mesme un exercice noble ». Deux Guillaume Abon avaient déjà figuré comme témoins dans le traité qui fut conclu, le 19 janvier 1274, entre l'évêque et la ville de Gap.

Jean d'Abon, fils de Pierre, fut compris comme noble dans la révision des feux qui se fit en Dauphiné l'an 1457. A la génération suivante, Guillaume d'Abon épousa, le 5 novembre 1496, Alix de Valavoire, dame de Reynier, du chef de laquelle la seigneurie de ce dernier nom entra dans sa famille. Jean II d'Abon, issu de cette union, se maria, le 12 janvier 1524, avec Marguerite de Glandevès.

Leur descendance se partagea en deux branches

  1. Guillaume d'Abon, seigneur d'Antrais et de Reynier, continua la branche aînée, qui se fixa en Provence, où Melchior d'Abon, son petit-fils, épousa le 1er février 1634 Julie d'Abon, sa cousine, et où leur postérité s'éteignit au commencement du siècle dernier. (Artefeuil, tome Ier.) Antoine d'Abon, seigneur d'Antrais et de Reynier, fit enregistrer son blason dans l'Armorial de France, au bureau de Gap, le 1er juillet 1701. (Reg. du Dauphiné, page 505.)

    Des auteurs prétendent que, vers 1624, un rameau se détacha de cette branche et passa en Anjou, où elle continua de subsister.

  2. Olivier et François d'Abon, frères puînés de Guillaume, restèrent en Dauphiné, où leur famille s'est perpétuée jusqu'à nos jours. A cette branche appartenaient Sébastien d'Abon, coseigneur de Montfort, qui fit enregistrer ses armes dans l'Armorial de France au mois de juillet 1700, bureau de Sisteron (vol. Ier de Provence, page 319); Jacques Auguste d'Abon, écuyer, seigneur de Boulays, qui épousa Madeleine Thérèse de l'Aigneau, sous gouvernante de Marie-Anne d'Orléans, duchesse de Savoie, et en eut Renée Thérèse d'Abon, née le 16 février 1659, fille d'honneur de cette princesse, et mariée, en 1687, avec Jean-Baptiste de Rouvroy, chevalier, seigneur de Poyvallée, Foissy, Provanchère, etc., capitaine des vaisseaux du roi, créé ensuite lieutenant général et commandeur de Saint-Louis. Les armes de Thérèse d'Abon furent enregistrées dans l'Armorial de France. (Paris, vol. II, page 578.)

    Cette branche était représentée au siècle dernier par Charles Auguste d'Abon, né en 1712, chef d'escadre et lieutenant général des armées navales en 1777, fils de Jacques-Auguste d'Abon et de Marie Françoise de Mazancourt. Le marquis et le chevalier d'Abon siégèrent aux assemblées électorales de la noblesse en 1788. Le dernier rejeton mâle du nom fut Charles Louis d'Abon, colonel du génie, qui épousa Sophie de Sinard, dont il eut deux filles : 1° Aimée d'Abon, femme de M. Pinet, seigneur de Manteyer et de Saint-André ; 2° Victoire-Alix d'Abon, femme de M. Aubryot de la Palme.

23 décembre 2007

La famille des Isnards du Comtat-Venaissin

Source : Nobiliaire universel de France
Auteur : Nicolas Viton de St-Allais
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36867h/f7.item
ISNARDI, ISNARDS ou DES ISNARDS, maison originaire de la ville de l'Isle ; au Comtat Venaissin, l'une des plus anciennes et des plus distinguées de cette province, où elle est connue depuis la fin du douzième siècle.

Les preuves de cette famille ont été faites en 1779, par M. Chérin, généalogiste du roi, pour monter dans les carrosses de Sa Majesté, et en 1780 Toussaint-Siffrein, Esprit Dominique Stanislas et Jean Charles Gaspard des Isnards, frères, furent présentés au roi et à la famille royale.

On voit dans les registres de la vénérable langue de Provence, à Malte, sous la date du 28 avril 1784, la relation de MM. les commissaires de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, signée par MM. les chevaliers de Lattier la Touche et de Bardonnenche, laquelle a pour objet la réception de M. le chevalier Gabriel Joseph Martial des Isnards, chef de la branche aînée de cette maison, et qui forme le XVIe degré de cette généalogie, et dans laquelle on lit que le nom du prétendant est connu depuis trois siècles dans l'ordre ; d'ailleurs cette maison avait eu auparavant des chevaliers de Rhode. En effet, il conste par les preuves des cinq chevaliers de Thésan et des trois chevaliers de la Fare, que la famille des Isnards a été reçue dans l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem huit fois avant la réception d'Esprit Toussaint des Isnards.

Bertrand Isnard, chevalier, assista, avec Raimond d'Agoult, Rostain de Maulsang, Raimond de Montmirail, Bérenger de Bezignan, Giraud de Monteil-Adhémar, Pierre et Rambault d'Ancezune, et plusieurs autres nobles du pays Venaissin et de la principauté d'Orange, à la transaction passée dans l'église cathédrale d'Orange, le 6 des calendes d'octobre 1215, entre Guillaume de Baux et les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, sur les droits qu'ils avaient dans la ville et principauté d'Orange. Un Guillaume Isnard souscrivit la même transaction.

Hugues Isnard, chevalier, fut un des consuls de Cavaillon qui dressèrent les statuts municipaux sous l'autorité de Raimond VII, comte de Toulouse et du Venaissin, et qui furent approuvés par Amiel, coseigneur de Cavaillon, et Rostain Carbonel, évêque et coseigneur de la même ville, le premier des calendes de juin 1241. Le même Hugues Isnard fut député par la communauté de Cavaillon, pour procéder à la reconnaissance des droits de Guy et Bertrand, coseigneurs de Cavaillon, et l'évêque Gabriel ; ce qui fut exécuté solennellement le 4 des calendes de janvier 1255.

Hugues Isnard et plusieurs autres chevaliers de Provence et du Comtat Venaissin, parmi lesquels on remarque Pierre de Cavaillon, Roger et Bertrand de Baux, Béranger et Guillaume Rairnond, accompagnèrent, au mois d'octobre 1328, Charles, duc de Calabre, fils de Robert d'Anjou, roi de Naples, en. Italie, où ce prince avait été appelé par les Florentins pour les défendre et les protéger contre l'empereur Louis de Bavière.

Pierre Isnard, chevalier, de la ville de l'Isle, au diocèse de Cavaillon, contemporain de Hugues Isnard, épousa Pompère ou Pompée d'Astres (d'Astriot), d'une famille noble de Provence, et en eut, entre autres enfants, Marguerite Isnard, qu'il dota de mille florins d'or, somme très considérable pour ce temps-là, et qu'il maria, par contrat passé à l'Isle en 1360, avec Jean Scudéri, de la ville d'Apt.
La filiation suivie de cette maison commence à :
  1. Bertrand Isnardi, Ier du nom, de la ville de l'Isle. Il est rapporté dans une transaction pour les limites et partages des villes de l'Isle et du Thor, de l'an 1246, et qualifié miles dans une charte aux archives du Thor, de l'an 1248, et dans une transaction du dernier octobre 1262, in domino Bertrandum Isnardum militem. Il fut témoin, avec Raimond Bosigon, juge du Venaissin ; Jean d'Arcise, sénéchal de la même province ; Gui de Raimond, Viguier de Cavaillon, Bertrand Maulsang, etc., à l'acte de vente passé dans le château de Pernes, le 8 des ides de septembre 1263, d'une portion de la seigneurie de Cavaillon, par Bertrand, coseigneur de cette ville, en faveur de Giraud Amic (Sabran), seigneur de Châteauneuf et du Thor. Il eut pour fils :

  2. Guillaume Isnardi, damoiseau, Ier du nom, qui, par son testament de l'an 1317 (Pineti, notaire de l'Isle) ; institua son héritier noble Bertrand Isnardi, son fils, et substitua Guillaume Isnardi, son petit-fils.

  3. Bertrand Isnardi, IIe du nom, fut père de :

  4. Guillaume Isnardi, IIe du nom, rappelé dans le testament de son grand-père, de l'an 1317. Il est qualifié nobilis vir Guillelmus Isnardus dans des actes des 19 et 24 octobre 1390, et institua son héritier, en 1402, noble Elzéar Isnardi, son fils, avec substitution en faveur de Louis Isnardi, son petit-fils. Il avait épousé Catherine Isnardi, qui, étant veuve de lui, fit son testament le 3 décembre 1418, en faveur de Catherine Isnardi, femme d'Elzéar Isnardi, son fils, et de ses enfants, énoncés dans ledit testament.

  5. Elzéar Isnardi, chevalier, fils de noble Guillaume, est rappelé dans la reconnaissance qu'il fit de la dot de Claude de Valeri, femme de Louis, son fils aîné, du 22 décembre 1434. Il laissa de son mariage avec Catherine Isnardi quatre enfants rappelés dans le testament de sa mère, du 31 décembre 1418 :
    1. Louis, dont l'article suit ;
    2. Pompée des Isnards ;
    3. Antoinette, femme de Jacomet Donodey, avec laquelle elle vivait à l'Isle, en Venaissin, en 1471 ;
    4. Garcinette ou Gassinette, mariée, vers l'an 1450, à Antoine de Novarins.

  6. Louis Isnardi ou des Isnards, Ier du nom, damoiseau, est ainsi qualifié dans un acte de bail-nouvel passé devant Pierre Moricelli, notaire de la ville de l'Isle, de laquelle il fut nommé syndic par une délibération de la communauté, passée devant Jacques Ballini de Valeriis, notaire de la même ville, le 29 mars 1473. Il était consul de ladite ville de l'Isle en 1441, et avait épousé, par contrat du 30 novembre 1430, passé devant Jacques Ballini, noble Claude de Valéri, fille de noble Jean de Valéri, capitaine du lieu d'Oppède, dans lequel contrat noble Catherine, femme de noble Elzéar Isnardi, promet de contribuer à la restitution de la dot de ladite noble Claude de Valéri. Louis Isnardi fit son testament devant Ballini, le 12 mars 1488, ayant pour fils :
    1. Jean des Isnards ;
    2. Pierre des Isnards ;
    3. Garcias, dont l'article suit ;
    4. Gabriel, qui partagea avec ses frères la succession de leur père, par acte passé devant Jacques Ballini, notaire à l'Isle, le 7 novembre 1490. Il fonda la branche des seigneurs d'Odefred en Valentinois, éteinte dans le dix-huitième siècle. Elle a fait des alliances avec les maisons de Borne, du Plan, de Bologne-d'Alençon, etc. etc. Josserand des Isnards, petit-fils de Gabriel, fut reçu chevalier de Saint-Jean de Jérusalem en 1526, et fut tué en 1531 ; à la prise du château de Zegue, en Barbarie, où voulant forcer la porte, son corps fut percé d'un coup d'arquebuse.

  7. Garcias des Isnards, damoiseau, né à l'Isle en 1460, s'établit dans la ville de Carpentras, au Comtat Venaissin, à l'occasion de la charge de vice-recteur de cette province, dont il fut revêtu par le pape le 24 mars 1520. Il mourut dans l'exercice de cette magistrature, à l'âge de quatre-vingts ans, comme le portait une courte inscription posée sur son mausolée, dans la chapelle de la Sainte-Epine, qu'il avait fondée dans l'église des frères prêcheurs de Carpentras. On y voyait Garcias, mal nommé Gratias dans cette inscription, couché sur sa tombe, revêtu d'une robe, la tête découverte et les mains jointes, ayant à ses pieds un chien. Cette église est de- truite depuis quelques années, par une conséquence de la révolution. Il avait épousé, par contrat passé devant Ballini, notaire à l'Isle, le 18 mars 1483, Madeleine de Baux, de l'illustre et ancienne maison de Baux, fille de Jean et d'Agnès Tégrin, et petite-fille de Guillaume de Baux, IIIe du nom, damoiseau, coseigneur de Marignanne et de Maillanne, qui lui ordonna un legs, par son testament du 28 mai 1483. Garcias des Isnards eut les enfants suivants, énonces dans son testament du 2 février 1529, et dans son codicille du 12 juillet 1539 :
    1. Gaucher, dont l'article suit ;
    2. Colin, auteur de la branche des seigneurs de Brantes, éteinte dans le commencement du dix-septième siècle. Elle a fait des alliances avec les maisons de Vincens, de Marck de Châteauneuf, etc. etc.,
    3. Jean, colonel d'infanterie et maréchal de bataille dans les armées du roi ;
    4. Hellen ou Alain, reçu chanoine sacristain de l'église de Carpentras le 9 mars 1558 ;
    5. Honoré, chanoine d'Orange, élu grand vicaire de ce diocèse par le chapitre, le 15 novembre 1540, à la mort de l'évêque Louis de Pélissier ;
    6. Françoise, mariée avec noble Jean de Bompui ;
    7. Jeanne, vivant avec son mari Jean de Julianis, savant jurisconsulte de Carpentras, en 1529 ;
    8. Antoinette, légataire de son père en 1529, mariée depuis à noble Balthasar de Pontevès, seigneur de Bouons, fils de Gaspard et de Douce de Bot.

  8. Gaucher des Isnards, vice-recteur du Comtat Venaissin, par bref du 27 mars 1547, avait été envoyé à Rome en 1532, pour traiter d'affaires importantes auprès du pape, par le cardinal de Clermont, co-légat d'Avignon. Il épousa, par contrat passé devant Raimond des Marêts, notaire d'Avignon, le 3 octobre 1512, Jeanne de Fougasse, fille de Gabriel et de Marguerite de Berton-Crillon, et fit son testament, reçu par Jacques Balbis, notaire à Carpentras, le 17 août 1556. Il vivait encore en 1560, suivant une bulle du pape Pie IV, du 11 février de la même année, par laquelle ce pontife lui accorda, ainsi qu'à ses enfants, plusieurs privilèges, entre autres celui d'avoir un autel portatif. Ses enfants furent :
    1. Jean, co-seigneur de la Garde-Paréol, chevalier de l'ordre du roi, l'un de ses chambellans, gouverneur de Coni en Piémont, par lettres du roi Charles IX, du 30 juillet 1569 ; de Rue en Picardie, et du Pont-Saint-Esprit en Languedoc, et maréchal de camp dans les armées du roi entretenues en Italie. Il servit avec distinction dans les armées de Henri III, de François II et de Charles IX. II se démit de ses gouvernements de Rue et du Pont-Saint-Esprit en faveur de Louis de Berton, surnommé le brave Crillon, par un acte passé à Paris devant Marchand et son confrère, notaires au Châtelet, le 18 mai 1575. Il reçut plusieurs lettres très flatteuses des rois dont on vient de parler, et particulièrement du roi Henri III, dans lesquelles ce monarque l'appelait son bon ami. Il mourut à Carpentras, après de longs services, le premier mai 1578, et fut inhumé dans la chapelle des Isnards, en l'église des frères prêcheurs de cette ville, où l'on voyait son portrait au côté droit de la fenêtre, au bas duquel était une inscription conçue en ces termes « Hic jacet nobilissim. et generosissim. Joannes de Isnardis, dictus de l'Isle, dominus Guardiœ-Pareoli .... castrorum regiorum in Gallia cisalpina proefectus. Hic cum suis mortalitatem deposuit anno 1578, kalendas Maii. » Il avait épousé Madeleine de Séguins, veuve de Louis d'Astoaud, seigneur de Mazan, et fille, de Gabriel de Séguins, avocat et procureur général au Comtat Venaissin, et de Catherine des Andrieux, sa seconde femme. Il n'eut de cette alliance qu'une fille, Diane des Isnards, dame en partie de la Garde-Paréol, mariée, par contrat du 16 juin 1588, avec Jean Scipion de Fougasse, baron de Sampson en Vivarais ;
    2. Alain ou Hellen, dont l'article suit ;
    3. Gaucher, dit chevalier de l'Isle, chevalier de l'ordre du pape et de celui de Saint-Michel, écuyer du roi Charles IX le 5 janvier 1568, mestre de camp de Vieilles-Bandes et chambellan de François de France, duc d'Alençon, est ainsi qualifié dans les lettres de naturalité qui lui furent accordées par le roi Charles IX, le 5 janvier 1568. Il fut chevalier de l'Eperon doré en 1573, chevalier de l'ordre du roi et colonel général des troupes de Sa Sainteté dans tout le comtat. Il mourut sans alliance, et institua son héritier Enée des Isnards, son neveu ; le 14 avril 1590. Il vivait encore en 1598 ;
    4. Gabriel, conseiller au parlement d'Orange, qui eut beaucoup de part au maniement des affaires de cette principauté, quoiqu'il fût né sujet du pape. Il eut commission du vice-légat d'Avignon, au mois d'août 1560, de visiter la citadelle d'Orange et la garnison, qui la défendait, et de savoir du gouverneur dans quels sentiments il était au sujet de l'approche de Montbrun, dont le Comtat Venaissin craignait l'irruption. Il épousa Pierrette de Piolenc, fille de Thomas, seigneur de Saint-Jullien, de Beauvoisin et de Cornillon, procureur général au parlement de Provence, et de Pierrette Filoli, dont il eut, entre autres enfants, un fils qui était avocat général au parlement d'Orange en 1597, et une fille nommée Diane, qui épousa, en 1580, Henri de Rabasse, avocat général au parlement d'Aix ;
    5. Garcias des Isnards ;
    6. Paul des Isnards ;
    7. Jeanne ;
    8. Louise, dont on ignore la destinée ;
    9. Aimerie, femme, par contrat passé devant Discoti, notaire à Carpentras, en 1531, de noble Robert Pape, seigneur de Saint-Alban ;
    10. Françoise, mariée, par contrat passé devant Balbis, notaire à Carpentras, en 1557, avec noble Pierre Berenger, seigneur de Beaudiment.

  9. Hellen ou Alain des Isnards, seigneur de la Roque-Henri, capitaine et gouverneur de la ville et du château de Mornas, pendant les guerres de religion, ainsi qu'il appert par le brevet du cardinal d'Armagnac, du premier février 1568 ; avait rendu hommage pour sa seigneurie de la Roque-Henri, au pape Pie V, entre les mains de Pierre Sabbatier, recteur du Comtat Venaissin, le 24 octobre 1566. Il fut nommé gentilhomme ordinaire de François de France, duc d'Alençon, par brevet daté d'Amboise, le 16 décembre 1571, en considération, disent ces lettres, des bons et signalés services qu'il avait dès longtemps rendus aux feus rois, au fait de leurs guerres, tant en Italie qu'en plusieurs autres lieux. Il épousa, par contrat passé devant Jacques Balbis, notaire à Carpentras, le 29 octobre 1565, Jeanne de Raimond, dame en partie de la Roque-Henri, fille de François de Raimond, dit de Mourmoiron, seigneur de Modèle, d'Urbans, de la Roque-Henri, etc., au diocèse de Carpentras, et de Sybille de Saint-Martin, sa seconde femme. De ce mariage sont issus :
    1. Enée, dont l'article suit ;
    2. Julie, mariée à Jean, alias Charles de Patris, morte en 1623 ;
    3. Jeanne, femme d'Alain de Tritis, de la ville de Carpentras ;
    4. Laure, qui épousa Pierre de Rafellis, seigneur de Roquesante, conseiller en la cour des comptes et aides de Montpellier ;
    5. Victoire, alliée, en 1598, à Jean d'Autran ;
    6. Léone, mariée, en 1580, avec Joseph de Meissonier, seigneur de Valcroissant, viguier de la ville d'Apt.

  10. Enée, dit Enéas des Isnards, coseigneur de la Roque-Henri, dont il rendit hommage entre les mains d'Octave Mancini, recteur du Comtat Venaissin, le 26 avril 1607, fut pourvu du gouvernement du château de Mornas, en survivance de son père, par bref du 23 mars 1582, et épousa, par contrat passé devant Colin Tache, notaire à Avignon, le 13 février 1601, Anne de Cambis d'Orsan, fille de Jean de Cambis, seigneur d'Orsan, de Lagnes, etc., chevalier de l'ordre du roi, et de Françoise de Cléricis. Il eut de ce mariage :
    1. Horace, dont l'article suit ;
    2. Une fille, morte en bas âge.

  11. Horace des Isnards épousa, par contrat passé devant Pons Fabry, notaire à Carpentras, le 19 juin 1623, Catherine de Blégiers, fille de Jean de Blégiers, seigneur d'Autellon, vice-recteur du Comtat Venaissin et de Lucrèce de Séguins des Baumettes. Il fit ouvrir solennellement le testament olographe de son père, le 17 juin 1625 et fit le sien devant Chaulardi, notaire à Carpentras, le 13 août 1655, en faveur de ses enfants, qui furent :
    1. François, dont l'article suit ;
    2. Emmanuel, capitaine au régiment Dauphin, infanterie, né en 1640, mort sans alliance, au siége de Bude en Hongrie, où il fut tué en 1686 ;
    3. Marie, religieuse ursuline à Carpentras, en 1655 ;
    4. Françoise Marie, née en 1632, morte sans alliance en 1677.

  12. François des Isnards, chevalier, servit avec distinction pendant plus de quatre ans en Italie, et se trouva dans la malheureuse entreprise de Naples, sous les ordres du duc de Guise, où il demeura seize mois prisonnier. Ayant obtenu sa liberté moyennant une grosse rançon, il se retira dans sa famille, et épousa, par contrat passé devant François Chaulardi, notaire à Carpentras, le 29 avril 1650, noble Marguerite-Charlotte d'Alleman, fille de Paul d'Alleman, seigneur de Saint-Amant, gentilhomme ordinaire de Henri de Bourbon, prince de Condé, premier prince du sang, et d'Anne de Rostagnis, de la ville de Carpentras. Il eut de ce mariage :
    1. Paul Joseph, né en 1652, capitaine au régiment Dauphin, par commission du 18 juin 1671 ; marié, par contrat du premier juillet 1679, avec Yolande de Mercier, veuve de Raimond de Mot, seigneur de Rochedouble, et fille de Gaspard de Mercier, et d'Ursule Morandi, du bourg de Sarrians. Il mourut dans le cours d'un voyage qu'il fit à Rome, à l'occasion d'une affaire d'honneur. Ses enfants furent : a. Guillaume Paul, né en 1680, reçu page, de la petite écurie du roi en 1695, d'où il sortit en 1702 ; marié, à Valéras, avec noble Marianne de Regnier, dont il n'eut point d'enfants ; b. Charlotte ; femme de noble Antoine Joseph d'Alleman, morte en 1733 ;
    2. Henri, dont l'article suit ;
    3. Marius, né en 1654, mort sans alliance ;
    4. Horace, aide major et capitaine au régiment Dauphin, infanterie, tué au siége de Bude, en Hongrie, en 1686 ;
    5. Catherine, née en 1657, femme de noble Horace Joseph de Rafellis, seigneur de Rus, de Saint- Sauveur et du Vilars, en Dauphiné, capitaine des gardes du duc Mazarin, gouverneur de l'Alsace ;
    6. Victoire, femme de noble François de Ferrier, seigneur d'Autaine, l'an 1682 ;
    7. Madeleine, né en 1653, religieuse bénédictine à Beaucaire ;
    8. Marie, religieuse bernardine à l'abbaye de la Madeleine, à Carpentras ;
    9. Alexandrine, religieuse ursuline en la même ville ;
    10. Marguerite des Isnards.

  13. Henri, marquis des Isnards, chevalier, épousa, par contrat passé devant Jean-François Beaumont ; notaire à Carpentras, le 19 mars 1692, Françoise de Séguins, fille de noble Jean-Jacques de Séguins, seigneur de Saint-Jean, coseigneur de Saint-Romans, et de Françoise de Lopès de Pilebaud. De ce mariage sont issus :
    1. N, marquis de Nobleau, mort à Paris, sans alliance ;
    2. Esprit Toussaint, dont l'article suit ;
    3. Madeleine, femme de François de Guiran, seigneur de la Brillanne, conseiller en la cour des comptes et aides de Provence.

  14. Esprit Toussaint, marquis des Isnards, reçu chevalier de Malte en 1708, officier dans le régiment de Provence, ensuite officier des galères au service de France, servit dans le détachement des chevaliers de son ordre envoyés au secours du royaume de Hongrie en 1705, et se distingua au siége de Corfou. Son frère aîné étant mort, en ce temps-là, il se retira dans sa famille et obtint du grand-maître et du conseil la permission de porter la croix de Malte, le 8 avril 1726, quoique marié en considération des services qu'il avait rendus. Il avait épousé, 1. par contrat passé devant Guillaume Chave, notaire à Seguret, le 26 juillet 1721, noble Jeanne Madeleine de Veri, fille unique et héritière de noble Joseph Marie Philippe de Veri, seigneur de Canoves, et de dame Madeleine de Pons ; 2. par contrat passé devant de la Tour de Pernes, notaire, le 16 juin 1752, noble Marie Thérèse d'Anselme de Grugière. Ses enfants furent :

    Du premier lit

    1. Joseph Philippe Antoine Marie, mort sans enfants en 1792.
    2. Joseph Henri, qui continue la branche aînée, établie de nos jours à Avignon et à Suze la Rousse en Dauphiné, dont l'article suit ;

    Du second lit:

    1. Toussaint-Siffrein des Isnards, page du roi, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, capitaine de cavalerie, présenté au roi et à la famille royale en janvier 1780, d'après ses preuves de cour ; c'est par erreur qu'il ne se trouve pas mentionné tome IV ; aux chevaliers de Malte ;
    2. Esprit Dominique Stanislas des Isnards, chevalier de Malte, page de S. A. S. monseigneur le duc d'Orléans, capitaine de hussards, présenté au roi et à la famille royale en 1780, d'après ses preuves de cour ;
    3. Jean Charles Gaspard, qui forme la seconde branche, habitant toujours Carpentras, et rapportée ci-après ;
    4. Ciriaque-Laurent, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem officier dans le régiment de Soissonnais, infanterie, mort en 1799 ;
    5. Marie-Thérèse des Isnards, chanoinesse de Malte à Tullins, et ensuite chanoinesse du chapitre noble de Troarn, en Normandie ;
    6. Louise Elisabeth des Isnards, religieuse à l'abbaye de Saintes ;
    7. Marie-Rose des Isnards, morte en 1770.

  15. Joseph-Henri, marquis des Isnards, reçu chevalier de Saint-Jean de Jérusalem en 1736, officier au régiment de Conti, cavalerie, et précédemment lieutenant au régiment de Bourgogne ; épousa, 1° par contrat passé devant Villario, notaire à Carpentras, le 5 avril 1750, noble Catherine de Grandis-de-Pomerol ; 2° par contrat passé devant Olivier l'aîné, notaire à Carpentras, noble Marie d'Astuard ou d'Astouaud, fille de Gabriel d'Astuard de Cherninades et de Catherine de Brassier de Jocas. Il obtint la permission du grand-maître de porter la croix de Malte, quoique marié, le 7 janvier 1758, en considération des services, rendus à l'ordre de- Malte par la famille des Isnards. Il mourut en 1800, laissant,

    Du premier lit :

    1. Esprit Toussaint Joseph, vicomte des Isnards, qui a servi dans les mousquetaires gris et dans l'armée des Etats-Unis d'Amérique, avec le grade de major de cavalerie, ensuite aide de camp de M. le duc de Crillon, au siége de Mahon ;
    2. Catherine des Isnards, mariée, 1° le 10 octobre 1767, à M. le comte de Séguins-Vassieux, de la ville d'Avignon, colonel du régiment de la Martinique, tué dans la guerre d'Amérique ; 2.° avec M. le comte de Balbo, de la ville de Turin, ambassadeur du roi de Sardaigne à Paris, en 1793 ; elle a été sous gouvernante de LL. AA. RR.. le duc d'Angoulême et le duc de Berri.

    Du second lit:

    1. Martial Henri des Isnards, officier des vaisseaux du roi, chevalier de Malte et de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ;
    2. Gabriel Joseph Martial, dont l'article suit.

  16. Gabriel Joseph Martial, comte des Isnards, né à Carpentras le 12 octobre 1766, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis et de Malte, continue d'en porter la croix, quoique marié, par permission du lieutenant du grand-maître et du conseil de l'ordre, donnée à Catane, le 7 janvier 1814, en considération, y est-il dit, de sa haute noblesse. Il a été page de MADAME, comtesse d'Artois, officier dans les régiments de Royal-Normandie, cavalerie, et de MONSIEUR, infanterie, a émigré et fait une campagne dans l'armée de M. le prince de Condé. Il a épousé, en 1795, devant la municipalité d'Avignon, son contrat de mariage ayant été passé postérieurement, le 15 février 1799, pardevant Pastour, notaire à Avignon, Aldonse Marthe Marie Julie de la Baume-Suze, d'une des plus anciennes et des plus illustres maisons du Dauphiné, fille et héritière de Charles Louis de la Baume, seigneur et comte de Suze, et de dame N de Suffren de Saint-Tropez. Il a eu de ce mariage :
    1. Gustave Louis Jules des Isnards ; né à Avignon le 13 août 1802 ;
    2. Deux fils, morts en bas âge ;
    3. Marie Louise Eugénie des Isnards, née à Avignon le 12 janvier 1796 ;
    4. Ernestine Madeleine Alix, née à Avignon le 12 mai 1804 ;
    5. Hedvige Louise Juliette des Isnards, née à Avignon le 24 octobre 1807.
SECONDE BRANCHE.
  1. Jean Charles Gaspard, marquis des Isnards, cinquième fils d'Esprit Toussaint et de noble Marie-Thérèse d'Anselme de Grugière, chevalier de Malte et de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, élevé à l'école militaire de Paris, ancien, capitaine des dragons de la Reine, a été présenté au roi en 1780, d'après ses preuves de cour. Il a émigré et fait la campagne de 1792, agrégé aux gardes du corps, compagnie de Gramont ; s'est retiré à Malte, après le licenciement de l'armée des princes ; a joint les Russes à Corfou, après la prise de Malte, et a servi sur l'escadre russe, depuis le 4 juillet 1799, jusqu'au 8 juillet 1802 ; après la paix d'Amiens, rentra en France, le 28 octobre 1802 ; a épousé, le 10 juillet 1804, demoiselle Marie Louise Gabrielle Elisabeth de Thomas de la Valette, qui :a émigré avec toute sa famille. Le marquis des Isnards, quoique marié, et avec une nombreuse famille, a été inscrit dans les gardes du corps, le 18 juin 1814 ; a prêté serment au roi en cette qualité, le 11 juillet suivant ; a été capitaine de grenadiers dans la garde nationale activa pour l'armée du duc d'Angoulême, en mars 1815. Il a été nommé maire de la ville de Carpentras, par le commissaire du roi, le 7 juillet 1815 ; a été président de la députation de cette ville pour porter une adresse au roi, au mois d'août de la même année. Il a de son mariage :
    1. Louis Charles Joseph, né le 30 avril 1805 ;
    2. Alphonse Dominique, né le 10 mai 1809 ;
    3. Charles Edouard Xavier, né le 25 février 1814, baptisé par son éminence monseigneur le cardinal Oppizzonni, archevêque de Bologne, lors de son exil à Carpentras ;
    4. Marie Cécile Madeleine, née le 4 mars 1806 ;
    5. Marie Thérèse Henriette des Isnards, née le 18 février 1811.
Armes : D'or, au sautoir de gueules, cantonné de quatre molettes d'éperon d'azur ;
Couronne : de marquis.
Supports : une licorne à dextre, un lion à senestre de l'écu.
Devise : « Qui me touche, je le pique ».

Nota : Voyez, pour cette maison,
  • Nostradamus, Chronique de Provence, part. 2, page 342 ;
  • Gaufridi, Histoire de Provence, liv. 6, p. 208 ;
  • Nobiliaire du Dauphiné, p. 383 ; Chorier,
  • Etat politique du Dauphiné ; titres de la maison de Baux ; titres de la maison de Cavaillon ;
  • Histoire des révolutions de Naples, par le baron de Modène ;
  • Histoire de la principauté d'Orange, par la Pize ;
  • Martyrologe des chevaliers de Malte, par le P. Goussencourt, p. 175 ;
  • Histoire de Malte ; par Vertot, au catalogue des chevaliers de la langue de Provence ;
  • Archives de la chambre apostolique du Comtat Venaissin, séante à Carpentras ;
  • Archives de la ville de l'Isle ; monuments en l'église des Frères Prêcheurs de Carpentras,
  • etc. etc. .

20 décembre 2007

Archives en ligne : Brest

Une fois de plus, Mr Jacques Nerrou, que je remercie au passage, m'informe de la mise en ligne de nouvelles archives. Cette fois-ci, il s'agit des archives de la ville de Brest.

Adresse : archives.mairie-brest.fr

19 décembre 2007

La famille de Gasquet

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.


Source : Nobiliaire universel de France
Auteur : Nicolas Viton de St-Allais
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36865t/f123.item
Cette famille dont la noblesse est très ancienne, tenait un rang distingué à Marseille, lorsque cette ville anséatique se gouvernait elle-même sous un podestat.
  1. Bertrand Ier de Gasquet, fut un des nobles et plus illustres citoyens que Marseille envoya, en 1262, vers le roi Charles Ier, comte de Provence, pour traiter de la paix. Les historiens de Provence et ceux de Marseille ont fait mention de cette députation solennelle. César Nostradamus, dans son Histoire de Provence, donne à ces députés les qualités de nobles et d'ambassadeurs. Ruffi, dans son Histoire de Marseille, les qualifie de gentilshommes. Il eut pour fils :

  2. Jacques de Gasquet. On ignore si ce fut lui ou Bertrand II, son fils, qui quitta Marseille pour aller s'établir à Tourves. L'abbé Marcheti, dans son Discours à Louis XIV, imprimé à Marseille, chez Brébion, en 1670, place (page 61 ) la famille de Gasquet parmi les anciennes familles nobles de Marseille, qui n'y subsistaient plus alors, depuis environ trois cents ans ; en effet ce fut à cette époque que plusieurs familles se retirèrent de Marseille, à l'occasion de la guerre civile des Gibelins et des Guelfes qui divisaient cette ville, comme le remarque Ruffi, dans son histoire de Marseille, pages 168.

  3. Bertrand II de Gasquet. On voit dans un ancien cartulaire des délibérations de la vallée de Tourves, Seisson et Gueilet, Bertrand Gasqueti au nombre des officiers de police, en l'année 1390 ; son nom est suivi d'une M majuscule qui est l'abréviation de Miles chevalier. Il avait épouse, vers l'an 1350, Béatrix de Bontos, dont il eut :
    1. Bertrand III, qui suit ;
    2. Guillaume, qui a fait la branche qui prit dans la suite le titre de seigneur de Carros, etc., rapportée ci-après.

  4. Bertrand III de Gasquet, était maria vers l'an 1387, avec Madeleine d'Angline, dont il eut :
    1. Pierre, qui suit ;
    2. Vilete ; ce qui est justifié par un acte de nomination de tuteurs et curateurs fait en faveur de Pierre, etc., et reçu par Lazare Bertrand, notaire à Tourves, le 21 juin 1409.

  5. Pierre de Gasquet. Par une distinction remarquable, Pierre de Gasquet et Giraudon de Nogaret, furent seuls présents à l'acte de confirmation des privilèges renouvelés par Louis d'Arcussia, en 1427. On n'a pas trouvé à Tourves de titres pour suivre sa filiation ; apparemment il alla s'établir ailleurs.
Branche qui prit dans la suite le titre de seigneur de Carros et de Valettes, et qui résida à St.-Maximin.
  1. Guillaume I de Gasquet, fils de Bertrand II, et de Béatrix de Bontos vivait dans le temps que les trois communautés de la vallée de Tourves étaient régies par dix conseillers gouverneurs, dont deux devaient être nobles de race, suivant l'acte des privilèges accordés à cette vallée, en 1350, par la reine Jeanne, confirmés par le comte Raimond de Baux, en 1354, conservés dans les archives du roi, registre Pélican, fol. 391. Bertrand III, son frère, est nommé le premier des dix, en l'année 1391. Ils sont encore mentionnés l'un et l'autre avec la qualité de nobles dans deux actes du conseil, des années 1395 et 1397. Il avait épousé N Monerii de Seilhon, qui est justifié par un acte solennel de nomination de tuteurs et curateurs en faveur de Pierre, son neveu, du 31 juin 1409. Ses enfants furent :
    1. Guillaume II, qui suit
    2. Susanette de Gasquet.
  2. Guillaume II de Gasquet, fut mis au nombre des dix conseillers gouverneurs dans le conseil général, du 31 mai 1450, et y est avec la qualité de noble. Il laissa d'Alayette de Morel son épouse :

  3. Bertrand IV de Gasquet, lequel est mentionné plus de trente fois avec qualité de noble dans le cartulaire des délibérations du conseil, aux années 1459 et 1460, Nobilis Bertrandus Gasqueti. Il avait épousé, par contrat du mois de mai 1440, Antoinette de Pinto, fille de Mathieu de Pinto, viguier de la baronnie. Il en eut :
    1. Antoine I qui suit ;
    2. Guillaume III, qui a formé la branche des marquis de Clermont, établie à Figeac, et qui sera rapportée ci-après.
  4. Antoine I de Gasquet, épousa à Tourves, honorable Françoise de Catelan, dont il eut Pierre qui suit.

  5. Pierre de Gasquet, est souscrit Nobilis Petrus Gasqueti, dans un conseil général de la vallée de Tourves, du 30 mars 1482. Il eut cinq fils mentionnés dans un acte, du 21 décembre 1521, reçu par Antoine Boniface, notaire à Tourves :
    1. Jean I, qui suit
    2. Antoine, qui fut prêtre séculier
    3. Etienne, qui prit le parti des armes ;
    4. Bertrand V
    5. Guillaume, qui avait épousé Sibillone de Guérin, ainsi qu'il appert par le contrat de mariage de Marguerite de Gasquet, leur fille, avec noble Balthazard Amalric, écuyer, du lieu de Signe, reçu en 1567, par Honorat Barthélemy, notaire royal à Tourves, dans lequel Guillaume de Gasquet, est qualifié noble et écuyer, ainsi que dans plusieurs autres actes. Les trois derniers prirent le parti des armes, dans lequel Bertrand se distingua dans les guerres d'Italie, sous François Ier. Il fut du nombre des gentilshommes de Provence qui, en 1536 et 1542, eurent commission de lever une bande ou compagnie d'infanterie (qui était environ de deux cents hommes) pour en former ou compléter la légion de Provence, dont Etienne de Cormis était colonel, et aller renforcer l'armée du duc d'Enghien. Il est connu dans l'histoire sous le nom de capitaine Gasquet, de même que plusieurs autres gentilshommes provençaux. Dans ce temps-là, on n'arrivait au grade de capitaine dans une légion, qu'après de longs services, et on ne l'accordait qu'à la noblesse, conformément à l'ordonnance de François Ier, de l'an 1534, rapportée par Fontanon. Martin du Bellay, raconte dans ses Mémoires, page 490, à l'article de la bataille de Cérisoles, donnée le 11 d'avril 1544, qu'on tira de différentes compagnies d'infanterie tant françaises qu'italiennes, sept ou huit cents arquebusiers, qui furent mis à la tête de l'armée pour servir d'enfants perdus, sous les ordres de Montluc et des capitaines Hevart et Gasquet, comme plus dispos et de meilleur entendement. Le maréchal de Montluc, dans ses commentaires, titre I, fol. 837, fait aussi dans plusieurs endroits une mention distinguée du capitaine Gasquet, et de quelques autres de même grade, qu'il place (tit. 2,page 229), parmi les braves gentilshommes qui avaient vaillamment combattu dans la bataille de Cérisoles.
  6. Jean de Gasquet, épousa Anthorone de Vellaques ; il eut de ce mariage :

  7. Antoine de Gasquet, qui fut marié, par contrat du 6 novembre 1566, avec Catherine de Baux ; il eut de ce mariage :

  8. Honoré de Gasquet, lequel prit le parti de la robe ; il est qualifié Egregius Dominus dans ses lettres de doctorat du 7 septembre 1616. Il fut pourvu, en 1620 des offices de lieutenant civil et criminel en la judicature et viguerie d'Arles. Sa réputation porta la cour souveraine des monnaies de Paris à lui donner commission, par arrêt du 22 juin 1644, de corriger les abus qui se commettaient en Provence touchant les monnaies. Louis XIV, par lettres du 8 avril 1647, le nomma son commissaire pour faire des visites et connaître, dans toute la Provence, des malversations qui se commettaient tant aux monnaies qu'aux manufactures d'or et d'argent et dans l'orfèvrerie. En 1648 et 1649, lui et ses deux fils Antoine et Pierre, donnèrent de nouvelles preuves de leur zèle pour le service du roi pendant les troubles arrivés en Provence ; ce qui est justifié par le témoignage du duc d'Angoulême, gouverneur de Provence, du premier décembre 1650, où il déclare encore qu'ils se sont aidés à conserver la ville de Saint Maximin dans la fidélité du service du roi, de même qu'à repousser courageusement les troupes envoyées pour la surprendre, ayant fait plusieurs voyages vers lui, et servi de leurs personnes à l'armée de Sa Majesté. Il avait été pourvu, par lettres du 15 décembre 1648, de l'office d'avocat général au parlement de Provence ; pour y servir au semestre de janvier. Ce semestre ayant été ensuite supprimé, non-seulement il continua de jouir du droit de committimus ; mais le roi, par lettres du 20 décembre 1655, le pourvut de l'office héréditaire de conseiller et commissaire du roi, pour faire les enquêtes et contre-enquêtes ; office, qui suivant l'édit de création du mois de décembre 1638, donne le même pouvoir, autorité, droits, honneurs et émoluments, dont jouissent les maîtres des requêtes ordinaires de la maison du roi, et les conseillers du grand conseil ou des autres cours souveraines. Il fut marié, par contrat du 7 septembre 1626, avec Marquise de Saint-Jacques, fille de Joseph de Saint-Jacques, écuyer, et de Marguerite de Dominici, des seigneurs de Guillaume, dont la mère était Madeleine de Vintimille Seisson,, des comtes de Marseille. Il eut de ce mariage :
    1. Antoine III, qui suit ;
    2. Pierre II, qui a formé la branche établie à Lorgues, rapportée ci-après ;
    3. Anne, mariée à noble Claude Martin, écuyer, et fondatrice d'une association du Saint-Rosaire, à Saint-Maximin.
  9. Antoine III de Gasquet, est qualifié clarissimus et consultissimus dans ses lettres de doctorat, du premier avril 1648 ; il fut pourvu, en 1655, de la charge de conseiller du roi, commissaire enquêteur général sur les évocations des procès civils et criminels pendants aux cours souveraines de Provence ; il fut reçu par M. le chancelier, et posséda cet office jusqu'à sa mort, arrivée à Paris, en 1691. Il avait épousé, par contrat du 26 mai 1668, Marie-Marguerite de Villeneuve, fille unique et héritière de noble César de Villeneuve, de la branche de Tourretes-lès-Vence, et de Lucrèce de Grasse, des seigneurs du Bar et de la Malle, qui porta en dot la seigneurie de Carros du chef de son père, et une grande partie de celle de Valettes du chef de sa mère, qui était fille d'Annibal de Grasse, comte du Bar, et de Claire d'Alagonia, 4es seigneurs de Merargues. Antoine eut de son mariage :
    1. Louis, qui suit ;
    2. Lucrèce élevée à l'abbaye royale de Saint-Cyr, mariée ensuite au chevalier Dudier, gentilhomme de Marseille, dont elle n'a point eu d'enfants.
  10. Louis de Gasquet, fut institua héritier universel par le testament de Marie-Marguerite de Villeneuve, sa mère, du 22 mai 1717, à la charge et condition que lui et ses descendants seront obligés de porter le nom et les armes de sa maison, dont la branche venait de s'éteindre. Il prêta hommage au roi en la cour des comptes, le 4 mai 1691, pour les seigneuries de Carros et de Valettes, et en donna le dénombrement. Il avait épousé, par contrat du 30 avril 1698, Madeleine Dille, fille de Jean- Baptiste Dille, écuyer, et de Françoise Plasse. Il eut de ce mariage :
    1. Joseph-Paul de Villeneuve Gasquet, qui suit ;
    2. Pierre de Villeneuve Gasquet de Carros, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis capitaine de cavalerie, qui, ayant été estropié au service du roi, mourut à l'hôtel royal des Invalides, en 1766 ;
    3. Gabriel de Villeneuve Gasquet, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, ancien capitaine de cavalerie, aide-major du fort Saint-Jean de Marseille, par brevet du mois de novembre 1758, reçu à l'Académie des belles-lettres, sciences et arts de la ville de Marseille, le 26 février 1766 ; pourvu du gouvernement de la ville d'Auriol, en 1767 ; il a été marié à Troyes, en Champagne, par contrat du 21 juillet 1758, à Louise Jeanne Alexandrine du Bourg, fille de Edmé Charles du Bourg, seigneur d'Argilliers, Resson, Frereul, la Saulsote, etc. ; des descendants d'Antoine du Bourg, chancelier de France, et de Barbe de Blois de la Calandre, dame de la Saulsote, en Brie.
  11. Joseph Paul de Villeneuve Gasquet, ancien capitaine de cavalerie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, prêta hommage au roi en la cour des comptes, au mois de mai 1764, de la seigneurie de Valettes, et épousa en 1765, Catherine de Fournier, fille de noble Etienne de Fournier, ancien secrétaire du roi, et de Thérèse de Thoron, des conseillers en la cour des comptes. De ce mariage vinrent :
    1. Louis Joseph Bruno, dont l'article suit ;
    2. Thérèse Catherine Claire Gabrielle Désiré, née le 30 avril 1769.
  12. Louis Joseph Bruno de Gasquet Villeneuve, né le 12 avril 1771, a épousé, le 10 octobre 1791, Marguerite Madeleine de Silvy, fille de messire Joseph Gabriel de Silvy, trésorier de France au parlement d'Aix. De ce mariage sont issus :
    1. Benoît Gabriel Joseph Louis, né le 17 mai 1792, reçu à la faculté de droit d'Aix, au grade de licencié en droit, le 27 août 1814 ;
    2. Bruno Joseph Pierre, né le 29juin 1793 ;
    3. Léon-Paul, né le 12 novembre 1798 ;
    4. Madeleine Victorine, née le 22 octobre 1797 ;
    5. Quatre enfants morts en bas âge.
Branche établie à Lorgues.

Pierre II de Gasquet, fils d'Honoré et de Marguerite de Saint-Jacques, fut d'abord enseigne dans le régiment d'Angoulême et ensuite capitaine. Il servit sous les ordres du duc de Valois, comte d'Alès, pendant les mouvements arrivés en Provence. Il fut pourvu de, l'office de viguier et capitaine pour le roi de la ville de Lorgues, par lettres-patentes expédiées en 1653, et obtint de Sa Majesté la confirmation des lettres d'évocation générale, tant pour lui que pour ses enfants de tous leurs procès mus et à mouvoir. Le duc de Vendôme, qui connaissait son zèle pour le service du roi, lui donna la commission d'assembler, conduire et commander la milice ; par lui ordonnée, de la ville et viguerie de Lorgues, au sujet de la détention du premier président du parlement d'Aix, et d'aller ensuite avec le chevalier de Mirabeau, conformément aux ordres exprès de Sa Majesté, s'assurer de la personne de quelques rebelles. Le duc de Vendôme atteste, dans son certificat du 31 mars 1659, que le tout fut exécuté avec beaucoup de chaleur et de diligence de la part dudit Gasquet, dont le zèle et la fidélité au service de Sa Majesté avaient aussi apparu en beaucoup d'autres rencontres. Il a été marié, par contrat du premier juillet 1662, avec Charlotte de Daumas ou Dalmas, fille de feu Honoré, vivant écuyer, du lieu de Cannes, et belle-sœur du chevalier de Bussi Nesmond, major des îles de Sainte-Marguerite ; il eut de ce mariage quatre fils et trois filles mentionnés dans le testament de leur mère, du 10 juillet 1703 :
  1. Jacques-Honoré, qui suit ;
  2. Antoine, prêtre et docteur en théologie ;
  3. Pierre, religieux, prêtre de l'ordre de Saint-Dominique, mort missionnaire apostolique à la Guadeloupe ;
  4. Jean Joseph, aide-major et capitaine dans le régiment d'Auxerrois, tué à la bataille d'Hochstet
  5. Marquise, morte religieuse à Lorgues.
  6. Louise, morte religieuse à Lorgues.
  7. Françoise, morte religieuse à Lorgues.
XIII. Jacques Honoré de Gasquet, fut pourvu de l'office de conseiller du roi, lieutenant et assesseur civil et criminel en la judicature royale de Lorgues par lettres enregistrées le 20 novembre 1691. Il fut marié, par contrat du 12 février 1703, avec Claire de Giraudi, fille de noble Pierre de Giraudi, seigneur de Piosin et de Mautauban, fils de Palamède de Giraudi et de Françoise de Signier, et d'Anne de Bosquet, fille de noble Louis de Bosquet, contrôleur général de la marine à Toulon. De ce mariage il a eu quinze enfants ; dont quatre sont morts jeunes ; les autres sont :
  1. Jean-Bernard, dont l'article suit ;
  2. Pierre Bachelier, prêtre et chanoine-capiscol, à Draguignan ;
  3. Antoine Dominique, religieux capucin, controversiste apostolique contre les juifs d'Avignon, à ce député par Benoît XIV ; il est auteur d'un ouvrage polémique, intitulé l'Usure démasquée ;
  4. Charles Théodore, religieux capucin, ancien professeur de théologie ;
  5. Joseph Esprit, prêtre, docteur, bénéficier et curé du chapitre de Barjols ;
  6. Joseph Bruno, religieux dominicain ;
  7. Félix, mort prêtre séculier ;
  8. Francois-Madelon, ancien lieutenant d'artillerie et gouverneur de la ville de Barjols, par lettres-patentes de Louis XV, de 1767 ;
  9. Charlotte, religieuse réformée de Sainte-Claire, abbesse des capucines de Marseille ;
  10. Marie-Françoise, non mariée ;
  11. Claire, non mariée.
XIV. Jean-Bernard de Gasquet, fut d'abord lieutenant dans le régiment de Bourgogne. Etant ensuite entré dans le service de la marine, il fit en qualité d'enseigne plusieurs campagnes, dont sept de long cours. Il s'est trouvé à plusieurs combats contre les Anglais servant sur les vaisseaux du roi, l'Illustre, l'Héroïne, le Saint-Michel, le Héros, le Sceptre, l'Entreprenant, donnant partout des preuves de sa valeur et de sa capacité. Pendant le siége de Louisbourg, par les Anglais, en 1760, il commanda une chaloupe carcassienne de son invention, portant deux canons de 18 sur son avant, deux de 14 sur chaque côté, et il protégeait toutes les chaloupes employées à faire de l'eau pour les vaisseaux du roi, battait les retranchements des ennemis, et gardait pendant la nuit l'entrée du port. Commandant la même chaloupe, il se battit deux fois pendant six heures de suite contre deux frégates ennemies, dont l'une de 30 et l'autre de 36 canons ; enfin ayant été blessa à la tête, il fut fait prisonnier et relâché sur sa parole. Depuis la publication de la paix, en 1763, il a été employé à d'autres commissions, et la distinction avec laquelle il les a remplies, lui ont obtenu du roi une gratification de dix-huit cents livres. Il a été fait capitaine de vaisseau, en 1779, puis chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ; il est mort en 1782, et avait épousé Louise Charlotte Etiennette Bernarde de Marliani, d'une famille noble du Milanais. De ce mariage vinrent :
  1. François-Henri, qui suit ;
  2. Claire Charlotte, mariée, le 20 septembre 1796 à Louis Joseph Toussaint le Clerc de Juigné, comte de Lassigny.
XV. François-Henri de Gasquet, a épousé, le 28 octobre 1800, Henriette Elisabeth du Val, du Hâvre sa cousine germaine. De ce mariage sont issus :
  1. Charles Henri Bernard ;
  2. Pierre Louis Alban ;
  3. Médéric-Ernest ;
  4. Xavier Jules ;
  5. Marie-Henriette-Amance ;
  6. Constance-Athénaïs ; et trois autres enfants morts en bas âge.
Branche des marquis de Clermont, établie à Figeac, en Quercy.

VII. Guillaume III de Gasquet, auteur de cette branche, est fils de Bertrand IV et d'Antoinette de Pinto. Il eut pour fils :

VIII. Jean de Gasquet, Ier du nom, qui fut père de Jean II, lequel, ayant pris le parti des armes, s'établit à Figeac, en Quercy, et y épousa Anne de Paramelle par contrat du 22 août 1534, où il est qualifié Nobilis Joannes Gasqueti, filius nobilis Joannis Gasqueti ; il eut de ce mariage, Etienne, qui suit.

X. Etienne de Gasquet, seigneur de Cardailhaguet, fut marié avec Marguerite d'Henry, fille de noble Pierre d'Henry, seigneur de Sarailhac, par contrat du 14 avril 1580. Il eut de ce mariage :
  1. Pierre, qui suit ;
  2. Jacques, seigneur de Sainte-Colombe et autres places qui épousa, par contrat du 10 février 1623, N… de Carros de Saint-Marsal, et fit une branche qui s'est fondue, par le mariage de la dernière fille, dans la maison de Marsillac, où elle a laissé son bien.
XI. Pierre de Gasquet, seigneur de Brats, épousa, le 10 septembre 1624, Jeanne de Castelnau, fille de Jean Joseph, conseiller au parlement de Bordeaux. Il eut de ce mariage :
  1. Thomas ; qui suit ;
  2. Joseph, maréchal de camp des armées du roi, cordon rouge, commandeur de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis.
XII. Thomas de Gasquet, épousa, par contrat du 24 février 1658, Jeanne Dubio de Mérignac, fille de Mathurin de Mérignac, lieutenant général en la sénéchaussée d'Eguillon. De ce mariage naquirent :
  1. Joseph, qui suit
  2. Mathurin, qui a fait une branche établie à Eguillon.
XIII. Joseph de Gasquet, Ier du nom, marquis de Clermont, a été marié, par contrat du 3 février 1719 avec Marie de Lasserre de Belmont-Gondrin, et a eu de ce mariage :

XIV. Joseph II de Gasquet, marquis de Clermont, marié, par contrat passé à Toulouse, le 12 août 1749, avec Louise Charlotte d'Ouvrier, fille de Jean-Baptiste d'Ouvrier, seigneur de Possi et d'Elisabeth de Peiter.

On peut consulter sur cette maison les historiens de Provence et de Marseille, à l'année 1262 ; les archives du roi, chapitres de paix, et celles de la maison commune de Marseille à ladite année ; l'abbé Marchety, page 61 ; les mémoires de Martin du Bellay, page 490, les commentaires du maréchal de Montluc, tom Ier, fol. 837, etc., les anciens cartulaires des élections et délibérations de la communauté de Tourves, Seisson et Gueilet, depuis 1390 jusques en 1482 ; les archives de la ville d'Arles vers l'an 1633 ; les registres du grand conseil et du conseil d'état, aux années 1654, 1655, 1662, 1670 1671 ; le registre des hommages et dénombrements, aux années 1691, 1717, 1727, 1764, à la cour des comptes, aides et finances de Provence, et le nobiliaire de cette province.

Armes : « De sinople, au coq d'argent, becqué, crêté, barbé et membré d'or ; au chef cousu d'azur, à un soleil levant d'or, dissipant un nuage d'argent ; Devise : Post nubila phoebus ; et par suite des dispositions testamentaires de Marie Marguerite de Villeneuve, en date du 22 mai 1717, la branche établie à :Saint Maximin, écartelé, de Villeneuve, qui est de gueules, frêté de lances d'or et semé d'écussons de même, dan les claires-voies des lances ; à l'écusson d'azur, chargé d'une fleur de lys d'or, posé en coeur. »

16 décembre 2007

La famille Honorati originaire de Florence

Source : Nobiliaire universel de France
Auteur : Nicolas Viton de St-Allais
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k368634/f185.item
HONORATI. Maison originaire de Florence, dont plusieurs branches établies en France et en Italie, et une à Avignon depuis longtemps.

En voici la descendance, d'après une généalogie dressée sur titres originaux, communiqués à M. l'abbé de Gevigney, généalogiste de leurs altesses royales MONSIEUR et monseigneur le comte d'Artois, le 14 octobre 1775. Un recueil d'extraits fait par mains de notaire, légalisé par les juges de Florence ; une sentence du grand duc de Toscane, qui reconnaît la filiation suivie de cette maison et les charges qu'elle a possédées dans la république de Florence ; et les testaments, contrats de mariage, hommages, etc., etc.

  1. Le premier de ce nom que l'on connaisse est Giovanni di Gianiculo Honorati, seigneur de Calenzano, qui vivait en 1100. Il eut pour enfants Carduccio qui suit, et Ugolino.

  2. Carduccio di Calenzano Honorati est mentionné dans un acte passé, en 1177, devant Jean, notaire et juge Florentin : Carducius olim filius Gianiculi di Calenzano, et cet acte se conserve dans les archives de Florence et dans le bulletin de l'an 1231. De lui vint :

  3. Bindo Honorati, Ier du nom, ce qui est prouvé par les registres de Serbonagienta Brunetti, conservés dans les archives de l'archevêché de Florence, et dans le bulletin de l'an 1231. De lui vint :

  4. Nigi Honorati Ier du nom ; ce qui se voit dans les mêmes registres ci-dessus rapportés, où il est nomma ser Dionigi. Il laissa :

  5. Bindo Honorati, IIe du nom, dont les auteurs avaient habité le bourg de Campo-Corbolino, joignant les maisons de Galli, sur la paroisse de Sainte-Marie-Majeure de Florence, et dans le quartier Saint-Jean, comme il est prouvé dans les archives des chanoines de la métropole, au registre d'Ingiberto de l'an 1174. Du quartier Saint-Jean, Bindo, Honorati, et tous ceux de son nom passèrent sous l'enseigne du gonfalon du Boeuf, dans le quartier Sainte-Croix ; ils étaient des anciens nobles, qui aimaient mieux être privés des honneurs et des emplois de la république, que de se faire inscrire dans l'art des juges et notaires, qui était le premier des douze arts majeurs.

  6. Nigi Honorati, IIe du nom (Dionigi), dit ser Conni, fils de Bindo II, fut banni de Florence en 1311, pour avoir, en qualité de gibelin, pris parti pour l'empereur, contre la république, ce qui était une raison de plus pour l'exclure des charges : mais il fut le premier de sa famille qui se fit inscrire dans le rôle des arts. Dans un acte public de 1315, conservé aux archives de la chambre fiscale de Florence, on le trouve souscrit d'une manière qui prouve sa double qualité de juge notaire et de gibelin. En voici les propres termes : Ego Dionisius Bindi di Calenzano, imperiali authoritate judex, et notarius, proedictis omnibus interfui et ea togatus scripsi et publicavi. Il fut, en 1336, fait chancelier de la république. C'est ce qui paraît par le douzième protocole qui se conserve en original dans les archives publiques de réformation de la ville de Florence, p. 94. Nigi Honorati IIe eut pour enfants :
    1. Bindo, qui suit ;
    2. et 3. Lionardo et Giovanni, dont nous allons parler : Lionardo ou Léonardo, fut désigné pour prieur de la république. C'est ce qu'on voit dans les registres originaux des archives publiques, fol. r56 ; Giovanni ou Jean Honorati, homme de lettres et très versé dans les affaires tout gibelin qu'il était, fut envoyé en ambassade à Vérone, à Lucques et à Pise, comme il est prouvé par le grand registre des lettres et ambassades (coté A), depuis l'an 1343 jusqu'en 1345 ; il fut aussi chancelier en 1341, et gonfalonier de justice ; c'est ce qu'on voit dans le Priorista, fol. 81, et le livre XXVIII des chapitres, fig. 9.

  7. Bindo Honorati, IIIe du nom, fut fait général des arbalestiers, ambassadeur et prieur de la république. Dans un livre des dépenses de la ville de l'an 1348, on lit ces mots : Ser Bindo, ser Nigi, notario Fiorentino civi honorabili, Fiorentino, ambasciatori, electo, etc. Dans le livre des Réformations, on voit qu'il fut choisi pour être prieur, en 1381 et 1391 ; il fut aussi gonfalonier de justice. Bindo, IIIe du nom, et ses deux frères, toujours appelés di Calenzano, étaient réputés de la première noblesse, comme on le voit dans le livre intitulé : Entrata di Camera, tome II, fol. 192, et dans le livre des Lettres et Instructions des ambassadeurs de l'an 1343. Dans les fragments de Pierre Antoine de Lansizo, on trouve ser Bindo-Lionardo, di ser Nigi, di Bindo, di Calenzano, vendre des biens situés à Calenzano en 1358 et l'on trouve ser Bindo, di ser Nigi, gonfalon dans le quartier Saint-Jean, et son fils Nigi, di Bindo, di Funigi, di Calerizano, gonfalonier. Ceci est tiré du livre intitulé Entrata di Camera, tome III, fol. 39. Peu de temps après, ces trois frères quittèrent le surnom de Calenzano, qu'ils avaient porté jusqu'en 1400. Bindo IIIe eut pour fils :

  8. Nigi Honorati, IIIe du nom, choisi, en 1411, pour être grand prieur ; il avait été gonfalonier. Cela est prouvé par le registre des prieurs ; fol. 29, et par celui des revenus de la chambre, tom. III. fol. 39. Il eut trois garçons, savoir :
    1. Bartolomeo, dont on va parler ;
    2. Bindo, qui fait le neuvième degré rapporté ci-après ;
    3. Giuliano, mis sur les rangs pour être prieur, en 1433, qui fut pannonier en 1432, 1446. Les noms des citoyens qui possédaient ces emplois étaient mis dans les boîtes pour être élus prieurs et gonfaloniers de justice. C'est ce qu'on lit dans le livre des lois et statuts, page 379. Nous parlerons encore de ce Giuliano, ou Julien Honorati, après Barthélemi Ier, son frère aîné.

    De Bartolomeo, frère de Bindo IV et de Julien, descendait la branche d'Honorati de Lyon, divisée en deux rameaux ; savoir, Honorati du Crozet, qui a fini dans madame Honorati du Crozet, morte à Boën en Forez en 1775, et Honorati, seigneur de Bresenaut dans la Bresse. Voici la descendance de ce Barthélemi, fils de Nigi III, et frère de Julien et de Bindo IV. Barthélemi Ier fut père d'Honorati Ier. Celui-ci eut pour fils :

    Barthélemi II fut père d'Honorati II ; Honorati II eut pour fils Barthélemi III, établi à Lyon, en 1575, lequel eut pour enfants, François, Antoine et Barthélemi IV, qui fut père de Barthélemi V, conseiller au présidial de Lyon.

    Barthélemi Ier se trouve avec ses frères Bindo IV, et Julien, à la décime de 1427 mentionné dans le livre intitulé : Catasto, fol. 390, où l'on voit que Bastiano Honorati, Francesco, Bindi et Salvaggio étaient encore fils de Barthélemi Ier.

    Salvaggio Honorati fut père de Jean-Louis et de Jean-Dominique, qui eurent pour mère Terenita Mastellini, noble florentine. Jean-Louis se retira dans le royaume de Naples, et Jean-Dominique en Portugal. Ils sont nommés dans le livre des décimes et dans les registres de baptême.

    De Julien Honorati, frère de Barthélemi descend la branche établie à Jesi, dans la Marche-d'Ancône, qui subsiste dans la personne du marquis Honorati, et dans celle de Barnardino Honorati son frère, archevêque de Sida, nonce du pape à Florence et à Venise, cardinal en 1777. Cette branche a d'anciennes liaisons avec celle d'Avignon.

  9. Bindo Honorati, IVe du nom, second fils de Nigi III, fut élu pannonier en 1474, et eut pour fils Jean Baptiste Honorati qui suit, et qui a formé la branche d'Avignon. Outre ces branches, il en reste une à Florence ; c'est celle du sénateur Ginori, dont les ancêtres portaient le nom de Calenzano, et les armes de la famille. Celle de Ginori a pris trois étoiles, et les Honorati d'Avignon portent une voile en mémoire de leur transmigration.

    Branche établie à Avignon.

  10. Jean-Baptiste Honorati fils de Bindo VI, forcé de s'expatrier, vint s'établir à Avignon, prit le parti de la robe, et eut pour fils :

  11. Bernardin Honorati, docteur en droit, qui épousa à Avignon, demoiselle Antonia Bermond, de laquelle il eut Pierre, qui suit, et deux autres garçons ; fit son, testament le 13 août 1564, dans lequel il est qualifié de noble et égrège personne. Un de ses neveux fut capitaine des portes du palais d'Avignon, charge qu'on ne pouvait posséder qu'en prouvant sa noblesse ; il la vendit le 23 octobre 1601, et mourut sans enfants.

  12. Pierre d'Honorati, un des héritiers de Bernardin d'Honorati, fut secrétaire général du saint-office de la légation d'Avignon, et eut de dame Madeleine de Benoît, son épouse ;

  13. François d'Honorati. Ce seigneur de la Garde-Parëol et de Jonquerette, seigneurie qu'il acquit le 4 octobre 1628, dont il rendit hommage au pape, de qui elle relevait, entre les mains du recteur de Carpentras. Il était alors juge de la cour de Saint-Pierre d'Avignon, et fut élu primicier de l'université en 1661. Il avait épousé, le 4 octobre 1631, demoiselle Louise de Pezet ; et mourut le 12 novembre 1667. Son épouse fit son testament en 1668, dans lequel elle donne à feu son mari la qualité de comte palatin. Les enfants sortis de ce mariage furent entre autres :
    1. Jean-François, qui suit ;
    2. Pierre, qui embrassa l'état ecclésiastique. Il fut protonotaire apostolique, fonda un bénéfice à la nomination de sa famille dans l'église des Grands Carmes, où est la chapelle et le tombeau de seigneurs Honorati de Jonquerette.

  14. Jean-François d'Honorati, seigneur de Jonquerette auditeur de Rotte en 1672, charge à laquelle il succéda à Georges Dominique de Laurens, seigneur de l'Olive et Brantes, fut en 1688 et 1698 primicier de l'université. Il épousa Elisabeth de Dalmas, fille de noble Louis de Dalmas et d'Anne de Folard, et prend dans son contrat du 15 février 1661, la qualité de noble et illustre personne, marquis de Jonquerette. Il rendit hommage, le 25 juillet 1661, de la terre de Jonquerette, fit son testament et mourut en 1710, laissant entre autres enfants :

  15. François Honorati, seigneur de Jonquerette, qui servit dans le régiment de la Marine et fit plusieurs campagnes. Il épousa, par contrat du 21 novembre 1690, Marie-Madeleine Dorcet de Plaisian, fille de Jean-Joseph Dorcet, chevalier, seigneur de Plaisian et de Guilbert président au bureau des finances de la généralité de Provence, et de dame Hélène d'Autric de Vintimille de Beaumettes. Il fut pourvu de la charge de viguier d'Avignon en 1707, par bulle du pape Clément XI ; rendit hommage le 18 février 1710, pour sa terre de Jonquerette ; fut élu premier consul d'Avignon en 1729 ; fit son testament en 1731, et laissa :
    1. Jean-François, qui suit ;
    2. Joseph dit le chevalier de Jonquerette, qui se trouva en qualité de lieutenant dans le régiment de Sourches, aux sièges de Landau et de Fribourg en 1713 ; passa ensuite dans le régiment de Saint-Simon, infanterie, où il fut capitaine, et où il servit jusqu'à sa mort ;
    3. François-Henri, prévôt de la métropole d'Avignon, par bulle du pape Clément XIII.

  16. Jean-François d'Honorati, IIe du nom, seigneur de Jonquerette, capitaine au régiment de Meuse, épousa, le 3 août 1726, demoiselle Aymare Thérèse Henriette de Laurent de Brue, fille de messire Pierre Joseph de Laurent président à mortier au parlement de Provence, et de dame Gabriel de la Rocque. Il fut premier consul d'Avignon en 1729, et eut pour fils unique :

  17. François Marie Xavier d'Honorati, seigneur de Jonquerette, marié, par contrat du 15 avril 1761, avec demoiselle Marie de Raousset ; il a testé et est mort en 1766, laissant une fille et un fils qui suit :

  18. Pierre François Ignace Victor d'Honorati, qui fut page de S. A. royale madame comtesse d'Artois en 1766, entra en 1780 dans le régiment des gardes françaises, où il resta jusqu'à la défection de ce corps. Il suivit le parti du roi Louis XVI ; rejoignit les princes français à Coblentz en 1791, fit la campagne de 1792, dans son ancien régiment sous le nom des hommes d'armes à pied, y fut lieutenant avec rang de lieutenant-colonel. En 1794, il passa en Angleterre et fut fait capitaine dans un régiment anglais. En 1796, MONSIEUR, comte d'Artois, lui accorda, de la part du roi, la croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. En 1803, rentré en France, il se maria avec demoiselle Henriette Adèle de Perrin de Ver, fille de messire Bruno Jacques Etienne de Perrin de Ver, de la ville d'Arles, et de dame Joséphine de Vento ; il y a de ce mariage en 1814, une fille et un fils, qui suit :

  19. Joseph Théodore Ernest d'Honorati, né le 7 octobre 1806.
Armes: « D'azur à la bande d'or remplie de gueules, supports : deux licornes. Cri : libertas. La branche d'Avignon porte écartelé, au 1 et 4, comme ci-dessus ; au 2 et 3 chargé d'une voile de vaisseau d'argent, ce qui marque son émigration de Florence, comme on a dit plus haut. »
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