27 juillet 2008

La famille Jubié de Saint-Marcellin

JUBIÉ, famille originaire de Saint-Marcellin, dans la province de Dauphiné, fut honorée en 1788, par S. M. Louis XVI, de lettres de noblesse. Cette faveur fut la récompense des services, qu’elle avait rendus au commerce de France et à l’Etat.
  1. Noël-Joseph JUBIÉ, né à la Sône en 1727, d’une des plus anciennes familles de bourgeoisie de Dauphiné, ses aïeux exerçant la charge de notaires à Saint-Jean-de-Bournay depuis le quatorzième siècle, commença ses travaux par introduire dans le Quercy la culture en grand du mûrier, ainsi que les procédés pour obtenir de belles soies. Son père et son aïeul les avaient déjà naturalisés en Provence, en Languedoc et en Dauphiné. Il y établit à Montauban, sous les ordres de M. de l’Escalopier, qui en était Intendant, une filature de cent vingt fourneaux, qui acheva son ouvrage.

    Il fut ensuite inspecteur du commerce et des manufactures dans les provinces d’Anjou, de Maine, de Touraine et d’Auvergne, pendant que MM. de Magneuville et de la Michodière les administraient ; Son frère, qui fut depuis inspecteur général très-distingué, le remplaça dans cette dernière province, sous les ordres de M. de Chazerat.

    Dans le temps qu’il se livrait à ces fonctions en Touraine, il fut envoyé par M. de Trudaine, en Angleterre, pour y recueillir des procédés utiles aux manufactures de Lyon, et il parvint à remplir les vues de cet excellent administrateur et à enrichir ces manufactures.
    De retour en Dauphiné, lors de la mort de son père, et devenu chef de la manufacture royale de filature et d’organsinage de soie de la Sône, il porta cet établissement à une grande perfection. Il y établit à grands frais, en 1773, les moulins de l’invention du célèbre mécanicien Vaucanson ; ce que lui valut, en 1780, une pension du roi, de 1200 francs, réversible par moitié sur son épouse ; bienfait auquel furent ajoutées, en 1788, les lettres de noblesse que S. M. daigna lui accorder.

    Il fut nommé, vers cette époque, à l’administration de la province ; il exerça depuis les fonctions de maire de sa commune, et celles de conseiller de préfecture du département de l’Isère ; enfin, il fut sous-préfet de Saint-Marcellin jusqu’à sa mort, en 1803.

    Il a laissé les enfants qui suivent :
    1. Pierre-Joseph-Fleuri, dont l’article viendra ;

    2. Joseph-François JUBIÉ, né en 1765. Il a été constamment occupé, avec son père et son frère, à porter la manufacture royale de la Sône au plus haut degré de perfection. L’état florissant où il a élevé cet établissement, le rend encore plus digne de son titre de manufacture royale, si justement acquis sou la direction de son père et de son aïeul. Il a été maire de la commune de la Sône, et il fait partie du collège électoral de l’arrondissement de Saint-Marcellin. De son mariage avec madame Rose du Rif, en 1794, il a eu trois fils et une fille :
      1. Léon, né en 1800 ;
      2. Théodore, né en 1802 ;
      3. Fleuri, né en 1804 ;
      4. Adèle, née en 1795.

    3. Marie-Joséphine-Charlotte-Judith JUBIÉ, née en 1758 ; mariée en 1776, Pierre-Vincent Pochin de la Bruyère, directeur de la manufacture royale de canons de Saint-Gervais, dont elle est veuve.

  2. Pierre-Joseph-Fleuri JUBIÉ, né à la Sône en 1759, fut chargé de diverses inspections concernant le commerce et les manufactures de France, puis appelé à l’administration publique, et porté deux fois aux assemblées législatives : la première, au conseil des cinq-cents ; en 1795, après la cessation de la terreur, dont il avait failli être l’une des victimes. Il y signala son attachement pour la cause de l’auguste maison de Bourbon, en faisant constamment cause commune avec les députés qui préparaient le retour à l’autorité légitime, et n’échappa que par hasard à la proscription.

    Pendant son séjour à Paris, à cette époque, il fut l’un des fondateurs de la caisse des comptes courants, à laquelle la banque de France a succédé.

    De retour chez lui, il fut appelé au conseil général du département de l’Isère ; ensuite, lors de la mort de son père, à la sous-préfecture de Saint-Marcellin, jusqu’en 1804, époque de sa seconde nomination aux fonctions de législateur, lesquelles ont cessé en 1808. Il est en ce moment membre du conseil général des fabriques et manufactures de France, auprès du ministre de l’intérieur ; il fait partie, du collège électoral du département de l’Isère ; il est copropriétaire avec son frère de la manufacture royale de la Sône. Il a épousé, en 1789, Jeanne-Bénédicte de Messance, fille de M. de Messance, conseiller du roi, receveur particulier des finances des élections de Saint-Étienne et de Montbrisson, mort dépouillé de sa fortune et victime de son attachement à ses souverains. Il était auteur d’un Traité très-estimé sur la population de la France, traité qui fait autorité. M. Jubié a de ce mariage les enfants qui suivent :

    1. Auguste-Louis-Pierre-Joseph, né en 1790, est en ce moment maire de la commune de la Sône, et membre du collège électoral de Saint-Marcellin ;
    2. Noël-Joseph-Jules, né en 1791, officier du génie ; il a été fait prisonnier près de Kowno, lors de la retraite de Russie, après avoir défendu Smolensko détruit ses fortifications, et avoir combattu au passage de la Bérézina et à Wilna ;
    3. Joseph-Jean-Baptiste-Constant, né en 1793, a fait les campagnes d’Espagne et d’Italie depuis 1811, comme sous-lieutenant, ensuite lieutenant au premier régiment de hussards, et vient d’être nommé adjudant-major du régiment des Hussards du roi ;
    4. Antoinette-Bénédicte-Léon, est née en 1801.
Armes : Mi-partie. La première, fond d’argent, chargée d’un murier de sinople, sur lequel dix vers à soie d’argent, entourée de la légende : Illorum ope hoec ditata est Gallia. La seconde, fond d’azur, chargée d’une aigle d’argent, tenant dans ses serres une perdrix de même, au chef de gueules avec trois étoiles d’argent.

Source : Nobiliaire Universel de France, Tome I, page 184
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N036861

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