28 novembre 2009

La maison du Pin de la Guérivière

Source : Nobiliaire Universel de France, Tome II, page 42
BnF/Gallica :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36862s

PIN DE LA GUÉRIVIÈRE (Du). La maison DU PIN DE LA GUÉRIVIÈRE dans les titres latins de Pino vel del Pinu, originaire de Normandie, où elle possédait la terre du Pin à laquelle elle a donné son nom ou de qui elle l'a reçu, y est très ancienne, et d'une noblesse de chevalerie.

Connue dans cette province où elle tenait un rang distingué avant 1100, elle prouve par l'histoire plusieurs faits d'armes glorieux au temps de Guillaume le Bastard, duc de Normandie, et de la conquête de l'Angleterre, en 1066, par ce même prince, toujours attachée et à la suite des comtes Roger de Beaumont et de Meulent, dont elle servit et suivit toujours le parti, tant en Normandie qu'en Angleterre, associant son nom à plusieurs donations, chartes, fondations pieuses de ces seigneurs ; elle produit elle-même une charte de l'an 1130, par laquelle, du consentement et de l'avis du comte de Meulent son seigneur, Morin du Pin aumône à perpétuité sa terre de Cateby en Angleterre, à l'Eglise et aux chanoines de Saint-Pierre-de-Dunstaple, qui l'ont reçu chanoine avec eux ; témoins Valeran, comte de Meulent ; Roger, comte de Warwick ; Hugues de Meulent, frère du comte, etc., etc.

L'histoire de la maison d'Harcourt qui compte au nombre de ses illustres ancêtres, les anciens comtes de Meulent et de Beaumont-le-Roger, est pleine de titres qui associent à son illustration la maison du Pin, tant en Normandie qu'en Angleterre.

Jusqu'au temps de la troisième croisade, l'an 1190, époque où Jourdain du Pin, croisé et l'un des chefs de la flotte de Richard Cœur-de-Lion, duc de Normandie, partit pour la Terre-Sainte, la maison du Pin portait pour armes « d'azur à trois coquilles de gueules semé de douze larmes, cinq en chef, six en bordure et une en pointe ; depuis lors, elle porte d'argent à trois bourdons, de gueules, mis en pal, et pommetés de même. Devise : Fidem peregrinans testor.

Gilbert du Pin, vaillant capitaine lieutenant de Roger, sire de Beaumont, assisté d'un grand nombre de ses amis, conduisit les troupes de Pontaudemer, de Préaux et de Montfort-sur-Risle, de la dépendance de Roger, au siège et à la prise de Briosne, place que Robert, duc de Normandie, lui avait ôtée, pour la donner à Robert, fils de Beaudouin de Meules, l'an 1090.

Les titres latins disent : Gislebertus de Pino princeps militiœ erat, et obsidentium turmas ut assaltum darent audacter incitabat.

Gilbert du Pin reçut, à ce siège, un coup de flèche en la tête.

Odoart du Pin (que l'abbé de Vely appelle Odart), présumé fils de Gilbert, fut l'un des chefs de la conjuration de la Croix de Saint-Leufroy ès années 1121, 1122. Il eut les yeux crevés, en 1123, avec Georges de Tourville et Luc de la Barre, par ordre d'Henri Ier, roi d'Angleterre et duc de Normandie, qui emmena avec lui en Angleterre, une partie des familles des conjurés. Le comte Valeran de Meulent se ressentit aussi de la colère de Henri ; ayant fait prisonnier au bourg Touroude, le roi fit brûler Briosne, conquise en 1090, par Gilbert du Pin, ainsi que Montfort, Pontaudemer, et la ville et les églises d'Evreux.

Morin du Pin, écuyer-tranchant du duc de Meulent, en 1124, fut son gouverneur dans Beaumont le Roger, qu'il tarda tant à rendre aux sommations du roi Henri, duc de Normandie, qu'il en fut banni à perpétuité et ses biens acquis au domaine ducal, toutes les forteresses du comte de Meulent, remises en la main du duc, et lui et ses beaux-frères conduits en Angleterre. Morin du Pin donna par charte, de l'an 1130, sa terre de Cateby, en Angleterre, à l'église et aux chanoines de Dunstaple, dans le comté de Bedfort ; témoins Waleran, comte de Meulent ; Roger, comte de Warwik ; Hugues de Meulent, frère du comte, etc., etc. Cette charte est adressée à ses très-chers frères, Guillaume du Pin et Gilbert, de Bonesbor, son gendre.

Jourdain du Pin, croisé, fur un de chefs de la flotte de Richard Cœur-de-Lion, duc de Normandie et roi d'Angleterre, avec l'amiral Margarit, l'an 1190. Réuni à Messine à Philippe Auguste, roi de France, Richard donna à Jourdain du Pin la garde de la ville de Messine ; il fut employé à apaiser les différends avec Tancrède, roi de Sicile, au sujet de la dot de la reine Jeanne, sœur de Richard, concurremment avec les archevêques de Messine, de Montréal et de Rise, et l'amiral Margarit, lesquels amenèrent pour les seconder, le roi de France, Renaud, évêque de Chartres, Manasses, de Langres, Hugues, de Bourgogne, Pierre, comte de Nevers, Geoffroy, comte du Perche, Gautier, primat de Normandie, Girard, archevêque d'Auch, et quelques Anglais.

Ce fut à l'occasion de ce voyage à la Terre-Sainte que Jourdain du Pin quitta ses armes pour prendre « d'argent à trois bourdons, de gueules, mis en pal, et pommetés de même. » Armes conservées depuis lors, jusqu'à nos jours, dans cette famille, avec la devise : Fidem peregrinans testor.

Robert et Henry du Pin vivant en 1213 et 1214, comparaissent, le 1er, en l'échiquier de Rouen, avec une foule de seigneurs normands ; et le 2e dans les devoirs nobles du fief de Beaumont, pour un quart de chevalier.

Au catalogue des seigneurs renommés en Normandie, depuis Guillaume le Conquérant, jusqu'en l'an 1212, sous Philippe Auguste qui confisqua le duché de Normandie, sont inscrits :

Fouques du Pin ;
Gislebert du Pin ;
Oudart du Pin ;
Henry du Pin.
Gauthier du Pin, dont le père avait préféré venir s'établir dans le Bourbonnais, plutôt que de suivre en Angleterre sa famille de Normandie proscrite par la conjuration d'Odoart et le bannissement de Morin, était, en 1250, un des seigneurs recommandables du Bourbonnais, où il possédait les terres d'Aigues-Mortes, la Chalusse, la Collebeyère, Lassalle, Colombier, près St.-Amand et Montraud. Il est cité dans une assise tenue par Thibaud de Neuviz, recevant les plaintes de la comtesse de la Marche, contre plusieurs autres seigneurs et chefs religieux et leur imposant plusieurs condamnations, savoir : celle de monseignor Gauthier Doupin XV, I. 6, et le faucon et le chien et le rez.

Ce Thibaud de Neuvy, dit M. d'Hozier, en la généalogie de Chamborant, était sénéchal du Poictou, es années 1263, 1265.

Jehan du Pin (qualifié miles), chevalier seigneur d'Aigues-Mortes en Bourbonnais, avait épousé Marguerite Guyot ; ils eurent pour enfants :
Peyrot du Pin qui suit :
Eutesse du Pin qui épousa, le 25e dimanche après la Pentecôte de l'an 1329, Olivier d'Aubigné, fils d'Aimery d'Aubigné et de dame Honorine de la Haye.
  1. Peyrot ou PÉROT DU PIN, auteur de la branche de ce nom établie, en Poitou, vers le milieu du 14e siècle, et souche des seigneurs de la Garivère, Guarivère et Guérivière, fief et ville de Courgé, paroisse de Saint-Martin de Vançais, près Lusignan, était fils de Jehan du Pin (miles), chevalier seigneur d'Aigues-Mortes eu Bourbonnais, et de Marguerite Guyot.

    D'après les plus anciens mémoires et vieilles chroniques conservés au château de la Guérivière, près St.-Sauvant et Lusignan ; Pérot du Pin est le premier du nom qui soit venu s'établir en Poitou, vers l'an 1359.

    Il soutint le siège de St.-Junian en Limousin contre les Anglais, l'an 1356, lesquels s'étaient déjà emparés des forteresses de Briantes, du Chassin et du Lys, après la journée de Crécy.

    Il paraît que le roi Jean, déterminé à combattre les Anglais, et ne craignant aucune agression de leur part, dans le Berry et Limousin, emmena avec lui tout ce qu'il put réunir de bandes et que Pérot du Pin le suivit avec toute la noblesse sous les murs de Poitiers, où se donna cette fatale bataille, dans laquelle le roi Jean fut fait prisonnier, et plus de 800 chevaliers et écuyers tués, sans les gens de cheval et de pied qu'on ne connut entre les morts. Peyrot épousa une femme dont le nom ne nous est pas connu, laquelle lui donna les chastellenies de la Garivère et de Courgé appellé Villa, dans les anciens titres, aujourd'hui village considérable, auprès duquel se voient encore les vestiges d'enceinte d'un château fortifié, lequel rebâti un peu plus loin, flanqué de tours, entouré de fossés pleins d'eau avec deux ponts levis, a toujours, depuis lors, été la propriété et la résidence de cette famille jusqu'à nos jours,

    Peyrot du Pin eut deux enfants :
    1. Catelin, qui suit ;
    2. Raoul qui comparut à la monstre de Henry de Tilly avec sept autre écuyers de sa compagnie, desservis et à desservir en ces présentes guerres, ou voyage fait par ledit seigneur roi, en la ville du Mans ou ailleurs, où il lui plaira, sous le gouvernement de M. Jehan le méingre dit Boucicault, maréchal de France, en date du 28 juillet 1292.
  2. Catelin du PIN, écuyer, fils aîné de Peyrot du Pin et de N*** DE LA GARIVÈRE, devint par elle seigneur de ladite terre et fief et ville de Courgé, d'après un aveu rendu à Charles V et à son frère Jean, duc de Bern et comte de Poitou, l'an 1375. Plusieurs autres titres de 1378, 1379, et d'après la montre de Tristan de Rouhaud, vicomte de Thouars, dans la compagnie de M. Gyrard de Maulmont, en qualité d'écuyer, à Poitiers le 16 février 1386 sous les ordres du maréchal de Sancerre. On ignore le nom de sa femme. On sait seulement qu'il fut père de Colin qui suit ; De Pierre et de Jehan 1er.
  3. Colin du PIN, fils aîné de Catelin, écuyer, seigneur de la Garivère et ville de Courgé, épousa le 7 août 1422, par devant Ducat, notaire, Catherine-Brachienne Vasselot, fille de Guillaume de Vasselot, chevalier, seigneur de Danemarie, du Chateigné, de l'Eterpe, Beaulieu, etc., capitaine de quarante hommes d'arquebusiers aux ville et château de Lusignem en 1420, et de dame Marguerite de Rochefort-Dally ;

    Colin du Pin se trouva à l'armée de Guyenne, au siège de Castillon enlevé aux Anglais par le seigneur de Culant, maréchal de France l'an 1453. Il mourut peu de temps après la reddition de la place, de la suite de ses blessures. Pierre et Jehan Ier comparurent :

    Le premier à la montre de Thomas Fortin, écuyer, avec neuf autres écuyers de sa compagnie desservis et à desservir au service du roi notre seigneur et de Monseigneur le duc de Guyenne, en date de l'an 1415 ;

    Le deuxième comparut à la montre d'Antoine de Lapelle, écuyer et dix autres de sa compagnie au service du roi, notre sire et seigneur, sous le gouvernement de messire Tangui du Chastel, le premier mai 1416 ;

    Colin eut de son mariage Mathurin, qui suit.
  4. Mathurin du PIN, fils de Colin et de dame Catherine Brachienne-Vasselot, fut seigneur de la Garivière, Courgé, Dubreuil-Cartais du chef de sa mère, du Vigier et Anières, paroisse de Sainte-Souline. Il épousa demoiselle Jacqueline Pigace (aliâs) Picace, fille de Jacques Pigace, écuyer, seigneur de Nouzières près Ruffec, et de dame de Rechignevoisin, par contrat en date du 7 octobre de l'an 1453, par devant Mars, notaire à Lusignem.

    Différents titres comme

    Contrat de rente noble, perpétuelle,
    Du 15 janvier 1479, signé Blanchard, notaire de l'archiprêtré de Rom,
    Du 15 juin 1484, signé Bertolier, notaire ;
    1485, signé G. Poiguet et Joynau, notaires.

    Contrat d'acquets
    12 mars 1488, signé Alars, notaire à Lusignem ;

    Dénombrement et aveu au roi notre sire à cause de son chastel de Lusignem, de son château noble, terres et seigneurie de Garivière, du 6 mai 1499.

    Hommage à la comtesse d'Angoulême pour son hébergement du Vigier, en daté de l'an 1501.

    Ses enfants furent:
    1. Jean du Pin, qui suit ; Formation de la branche Du Pin de Saint-Barban près Belac.
    2. Pierre écuyer, seigneur d'Anière, comme appert par le dénombrement qu'il en rendit au roi, à cause de son chastel de Civray, après la mort de Mathurin son père, en date du 10 avril de l'an 1505 ; il épousa noble dame Philippe de Lavaud Bussières-Boffi, par contrat du 23 mars 1482 passé pardevant Trichard et Charles Prosat, notaires à Montmorillon. Il est la souche de la branche cadette des du Pin de Saint-Barban. Par ce mariage il fut seigneur de Lavaud et Bussières-Boffi, et a continué cette branche jusqu'à nos jours qu'elle existe, possédant la terre de Saint-Barban près Belac en Basse-Marche, terre que le fils du susdit Pierre du Pin a eue en mariage en 1514 avec damoiselle-Françoise de Guyot-d'Asnieres.
    3. Michelle du Pin ; Comme appert par une donation mutuelle avec son frère aîné tant qu'ils ne se marieront pas, en date du 7 mars 1481, signé à Pineau notaire à Lusignem avec paraphe.
  5. Jehan DU PIN Ier, fils aîné de Mathurin et de dame Jacqueline Pigace, écuyer, fut seigneur Dubreuil-Cartais et fief de Courgé que lui abandonna son père, par son contrat de mariage avec demoiselle Catherine de Saint-Martin, fille de Jehan de Saint-Martin des seigneurs de Bagnac et de Sarzay dont était Pierre de Saint-Martin, sénéchal de la Basse-Marche, et l'un des cent Gentilshommes de la maison du roi en 1541, par contrat passé à Champagné Saint-Hilaire le 9 décembre 1482. A la mort de Mathurin son père, en 1503, Jehan du Pin devint seigneur de la Garivière. Ses enfants furent :
    1. Etienne du Pin, mort en 1559 sans enfants de son mariage avec damoiselle Jacquette Boylesve qu'il avait épousée le 19 novembre 1531 ; Jehan du Pin deuxième, son frère, continua la lignée ;
    2. Jehan deuxième, qui continuera la lignée ;
    3. Perrette du Pin, mariée à messire Jacques Brun, écuyer, seigneur de la Foret-Meriget, paroisse de Chaunay selon son contrat de mariage passé à Civray le 24 décembre 1533 ;
    4. Hugues, l'un des gentilshommes de la compagnie du seigneur de la Roche du Maine, tué au siège de Pavie l'an 1524 ;
    5. Charlotte du Pin, mariée à noble Jean de Couhé, écuyer, seigneur de l'Estang, d'après un adveu et dénombrement que ladite Charlotte veuve rendit à noble Louis Bonin, chevalier, seigneur de Messignac, Marsay, etc., en date de l'an 1504, signé de Mi, et par son testament de l'an 1507, signé Vignon et G. Villefaug. (voir le commentaire au bas de cet article indiquant que Charlotte serait plutôt la fille de Mathurin que de Jean).
  6. Jehan DU PIN, IIe du nom, second fils de Jehan Ier et de Catherine de St.-Martin, fut, seigneur d'Asnières, de Courgé et Dubreuil-Cartais, après la mort de son frère aîné Estienne, décédé sans enfants, lequel aliéna en 1556 la terre de la Garivière à messire Georges de Boylesvé son beau-frère ; il épousa le 25 janvier 1529 ; damoiselle Marguerite Levesque, fille de Hugues Levesque ; écuyer, seigneur de la Courmorant et de Boisgrolier et de dame Perrine de Rechignevoisin. Il a été produit :
    1. Dénombrement à très-haute et excellente princesse MADAME mère du roi François Ier, duchesse d'Angoulême et d'Anjou, comtesse de Civray à cause, de son chastel de Civray, de la maison noble d'Asnières tenu à foi et hommage plein, etc., en date du 22 juillet 1531, signé Rivois, notaire de la princesse ;
    2. Transaction noble entre frère et sœur, du 22 juillet 1531 ;
    3. Quittance de retour de partage noble entre les mêmes, du 2 novembre 1532 ;
    4. Certificat de comparution, au ban de la noblesse par Antoine Després de Montpezat, capitaine du château de Poitiers, donné à Poitiers le 26 juin 1533 ;
    5. Autre certificat du même messire Antoine Després, chevalier de l'ordre du roi, maréchal de France, sénéchal du Poitou et gouverneur de Châtellerault sous les ordres de messire de Lorges, capitaine général de tout le ban et arrière-ban du royaume, du 30 mars 1544.

    Ses enfants furent:
    1. François du Pin Ier, dont l'article suit ;
    2. François II ;
    3. Estienne II connu seulement par une transaction en parchemin passée le 15 octobre 1559 entre ces trois frères et damoiselle Jacquette de Boylesve, leur tante ; femme et veuve de noble Etienne du Pin Iet ci-dessus ; mort sans enfants.
  7. François DU PIN Ier, fils aîné de Jehan II et de dame Marguerite Levesque ou l'Avesque, fut seigneur de Courgé, Asnières, les Boissonnières, etc. ; il épousa le 6 avril 1551, par contrat passé devant Foucaud et Despinchard, notaires à Celles-Levescaut, damoiselle Louise de Boylesve (nièce de Jacquette ci-devant), fille de messire Antoine de Boylesve, chevalier, seigneur de Forson, et de dame Louise de Goulard, fille elle-même de haut et puissant Anne de Goulard, chevalier, seigneur de Beauvois, de Boispouvreau, etc., gentilhomme ordinaire de la chambre du roi. Il a été produit :
    1. Acte de présentation de dénombrement en parchemin au roi, notre sire et seigneur, à cause de son château de Civray, pour raison de la seigneurie d'Asnières, du 3 mai 1552, signas Pontenier et Vincent, notaires à Civray ;
    2. Autre foi et hommage en parchemin rendu au roi, notre sire, pour le fief de Courgé, mouvant de Sa Majesté, à cause de son château de Lusignan: Du 16 juin 1561, signé Hubert ;
    3. Autre dénombrement et hommage rendu à messire François du Pin, écuyer, seigneur d'Asnières et Courgé, par le vénérable chapitre de Menigoute, à cause de son fief de Courgé de l'an 1570 ;
    4. Attestation de service militaire dans l'arme de Poitou où il passa la revue en armes au camp devant Lusignan, le 16 octobre 1574 ;
    5. Partage noble du 10 février 1579 ;
    6. Sentence de maintenue de noblesse par Claude Malon, écuyer, seigneur de Bercy, Conflans, etc., greffier criminel au parlement de Paris et préposé par Sa Majesté pour la recherche des usurpateurs de la noblesse en la généralité du Poitou en faveur de noble François du Pin, écuyer, seigneur de Courgé, Asnières, les Boissonnières, etc. De l'an 1584.

    François du Pin mourut en 1585.

    Ses enfants furent :
    1. Guichard du Pin qui suit ;
    2. Antoine, dont l'article vient après celui de son frère, et qui continua la lignée ;
    3. François, écuyer, seigneur d'Asnières et des Boissonnières, mort en 1595, gentilhomme servant le roi de Navarre depuis Henri IV, et attaché à sa maison comme appert par son contrat de mariage en date du 15 avril 1575, signé J. Pineau et J. Gueny, notaires à Civray, avec damoiselle Anne Blanchard ; fille de messire N. Blanchard, écuyer, seigneur du Boust, et par la lettre de Henry-V le-Grand, à Duplessis-Mornay, dont voici la teneur.

      Lettre du roy Henry IV à Duplessis-Mornay.

      Monsieur Duplessis je vous fay ce mot à ce que vous ne faysiez acune dyfyculté de vyser le brevet que j'ai fet expédyer à Vycose de l'état et de la pansyon que feu du Pyn avoyt en ma meson de Navare, ses servyces et sa fiydélyté mérytent myeux que cela, aynsi il ce peut asseurer que ce nes quen attandant. Vous savez que je layme et quen ai sujet, ces pourquoy je ne vous en dyray davantage. Adieu M. Duplessys.

      Le 30 juin, à Dreux, 1596. Signé HENRY.

      Il était secrétaire des commandements d'Henri, roi de Navarre.
    4. Louis du Pin, tué au service du roi, et qui a laissé de monseigneur le prince de Montbazon un certificat de service dans une compagnie de cent gentilshommes d'armes. Donné au camp devant Moulins le 16 octobre 1587, signé le prince de Montbazon pour le roi Henry.
  8. Guichard du PIN, fils ainé de François du Pin et de dame Louise de Boylesve, écuyer, fut seigneur de Courgé et de Luché et de Prin, du chef de damoiselle Jeanne d'Orfeuille qu'il épousa le 30 août 1573, par contrat en parchemin passé pardevant Billard, notaire à Ste-Souline, fille de Messire Louis d'Orfeuille, écuyer, seigneur de Luché, de Prin et de Longes, etc. Il fut maintenu dans sa noblesse sur la présentation de ses titres, conjointement avec son frère Antoine, pardevant les sieurs Jean Lejeay, conseiller du roi, maître des requêtes de son hôtel, Gauthier de Ste.-Marthe, trésorier de France et général des finances en la généralité de Poitiers, et Philippe de Herré, conseiller du roi et son général en la cour, des aides, commissaires départis pour la vérification des usurpateurs de la noblesse, en date du 26 novembre 1588, signé les trois commissaires et par ordonnance de SELLES. Ce Guichard du Pin n'ayant point eu d'enfants, son frère Antoine seul continue la lignée masculine.
  9. Antoine DU PIN V (frère puîné de Guichard, ci-devant mort sans enfants) et deuxième fils de François du Pin, écuyer, seigneur de Courgé, Asnières et les Boissonnières, et de damoiselle Louise de Boylesve, rentra dans sa seigneurie de la Guarivière, terre que lui avait donnée Georges de Boylesve, oncle de sa mère Louise de Boylesve, après la mort de ses père et mère à qui l'usufruit était réservé il épousa le 3 juin 1584 ; contrat passé par-devant P. Berland et J. Villeneufve, notaires à Champagné-St.-Hilaire, damoiselle Jeanne du Val, fille de feu messire François du Val, écuyer, seigneur de Grandchamps et de Montbeton, gentilhomme ordinaire de la chambre de monseigneur François, duc d'Alençon, d'Anjou et de Brabant, frère unique du roi Henri III, et de damoiselle Jeanne des Ages, des seigneurs de Maulmont-et de Bagnac en Berry. Jugement rendu contre noble Antoine du Pin, par les sénéchaux de Poitou, pour fournir dans deux mois les aveux et dénombrement au roi pour la seigneurie et château de la Guarivière et fief de Courgé. Du 19 mai 1598.
    Ses enfants furent ;
    1. Gabriel du Pin, dont l'article suit ;
    2. Renée, mariée en 1614 à messire Gaspard Sabouraud, écuyer seigneur de Lage-Pariole près. St. Savin en Poitou ;
    3. Jacqueline, mariée en 1610 à messire Baptiste d'Arcemale, écuyer, seigneur Dubreuil-Langon, paroisse de S.-Pierre de Langon en bas Poitou ;
    4. Catherine, mariée en 1611, à messire N. Delalande, écuyer, seigneur de l'Agé-Cautand, paroisse de Mauprevoir en Poitou.
  10. Gabriel Du Pin, fils aîné de noble Antoine du Pin, écuyer, et de demoiselle Jeanne du Val, fut seigneur de la Guérivière, fief et ville de Courgé, Asnières, Grandchamp, etc. ; il épousa le 16 juin 1617 par contrat passé par devant J. d'Appelvoisin, notaire royal à Lusignan, demoiselle Louise de Maunoury, fille de feu messire Philippe de Maunoury, chevalier, seigneur du Murault, paroisse d'Enjambes, près Lusignan, de la Plaigne, paroisse de Vasle et de Boisgrollier, paroisse de Rouillé, et de dame Adrienne Claveusrier de la Rousselière.

    Au milieu des troubles qui éclatèrent à la majorité de Louis XIII, réuni à la noblesse du Poitou restée fidèle à la couronne contre le parti des mécontents sous le prince de Condé, il se retira à Poitiers en 1614. Il était en 1615 et 1616 dans l'armée du roi commandée par le duc de Guise qui de Bordeaux conduisit à Poitiers le roi et Anne d'Autriche, sa nouvelle épouse, lesquels y restèrent jusqu'après les conférences tenues à Loudun et la paix signée entre les deux partis. Il reçut dénombrement et hommage du vénérable chapitre de Menigoute à cause de son château de la Guérivière, le 22 mai 1620.

    Dénombrement au roi pour la seigneurie de la Guérivière, fief de Courgé, tenus à foi et hommage-lige de Sa Majesté à cause de son château de Lusignan, le 18 août 1626, signé F. Biget et G. Garnier, notaires de la cour de Brejeuil.

    Sentence de maintenue du 28 juin 1634, signé Doriou, greffier.

    Congé du comte de Parabère, chevalier des ordres du roi, lieutenant-général pour Sa Majesté du haut et bas Poitou, permettant au sieur de la Guérivière, malade au logement de Covanton près Châlons, de se retirer en mettant en sa place et sous le bon plaisir du roi pour le servir dans le ban et l'arrière-ban de ladite province, Louis de Goret, écuyer, seigneur de la Brosse. Du 11 septembre 1635.

    Ses enfants furent:
    1. René du Pin, mort sans se marier en 1643, et qui est cité dans un acte de partage de son frère avec ses sœurs ;
    2. François qui a continué la lignée ;
    3. Marguerite mariée à messire Jacques Beslivier, écuyer, seigneur de Fontmorte, de Prin, etc., du 4 août 1645 ;
    4. Jacqueline mariée en 1647 à messire Pierre de Beauregard, chevalier, seigneur de Channoir ;
    5. Catherine mariée en 1650 à messire Gabriel de Réchignevoisin, chevalier, seigneur de Guron, de Pairé et de Gurat, près Sauzé en Poitou, capitaine au régiment royal artillerie.
  11. François DU PIN II, fils de défunt messire Gabriel, chevalier, seigneur de la Guérivière, de Courgé, Grandchamp et autres lieux, et de dame Louise de Maunoury, fut après la mort de son père et de son frère aîné René, mort sans se marier, seigneur des mêmes lieux et de la Bretonnière ; il épousa le 5 janvier 1652, par contrat passé pardevant Gaultier et Roy, notaires de la cour de Parthenay, demoiselle Isabeau de la Court, fille de messire Michel de la Court, chevalier, seigneur de la Bretonnière, de la Chaignelière et du fief du petit Vernay, et de dame Louise de Coustière. Entré en 1636 au régiment de la marine infanterie, commandé par M. le marquis d'Aubigné, il fut blessé le 15 juillet de la même année au passage de l'armée espagnole sur la rivière de Serre, près le village du Sart en Artois.

    Détaché pour une reconnaissance avec cinquante hommes de son corps qui faisait partie de l'armé de Picardie sous les ordres du duc de Chaumes, il fut entouré par un gros d'Espagnols en embuscade, sur lesquels s'étant précipité comme s'il les surprenait lui-même, et appelant à son secours comme s'il était suivi d'un autre corps, il porta une telle épouvante que l'ennemi s'enfuit et le laissa maître du village où il fut grièvement blessé au haut du bras gauche avec douze de ses gens. Cependant il rejoignit son régiment et rendit compte de sa rencontre à M. de Rambures et au duc de Chaulnes qui l'en louèrent extrêmement. L'année suivante il faisait partie du corps d'armée qui investit la Capelle. En 1638 il se trouva au siège du Catelet, que prit M. du Hallier ; servit, aux années 1639, 1640, 1643 ; aux armées sous Guise et la Capelle.

    Sentence de maintenue de noblesse par messire Jacques-Honoré Barentin, intendant de la généralité de Poitiers, énonçant que les armes de la maison du Pin sont d'argent, à trois bourdons de gueules, pommetés de même et mis en pal, du 10 décembre 1667.

    Dénombrement au roi à cause de son château de Lusignan, des seigneuries et château de la Guérivière et Courgé, tenu de Sa Majesté à hommage-lige à 60 sous de devoir, etc., du 17 juin 1669.

    A la suite dudit dénombrement est réception d'icelui au bureau des finances de la généralité de Poitiers du 7 août 1669.

    Ses enfants furent :
    1. René du Pin, qui suit ;
    2. Pierre, surnommé le chevalier de Soussigny, tué le 11 août de l'an 1674, à la bataille de Senef près de Nivelle en Flandres, étant porte-enseigne à l'âge de 18 ans, au régiment de Navarre, infanterie ;
    3. Henri, mort le 28 janvier 1694, à Charleroi, des suites de plusieurs graves blessures reçues à la bataille de Nerwinde le 29 juillet 1693, servant comme capitaine dans le régiment de Grammont, dragons ;
    4. Marguerite, mariée à messire Pierre-Simon, écuyer, seigneur de la Brosse, comme appert par son contrat de mariage du 14 avril 1693, par-devant Ribaud et Peronet, notaires à Poitiers.
  12. René du PIN, fils aîné de feu messire François du Pin, chevalier, seigneur de la Guérivière, Courgé, la Bretonnière, etc., et de dame Isabeau de la Court, épousa, par contrat passé à Poitiers le 16 mars 1689, pardevant Cailler et Béguier, notaires royaux, demoiselle Marie Texier, fille de Louis Texier ; seigneur de la Font, de Russay et de Lirec, et de défunte dame Marie Gobeil.

    René du Pin entra en 1670 au régiment de Bourgogne commandé par M. le comte de Chamilly. Il se trouva aux sièges de Burick, de Wesel et de Zwol.

    Certificat de M. le maréchal d'Estrées, commandant pour Sa Majesté ès provinces de Poitou et d'Aunis, au sieur de la Guérivière, prouvant qu'il servait en 1693 dans l'escadron des gentilshommes du Poitou, du ban et arrière-ban de la province, du 7 juillet 1693.

    Sentence de maintenue de noblesse de Charles-Bonaventure Quentin, chevalier, seigneur de Richebourg, intendant de la généralité de Poitiers, sur la présentation de ses titres en date du 28 avril 1715.

    Il eut :
    René-Louis du Pin, qui suit.
  13. René-Louis du PIN, fils unique et majeur de messire René, chevalier, seigneur de la Guérivière, Courgé, la Bretonnière, etc., capitaine au régiment de Bourgogne, et de feue Marie Texier de la Font, entra lieutenant au régiment de Laval, infanterie, par commission du 10 septembre 1709, contresigné Voisin. Il se trouva à la reprise du château d'Arleux sur les alliés, le 23 ou 25 juillet 1711, sous les ordres du maréchal de Montesquiou ; fut commissionné capitaine dans le même régiment le 5 janvier 1713, contresigné Voisin.

    Il se trouva, après la prise de Landau par le maréchal de Bezons le 20 août 1713, au passage du Rhin, à la défaite du général Vaubonne le 20 septembre, lequel couvrait Fribourg ; au siège de Fribourg, si long et si meurtrier, à la tête des grenadiers il marcha à la fameuse attaque de la Lunette, où il fut légèrement blessé à l'épaule, de la même balle qui perça la mâchoire du comte de Laval, son colonel, sous les ordres du maréchal de Villars.

    Messire René-Louis du Pin quitta le service du roi en 1715, un an après la paix de Rastadt, signée le 6 mars 1714.

    Par contrat de mariage du 27 février 1718, passé par-devant J. Sureau et Drouineau, notaires royaux à Civray, messire René-Louis du Pin épousa demoiselle Catherine-Elisabeth des Gittons, qui lui apporta les terres et seigneuries du Plessis et Grand-Cerzé, fille de messire Gabriel des Gittons, chevalier, seigneur de Cerzé, de la Baronnière, paroisse de Saint-Martin de Vançais, et du Plessis, paroisse de Caunay, et de feue dame Elisabeth de Fleury, fille de haut et puissant messire François de Fleury, chevalier, seigneur, châtelain du Vert, et de haute et puissante dame Gabrielle Maron de la Bonardelière près Civray en Poitou.

    Dénombrement au roi, du 24 décembre 1740, pour ses fiefs de la Guérivière et de Courgé, château et dépendance tenus à hommage-lige à 60 sols de devoir, envers le seigneur roi, à cause de son château de Lusignan, en conformité des mêmes dénombrements rendus par ses aïeux ; par messire François II du Pin, son aïeul, le 17 juin 1669 ; par Gabriel, son bisaïeul, le 28 aout 1626 ; par Antoine, son trisaïeul, le 19 mai 1598 ; par François Ier, son quart aïeul, le 6 juin 1561 ; par Jehan II, son quintaïeul, le 22 juillet 1531 ; par Estienne (mort sans enfants), le 10 avril 1539 ; par Mathurin, son septième aïeul, le 6 mai 1499 ; par Colin, son huitième aïeul, du 5 mai 1433 et du 17 août 1443 ; par Catelin, son neuvième aïeul, en 1375.

    Ses enfants furent :
    1. Pierre-Louis, dont l'article suit ;
    2. Jean-Robert, prêtre, seigneur de la Jarge, Maraisseau, Petitbouin et Anfrenet, titulaire de la chapelle des Balsans de Juspatrônat, paroisse de Chenay, et à la nomination des seigneurs de la Guérivière ;
    3. Catherine-Madeleine, morte sans être mariée ;
    4. Elisabeth, mariée à messire Jérôme Maisonneuve, écuyer, seigneur de Venours, paroisse de Rouillé, capitaine au régiment de la Reine, cavalerie, chevalier de l'ordre militaire de Saint-Louis ;
    5. Marie, religieuse hospitalière à Poitiers ;
    6. Marie-Françoise, religieuse à l'abbaye royale de Sainte-Croix à Poitiers ;
    7. Marie-Radegonde, religieuse à l'abbaye royale de Sainte-Croix à Poitiers, et ayant suivi en 1761, Marie de Beaudéan da Parabère, son amie, nommée abbesse de l'abbaye royale de Saintes.
  14. Pierre-Louis du PIN, fils ainé de messire René-Louis du Pin, chevalier, seigneur de la Guérivière, Courgé, le Plessis, Grand-Cerzé, etc., et de feue dame Catherine-Elisabeth des Gittons-Baronière, fut, après la mort de son père, seigneur des mêmes lieux.

    Par contrat de mariage passé devant Mérigot et Montaubin, notaires royaux à Châtellerault, en date du 18 février 1759, il épousa demoiselle Marie-Anne Couraud, fille aînée et mineure de messire François-Gabriel-César Couraud, cadet de la maison de la Roche-Chevreux près le Blanc, en Berry, chevalier, seigneur de Salvert, Montcouart, les Bordes, Pineau près Châtellerault, et le fief de Dresge, et de dame Françoise-Marguerite de Douat, fille de feu messire Augustin Douat, chevalier, seigneur de Jeuet de dame Suzanne le Cocq de Saint-Vertunien.

    Messire Pierre-Louis du Pin de la Guérivière entra cornette au régiment de Penthièvre, cavalerie, commandé par M. le comte de Castellane par commission en date du 26 février 1748, contresignée de Voyer d'Argenson.

    Il fut fait lieutenant en commençant la campagne de 1756 sur le Mein avec son régiment commandé par M. le comte de Saluces, dans l'armée de M. le prince de Soubise ; il se trouva à l'affaire de Rosback en 1757 ; il fut commissionné capitaine, le 22 décembre 1757, signé Louis, contresigné de Voyer d'Argenson.

    Deux dénombrements au roi le premier, à cause de son château de Lusignan, pour son château noble de la Guérivière et fief de Courge, consistant en cens, rentes, dîmes, terrages, moyenne et basse juridiction, aveux et hommages particuliers rendus à ladite seigneurie tenue de Sa Majesté, à hommage-lige à 60 sols de devoir envers le seigneur roi, en date de l'an 1755 ; le deuxième, à cause de son château de Civray, pour la seigneurie du Plessis et Grand-Cerzé, tenue de Sa Majesté, à hommage-lige au devoir de 25 sols à muance de seigneur et d'homme, du 15 mai 1755.

    Certificat du ban de la noblesse du haut Poitou, assemblée à Saint-Jean d'Angély, délivré par M. de Chasteigner, de l'an 1759. Il mourut à Poitiers en 1777, laissant ses enfants sous la tutelle de leur mère.

    Ses enfants furent:
    1. François-Louis-Gabriel du Pin, né le 10 mai 1760, élevé au collège militaire de Pont-Levoy, dont l'article suit ;
    2. Jean-François du Pin, né le 24 mars 1761 ; lequel s'étant marié a formé une seconde branche, dont il sera question après l'article de la branche aînée ;
    3. Pierre-Louis du Pin, surnommé le chevalier de Courgé, né le 15 décembre 1763, élevé au collège de Magnac, fut reçu au rang des chevaliers de justice de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem au grand prieuré d'Aquitaine, à Poitiers ; le 3 février 1776, à l'âge de douze ans, en qualité de page de son altesse éminentissime monseigneur le grand-maître de Malte. Au sortir des pages, il entra au service de l'ordre sur ses vaisseaux, où il obtint les gardes successifs d'enseigne ; de lieutenant et de capitaine des vaisseaux de la Religion ; il se trouva au bombardement d'Alger en 1785, sur le Saint-Zacharie. Il fit ses vœux en 1791, officier autant distingué de son ordre que du grand-maitre ; il fut le premier chevalier choisi pour faire armer les côtés de l'île, lorsque l'ordre crut devoir se mettre en mesure de défense en 1793, et fut nommé commandant au port de Saint-Paul. A la prise de Malte, au mois de juin 1798, il était à la défense du bastion de France. Après sa reddition, il fut du nombre des chevaliers qui, en vertu de leur résidence à Malte, antérieurement à la révolution, eurent, au terme quatre de la capitulation, la permission de rentrer en France, mais ce ne fut qu'à Antibes seul point où il leur fut enjoint de se réunir par ordre du Directoire qui ne voulut pas ratifier la capitulation du général en chef Buonaparte. Trainés de là au château de Perpignan, ils n'eurent la liberté de rentrer dans le sein de leurs familles désolées qu'au 18 brumaire, époque où le général en chef, Buonaparte se fit premier consul ; il est mort à Poitiers en 1806 ;
    4. Marie-Françoise-Radegonde-Rosalie, née le, 13 février 1762, mariée le 10 février 1809, à messire Joseph Texier, chevalier, vicomte d'Hautefeuille, né le 17 mars 1738, reçu chevalier de Malte, ayant d'abord servi-dans la marine qu'il a quittée en 1772, par raison de santé, étant lieutenant de vaisseau ; entré lieutenant-colonel dans le régiment de Normandie, commandé par M. le marquis d'Hautefeuille, son frère, reçu chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis en 1774, breveté colonel un an après, nommé colonel en second du même régiment en 1781, nommé colonel-commandant du régiment de l'île de France, infanterie, maréchal de camp en 1788, inspecteur en 1790, demeurant au château de Rouhet, près Châtellerault ;
    5. Magdeleine-Julie, surnommée mademoiselle de Courgé, née au château, de Guérivière, comme ses frères et sœurs, en 1765, entra à seize ans à l'abbaye royale de Fontevrault, dont Marie Couraud de Salvert, sœur de sa mère, était sous-prieure ; elle y est restée, sans-y faire ses vœux, jusqu'à la dissolution de tous les couvents, époque où elle est rentrée près de sa mère à Poitiers ; et où elle est morte le 10 janvier en 1799.
  15. François-Louis-Gabriel DU PIN, né le 10 mai 1760, au château de la Guérivière, fut élevé à l'école militaire de Pont-Levoy, d'où il sortit, en 1775, pour entrer cadet-gentilhomme dans le régiment de Foix, infanterie, dont était colonel M. le comte Poulte de Nieuil, cousin de sa mère. Il y fut successivement sous-lieutenant et lieutenant. Dans la guerre de 1778, il fut détaché de Béziers avec un détachement de trois cents hommes, commandés par M. Demontal, pour venir s'embarquer à Brest ; à la paix, en 1783, il rejoignit avec sa troupe son régiment à Phalsbourg et de là à Strasbourg.

    Le 17 août 1787, messire François-Louis-Gabriel du Pin, déjà par son émancipation de 1782, chevalier, seigneur de la Guérivière, Courgé, etc., épousa mademoiselle Marie-Louise de Coud de Lusignan, fille unique de messire René-Vincent de Coud de Lusignan, chevalier, seigneur de Foix, près Maillé-les-Berthonières, etc., ancien capitaine au régiment royal, infanterie, et de dame Marie-Constance du Cher, née le 26 juillet 1722, fille de messire Amable du Cher, chevalier, seigneur de Foix, servant au régiment de Vermandois, et de dame Marie-Madeleine d'Arnac.

    A l'époque de la révolution, le sieur de la Guérivière, fidèle à son roi, n'écouta que son dévouement et sacrifia tout pour se joindre aux défenseurs de sa cause ; il quitta la France, et se rendit au mois de septembre 1791 à Binch, où se formait la coalition du Poitou. Admis dans l'escadron noble commandé par M. le chevalier Dechouppes, compagnie de M. de Breuillac, après quelques mois de cantonment à Trêves et à Castelane, au duché de Deux-Ponts, il se réunit avec son escadron au corps d'armée, commandé par les princes français, M. le vicomte de Chasteigner, maréchal-de-camp commandant l'escadron, sous les ordres de M. le maréchal de Broglie. Après avoir fait toutes les campagnes de ce corps d'armée, et lors de la retraite de Champagne et le licenciement, il se retira à Mastrick, où il est resté faisant le service dans la place pendant le bombardement jusqu'au dernier jour en 1793.

    Il parvint à se retirer à Saint-Tron, d'où, au mois de mai 1794, il prit le parti d'aller rejoindre ses deux frères à Malte, l'un colonel en second des chasseurs, l'autre capitaine en second des vaisseaux de la Religion ; il y arriva par Trieste, à la fin de juillet, et le grand-maître Rohan lui accorda la croix et le brevet de major à la suite du régiment de chasseurs de son frère.

    Le 11 juin 1798, époque de la prise de Malte, n'y ayant point une résidence antérieure à la révolution et ne pouvant par conséquent pas rentrer en France, il obtint du général en chef Bonaparte, un passeport pour Livourne, où il se rendit avec beaucoup d'autres chevaliers émigrés comme lui. Laissant à Malte ses deux frères, dont les droits à plus d'indulgence, reposaient sur l'article quatre de la capitulation, qui les déclarait non émigrés.

    Au mois de juin 1800, forcé par une position désolante de tâcher de rentrer en France, il s'embarqua lui dixième sur un pinque génois ; un forban les rencontre sur la côte de France, les dépouille et les maltraite horriblement ; cependant il daigna condescendre à leurs prières, et il les débarqua de nuit sur la pointe d'un rocher, dans la commune de Saint-Rafféau ou Raffael, près Fréjus, où la pitié publique les accueillit et les secourut de tout. Après sa quarantaine à Cassis, et par permission du ministre de la police, il se retira dans sa commune de Maillé, sous la surveillance et responsabilité de la municipalité ; rendu par la providence à sa famille désolée, à sa femme, à ses enfants au désespoir, il y trouva pour prix de son dévouement et de sa fidélité à son roi, toute sa fortune particulière anéantie, tous ses biens vendus. Ainsi a fini pour cette maison la possession de la terre de la Guérivière, conservée depuis plus de quatre cents ans, et plusieurs autres depuis moins de temps.

    Ses enfants sont:,
    1. René-Louis Frédéric, né le 22 juillet 1788, adjoint aux commissaires des guerres ;
    2. Jean-Adolphe, né le 22 août 1789, élevé à l'école militaire de Saint-Cyr, placé sous-lieutenant dans le trente-sixième régiment de ligne qu'il a rejoint en Espagne, et où il a été fait prisonnier à la retraite de Madrid et conduit en Angleterre, où il est depuis deux ans prisonnier à Bishops-Castle-Salop au pays de Galles, près de Montgomery ;
    3. Alphonse-François-Gilbert, né le 6 février 1802 ;
    4. René-Louis, né le 6 septembre 1805.
Branche cadette, prise au treizième degré.
  1. Jean-François du PIN, dit le chevalier de la Guérivière, né le 24 mars 1761, au château de la Guérivière, second fils de messire Pierre-Louis du Pin, chevalier, seigneur de la Guérivière, Courgé, le-Plessis, Grand-Cerzé, et de dame Marie-Anne Couraud de Salvert, passa sur les preuves faites au grand prieuré d'Aquitaine, le 12 novembre 1775, de son frère (ci-dessus) Pierre-René, et fut reçu-chevalier de justice de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, le 9 mai 1777.

    Il entra de suite aspirant garde de la marine à Rochefort, fut fait garde de la marine le 7 novembre 1778, et partit pour Brest, où il s'embarqua pour Boston, à la Nouvelle Angleterre où il a fait une partie de cette guerre ;

    Fut fait enseigne de vaisseau le 9 mai 1781. En 1785, d'après un congé de la cour ; il passa à Malte pour y faire ses caravanes, et rentra en France continuer son service.

    Le 1er mai 1786, il fut fait lieutenant de vaisseau.
    Le 20 décembre 1788, il retourna à Malte.
    Le 20 mars 1789, fut nommé aide-major des gardes du grand-maître Rohan.
    Le 25 juin 1790, il fit ses vœux entre les mains de M. le commandant de Rechignevoisin de Guron, son parent et commandant ladite compagnie des gardes.
    Le 1er février 1792, par brevet signé Rohan, il fut nommé lieutenant-colonel des chasseurs de l'ordre.
    Lé 20 février 1793, lorsque l'ordre alarmé des projets, menaces et armements de la France république, et menacé de voir son existence politique compromise, arma ses côtes et ses forts et ses tours, le chevalier de la Guérivière fut nommé, comme son frère, pour commander au port, rade et fort, de Marsascirrocco, appelé depuis fort Rohan il y établit un système de service régulier de signaux et de communication avec la cité Valette ; des chevaliers de toutes, les langues firent tour à tour, sous ses ordres, un service de quinze et de huit jours dans chacune des tours ou petits forts dépendants du fort Rohan, avec des détachements de canonniers, matelots ou soldats des vaisseaux.

    Le 10 mars 1793, il fut nommé colonel du même régiment des chasseurs sous le commandeur baron de Neveu de la langue d'Allemagne, grand fauconnier et inspecteur. Jusqu'au moment de l'invasion des Français, sous les ordres du général en chef Buonaparte, les 9, 10 et 11 juin 1798, le chevalier de la Guérivière ne cessa de commander au fort Rohan, et toutes les batteries de l'est de la côte depuis le fort Ricasoli. A cette époque, les Français informés que ce poste de Marsascirrocco était mieux armé que beaucoup d'autres ; que le fort Rohan avait des fourneaux à réverbère et des grils pour tirer à boulets rouges, d'après plusieurs essais et exercices qu'on y avait faits, ne risquèrent point d'y faire entrer aucun bâtiment de guerre ; ils débarquèrent sur les points intermédiaires, entre la tour Saint Thomas et Marsascirocco, et mirent à terre sans difficulté, prenant par là à revers toutes les petites batteries qui ne défendaient que la rade, et dans lesquelles il n'y avait point, de chevaliers.

    Le 10, huit heures du soir, le fort Rohan fut investi, hors de la portée du Canon ; toutes les batteries de la rade abandonnées par les Maltais, sans enclouer les pièces, quoique cela eût été ordonné, furent dirigées contre lui et ne cessèrent de tirer ; le fort Rohan dans lequel étaient renfermés avec le chevalier de la Guérivière, huit autres chevaliers, eut à riposter à ce feu croisé, et à se défendre contre l'approche des troupes qui, par un coup de main, eussent pu enlever sa batterie basse qui consistait en neuf canons de dix-huit ne battant que la rade ; à dix heures, vu l'extrême facilité de se jeter dans le petit fossé qui couronnait cette batterie et de l'enlever l'épée à la main, vu surtout son inutilité, puisqu'elle ne pouvait tirer que sur la rade sur laquelle il n'y avait rien, et voulant concentrer son monde sur le haut de la tour, sur laquelle étaient neuf canons de huit, et d'où on dominait, et la rade et la plaine, le chevalier de la Guérivière, fit enclouer cette batterie basse, et se retira avec tout son monde sur la plate-forme de la tour. Un feu bien nourri sur les batteries prises de la rade et sur les troupes en face qui étaient formées dans la plaine, maintint les distances respectives, et faisant juger ce poste plus fort et plus essentiel qu'il ne l'était, il décida le commandant des troupes françaises à le faire sommer de se rendre. A minuit, un officier se présente en parlementaire à la tête des premiers petits retranchements, il est reçu, mais prié de se retirer de suite ; à deux heures il revient, et annonce avoir à offrir au commandant une capitulation honorable, vu, dit-il, qu'une plus longue résistance serait inutile, et ne servirait qu'à rendre le sort des vaincus plus fâcheux.

    Depuis deux jours le fort Rohan n'avait pu tirer de la Valette les vivres qu'on envoyait tous les jours ; il n'y en avait par conséquent plus ; en vain le chevalier de la Guérivière avait demandé plusieurs fois qu'on approvisionnât son fort d'une réserve de biscuit restant au retour des campagnes des vaisseaux et des galères ; jamais il ne put rien obtenir : chaque jour amenait sa distribution.

    Dans cet état de choses, et prévoyant que, du moment qu'il ferait jour ce poste, qui avait pu en imposer la nuit, ne paraîtrait plus digne d'aucun égard, et qu'il serait enlevé de vive force, le chevalier de la Guérivière, de l'avis des chevaliers qui étaient avec lui, dut consentir à écouter les propositions que lui apportait au nom du général Desaix, M. le, capitaine du génie Garbé, de sorte qu'il y eut un échange de signatures pour la capitulation, au nombre des conditions de laquelle la troupe française se présenterait, à quatre heures du matin, et l'officier recevrait la remise du fort Rohan, ce qui fut exécuté.

    Copie des deux Sommations et de la Capitulation

    PREMIÈRE SOMMATION.

    Le commandant du fort de Marsascirrocco est sommé de la part du général français de remettre au soussigné ledit fort ; il est cerné de toutes parts, et une plus longue résistance ne servirait qu'à rendre la condition des défenseurs plus malheureuse. J'engage ma parole d'honneur que tous ceux qui sont dans le château seront libres de se retirer où bon leur semblera, sous la protection de l'armée française, après avoir déposé les armes.
    Sous le château, le 22 prairial an 6
    Le capitaine du génie ; commandant la troupe française
    Signé, GARBÉ.

    DEUXIÈME SOMMATION.

    Je vous envoie, M. le commandant, la rédaction de la capitulation à laquelle, d'après les instructions de mon général, je ne puis changer un mot. C'est à vous de l'accepter pure et simple, ou de vous réduire à une nouvelle défense. Si vous l'acceptez telle qu'elle est ; je vous prie de la signer, de la faire copier ; je signerai le double, que vous garderez en même temps que vous remettrez l'autre. A la pointe du jour, la troupe française se présentera devant le fort, où elle sera introduite ; il sera à propos que votre garnison remette aussitôt ses armes ; je m'y trouverai, et nous conviendrons ensemble des derniers arrangements pour la sûreté de vos personnes et des choses qui vous appartiennent. Vous pouvez compter sur la bonne conduite de la troupe française à votre égard. Quoiqu'il soit question, dans la capitulation, du désarmement de la garnison, cela n'empêche pas que vous ne conserviez votre épée.

    Je vous prie de m'envoyer de suite la çapitulation signée de vous, avec la copie que je signerai pour vous être remise.

    Je suis, avec la plus grande considération,
    Le capitaine du génie, commandant la troupe française.
    Signé, Garbé.

    Capitulation pour le fort Rohan, passée entre le capitaine de génie Garbé, au service de la République française et M. le chevalier de la Guérivière, commandant pour l'ordre de Malte.

    ART. Ier. Le fort Rohan sera remis entre les mains de la troupe française, le 23 prairial (11 juin), à cinq heures du matin, avec toutes les munitions de bouche et de guerre, et généralement tout ce qui servait à sa défense.

    II. La garnison dudit fort déposera les armes, et sera conduite avec sûreté et protection où elle demandera à se retirer ; elle ne pourra emporter avec elle que les objets appartenant individuellement aux personnes qui composent ladite garnison.

    III. S'il se trouve, parmi, les individus de la garnison, des habitants de l'île de Malte qui désirent se retirer paisiblement dans leurs demeures, la permission leur en sera donnée, ainsi qu'un passeport.

    Fait et conclu sous le fort Rohan, le 25 prairial an 6 (11 juin 1798)

    Le capitaine du génie, chargé, par le général, de la capitulation. Signé, Garbé.

    Le colonel des chasseurs, commandant pour l'ordre de St-Jean de Jérusalem, au fort-Rôhan ; port de Marsascirrocco

    Signé, Le chevalier DU PIN DE LA GUÉRIVIÈRE.

    A cinq heures du matin, le 11 juin 1798, un détachement s'étant présenté, le fort lui fut remis, et de suite le chevalier de la Guérivière avec les chevaliers qui étaient avec lui se dirigèrent sur la cité Valette, en passant au Casal Zeitun, quartier général du général Desaix.

    Le général, aux termes de la capitulation, ayant consenti à faire accompagner jusqu'aux portes de la Cotoner, le chef et la petite troupe du fort Rohan, pour les faire respecter, le chevalier de la Guérivière eut la douleur, en arrivant, de voir qu'on démurait la porte de la première enceinte de la Cotoner, et, à quelques minutes de là, il y entra pêle-mêle avec un gros de troupes françaises qui y étaient reçues, d'après la convention que le grand-maître Hompech avait osé signer la nuit.

    Ce fut dès lors, au milieu des flots de Français, vainqueurs sans avoir débarqué une seule pièce de canon, que le chevalier de la Guérivière arriva aux portes de la Valette encombrées de troupes, et de là au palais du grand-maître, qui en était rempli ; il arriva avec beaucoup de peine jusqu'à Son Altesse qu'il trouva seule, en larmes, sur un canapé ; il s'approche d'elle, lui baise la main, et, déposant à ses pieds le pavillon de l'ordre, il lui dit qu'il lui avait été impossible de le défendre plus longtemps, s'étant même refusé de le rendre sur un prétendu ordre de sa part, qu'un officier de, cavalerie lui avait apporté, mais sans être signé d'elle. « Je sais, lui dit le grand-maître, que vous avez fait tout ce que vous avez pu ; il ne dépend plus de moi de le reconnaître, le ciel vient de nous accabler. Ses pleurs étouffant ses paroles, le commandant lui demanda s'il avait quelque ordre à lui donner ; je n'en ai plus le droit, lui dit Hompech, soyez, mon cher chevalier, plus heureux que moi. » Dès lors tout fut consommé et chacun ne songea plus qu'à se soustraire, par la plus prompte sortie de l'île, à la honte et au déshonneur imprimé à cet ordre illustre, par l'impéritie et la lâcheté de son chef, et par l'infamie de la trahison et de la corruption de quelques-uns de ses membres. Quarante-trois jeunes chevaliers, ayant servi à l'armée de Condé, et dès lors sans asile, sans patrie, suivirent Buonaparte en Egypte le plus grand nombre résidant à Malte avant la révolution, put et dut se rendre à Antibes ; quelques-vieillards restèrent, et tous les chevaliers des autres nations rejoignirent leur patrie.
    Le chevalier de la Guérivière quitta Malte un des derniers, vint à Paris, où il se tint caché jusqu'au 18 brumaire, époque où Buonaparte, premier Consul, ratifia sa convention avec l'ordre.

    Cinq ans après, ayant sollicité, près du légat, le cardinal Caprara, la dissolution de ses voeux, l'ambassadeur de France à Rome, M. Cacault, voulut bien se charger de poursuivre cette demande près du Saint-Siège, et le 29 avril 1803, il présenta au cardinal Michael de Petro, la demande du légat, et la supplique motivée ; dont il l'accompagna ; le 30 avril, le cardinal E. Consalvi répondit à l'ambassadeur que sa Sainteté : « Quatunque l'istanza del cavaliere fra Joanni Francesco du Pin de la Guérivière, portasse seco moita difficolta, esigesse una grazia specialissima, cio non ostante, per veramente dismostrare al excellenza vostra il suo particolar riguardo si e indotto il santissimo padre ad accordare, al medesimo l'implorata dispensa, da non addur si in esempio » Ce bref fut adressé au légat Caprara qui le notifia au ministre, des Cultes, Portalis, le 29 juin 1803, en lui adressant un rescrit particulier, signé J. B. cardinal légat ; contresigné Vincentius Ducis, secrétaire, et muni du sceau dudit seigneur légat.

    Le 5 juin 1805, il épousa demoiselle Marie-Claude-Christine de Coucy, née le 11 février 1780, au château de Mersuay, canton de Favernay, près Vesoul en Franche-Comté, fille aînée de messire Antoine-Nicolas de Coucy, ancien capitaine au régiment d'Artois, infanterie, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, et de dame Marie-Gabrielle de Maignien, fille elle-même de messire Pierre-Claude Maignien, seigneur de Mersuay, et de Bourguignon, ancien major de la légion de Fischer, cavalerie, et chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis ; contrat passé à Vitry-le-François, pardevant Addenet, notaire.

    Ses enfants sont:

    Odoart-Florian-Alphonse-Edmond du Pin, né le 25 mars 1806 ;
    Louis-Joseph Arthur, né le 19 mars 1811 ;

Les alliances de cette maison sont avec celles :

D'Aubigné. Boylesve. Arnoudde Nieuil. Brillac. Aycellin-Montagu. De Céris. Bastard. De Chasteigner. De Claveusrier. Lachesnaye. Couraud de la Rochechevreux. Le Cocq. Lévesque de Boisgroller. Couhé de l'Etang. Maron de la Bonardelière. Coué de Lusignan. Maulnourry. Coucy. Neucheze. D'Alloue. Naillac. D'Arcemale. Pigace. Des Gittons. Poulte de Nieuil. Des Ages. Rabenne. Dexmier de Chenon. Rechignevoisin de Guron. De Favereau. Rochefort-Dally. De-Fleury. Secondat Montesquieu. Frottier. Tusseau de Maisontiers. Goulard. Vasselot d'Anne-Marie. Guiot d'Anières. Verthamond. Guinot de Monconseil.

Armes : « D'argent, à trois bourdons de gueules mis en pal et pommetés de même. Supports, deux lions. »

Devise : Fidem peregrinans testor.

Couronne de marquis.

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Frantztztz a dit…

Le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou Vol. 2 par Eugène Henri Edmond Beauchet-Filleau dit à propos de Charlotte du Pin, femme de Jean de Couhé : "Charlotte du Pin, sans doute fille de Mathurin, Ec., sgr de la Guérivière, et de Jacqueline Pigace (et soeur de Jean, Ec., sgr de la Guérivière qu'une généalogie inexacte des du Pin dit à tort son père, comme on le voit par les dates)."

Gilles a dit…

Merci pour cette remarque. Je ne vais pas modifier le texte de cette transcription du nobiliaire universel de France, par contre, je vais ajouter un avertissement pour votre commentaire.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Votre article est très intéressant, je fais moi-même une recherche sur la famille Du Pin de la Guérivière mais celle demeurant sur l'ancien domaine de Belleaucourt à Coulommes-la-Montagne dans la Marne. Auriez vous par hasard quelques éléments à leur sujet ?
D'avance merci pour votre réponse,

Cordialement

Gilles Dubois a dit…

Voir aussi sur Gallica, la généalogie de la maison du Pin par Louis du Pin de Beyssat http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5569179c, il y a peut-être des compléments qui vous intéresseront...

Anonyme a dit…

Merci pour votre réponse, j'ai finalement réussi a combler mes lacunes. Maintenant c'est au château de belleaucourt que je m'intéresse et surtout a sa destruction en 1918