18 avril 2010

de Malabiou de la Fargue

DE MALABIOU DE LA FARGUE, maison originaire de Languedoc. La tradition constante et reçue touchant cette maison porte qu'elle descend d'un gendarme qui, ayant accompagné l'empereur Charlemagne dans la guerre qu'il fit aux Sarrazins sur les frontières du Languedoc, s'y établit et donna commencement à une grande maison connue dans les anciens titres sous le nom de Malobove.

Au commencement du 13e siècle elle subit le sort de presque toutes les bonnes maisons, c'est-à-dire qu'elle fut presque éteinte et ruinée par la croisade de Simon de Montfort ; on aurait trouvé des preuves de toutes ces circonstances dans les archives de la province ; mais depuis qu'elles furent transportées à Montpellier, ce furent lettres closes ; et aujourd'hui elles n'existent plus sans doute ou sont dispersées.

Depuis la croisade, cette famille réduite à un petit nombre d'individus et dépouillée de presque tous ses biens, ne put soutenir l'éclat de son origine.

Vers le commencement du XVIe siècle, le chef de cette maison n'ayant que des filles alla à Rome et emporta les titres de sa maison, sans s'occuper d'un cadet avec qui il vivait en mauvaise intelligence, parce qu'il était d'une religion contraire à la sienne. Il s'y fit prêtre et y mourut.

Ce cadet, nommé Étienne de Malabiou, ayant pris du goût pour les nouvelles opinions que Calvin avait prêchées, et voyant que dans son pays on persécutait jusqu'à la mort ceux qui en étaient imbus, en sortit furtivement et vint porter les armes en faveur de ceux de sa secte aux environs de Puylaurens où ils étaient en grand nombre et souvent les plus forts. C'est par lui que nous commencerons le lignage de cette maison.
  1. Étienne DE MALABIOU, Ier du nom, fut homme de guerre ; on ignore dans quelle maison il prit sa femme, tant ses descendants eurent peu de soin de leurs papiers ; mais on sait positivement qu'il eut pour fils :
  2. Pierre DE MALABIOU, homme de guerre, marié avec Susanne d'Escande, d'une noble et ancienne maison qui a fait plusieurs branches toutes très-distinguées. De ce mariage vinrent :
    1. Étienne qui suivra ;
    2. Pierre qui fut quelque temps homme de guerre, puis se retira à Puylaurens. Il a donné origine à une branche qui subsiste avec éclat et qui est la plus riche de toutes ;
    3. Jean qui suivit le parti des armes ; il commandait les enfants perdus de l'armée de Montmorency à la journée-de Castelnaudary où il fut blessé et pris sans pouvoir défendre son seigneur, parce que ceux qui avaient sauté le ruisseau des Pontils étaient en trop petit nombre. Il se maria à Béziers et n'eut qu'une fille:
  3. Étienne DE MALABIOU, IIe du nom, fut d'abord homme de guerre comme ses frères, puis ayant pris le parti de la robe il devint conseiller du roi et substitut du procureur-général en la chambre de l'édit de Languedoc, marié à Béziers à Antoinette de Gensan, petite-fille du célèbre Despeisses. Il eut de ce mariage :
    1. Tobie, qui suivra ;
    2. Pierre, capitaine au régiment d'Auvergne, mort sans alliance ;
    3. Étienne, dont la postérité sera décrite après celle de son frère Tobie ;
    4. Plusieurs filles mariées avantageusement.
  4. Tobie DE MALABIOU, substitut des gens du roi, puis conseiller en la même chambre, marié à Marthe de Montels issue de la maison de Montels, fort noble et ancienne famille de Guyenne et qui a fait en tout temps de grandes alliances. De ce mariage vinrent :
    1. Étienne qui suit ;
    2. David, lieutenant au régiment des fusiliers, tué fort jeune encore à l'assaut de Gironne sous le maréchal de Bellefonds ;
    3. Jacques, lieutenant dans le régiment de Miremont servant de la duchesse de Zell, capitaine d'infanterie au service du Czar, dans le royaume d'Astracan.
  5. Étienne DE MALABIOU, IVe du nom, seigneur de Belvèze au diocèse de Lavaur, a épousé Marie de Fos d'une maison descendue des anciens vicomtes de Marseille. De ce mariage sont issus :
    1. Étienne, lieutenant au régiment de Pons ;
    2. Tobie-Paul, sous-lieutenant au régiment de Vermandois ;
    3. Trois filles.
On n'a pas pour le moment d'autres renseignements sur la suite de cette lignée et nous passons à celle de la branche fournie par Étienne, frère de Tobie. Voyez article III. Ainsi nous reprenons pour lui le IVe degré.

Branche d'Étienne Malabiou, prise au IIIe degré.
  1. Étienne DE MALABIOU, troisième fils d'Étienne II et d'Antoinette de Gensan, servit longtemps dans la cavalerie, puis fut directeur des travaux royaux et en cette qualité fit bâtir la belle digue du bassin de Saint-Ferréol par lequel le canal de Toulouse est alimenté ; il se maria avec noble demoiselle Marie de Blaquière de la plus ancienne maison de Sorèze. De ce mariage vinrent :
    1. Étienne, mort très-jeune ;
    2. Florent, capitaine des grenadiers au régiment de Vermandois, chevalier de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis, marié avec Louise Delpuech de la maison de la Bastide Cagnac, branche de celle du Puy-Montbrun en Dauphiné, dont un fils et plusieurs filles ;
    3. Paul, chevalier de Saint-Louis, mort au service sans postérité ;
    4. Isaac, lieutenant au régiment de Bigorre, chevalier de Saint-Louis, épousa à Mantoue la comtesse de Brusque ; il fut chambellan du duc de Mantoue sous le nom de comte de Durfort. De ce mariage est venu César de Malabiou, comte de Durfort ;
    5. Abraham-Louis, sieur de la Prade, major et commandant de la grosse tour de Toulon, chevalier de St.-Louis, marié à Anne Delpuech Capelle, sœur de Louise, femme de Florent, dont un fils, Louis François de Malabiou Delpuech, page de monseigneur le duc d'Orléans, mort ingénieur, sans postérité, et une fille mariée au sieur Catelin ; commissaire de marine ;
    6. Jean, dont l'article viendra ;
    7. Jeanne, mariée avec messire Louis de Marsac baron de Saillac, de la Vaurette, de Cairies.
  2. Jean DE MALABIOU DE LA FARGUE, capitaine au régiment de Pons, chevalier de l'ordre royal et militaire de St.-Louis, marié 1.° à une demoiselle de la maison de Balaguier Monsalez, proche parente de la duchesse d'Uzès ; 2.° à Marie-Barbe-Catherine-Barthélémy, née le 11 novembre 1719 ; morte le 13 juin 1761, ayant deux frères et trois beaux-frères chevaliers de St.-Louis. De ce mariage sont issus :
    1. Étienne, dont l'article suivra ;
    2. Marie-Madeleine-Élisabeth Malabiou de la Fargue, mariée à Louis-Jean-Ange Poisson de la Chabeaussière, avocat au parlement de Paris.
    3. Marie-Barbe-Françoise Malabiou de la Fargue mariée le 11 mai 1778 à Mathieu-Toussaint de Mauroy, mort le 2 février 1777, dont un fils capitaine de cavalerie au régiment Royal-Cravattes mort au service ; ce fils s'était marié et a eu plusieurs enfants.
  3. Étienne DE MALABIOU, Ve du nom, capitaine au régiment de Pons, depuis Guyenne, chevalier de l'ordre royal et militaire de St.-Louis, marié à Marie-Suzanne de Malabiou. De ce mariage sont issus :
    1. Jean-Florent, dont l'article suit ;
    2. Élisabeth-Julie de Malabiou, morte à Belvèze le 9 juillet 1777 ;
  4. Jean-Florent DE MALABIOU DE LA FARGUE, seigneur de Belvèze, lieutenant-colonel au régiment de Guyenne puis maréchal-des-camps et armées du roi, marié à N*** Kérimel d'une noble famille de Bretagne, mort à Belvèze après 1793. De ce mariage est issu :
  5. N*** DE MALABIOU DE LA FARGUE, capitaine au régiment de Guyenne, a émigré en 1791, a fait la guerre dans l'armée des princes où il a été tué par un boulet de canon ; il n'a point été marié, mais il a eu une fille naturelle avant son émigration, et elle a été adoptée par Jean-Florent, père de N*** Malabiou.
Les alliances de cette maison ont été avec les familles d'Escande, de Gensan, de Montels, de Fos, Blaquière Delpuech, de Brusque, de Marsac, Balaguier Monbalez, Poisson de la Chabeaussière, de Mauroy, de Kérimel, etc.

Armes : « D'azur, au bœuf d'or, accompagné en chef, de trois maillets d'argent. »

Source : Nobiliaire Universel de France, Tome II, page 113
BnF/Gallica :
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36862s

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