04 avril 2011

Le duel d'Antoine de la Font de Savines et Alexandre de Comboursier

Le récit, par Joseph Roman, du duel qui opposa au Thor, le 8 septembre 1607, Antoine de la Font de Savines à Alexandre de Comboursier. Une querelle banale et stupide mais au bout il y a la mort et c'est terrible. Peut-être à mettre en parallèle avec des faits divers d'aujourd'hui...


Source : Bulletin de la Société d'études des Hautes-Alpes
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5700675g/f127.image

LE DUEL DE CHÉRINES ET DE BEAUMONT
8 Septembre 1607.

Au mois d'août 1607, Lesdiguières était dans son château de Puymaure près de Gap ; sa compagnie de gardes l'avait accompagné. Un grand nombre de jeunes gens des plus nobles familles du Dauphiné en faisaient partie, désireux d'apprendre le métier des armes sous ce grand capitaine, et comme la paix n'était point menacée ni à l'intérieur ni au frontières, Lesdiguières avait permis à ceux qui n'étaient point de service auprès de sa personne de loger en ville. Cette brillante et turbulente jeunesse tachait d'y passer son temps le plus agréablement possible.

Quelques maisons étaient ouvertes à Gap à cette époque, entre autres celle de Mérande de Chapponay, veuve du trésorier Arnoulx Lagier surnommé M, de Gangaille. Cette dame, qui parait avoir été une femme à la mode, appartenait à une noble famille du Dauphiné qui n'est point encore éteinte ; elle habitait sur la place St-Etienne, alors le plus beau quartier de la ville.

Un soir, Etienne de Bonne d'Auriac, vicomte de Tallard et seigneur de la Bâtie-Neuve, Claude de Gruel, seigneur du Saix et de Sigoyer, Jean Flotte, de la Batie-Mont-Saléon, chevalier de Malte, s'y trouvaient réunis avec Antoine de la Font, sieur de Chérines, et Alexandre de Comboursier, sieur de Beaumont. De ces deux demiers.qui tiendront une grande place dans ce récit, le premier était fils de Roux de la Font, seigneur de Savines, et âgé de vingt-deux ans. Le second n'avait que vingt ans.

Se disputaient-ils les bonnes grâces de la maîtresse de maison, je l'ignore, mais il est certain qu'ils étaient jaloux l'un de l'autre : ils passèrent toute la soirée à se cribler réciproquement d'épigrammes et de mots piquants, de sorte que, sans qu'une querelle eût éclaté, ils étaient fort surexcités et dans des dispositions fort agressives.

Quand vint le moment de se retirer. Ils trouvèrent dans la rue leurs laquais portant leurs épées ; ces serviteurs se mirent en devoir d'accompagner leurs maîtres. Beaumont logeait à l'auberge des Trois rois, située à l'endroit où est ouverte aujourd'hui la rue Elysée, et il se préparait à y entrer, lorsqu'il fit un faux pas en trébuchant sur le pavé inégal. Comme il se plaignait de l'obscurité, car à cette époque Gap n'était point éclairé la nuit, Chérines lui repartit en riant : « Vous avez un avantage par-dessus nous, c'est d'y voir aussi bien la nuit que le jour » faisant une allusion désobligeante à la faiblesse de sa vue. Beaumont, peu endurant, ne se prêta pas à une plaisanterie d'aussi mauvais goût, et s'approchant de Chérines il lui dit en le poussant : « Vous venez de faire une sotte raillerie ». Chérines, peu flatté de s'entendre qualifier de sot, saisit dans un mouvement de colère l'épée que portait son laquais, dégaina, et appliqua deux ou trois coups du plat de sa lame sur le dos de son adversaire. Beaumont, furieux de ce honteux traitement, arracha, à son tour, son épée des mains de son laquais et il l'aurait, sans doute, passée au travers du corps de Chérines si les assistants ne se fussent interposés.

Quand il eut repris possession de lui-même, Beaumont s'avança vers son adversaire et lui frappant dans la main : « Chérines, lui dit-il, touche là, tu t'en souviendras demain». Puis il rentra chez lui.

Lesdiguières, informé de cette querelle, prononça qu'un duel était nécessaire ; un gentilhomme ne pouvant avoir reçu des coups de plat d'épée sans en tirer satisfaction.

Dès le lendemain, Beaumont envoya donc appeler Chérines au combat par un de ses laquais, mais il était absent ; la nuit même il était parti sans dire où il allait. Beaumont le supposa retiré à Savines auprès de son père ; il monta aussitôt achevai accompagné de Charles Martin, seigneur de Champoléon, d'Henri de Philibert, seigneur de l'Argentière, et de Daniel de Fassion, seigneur de Montchal, et avança jusqu'à Rochebrune. Il y fit préparer un champ de combat et envoya un laquais prévenir le seigneur de Savines qu'il attendait son fils ; on ne lui rapporta aucune réponse. Un autre laquais fut aussitôt expédié chez M. de Gaillard, seigneur de Bellaffaire et oncle de Chérines, pour s'informer si son neveu n'était point chez lui ; on ne l'avait pas vu.

Beaumont, ses témoins et leurs laquais revinrent donc à Gap, où ils firent des gorges chaudes sur la lâcheté de Chérines ; ils annoncèrent hautement leur intention, s'ils n'avaient pas bientôt de ses nouvelles, de placarder leur défi à tous les coins de mur et de le faire crier par la ville à son de trompe et de tambour.

En présence du bruit et du scandale que faisait cette affaire, la famille de Savines s'émut et força Chérines à faire une démarche décisive. Il envoya donc à Beaumont un laquais porteur de la lettre suivante : « Monsieur, j'avais prié un mien ami de s'entendre avec vous sur l'heure, le jour et le lieu de la satisfaction que vous me demandez, et je vous ai envoyé un laquais pour vous faire savoir que, si je ne veux accepter Rochebrune pour vous y rencontrer, comme étant en Dauphiné où vous avez trop de parents et d'amis, je me trouverai le huitième de septembre à vos ordres à Valernes en Provence, avec un seul laquais, prêt à vous donner toutes les satisfactions que vous désirez. »

Le 7 septembre au soir Beaumont prit à part Pierre de Montfort, des Echelles, son camarade dans les gardes de Lesdiguières, lui demanda s'il pouvait compter sur son amitié et, comme il répondit affirmativement, il le pria de se tenir prêt à l'accompagner le lendemain ; il ne voulut pas lui dire, malgré son insistance, où ils devaient aller.

Ils partirent, accompagnés d'un laquais, le 8 septembre de très grand matin. Arrivés à l'auberge de la Queylane un peu avant Ventavon, ils rencontrèrent Pierre Parvisel, chirurgien assez renommé alors à Gap, car il avait fait ses études à la célèbre université de Montpellier ; ce médecin avait été appelé par son collègue maître Balthazar, chirurgien d'Upaix, en consultation auprès d'une malheureuse femme atteinte d'un ulcère à la face. Il cheminait paisiblement sur sa mule, lorsque Beaumont le pria de rebrousser chemin et de l'accompagner jusques sur le terrain de combat. Il ne crut pas devoir refuser.

A peine avaient-ils dépassé Ventavon qu'ils rencontrèrent un laquais de Chérines envoyé pour les guider auprès de son maître. Sous sa conduite, ils passèrent à gué la Durance près du moulin du seigneur du Poët ; arrivés sur l'autre bord le laquais les quitta pour aller prévenir son maître.

Cependant le bruit qu'une rencontre allait avoir lieu s'était répandu ; Claude de Comboursier , seigneur du Roison, frère de Beaumont, qui habitait Upaix, apprit que son frère y était mêlé et sautant rapidement à cheval, il se dirigea, suivi de quelques amis, vers les bords de la Durance desquels il put être témoin du combat qui eut lieu sur la rive opposée ; fidèle aux lois du duel il ne crut pas devoir s'approcher davantage des combattants et encore moins intervenir.

Cependant Beaumont, accompagné de son témoin Pierre de Montfort et du chirurgien Pierre Parvisel était arrivé à la métairie du Planet ; ils demandèrent à boire et à manger ; on leur servit du pain et des raisins, on envoya quérir du vin au village de Thèse, car il n'y en avait point au logis, et on fît donner en abondance de l'avoine aux chevaux.

Marin Châtillon, baile de Valernes, vint à passer ; Beaumont craignant qu'il n'allât prévenir la maréchaussée dont l'arrivée eût rendu le duel impossible, le pria de n'aller plus outre et de demeurer près de lui . « Monsieur, dit le soupçonneux Marin, je crois que vous avez quelque querelle ; les épées que vous portez me le prouvent, ainsi que les regards que vous jetez sur les gens à cheval qui, depuis ce matin, sont dans la plaine de Vaumeil ». Beaumont voulut d'abord nier, mais l'autre insistant, il finit par avouer qu'en effet il allait se couper la gorge avec M. de Chérines, mais il était superflu, ajouta-t-il, de chercher à les réconcilier. « Cependant, dit Marin, nous avons dans le pays de très honorables gentilshommes qui se feraient fort d'accommoder une querelle. — Non, c'est inutile, répliqua Beaumont avec impatience, ne cherchez pas à nous arrêter, car il faut que cela soit ; si on nous arrêtait aujourd'hui, nous recommencerions demain ».

Comme il prononçait ces mots, un laquais de Chérines s'approcha et dit que son maître attendait. Tirant un billet de la poche de son pourpoint, Beaumont le remit à Pierre de Montfort, sou témoin, pour le porter à son adversaire.

Voici ce cartel ; c'est la réponse à la lettre de Chérines qu'on a lue plus haut.

« Monsieur, votre ami s'est si mal acquitté de sa charge qu'il ne m'a osé rien dire, quoique je l'en eusse plusieurs fois prié. Votre laquais que vous m'avez, dites-vous, envoyé, s'est évadé. Je ne veux autre chose pour mon contentement sinon de vous voir tout seul en lieu que vous m'avez mandé, et je vous vais trouver, menant pour tout compagnon un laquais qui portera deux épées et deux poignards, pour vous en donner le choix et vous visiter. J'espère vous trouver seul aussi, et, s'il en était autrement, je vous publierais par tout le monde le plus lâche que la terre porte ».

Montfort remit ce cartel à Chérines qui le lut et dit : « Où est Beaumont ? — Tout près, il vous attend. — Allez donc le quérir, » dit Chérines en présentant Marcel Blain, seigneur de Saint-Andéol, son témoin. Celui-ci prit deux épées et deux poignards et joignit Beaumont auquel il dit : « Monsieur de Chérines vous attend et vous envoie ces épées, choisissez celle qui vous plaira. Il est au lieu assigné. Beaumont soupesa les épées et les trouva trop longues et trop lourdes pour son bras ; il en présenta à Saint-Andéol deux autres qu'il avait apportées, en lui disant : « Porte celles-ci à Chérines et rapporte-moi celle qu'il refusera, car de ce pas je vais le joindre ». Peu à peu les deux adversaires se rapprochaient.

Cependant Marin Châtillon, baile de Valernes, qui n'avait pas quitté les environs, voyant venir l'écuyer Moyse de Rive, et deux autres notables du pays, s'approcha et leur dit ; « Voilà deux braves gens qui vont se tuer; ne pourrait-on rien tenter pour les accommoder ? » Moyse de Rive était un vieillard et un ancien militaire ; il crut que son intervention pourrait être utile, et s'avançant, vers Beaumont, le chapeau à la main, il lui dit : « Monsieur, je crois que votre seigneurie a quelque querelle, je vous supplie de nous le dire, car, quoique nous n'avons point d'armes, nous vous assisterons au péril de notre vie. — Je vous remercie bien humblement, Messieurs, répondit Beaumont, et vous ai beaucoup d'obligation. Je vous dirai que j'ai querelle avec M. de Chérines qui, je crois, est là-bas dans la plaine qui m'attend, et je vous prie de vous retirer, car j'attends ici un signal. — Monsieur, insista le vieux gentilhomme, n'y aurait-il pas moyen de vous appointer. Ce serait grand dommage si vous ou votre partie vous perdiez faute de témoins. — Oh ! rien, rien, il n'y a moyen ; il faut que cela ait lieu et si on nous arrêtait ici nous saurions bien nous retrouver ailleurs et un autre jour, car M. de Lesdiguières le veut. »

Voyant leur intervention inutile ces honnêtes gens se retirèrent et les deux adversaires continuèrent à se rapprocher l'un de l'autre.

Lorsqu'ils ne furent pas éloignés de plus de trois cents mètres environ, le laquais de Chérines vint rendre à Beaumont l'épée et le poignard que son maître n'avait pas choisis et il lui dit : « Mon maître m'a ordonné de vous visiter pour m'assurer si vous n'aviez sur vous ni cuirasse ni sortilège. — Faites » répondit Beaumont. Le laquais le dépouilla de ses vêtements jusqu'à la chemise et constata qu'il ne portait ni colle de mailles, ni reliques, ni amulettes d'aucune sorte. Pendant ce temps le laquais de Beaumont faisait subir le même examen à Chérines.

Les deux adversaires se rapprochèrent jusqu'à cinquante pas l'un de l'autre. « Monsieur, voulez-vous prier? cria Chérines à Beaumont. — Je le veux bien » répondit Beaumont. Ils s'agenouillèrent l'épée nue à la main et demeurèrent quelques minutes en prières.

Au moment où Beaumont se relevait le laquais de Chérines se présenta de nouveau et demanda à le visiter encore ; il y consentit. Quand ce fut fini, il cria à son tour : « Monsieur, voulez-vous prier? » Chérines ayant répondu affirmativement, ils restèrent encore un instant en prières l'épée nue en main, puis, se redressant ils se joignirent.

L'endroit où ils se rencontrèrent se nommait le Thor ; il pouvait être quatre heures et demie du soir.

Le combat ne dura pas plus de cinq minutes. A la première passe Beaumont atteignit Chérines au flanc gauche et le blessa grièvement ; il voulut lui porter un second coup, mais son épée fut relevée par son adversaire qui riposta par une botte à fond et le perça de part en part au côté gauche sous la deuxième vertèbre. Chérines fit un bond en arrière puis revenant sur Beaumont, lui fit une nouvelle et profonde blessure au coté droit près de la clavicule.
Beaumont leva d'une main défaillante son épée pour riposter, mais ses yeux étaient déjà obscurcis par les ombres de la mort ; il pirouetta sur le pied gauche et tomba de toute sa longueur, la tête près du pied de son adversaire.

« Monsieur, cria Pierre de Montfort, donnez-lui la vie, je vous la demande pour lui ». Mais sans l'entendre et sans même avoir conscience de ses actes, Chérines porta au malheureux qui gisait à ses pieds un troisième coup d'épée qui, pénétrant à côté du cou, traversa le corps en écharpe et alla sortir dans le flanc droit.

Revenu à lui après ce bel exploit, il monta péniblement sur le cheval que tenait Saint-Andéol et, perdant beaucoup de sang, il piqua des deux. Il put atteindre une métairie appartenant à un nommé Paret ; là il s'évanouit, on dut le placer sur un matelas qu'on étendit sur une échelle et quatre hommes le transportèrent jusqu'au château de M. de Fombeton au bord de la Durance. Il s'y tint caché quelques heures, puis pendant la nuit on l'amena à Sisteron, où il put se soustraire aux recherches de la justice, fut pensé, soigné et enfin guéri .

Cependant lorsqu'il eut vu tomber son frère pour ne plus se relever, Claude de Comboursier du Royson traversa la Durance avec une quinzaine de cavaliers qui l'accompagnaient. Il trouva le chirurgien Parvisel dépouillant Beaumont de son pourpoint en lui criant : « M. de Beaumont, ne me voulez vous point parler ». Mais il n'eut aucune réponse, Le malheureux jeune homme avait murmuré en tombant : « Dieu aie mon âme ! » et depuis il ne parla plus.

Ceux qui l'entouraient étaient pénétrés de douleur : « Mon cousin, mon cousin de Beaumont, dit l'un d'eux en pleurant, ne me reconnaissez vous point ? » Mais il parlait à un cadavre dont les trois horribles blessures répandaient le sang à flots.

On héla quelques bergers qui de loin regardaient : « Mes amis, venez nous aider ». Ils accoururent. On rhabilla le mort, on le coucha et on le lia sur son cheval et on le fit traverser à gué la Durance près du moulin du seigneur du Poët.

Comme le corps était inondé de sang François de Périssol, fils du seigneur du Poët, entra dans la première maison qu'il rencontra, se fit donner un drap blanc par une femme et en couvrit la civière sur laquelle Beaumont fut étendu. On le porta jusqu'à Upaix et, quoique protestant, on l'ensevelit, le lendemain septembre, dans l'église du village, dans la chapelle des seigneurs du Royson.

Le jour même Honoré Guion, juge ordinaire de Valernes, apprit par la voix publique le meurtre commis, et commença une enquête dans laquelle il entendit de nombreux témoins. Le juge de Sisteron à son tour, fit une instruction et les pièces furent envoyées au Parlement de Provence.

Cependant la famille du mort s'était émue, et le 18 janvier 1608 elle déposa une plainte entre les mains de Jérôme Bernard, lieutenant du prévôt des maréchaux an siège des montagnes ; une deuxième enquête fut ainsi commencée.

Un fait, paraissant attesté par plusieurs témoins, était surtout d'une extrême gravité, c'était le coup d'épée porté par Chérines à son malheureux adversaire, lorsque déjà étendu sur le sol il ne pouvait se défendre, et qui transformait en assassinat un duel jusqu'alors loyal.

Au mois de juillet le parlement de Grenoble décréta Chérines de prise de corps ; mais il s'était caché et ne put être saisi. Le 19 du même mois son père présenta au vibailli de Gap une requête tendant à déclarer cette procédure irrégulière, l'affaire étant déjà entamée au parlement de Provence. En même temps il faisait agir les amis qu'il avait à la cour et obtenait des lettres royales de rémission datées de Fontainebleau et de la fin du mois de juillet.

La famille de Comboursier les attaqua comme rendues sur un faux exposé et demanda que, le défunt étant protestant, l'affaire fut soumise à la Chambre de l'édit de Grenoble, la famille de Savines tenait au contraire pour le parlement de Provence, le défunt ayant beaucoup de parents et d'amis dans celui de Grenoble.

Cette instance en règlement de juges fut portée devant le conseil du roi qui, par un arrêt du 13 février 1609, renvoya les parties à se pourvoir devant la Chambre de l'édit de Nérac. Chérines se constitua volontairement prisonnier à la conciergerie du parlement de Guienne.

L'affaire traîna jusqu'au 3 avril 1610 ; alors la chambre de l'édit de Nérac rendit un arrêt par lequel elle entérina les lettres de rémission, le crime de Chérines n'étant pas absolument démontré, et les transforma en lettres définitives d'abolition; mais elle condamna l'absous à tous les frais du procès, à 150 livres d'amende pour les œuvres pies, à mille livres d'amende envers le roi et à une pareille somme de dommages intérêts envers les héritiers du devint.
Toutes ces sommes réunies formaient un total assez important ; leur payement gêna la famille de Savines pendant de longues années.

Trois ans après cet arrêt qui le déclarait innocent, Chérines épousa Marie de Gérard de Saint-Paul. La famille de La Font de Savines, après avoir donné à l'armée et au clergé quelques hommes assez remarquables, s'est éteinte vers 1830 sans laisser aucun parent de son nom.

Le récit de ce duel tragique est consigné mot pour mot dans les procédures faites à son occasion avec une abondance et une précision extraordinaires. Tous ces documents sont entre mes mains et m'appartiennent.

Joseph Roman.

2 commentaires:

Thierry FAURE DAVID-NILLET a dit…

C'est toujours une surprise de trouver des actes de cette qualité. Quel récit !
Pour information Margueritte LAFONT de SAVINES fut mariée le 13/04/1648 à François de LONGECOMBE de THOY, originaire et vivant dans l'Ain. ils eurent un fils, Anthoine Balthazard de LONGECOMBE de THOY, dernier marquis sans épouse et sans decendance.

Gilles a dit…

Gallica est vraiment une mine d'informations. Merci Thierry pour le complément sur Marguerite Lafont de Savines...

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