10 mars 2006

Bardonnenche

Bardonnenche
Annuaire de la noblesse de France 1867, page 122
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N036595

Dessin de Amaury de la Pinsonnais publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb

Armes : d'argent au treillis de gueules cloué d'or, au chef d'or, chargé d'une aigle naissant de sable.
La vallée de Bardonnenche, ou Bardonesche, située en Piémont, sur les frontières de la France, appartenait au Dauphiné lorsque, en 1713, elle a été cédée au roi de Sardaigne par le traité d'Utrecht. Elle est traversée par la petite rivière de Bardonnenche, qui, après avoir arrosé le village de ce nom, va se jeter dans la Doire auprès d'Oulx. C'est le berceau d'une maison d'ancienne chevalerie déjà puissante et illustre dans le Briançonnais dès le XIIIe siècle, et connue depuis Witibald, père de Pons de Bardonnenche, qui fit des donations considérables à l'abbaye d'Oulx vers l'an 1050. Le cartulaire de cet établissement religieux, publié au siècle dernier, forme de véritables archives historiques pour cette maison.

La filiation des seigneurs de Bardonnenche donnée par Moréri, et servilement reproduite par la Chenaye-Desbois, remonte à Rodolphe de Bardonnenche, témoin avec Hugues, son fils, dans un acte de donation en faveur du monastère d'Oulx, en 1186. La souche s'est divisée en un grand nombre de branches, qui partagèrent la vallée en coseigneuries, et l'on ne comptait pas moins de trente nobles de cette race y possédant, vers 1330, fiefs et juridiction dont, ils devaient l'hommage au dauphin. De ce nombre était François de Bardonnenche, qui, pour venger sa fille, séduite par le jeune dauphin Guigues VIII, souleva ses vassaux et ses amis, et livra le fort d'Exiles au duc de Savoie. Il fit de là de terribles et fréquentes irruptions sur le territoire de son ennemi et tomba plusieurs fois entre ses mains. Mais il parvint à briser ses fers. Le dauphin Humbert II, s'étant emparé de lui en 1345, le fit mettre à la torture et condamner à mort. On l'enferma dans un sac, les pieds et les poings liés, et on le jeta dans l'Isère.

Au milieu du XVIe siècle la maison de Bardonnenche possédait encore des terres assez considérables dans le Briançonnais. Mais elle les aliéna presque toutes vers cette époque. Marguerite de Bardonnenche et son mari le capitaine François Rous vendirent, le 30 octobre 1568, à François Ferras tout ce qu'ils avaient à Névache. Hippolyte de Bardonnenche et Gaspard, son fils, cédèrent également à noble Jean Borel, seigneur de la Cazette, gouverneur du château d'Exiles, tous leurs biens sis à Névache et à Plampinet. (Inv. de la Cour des comptes de Grenoble; reg. du Briançonnais ; fo 568 et 569, Mss. de la Bibl. impériale.)

La maison de Bardonnenche s'est alliée à celles de Blosset, de Beaumont, de la Chambre, de Forbin, de Lestang de Murat, de Montchenu, de Revilliasc, Odde de Boniot, de Peccat, etc.

Guy Allard a donné la filiation des principales branches de la maison de Bardonnenche dans la généalogie qu'il en a publiée en 1680. Elles étaient toutes éteintes au milieu du siècle dernier, à l'exception des deux qui suivent.
  1. Celle des vicomtes de Trièves, qui était alors représenté par Antoine César de Bardonnenche, vicomte de Trièves, seigneur du Monetier, de Tosanne, de Tresannes, Saint-Martin, etc. Ce gentilhomme épousa, le 25 août 1743, Marie Madeleine de Vachon de Belmont, fille de Nicolas de Belmont et de Justine Angélique de la Porte de Vachon
    de Lartaudière.

    César René Nicolas, comte de Bardonnenche, né à Varces le 8 janvier 1745, était colonel d'artillerie en 1789. Il servit pendant l'émigration dans l'armée des princes et dans celle de Condé, fut créé maréchal de camp en 1814, commandeur de Saint-Louis en 1819, et mourut le 12 mai de l'année suivante à Arras, où il commandait la succursale des Invalides. Avec lui s'éteignit cette branche, à laquelle appartenait encore Antoine René de Bardonnenche, son oncle, né à Grenoble en 1721, chanoine de la cathédrale de cette ville, vicaire général du diocèse de Vienne, nommé en 1771 évêque de Vence, mort à Varces le 6 octobre 1783.

  2. Celle des vicomtes de Champigney, ou Champiney, dont le surnom vient d'une seigneurie qu'elle possède depuis Alexandre de Bardonnenche, marié avec Lucrèce de Montchenu, et trisaïeul d'Antoine César de Bardonnenche, vicomte de Trièves, mentionné plus haut. Elle était représentée en 1845 par Antoine Joachim Claude Ferdinand de Bardonnenche, vicomte de Champiney, qui avait épousé sa cousine Antoinette Alexandrine Adélaïde de Bardonnenche, dont il a laissé un fils, qui suit
    André Louis Charles Vitibald, comte de Bardonnenche de Champiney, employé au ministère de l'intérieur, marié :

    1. le 17 septembre 1861, à Julie Cornélie Bouvier, décédée le 29 septembre 1863 ;
    2. en mars 1866, à Cornélie Louise Berthoud. Il a du premier lit : Marie Ferdinand Vitibald de Bardonnenche de Champiney, né le 20 septembre 1863.
Armes : d'or, au treillis de sable, cloué d'or; au chef de sable, chargé d'une aigle naissante au vol déployé d'or.

Devise : TUTUM FORTI PRAESIDIUM VIRTUS.

Guy Allard et, d'après lui, Moréri et La Chenaye-Desbois, blasonnent ces armes : d'argent, au treillis de gueules, cloué d'or ; au chef du même, chargé d'une aigle naissante de sable.

Voir aussi :

2 commentaires:

Anonyme a dit…

Bonjour Monsieur,

Pourriez vous donner la traduction de la citation TUTUM FORTI PRAESIDIUM VIRTUS ? Je ne l'ai pas trouvé sur le net. Merci d'avance !

Gilles a dit…

Je n'ai pas trouvé grand chose non plus sur le net sauf ce document à la page 16 intitulé "L’epoca feudale e i visconti de Bardonnèche" ou l'auteur traduit cette devise en italien par : "la virtù è sicuro presidio al forte.". Ce qui traduit d'italien vers français par Yahoo Babel Fish donne : "la vertu est sûre garnison au fort".

Miaux vaut poser la question à un latiniste...