05 mars 2006

Salvaing de Boissieu

Annuaire de la noblesse de France - 1902 - page 239
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36629d/f246.item

Dessin de Amaury de la Pinsonnais publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb
Salvaing de BoissieuL'ancienne famille dauphinoise des Salvaing de Boissieu à laquelle appartenait le célèbre président de Salvaing de Boissieu et dont l'origine chevaleresque a même été fort contestée, s'est éteinte depuis de longues années (Cf. Rivoire de la Bâtie, Armorial du Dauphiné) dans la maison de Sassenage par le mariage de Christine, fille unique de Denis de Salvaing de Boissieu, décédé le 10 avril 1683, avec Charles Louis Alphonse, baron de Sassenage. Elle portait : d'or, à l'aigle éployé de sable becqué, membré et diadèmé de gueules ; à la bordure d'azur semé de fleurs de lis d'or.

Le fief de Boissieu, appartenant à son dernier rameau existant, était possédé dès 1752 par François Treillard, procureur du roi au bureau des finances de Grenoble, qui prenait le nom Treillard de Boissieu. Il est peu de nom aussi répandu que celui de Boissieu en Lyonnais, Dauphiné et Forez, et il est à remarquer que presque toutes les familles de ce nom ont eu tendance et donné à entendre qu'elles avaient une origine commune avec celle des Salvaing du Dauphiné (Cf. Annuaire de la noblesse année 1861, notice Boissieu). L'une d'elles, qui a possédé, en Forez, la seigneurie de Boisnoir, a été maintenue dans sa noblesse en 1666 (Cf. d'Hozier, Armorial général, reg. 1) ; elle a donné un maréchal de camp en 1791, et est encore représentée. Ses armoiries sont: d'azur, à l'aigle d'or, becqué et membré de sable, à trois roses d'argent, mouvantes de la même tige, feuillées du même et rangées à la pointe de l'écu. Elle ne prouve par aucun acte authentique son point d'attache avec les Salvaing, mais ses descendants ont, paraît-il pris de nos jours le nom de Salvaing.

Une autre famille, appelée Perrin, dont nous allons parler ci-après, portait dans une de ses branches le surnom distinctif de Boissieux, et malgré que ce ne fut pas même son nom patronymique, comme c'était le cas pour les Boissieu du Boisnoir elle a, cependant, commencé eu 1802 à substituer dans les actes d'état civil le nom de Salvain de Boissieu à celui de Perrin Boissieux.

La morale de ces prétentions se trouve dans ce qu'en a dit l'historien dauphinois M. A. de Terrebasse (Relation des principaux événements de la vie de Salvaing de Boissieu, par A. de Terrebasse ; Lyon 1850, in-8', p. 212) : « Le nom de Boissieu ne donne pas plus droit à celui de Salvaing que par exemple, le nom de Bayard à celui de Terrail.

Cela est si vrai qu'il existe dans le voisinage même du berceau des Salvaing, en Dauphiné et en Lyonnais, plusieurs familles du nom de Boissieu ou Boissieux qui n'ont jamais élevé la moindre prétention à cette parenté. Elles ont, à cet égard, respecté les traditions du pays et leur propre dignité. Mais il faut le dire, lors même que les traditions viendraient à s'effacer, le soin avec lequel le président Salvaing de Boissieu a établi sa généalogie jusqu'en 1683 s'opposera toujours d'une manière invincible à toutes les usurpations que l'on tenterait de faire de son nom et de ses armes. »

Cependant au commencement du XIXe siècle le représentant de la famille Perrin Boissieux a jugé bon de substituer à son nom de Perrin celui de Salvaing dans l'état civil de ses enfants (Cf. état civil de Lorient, registres de l'an X) et de s'attribuer aussi les armes des Salvaing (Cf. Révérend, Titres, Anoblissements et Pairies de la Restauration, t. I, p. 263).

Cette famille Perrin habitait, dès la fin du XVIIe siècle à Chevrières, près de Saint-Marcellin (Isère), où elle tenait un rang distingué dans la bourgeoisie, puisqu'il fit inscrire ses armoiries à l'Armorial général de 1696 (Registre du Dauphiné) : d'or, au chevron de gueules, au chef d'azur, chargé de trois molettes d'argent.

A cette même famille parait se rattacher Antoine [de] Perrin [de] Boissieux, de la ville de Bessins (près de Saint-Marcellin et Chevrières), marié à Olympe Rodet et né à Villars-Chevrières le 16 février 1638 (?), fils de Claude de Boissieux et de Benoîte Chabert (Archives nationales, Dossiers des secrétaires du roi, V 2 : carton 39) qui fut reçu conseiller secrétaire du roi le 16 avril 1720, le même jour que son fils Claude, né en 1675, fermier général, directeur des domaines et gabelles d'Alsace, entrepreneur général des fournitures des vivres et équipages.

On trouve aussi Isabeau Perrin de Boissieux, fille d'Antoine Marchand., qui paraît très proche parent d'Antoine ci-dessus : elle épousa avant 1736 Claude Christophe Staroth de Saint-Germain (Cf Armorial historique de Romans, p. 173).

Enfin d'après les actes d'état civil du XVIIIe siècle la filiation suivie de la branche de Perrin-Boissieux, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours et qui a donné le baron de la Restauration, s'établit comme suit :

  1. Pierre Joseph Perrin-Boissieux, du Villard Chevrières en Dauphiné, épousa Marguerite Effantin, dont un fils, qui suit :

  2. Guigues-Antoine, dit aussi Hugues-Antoine, Perrin de Boissieux, commis aux écritures de la marine à Rochefort ; né au Villard-Chevrières le 9 février 1716, décédé à Rochefort (Charente Inf.) le 8 janvier 1781 épousa Catherine Delbos (alias Durand d'Elbos), dont un fils qui suit :

  3. Jean-Joseph Perrin de Boissieux, puis appelé de Salvaing de Boissieux, baron de Boissieu, ingénieur du génie maritime, puis ingénieur en chef des constructions navales, directeur du génie maritime, Officier de la Légion d'Honneur, chevalier de Saint-Louis ; né à Rochefort (Charente-Inf.) le 27 août 1755, décédé à Paris le 7 février 1846 ; fut le premier de sa famille qui entreprit de se rattacher aux Salvaing de Boissieu. S'il avait pris ce nom dès 1802 en déclarant à la mairie de Lorient le premier né de ses fils, il n'osa pas le présenter devant le conseil du sceau en 1821, lors de la délivrance des lettres de baron héréditaire qui lui furent accordées ; mais une demande qu'il adresse au roi à cette même époque, pour solliciter la décoration de l'Ordre de Saint-Michel (Archives nationales, cabinet du roi, 0, 3, p. 818), il fait valoir seulement qu'il est neveu du général de Boissieu, qui commandait aux Tuileries le 10 août 1792 et qui fut tué à Quiberon à la tête des grenadiers royaux. Or, cette parenté ne paraît pas plus exacte que la première.

    Le roi Louis XVIII le créa baron héréditaire par lettres de patentes du 22 novembre 1821, sous le miens de Boissieu et lui accorda sur sa demande les armes suivantes : d'or, à l'aigle éployé de sable, becqué, membré et diadémé de gueules, et soutenu d'une rose, tigée et feuillée au naturel et mouvant de la pointe ; à la bordure d'azur.

    Il épousa à Paris, le 18 juillet 1801, Elisabeth Suzanne Homberg, décédée à Saint-Germain-en-Laye le 13 juin 1823, dont il eut cinq enfants, qui furent enregistrés sous le nom de Salvaing de Boissieu :
    1. Louis-Edouard, qui sera rapporté ci-après ;

    2. Louis-Edmond, enseigne de vaisseau (9 octobre 1825), marié le 28 avril 1833 à Louise Gabrielle Gouhier de Petiteville. Décédé à Verneuil le 7 mars 1886, dont deux fils et une fille, qui suivent :

      1. Georges Salvaing, marié le 23 février 1863 à Anne Marie Clotilde de Giroult des Brosses, dont un fils et une fille :

        1. Marie Joseph Edmond Henri lieutenant au 2e chasseurs ;

        2. Marie Josèphe Blanche Aymonette, née en 1869, décédée à Quiberon le 5 mars 1899 ; mariée en octobre 1890 à Alexandre Auguste Fernand Le Riche de Cheveigné, capitaine d'infanterie, décédé à Quiberon le 5 mars 1899 ;

      2. Olivier, né en 1841, décédé en 1872 ; marié le 22 novembre 1864 à Mathilde Subtil de Lanterie, dont trois filles :

        1. Marie-Thérèse, mariée, le 20 juillet 1891, à Georges Van Robais, comte romain;

        2. Valentine, mariée en 1892, à Maurice Eugène Chasseloup de Châtillon ;

        3. Odette, née en 1871, décédée à Maisons-Laffitte le 8 octobre 1895 ;

      3. Alice, née à Gournay le 5 juillet 1836 ; mariée en mai 1839, Hippolyte André de Boissieu, décédée le 3 février 1881 ;

    3. Ernest Armand, né en 1809, décédé au château de Saint-Aubin (Eure) le 7 mai 1886 ; marié à Marie Eugénie Ribard, décédée au château de Saint-Aubin, le 5 janvier 1885, dont un fils et une fille, qui suivent :

      1. Gaston Maurice Prosper, lieutenant de dragons, marié le 7 mai 1870 à Marie Jeanne Yvonne Girard de Villesaison, dont un fils et une fille, qui suivent :

        1. Aymon

        2. Germaine Louise Isabelle, mariée le 16 septembre 1890 à Martial Marie Yves de Rollignac ;

      2. Margueritte, mariée le 10 juillet 1860 à Frédéric de Bérenger ;

    4. Marie Henriette Eugénie Joséphine, née en 1805, décédée à Paramé le 25 août 1884 ; mariée à Jean-Baptiste Hyacinthe Alphonse, comte de Bougainville ;

    5. Suzanne Clarisse, née en 1803, décédée le 15 mai 1862 ; mariée le 21 février 1823 à Marin Marcotte de Sainte-Marie, receveur des finances.

  4. Louis Edouard de Salvaing de Boissieu, baron de Boissieu, puis de Salvaing de Boissieu, conseiller auditeur, puis conseiller à la cour d'appel de Paris (28 mai 1844), Officier de la Légion d'Honneur ; né à Lorient le 1er août 1802, décédé à Paris en 1870 ; épousa à Paris le 25 avril 1832, Amélie Delemon Le Belin, fille de Etienne et de Marie de Reuneville, et fille adoptive (arrêt de la cour d'appel de Paris du 16 octobre 1831) de Claude Lebelin, magistrat dont un fils et une fille, qui suivent :
    1. Alexandre Arthur, qui suit ;

    2. Henriette Angèle, mariée le 2 mai 1858 à Charles-Albert
      Espivent de la Villeboisnet.

  5. Alexandre Arthur de Salvaing de Boissieu, baron de Boissieu, né en 1833, décédé à Paris le 29 mars 1873 ; épousa le 26 mai 1868 Isabelle Caroline Marie d'Aboville, dont un fils et deux filles :

    1. Guy Marie Joseph Edouard, qui suit ;

    2. Joséphine Marie Alberte Augustine Marie, née en 1873, décédée le 18 juin 1877 ;

    3. Louise Marie Madeleine, mariée le 19 novembre 1891 à Louis-Henri Savary de Beauregard.

    Guy Marie Joseph Edouard de Salvaing de Boissieu, baron de Salvaing de Boissieu, officier, né le 26 mai 1871, a épousé en février 1900 Hermine Marguerite Marie Rouxel de Lescouet.
Voir aussi :

11 commentaires:

Pluchot a dit…

Les armes de la famille Salvaing de Boissieu décrites ici sont celles fabriquées par Denis de Salvaing (1600-1683). Ses véritables armes étaient : d'argent à l'aigle éployée de sable.
Me contacter éventuellement pour plus de précisions.

Anonyme a dit…

Bonjour,

Je suis l'un des descendants de Joseph de Boissieux Perrin épouse marguerite Effantin (Sosa 208 et 394/ 209 et 395)

Les armes originelles des Perrin portent en chef 3 molettes d'argent (ce sont des molettes d'éperon) et non 3 violettes; c'est sans doute une erreur de frappe.

claude.ferradou@wanadoo.fr

(Centre Généalogique du Dauphiné N° 39)

Gilles a dit…

Bonjour,

Vous devez connaitre cette famille beaucoup mieux que moi donc je vous fait confiance et ai modifié l'article en conséquence. La faute de frappe n'était pas de mon fait mais dans l'annuaire de la noblesse...

Merci pour cette correction...

Anonyme a dit…

LES armes des Perrin de BOIssieu dont l'un, Joseph avait épousé Delle Marguerite Effantin étaient ; "De l'Empire à la bordure de France .Les Perrin de Boissieux ont pris le nom de Salvaing de Boissieux

Anonyme a dit…

Le Centre Généalogique du Dauphiné ne fait jamais vérifier les généalogies qui paraissent dans la revue du Cegra d'où des "choses" absolument folkloriques.....!!!!

Anonyme a dit…

pauvres gens à la recherche de filiation nobiliaires !
plus risibles que pitoyables ...

Anonyme a dit…

On retrouve la une certaine B. de Salvaing mariée à Honoré 1er Estienne, chevalier, seigneur de Lambesc (13) 1er consul de Marseille.
Source : Tableau généalogique et héraldique de la famille Estienne, fait par la branche des imprimeurs Estienne et donné à Firmin Didot en 1826, qui ont fait don à la bibliothèque nationale.
Cette B. de Salvaing est-elle de la même famille que celle des De Salvaing Boissieu? les armes représentées sont bien les mêmes que celle que vous décrivez.

cyril salvaing a dit…

Bonjour je m'appelle Cyril Salvaing, decendants d'une famille Ariègeoise (3générations) je cherche à savoir quel lien il pourrait y avoir entre mon patronyme et la Famille Salvaing de Boissieu, en termes d'éthymologie mais aussi sur un plan généalogique pur, comment savoir si une parenté existe? La seule ressemblance serait elle dans le paysage qui entoure le coeur de ces familles?

merci pour votre article
Cyril Salvaing

Gilles a dit…

Je suis désolé mais je n'ai rien trouvé tant sur l'étymologie du nom Salvaing que sur une éventuelle origine commune avec les Salvaing du Dauphiné.

Anonyme a dit…

cyril salvaing, si tu vois ce message, moi aussi je suis une salvaing, mon pere est né en ariege, a tarascon, j'aimerai savoir si on a un lien de parenté, parce que je pensais connaitre tout les salvaing.

Olivier R a dit…

Bonjour,

Mes recherches généalogiques m'ont fait arriver par les deux branches paternelles (mes ancêtres n'ont presque jamais bougé de ma région d'origine pres de St marcellin en Isère) à Antoine Boissieux de Perrin. Je serai très intéréssé par toutes les informations que vous pourriez me donner sur cette "illustre" ancètre.... Je tiens bien evidemment à votre disposition mes recherches si elles peuvent vous interesser...

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