19 août 2008

La maison d'Abzac

ABZAC (D’), famille originaire du Périgord, où se trouve une forteresse de son nom. M. d’Hozier en parle comme d’une famille qui, indépendamment de ses services et de ses alliances, est, par son ancienneté, reconnue unanimement pour une des premières maisons de la Provence, qui a été son berceau. Il est probable qu’elle a pris son nom d’un château situé à 3 lieues de Périgueux, connu aujourd’hui sous le nom d’Ajac ou d’Ajat, mais qu’on écrivait anciennement Abzac (de Abzaco). L’orthographe de ce nom varie singulièrement dans les anciens titres on le trouve écrit tantôt d’Apzac où d’Abzac, quelquefois d’Azac, d’Azat, d’Absac, etc.

L’existence de cette maison est connue depuis le milieu du douzième siècle, et sa filiation est prouvée depuis l’an 1287.

Etienne, Gérard et Hélie d’Abzac firent des donations à l’abbaye de Cadoin, en 1158.
Pierre, Barrière, Boson, Raimond d’Abzac, et autres sujets isolés de la même maison, qu’on ne peut pas rattacher les uns aux autres, firent des donations, dans le même siècle ou au commencement du suivant, aux abbayes de Cadoin, de Dalon, de Chancelade, etc.

Bertrand d’Abzac, chevalier, fut témoin d’une donation faite en 1174 par Guy de Peirals à l’abbaye d’Uzerche.

Un mémoire sans date, mais de l’écriture d’environ l’an 1260 à 1280, contient une espèce de dénombrement où sont mentionnés en Bertrand d’Apzac, en Bos d’Apzac, et W. d’Apzac. Il y est dit que le même Bertrand d’Abzac avait un fief en la paroisse de Limeirac.

La filiation est suivie depuis.
  1. Hugues I D’ABZAC, coseigneur du château et châtellenie de Clarens, damoiseau, est nommé parmi les coseigneurs de cette châtellenie dans la transaction qu’ils passèrent le samedi après la fête de Saint-Vincent 1287, avec les commissaires d’Edouard Ier, roi d’Angleterre, au sujet du droit de leude du château de Clarens. Cette transaction fut confirmée par lettres de ce prince, datées de Bordeaux le 24 janvier de la même année, et par autres lettres du roi Charles-le-Bel, données à Château-Thierry au mois d’octobre 1326. Il assista, avec la qualité de damoiseau, au contrat de mariage de Guillaume d’Auberoche avec Bertrande de Lacropte, du 13 des calendes de novembre 1299. Il est nommé Hugues d’Apzac et qualifié donzel, seigneur en partie de Clarens, dans une reconnaissance de 3 sols de rente, qui lui fut donnée par Bernard Gasset, habitant de la Monzie, le mercredi après la fête de la Purification de la Vierge 1314. Il ne vivait plus en 1323, suivant la ratification faite en faveur d’Hugues d’Abzac, chevalier, son fils, d’une acquisition qu’il avait faite. On ignore le nom de sa femme et le nombre de ses enfants ; on sait seulement qu’il fut père de :
    1. Hugues, d’Abzac II, dit le jeune, chevalier, mentionné dans un grand nombre d’actes depuis l’an 1319 jusqu’en 1357. II est nommé dans un compte du trésor de l’an 1329, par lequel il paraît qu’ayant été condamné à 300 liv. par le sénéchal de Périgord, l’an 1328, il en paya seulement 90 liv. Il servait en 1340 en qualité de chevalier bachelier, avec sept écuyers, sous le gouvernement de M. Payen de Mailly, sénéchal de Périgord, capitaine et gouverneur de cette sénéchaussée. (Compte de Barthélemi du Droch.) Quelque temps après, ayant embrassé le parti anglais, Jean, fils et lieutenant du roi de France, confisqua tous les biens et rente qu’il avait tant dans la châtellenie d’Auberoche qu’à la Munzie, et les donna à Hélie de Sudor. Hugues d’Abzac quitta alors le Périgord, et se retira probablement, en Angleterre, ou il demeura jusqu’à l’époque de la bataille de Poitiers. De retour en Périgord, vers l’an 1356 ou 1357, il bâtit le château de Montlatrue où il passa le reste de ses jours. Il fit son testament vers le même temps, c’est-à-dire vers l’an 1360, par lequel il laissa l’administration de ses biens et de ses enfants à Alais de la Cropte, dame sa femme, et institua Jean, son fils, son héritier universel. Il avait été marié deux fois 1.0 avec Marguerite de Neuville, sœur (sans doute utérine) de Renaud de Born, seigneur de Hautefort et de Thénon, lequel, par acte du samedi après la fête de Saint-André 1333, promit de payer à Hugues d’Abzac, chevalier, la somme de 130 liv., à cause (dit-il) du restant de la dot de Marguerite de Neuville, sa sœur (de Renaud de Born) ; 2.° avec Alais ou Alays de la Cropte, fils de noble Fortanier de la Cropte, damoiseau, laquelle était veuve en 1362, et vivait encore en 1366. Il provint de ce mariage deux enfants, nommés Jean et Guillaume d’Abzac, qui sont mentionnés dans le testament du même Fortanier de la Cropte, daté du 2 des ides de janvier 1367, et qui moururent bientôt après sans alliance.
    2. Guy, dit Guinot d’Abzac, qui suit.

    On trouve vers le même temps maître Bertrand d’Abzac, chevalier, témoin d’un acte de l’an 1333 ; Guillaume d’Abzac, prêtre en 1343 ; Arnaud d’Abzac, qui passa un bail à cens le mardi après l’octave de la Purification de la Vierge 1367, comme administrateur de Jean, son neveu, fils de Guy, son frère. Les notions qu’on a sur ces sujets ne sont pas suffisantes pour pouvoir décider s’ils appartiennent à cette branche ou à quelque autre.

  2. Guy, dit Guinot D’ABZAC, Ier du nom, damoiseau de la paroisse de la Monzie, fit une acquisition en 1334, conjointement avec Hugues d’Abzac, chevalier ; son frère. II acquit, le 4 des ides de décembre 1340, de Grimoard Barde et sa femme, un jardin situé au bourg de la Monzie. Le même Guy d’Abzac, damoiseau, et Bertrande de la Pradelle, sa femme, firent donation, le jour des ides de mai 1343, à Bertrand de la Pradelle, donzel, recteur de Bertrie (frère de Bertrande), des biens délaissés par défunte Marguerite de Neuville, sa mère, situés dans la châtellenie d’Exideuil. Le 13 juillet 1364 il donna quittance pour marchandises à Bergerac. On ignore l’année de sa mort, mais il est certain qu’il ne vivait plus en 1374. Il avait épousé Jeanne, nommée aussi Bertrande de la Pradelle, damoiselle, sœur de Jean de la Pradelle, archevêque de Nicosie, dans l’île de Chypre, dont il eut les enfants suivants :
    1. Aimar ou Adémar d’Abzac, qui suit ;
    2. Hélie, dit Gantonnet d’Abzac, chevalier, passa dans l’île de Chypre, dont, suivant un mémoire de famille, il fut nommé connétable. A son retour, il fit son testament au château de la Douze, le 18 décembre 1401, par lequel il choisit sa sépulture dans l’église des Frères-Mineurs de Périgueux ; fit des legs aux églises de la Monzie, de la Douze, etc. ; rappelle les services qu’il a rendus au pape Grégoire XI, dans la ville de Verceil en Lombardie, lorsque ce pape, du consentement du collège des cardinaux, l’établit capitaine-général de ladite ville de Verceil et de toute la Marche de ce pays jusqu’au fleuve du Pô ; qu’il lui devait encore 7000 florins d’or ; qu’étant en Chypre avec le roi de Chypre, il avait été blessé dans la ville de, Famagouste ; qu’il avait été malade de ses blessures pendant quatre ans ; que depuis, le pape lui donna le commandement de mille hommes d’armes, et des bulles par lesquelles il s’engageait de lui payer 20,000 florins d’or de la chambre apostolique, etc., et institue son héritier universel Adémar d’Abzac, son frère germain.

  3. Aimar ou Adémar D’ABZAC, damoiseau, seigneur de Montastruc, Bellegarde, etc., et du chef de Guillemette de Boniface sa femme, de la Douze, des maisons nobles de Périgueux, Beauregard, etc., doit être regardé comme le chef et la souche de toutes les branches de la maison d’Abzac, actuellement existantes. Il est connu par une foule de titres, dont le plus ancien contient des lettres expédiées à Toulouse, le 3 janvier 1368 (y. st.) par Louis de France, duc d’Anjou, frère du roi Charles V, et adressées au sénéchal de Périgord, pour mettre Pierre d’Arenthon en possession du lieu de Bergerac et du château de Beauregard. Il vendit, par acte du. mardi après la fête de St-Michel 1378, à messire Amalric de Barrière, chevalier, seigneur de Reilhac, habitant de la ville de Périgueux, tous les droits et hommages qui lui étaient échus à raison de la succession de Hugues d’Abzac, chevalier, son oncle, sur les bourgs et paroisses de Limeirac, d’Abzac et de Fossemagne, moyennant la somme de 130 florins d’or. Il transigea, par acte passé au lieu de Moruscles, en Limousin, le 4 mars 1400, avec messire Amanieu de Mussidan, chevalier, seigneur de Montclar, au sujet du lieu de Montastruc, dont ce dernier, sans aucun droit’ et contre la volonté du propriétaire, s’était emparé par violence, en avait pris et pillé les biens et les meubles, et en avait chassé par force la femme et la famille d’Aimar d’Abzac. Le seigneur de Montclar reconnaît par cet acte, que les réclamations d’Aimar d’Abzac étaient justes ; que le lieu de Montastruc et ses dépendances lui appartenaient ; mais que comte ce lieu était beau et fort, et qu’il ne se croyait aussi en sûreté nulle part, il ne pouvait pour chose au monde, le lui rendre, sinon après sa mort. Le dernier acte qu’on trouve sur Aimar d’Abzac, est une donation qu’il fit, par acte passé à Castelnau, au diocèse de Sarlat, le août 1414, à son très-cher fils Bertrand d’Abzac, écuyer dudit lieu et château de Montas- truc en toute justice, tel qu’il avait été ci-devant possédé par Amanieu de Mussidan, chevalier. Il avait épousé, en 1372 ou 1373, Guillemette ou Guillonne de Boniface, fille de Lambert de Boniface, chevalier, seigneur dé Beauregard, et de Fine de la Roche ; elle était alors veuve de Pierre de Vals, surnommé de Périgueux, neveu de Lambert de Vals, héritier d’Hélie de Périgueux, grand-archidiacre de la cathédrale. Guillemette de Boniface eut un fils de son premier mari, qui survécut à son père, mais qui, étant mort avant sa mère, celle-ci fut son héritière, et porta dans la maison d’Abzac tous les biens des maisons de Périgueux, de Vals et de Boniface. Elle vivait encore en 1428, et laissa de son mariage les enfants suivants :
    1. Olivier d’Abzac, seigneur de la Douze, fils aîné d’Aimar, est mentionné dans des lettres de Jean de France, duc de Berry, du 30 juillet 1412. Il épousa, par contrat du 28 mars 1400, Jeanne Barrière, dame de Reillac ; et cette alliance a donné lieu à l’écartelure des armes de Barrière. C’est Olivier d’Abzac qui est auteur de la branche de la Doute et de toutes celles qui en sont sorties.
    2. Bertrand d’Abzac, seigneur de Montastruc, Bellegarde, Sivrac, Domme, la Force, Maduran, etc., a fait les branches de Montastruc et de Bellegarde, d’où sont sorties celles de la Serre, la Boissière-Bellearde, Juvenie, etc.
    3. Gantonnet d’Abzac, tige des seigneurs de Verdun et Prade, près de Castillonnès.
    4. Tristan d’Abzac, fit son testament en 1431, et laissa de Jeanne de Cugnac, sa femme, plusieurs enfants, dont on ignore le sort.
    5. Marquèse d’Abzac, marie en 1390, avec noble Laurent de Graulier, damoiseau d’Agonac.

    Dans le même temps, et sous le règne du roi Charles VI, en 1405, vivait Archambaud d’Abzac, capitaine, lequel, avec Pierre de Saint-Cirq et Bertrand d’Abzac, tenait pour les Anglais et le seigneur de Lesparre, les ville et chastel de Castelnau de Berbignières, assiégés par les troupes du roi, commandées par le comte de Clermont, maréchal de France ; lequel traita avec le seigneur de Lesparre, et donna auxdits sieurs d’Abzac et de Saint-Cirq, 6000 écus d’or et 8 marcs d’argent, pour remettre lesdites ville et chastel en l’obéissance du roi. Il leur fut aussi remboursé 662 liv. 10 s. pour dépenses faites pour le siège, suivant une quittance du 28 octobre 1405, où il est porté que lesdites ville et chastel estoient une moulte notable et puissante forteresse anglesche, qui lors fut baillée en garde à maître Pons de Beynac, seigneur de Commarque.

    Archambaud d’Abzac était déjà capitaine de Cancon l’an 1400 ; et le 15 janvier 141 I (y. st.) Charles, duc d’Orléans, lui fit don de 300 liv. de pension et du château d’Auberoche en Périgord.

    Aucun des actes qu’on a découverts sur lui n’indique qu’il soit frère des précédents.

    N. B. M. D’Hozier, qui a fait imprimer la généalogie de la maison d’Abzac au commencement du deuxième registre de l’armorial générai de France, n’a pas été bien instruit de l’histoire de Bertrand d’Abzac et de sa postérité, 1.0 en ce qu’il ne parle point du genre de la mort de ce chevalier ; 2.° en ce qu’il suppose gratuitement un autre sujet du même nom de Bertrand, qu’il fait neveu de celui dont il s’agit ici, pour lui attribuer des faits qui n’appartiennent qu’au premier ; 3.° en ce qu’il n’a point connu le nombre de ces enfants, qu’il réduit à trois, tandis qu’il est constant qu’ils étaient sept : quatre fils, et trois filles ; 4.0 en ce qu’il assure positivement que les deux fils nommés Jean moururent tous deux sans postérité. .

    Voici ce qu’on apprend des pièces originales et des renseignements les plus authentiques :

    Bertrand d’Abzac, chevalier, seigneur de Montastruc, Bellegarde, Domme, et de plusieurs autres terres, comparut dans un très grand nombre d’actes depuis 1401 jusqu’en 1438. Il eut de grands démêles avec Guillaume de Cardaillac (qu’il retint longtemps prisonnier), et avec Jeanne de Mouleydier, dame de Montclar, sa femme, au sujet de la terre de Montastruc, située dans la mouvance de Montclar. Il se montra toujours zélé partisan des Anglais dans les guerres que Charles VII eut à soutenir contre ces anciens ennemis de la France, pour recouvrer les provinces qui étaient en Ieur pouvoir, et notamment la Guyenne, qu’ils étaient accoutumés à regarder comme leur ancien domaine.

    Bertrand d’Abzac soutenait de tout son pouvoir les efforts que les Anglais faisaient pour conserver cette province ; mais enfin, ayant été fait prisonnier à Domme, petite ville située près de la Dordogne, il fut conduit à Limoges, auprès du roi Charles VII, qui lui fit trancher la tête le 11 mars 1438, et ses biens furent confisqués.

    Il avait épousé, par contrat du 5 avril 1414, Jeanne de Beynac, fille de défunt Pons de Beynac, seigneur de Beynac et de Commarque ; elle fut assistée de Jean le Maingre, dit Boucicaut, comte de Beaufort et d’Alest, vicomte de Turenne et maréchal de France ; et il lui fut constitua pour sa dot une somme de 1200 livres tournois. Elle le rendit père de :
    1. Jean D’ABZAC, l’aîné ou le vieux, qui, après la bataille de Castillon, gagnée par les Français en 1453, passa en Angleterre, dont il tenait le parti, après avoir fait donation de tous ses biens à Jean, son frère cadet ;
    2. Jean D’ABZAC, dit Pochy ou Pochin, seigneur de Montastruc et coseigneur de Sivrac, servit le roi Louis XI en 1471, etc., et contracta alliance avec Hélène, dite Lenote de Montferrand. C’est de lui que sont sortis les seigneurs de Campagnac et de la Serre ;
    3. Jean D’ABZAC, dit Pitro, seigneur de Bellegarde, contracta deux alliances : la première, avant l’an 1460, avec Rixende de Boscmorel ; et la deuxième en 1477, avec Gilberte de Royère : c’est de lui que descendent les seigneurs d’Abzac de la Boissière-Bellegarde, et les barons de Juvénie ;
    4. Bernard D’ABZAC, passa en Angleterre avec Jean, son frère ainé, d’où il ne revint qu’en 1500, en vertu des lettres d’abolition que le roi Louis XII lui accorda au mois de janvier. 1500. On ignore s’il fut marié ;
    5. Raimonde D’ABZAC, nommée aussi marquise, épousa, par contrat du 29 août 1441, Antoine, seigneur d’Hautefort, fils d’Hélie de Gontaut, damoiseau de Badefol, et de Marthe de Born, dame de Thenon et d’Hautefort ;
    6. Jeanne D’ABZAC, mariée par contrat du 15 octobre 1458, avec noble Jean de Manas (de Lezergues) habitant à Castelnau-de-Vaux en Querci ;
    7. Philippe D’ABZAC, dont la destinée est inconnue.
Source : Nobiliaire Universel de France, Tome I, page 190
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N036861

A suivre : Branches et rameaux de la maison d'Abzac

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