08 septembre 2005

Nobiliaire de Provence : Suffren

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036592
pages 173
de SuffrenLa maison de Suffren a pour auteur, selon d'Artefeuil et la Chenaye-Desbois, Hugon de Suffren, qui s'établit en Provence au XIVe siècle, et qui était originaire de la république de Lucques, d'où il fut forcé de fuir lors des guerres des Guelfes et des Gibelins. Jean-Baptiste de Suffren fut anobli par lettres patentes du roi François Ier.

Antoine de Suffren, son fils, reçu conseiller au parlement de Provence en 1563, embrassa avec zèle le parti de Henri IV, et prononça en pleine assemblée générale une belle et éloquente harangue pour faire proclamer ce prince légitime successeur de Henri III. Il avait épousé Louise de Châteauneuf, fille de Laurent de Châteauneuf, chevalier, et de Blanche de Simiane.

La souche s'est divisée en deux branches principales :

I. Celle des seigneurs d'Aube, qui a donné d père en fils six conseillers au parlement d'Aix, et à laquelle appartenait Palamède de Suffren, officier de marine, né en 1750, fils de Laurent de Suffren et de Marguerite de Régis.

II. Celle des marquis de Saint-Tropez, qui a été illustrée par le bailli de Suffren, chef d'escadre, et dont voici les derniers degrés:

Jean-Baptiste de Suffren, marquis de Saint-Tropez et de Saint-Cannat, baron de la Molle, seigneur de Richebois, épousa Geneviève de Castellane, fille du marquis de Castellane-Saint-Jeurs, maréchal des camps et armées du roi, et de Marguerite de Forbin-Janson. Il eut de ce mariage :
  1. Paul de Suffren, qui suit ;
  2. Madeleine de Suffren, mariée à Jean-Baptiste, marquis de Castellane-Esparron ;
  3. et 4. Louis et François de Suffren, chevaliers de Malte, capitaines dans le régiment royal comtois, tués l'un et l'autre au siège de Douai.
Paul de Suffren, premier procureur du pays de Provence en 1725 et procureur joint de la noblesse en 1749, a épousé, le 3 septembre 1711, Hiéronyme de Bruny, fille de Jean-Baptiste de Bruny, seigneur de Chateaubrun, et d'Elisabeth de Châtaignier.
Leurs enfants furent :
  1. Joseph-Jean-Baptiste de Suffren, dont l'article suit ;
  2. Louis Jérôme de Suffren, évêque de Sisteron, qui fit creuser a ses frais dans son diocèse un canal auquel est resté son nom et décupla ainsi la valeur des terres du pays ;
  3. Pierre-André de Suffren, dit le bailli de Suffren, rapporté après son frère aîné ;
  4. Paul de Suffren, chevalier de Malte, capitaine des vaisseaux de la religion ;
  5. Geneviève, mariée à Alphonse Louis d'Arnaud, baron de Vitrolles ;
  6. Madeleine, femme de Paul Auguste de Berme, seigneur de Pierrevert.
Joseph Jean Baptiste de Suffren, marquis de Saint-Tropez, maître de camp de cavalerie, épousa le 21 février 1744 Louise Pulchérie Gabrielle de Goëbriand, fille du comte de Goëbriand, maréchal de camp, et de Marie Rosalie de Chatillon, dont il eut :
  1. Pierre Marie de Suffren, marquis de Saint-Tropez, né le 20 février 1753, capitaine dans le régiment Royal-Lorraine et gouverneur de la ville et citadelle de Saint-Tropez en 1780, maréchal de camp en 1814, pair de France le 17 août 1817, décédé sans postérité le 8 mars 1824 ;
  2. Louis Victor de Suffren, reçu chevalier de Malte, de minorité le 1er mars 1756, officier au régiment Royal-cravate et enfin commandeur de l'ordre de Malte ;
  3. Olympe Emilie de Suffren, mariée à Louis Charles de la Baume, comte de Suze.
Pierre André de Suffren, frère puîné du marquis de Saint-Tropez, qui précède, et célèbre sous le nom du bailli de Suffren, naquit en 1726 à Saint-Cannat, près de Lambesc. Reçu chevalier de Malte de minorité, le 27 septembre 1737, il entra au service de France et fit plusieurs campagnes sur terre, de 1743 à 1748. Il monta ensuite sur les galères de la religion, fit partie de l'escadre de l'amiral de la Galissonnière, contribua à la prise de Mahon et se distingua dans les mers des Indes.

Il ruina l'escadre du commodore Johnston, battit l'amiral Hughes devant Madras, remporta de nombreux avantages sur les Anglais et s'empara de Négapatam et de Trinquemale. Malgré un échec devant Gondelour, il parvint, à force de bravoure et d'habileté, à sauver cette ville. A la paix de Versailles de 1783, le bailli de Suffren put enfin jouir du repos et se retira couvert de gloire.

Armes : d'azur, au sautoir d'argent, cantonné de quatre têtes de léopard d'or.

Nobiliaire de Provence : Sinéty

Dessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036592
pages 170
Les preuves de cette famille ont été faites devant MM. le Bret, premier président du Parlement et intendant de Provence ; Guiblet de Boisbissey, généalogiste du roi ; Descène, généalogiste de la noblesse de Provence, et d'Hozier, qui les a insérées dans son grand armorial. La Chenay-Desbois (édition in-12), Artefeuil, de Courcelles et Lainé ont donné la filiation de la famille de Sinèty. Elle a produit onze chevaliers de Saint-Louis, deux maréchaux de camp, un sous-gouverneur des Enfants de France, deux premiers maîtres de l'hôtel de Monsieur le comte de Provence (Louis XVIII), un aumônier de Monsieur le comte d'Artois (Charles X), nommé à l'évêché de Gap qu'il refusa, un page de la grande écurie du roi, nommé depuis député de la noblesse aux états généraux et à l'Assemblée constituante.

Henri de Sinéty, capitaine au régiment de Picardie, s'est retiré du service à cause de ses blessures ; Barthélemy de Sinéty, capitaine au régiment d'Auvergne, a été tué à Cassano ; Joseph Ignace de Sinéty, major au régiment de Brie, l'a été au combat du Col de l'Assiette ; Joseph de Sinéty, garde de l'étendard des galères, a aussi été tué au service ; Antoine Noël de Sinéty, lieutenant dans le régiment de La Morlière, a reçu un coup de feu au travers du corps à Lawfeld ; Barthélemy Joseph de Sinéty, capitaine au régiment de Briqueville, a été blessé au visage à l'assaut du fort Saint-Philippe ; Etienne Jean de Sinéty, chef de bataillon, fut tué le 15 janvier 1794 à Anghiari pendant le blocus de Mantoue.

Antoine Marie Louis de Sinéty, aspirant de marine, et depuis chef de bataillon de la légion des Bouches-du-Rhône, a reçu plusieurs blessures à bord de l'aviso le Requin, en 1795, dans la baie de Cadix.

La terre de Lurcy-Lévis, en Bourbonnais, a été érigée en marquisat pour André de Sinéty, par lettres du mois d'août 1770, eu égard (y est-il dit) à son ancienne noblesse et aux services de ses ancêtres. André de Sinéty avait été présenté au roi et à la famille royale le 6 octobre 1760 ; André Marie marquis de Sinéty, son fils, est monté dans les carrosses du roi le 27 avril 1772 ; la marquise de Sinéty, née de Brancas, a été présentée le 11 mars 1787.

La famille de Sinéty s'est alliée aux maisons de Clermont-Chaste-Gessans, de Grimaldi, de Bouliers, de Ripert, de Julianis, d'Escalis, de Gramont-Caderousse, de Brancas, de Blacas-Carros, Foucher de Brandois, etc. Le duc de Céreste-Brancas a institué le marquis de Sinéty son légataire universel.

Elle s'est divisée en plusieurs branches, dont deux encore aujourd'hui existantes sont représentées comme il suit :

I. BRANCHE AINÉE.

Résidences : Aix et le château d'Esparron.

Alphonse Marie Louis comte de Sinéty, fils d'Antoine Marie Louis comte de Sinéty, chef de bataillon, et Madeleine Cécile de Lordonet d'Esparron, marié à Augustine Marie Sophie d'Espagnet, dont :
  1. Joseph Louis Marie de Sinéty, marié à Marie Lucile Alice Ogier, fille du comte Ogier d'Ivry et d'Aymardine Caroline Adrienne Léonie de Nicolaï.
  2. Arthur Denis Jules Marie de Sinéty ;
  3. Henri Joseph Marie Raymond de Sinéty ;
  4. Charles Georges Marie de Sinéty.
Frères et sœurs.
  1. Jules Marie Vincent vicomte de Sinéty, lieutenant de vaisseau, marié à Marie Thérèse Caroline Souillier, petite-fille du député de ce nom à la Chambre de 1816.
  2. Henri Marie Joseph de Sinéty, prêtre de l'ordre des Sulpiciens, sous-directeur du séminaire de Lyon ;
  3. Caroline Marie Pauline de Sinéty, dame du Sacré-Coeur, à Lyon;
  4. Constance Marie Joséphine de Sinéty, veuve du marquis de Blacas-Carros ;
  5. Octavie Marie Louise de Sinéty, mariée à Jean-Marie Edmond de Lingua de Saint-Blanquat, dont le père a été préfet et député sous la Restauration.
II. BRANCHE CADETTE.

Résidences : Paris et le château de Misy (Seine-et-Marne).

André Louis Woldemar Alphée marquis de Sinéty, colonel honoraire de cavalerie, chevalier de Saint-Louis, fils d'André Marie marquis de Sinéty et d'Antoinette Constance Louise Candide de Brancas, veuf d'Alexandrine Marie Joséphine de Brion de Marolles, dont :

Alexandre André Marie Elzéar, comte de Sinéty, marié le 19 juin 1847 à Marie Louise Antoinette de Foucher, fille du baron de Brandois et d'Irène Marguerite Séguier.
  1. Alix Marie de Sinéty ;
  2. Henri Marie de Sinéty ;
  3. Armande Marie Albert de Sinéty ;
  4. Marie Pauline de Sinéty.
ARMES : d'azur, au cygne d'argent, ayant le coup passé dans une couronne à l'antique de gueules. -- Couronne de marquis. -- Supports deux cygnes essorants semblables à celui de l'écu. -- Devise : VIRTUTE NITET.

Nobiliaire de Provence : Signier

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036592
pages 169

Blason de SignierDessin de Sébastien Avy publié avec l'aimable autorisation de HeraldiqueGenWeb.

Armes : de gueules, à six têtes d'aigle, arrachées d'argent, couronnées d'or.
Cette famille, originaire de Toulon, est issue de Jean de Signier, capitaine, garde et châtelain de cette ville, et viguier d'Hyères, nommé par lettres patentes du roi Louis XI, en date du 19 décembre 1481. Bertrand de Signier, fils de Jean, servit dans les guerres du règne de François Ier, et fut fait prisonnier en 1524 par les troupes de Charles-Quint. Il fut le bisaïeul de Louis de Signier, viguier et capitaine pour le roi Louis XIII de la ville de Toulon, par provisions du 4 septembre 1637.

Jean-Pierre de Signier, frère de Louis qui précède, forma la branche établie à Aix, où il fut reçu conseiller au parlement en 1630. Il épousa Diane de Saint-Marc, fille de François de Saint-Marc, conseiller au parlement de Provence, et de Madeleine Dedons d'Istres, dont il eut deux fils : 1. Louis, qui continua la descendance ; 2. Jean- Pierre Bernard de Signier, qui fit les campagnes de Flandre, de 1689 à 1695 ; celles d'Allemagne, de 1704 à 1705, et celles du Roussillon, de 1706 à 1707 ; il avait été nommé maréchal de camp le 9 septembre 1704, commandant de la place de Cambrai en 1710, et revint en Provence en 1713 ; il mourut de la peste à Salon en 1721, sans postérité.

Louis de Signier, écuyer, conseiller au parlement d'Aix après son père, épousa Cassandre de Cadenet, dont il eut entre autres enfants Joseph de Signier, rapporté ci-après, et Jean-Pierre de Signier, qui servit longtemps dans le régiment de Provence, dont il devint lieutenant-colonel, et qui passa ensuite à la lieutenance du roi de Cambrai.

Joseph de Signier, chevalier, servit avec son frère au régiment de Provence, se retira avec le grade de capitaine de grenadiers et couvert de blessures. Il avait épousé, en 1740, Césarée d'Icard de Pérignan, fille de Nicolas d'Icard de Pérignan et de Marthe Henriette de Sade, des seigneurs d'Aiguières. II laissa de cette union un fils qui suit :

Nicolas Gabriel Magloire de Signier, chevalier, seigneur Senneguier, qui entra dans la marine, au département de Toulon en 1756, et s'est retiré enseigne de vaisseau en 1767. Il épousa la même année Agricole Françoise Elzéarde Josèphe Michelle de Guilhens de Montjustin, fille d'Ignace François de Guilhens de Montjustin, viguier de la ville d'Avignon, et n'en eut pas de postérité.

Pierre de Signier, fils puîné de Jean de Signier, qui fut nommé capitaine châtelain de Toulon en 1481, forma la branche cadette des seigneurs de Rogny, qui s'est perpétuée jusqu'à nos jours dans la province de Picardie. Sa descendance a donné deux gouverneurs de la ville et du château de Marles, plusieurs officiers de distinction et des chevaliers de Malte. Elle s'est alliée aux familles Arnould, Chevalier, Chocquard de Saint-Etienne, le Clerc, Poussin, Récourt, etc.

Armes : de gueules, à six têtes d'aigle, arrachées d'argent, couronnées d'or. -- Cimier : une aigle d'argent, couronnée d'or.

Nobiliaire de Provence : Ripert-Monclar

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036592
pages 215 à 221
NOTICE HISTORIQUE SUR LA MAISON DE MONCLAR (DE RIPERT D'ARTAUD DE MONTAUBAN).

Trois races, d'une antiquité peu commune, fondues et réunies en une, sont représentées aujourd'hui par la famille généralement connue sous le nom de Monclar.

La première est celle de Montauban ancien, ou Mévouillon Montauban, princes souverains du pays des Baronnies, en Bas Dauphiné.

La seconde, celle d'Artaud de Montauban, ou des Artaud de Die, barons d'Aix en Diois, qui, par suite du mariage de Mabille de Montauban, la dernière de sa maison, avec Guillaume d'Artaud, baron d'Aix en Diois; en releva, en 1230, le nom et les armes, et recommença la maison.

La troisième, celle de Ripert d'Artaud de Montauban. Rose Marie d'Artaud de Montauban, fille unique du seigneur de Barret et la dernière héritière de son nom, ayant épousé, par contrat du 24 septembre 1702, passé devant Durand, notaire royal à Apt (Vaucluse), André II de Ripert-Monclar, seigneur de la Verrière, etc.. Celui-ci s'obligea à relever et maintenir à perpétuité les noms et armes de sa femme, en les joignant aux siens propres.

Nous avons inséré dans l'Annuaire de 1862, p. 383 et 384, une courte notice sur la maison d'Artaud de Montauban, branche puînée des comtes souverains de Die; lesquels étaient agnats des comtes de Provence de la seconde dynastie, issue de la maison de Bourgogne ancien; nous insérons ici quelques lignes sur la maison de Ripert Monclar, dans laquelle s'est continuée cette descendance, et qui est celle que nous avons à faire connaître :

Le nom de Ripert, dit M. le baron de Coston dans ses savantes recherches, est d'origine germanique. Il signifie puissant et illustre. La forme primitive que l'on trouve dans le Polyptyque, rédigé par l'abbé Irminon sous Charlemagne, était Ricbertus.

A l'époque où s'établit l'hérédité des noms de famille (XIe siècle), les Ripert, comme les Adhémar, les Bérenger, les Chabot, les Isnard, les Osmond et quelques autres membres des grandes maisons de France, aimèrent mieux choisir comme nom patronymique un nom personnel, que de prendre celui d'un fief, conformément à l'usage presque généralement adopté par les familles nobles. » (Recherches étymologiques sur tes noms de lieux et de famille, etc. In-4°, p. 28. Paris, 1861, chez Durand).

On trouve cette famille, dit la Chenaye-Desbois, dans son Dictionnaire de la noblesse de France, t. XII, p. 406, répandue dès le commencement du XIIe siècle en différentes branches dans le Diois et dans l'évêché de Saint-Paul trois châteaux. On peut voir dans l'histoire du comtat, où il en existe encore une branche, de quelle noblesse et de quelle considération elle a joui dans tous les temps, sous les premiers souverains du Dauphiné et sous les derniers Dauphins. Il y en avait également des branches établies dans le diocèse d'Apt en Provence. Dès le commencement du XIIIe siècle, la liste des prévôts du chapitre en présente trois, en 1233, en 1256 et en 1268. Le second fut élu évêque d'Apt en 1268, ce qui prouve qu'ils y étaient déjà anciens et considérables.

Les monuments les plus anciens confirment ces appréciations. La tour du beffroi de l'hôtel de ville de Valréas (Vaucluse) est un reste grandiose du Castrum Riperti, élevé au Ie siècle par le seigneur de Valréas de ce nom, que les traditions disent avoir été le troisième fils de Charles Constantin, comte de Viennois, lequel était issu de Louis III, dit l'Aveugle, empereur d'Allemagne et roi de Provence.

Il ne peut entrer dans le plan d'une notice aussi restreinte d'énumérer la filiation de la famille. Nous allons seulement indiquer quelques noms et quelques dates.

Hugues de Ripert se croisa en 1096 (première croisade) avec Giraud et Giraudet Adhémar, souverains de Montélimar. Au retour, en 1099, ceux-ci voulant récompenser ses services, lui inféodèrent les seigneuries de la Bastie du Verre et de la tour et forteresse de Mirmande. (Acte scellé en plomb aux armes d'Adhémar, passé devant les notaires Amauri, Arnaud et Lambert Arnulphi, dans l'église de Sainte-Croix de Monteil, le 21 septembre 1099; archives de la maison d'Adhémar. Cet acte d'inféodation est cité dans toutes les histoires de cette illustre maison.)

Le nom de Ripert est un de ceux que l'on retrouve le plus constamment à la cour des comtes do Toulouse, surtout pendant les XIIe et XIIe siècles. Voici l'indication de quelques-uns des actes, chartes, traités et documents de cette époque, dans lesquels ce nom est mentionné à côté de ceux des personnages les plus nobles du pays.

En 1172, Bertrand de Ripert est témoin avec Elzéar d'Uzès, Raymond d'Uzès son frère, Raymond d'Agout et autres, à la donation du comté de Melgueil, faite par la comtesse Béatrix de Melgueil à Raymond , comte de Toulouse, duc de Narbonne et marquis de Provence.

Quatre ans après, le 3 des nones de novembre 1176, Bertrand de Ripert affirma par serment avec plusieurs des mêmes témoins et en présence de nouveaux, dont les principaux sont le cardinal Raymond d'Arènes, Adalbert, évêque de Nîmes, B. Athon, vicomte de Nîmes, Raymond des Baux, Guy de Séverac, etc., la vérité de l'acte ci-dessus. (Voir Dom Vaissette, t. 1H, aux preuves, pièce XV.)

En octobre 1178, Bertrand de Ripert, lieutenant du comte Raymond et délégué par lui (ex auctoritale domiii Baimundi comitis et ejus existente vicario), assisté des consuls et magistrats de la ville de Saint-Gilles, promulgue des règlements relatifs au logement des pèlerins et aux rapports des changeurs de monnaie avec eux , et il reçoit le serment desdits changeurs et hôteliers de les observer fidèlement. (Archives de l'empire; Trésor des chartes. Toulouse, carton II, j. 305, pièce 16.)

Le 4 des calendes de mai 1179, le même Bertrand de Ripert est présent à une ligue faite entre Raymond VI, comte de Toulouse, Raymond, seigneur d'Uzès, Pons Goncelin, seigneur de Lunel, etc., contre le vicomte de Nîmes. (Dom Vaissette, t. 111, p. XXIX.)

Hugues de Ripert, juge délégué du comte de Toulouse dans ses Etats du Venaissin, préside en cette qualité à des actes importants, en date du 9 février 1237, du 4 mai 1238, etc., etc., concernant l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, préceptorie d'Orange, laquelle avait un litige avec les héritiers de Ruffus de Mourmoiron, au sujet de l'héritage de ce dernier, donné par lui à ladite préceptorie, et dont les héritiers de Ruffus s'étaient emparés. Dans ces actes sont mentionnés comme témoins Rostaing de Ripert, chevalier, Geoffroy de Ripert, etc., etc. (Archives de l'empire; Trésor des chartes. Toulouse, carton V, j. 309, pièce cotée 17.)

Bertrand de Ripert, chevalier (de Montélimar), fut témoin avec l'évêque de Carpentras, les dignitaires du chapitre et plusieurs autres chevaliers, à l'acte par lequel Ponce d'Astoaud, délégué du comte de Toulouse restitue à trois frères du nom de la Roca, des terres que le bailli du précédent comte de Toulouse avait confisquées à la mort de R. de la Roca, leur père. Lequel acte fut fait à Carpentras, le 10 des calendes de septembre (22 août) 1267. (Archives impériales; Trésor des chartes. Toulouse, carton I, pièce 20.)

N. de Ripert, prévôt du chapitre d'Apt en 1256, puis évêque d'Apt en 1268. (Gallia Christiana, t. 1, p. 360-361, et la Chenaye-Desbois, t. XII, p. 406, etc.)

Hugues ou Hugon de Ripert testa, le 3 avril 1347, à Saint-Martin de Clelles, diocèse de Die, en faveur de son fils Lambert de Ripert. Ce dernier eut deux fils :

1. Jean de Ripert, héritier de son père, de qui sont descendues les branches de Saint-Maurin, d'Artaud de Montauban et de Monclar. Leur filiation jusques en 1778 est relatée dans le Dictionnaire de la noblesse de la Chenaye-Desbois, L. XII, p. 406 et suivantes.

2. François do Ripert, légataire de son père, qui reçut son legs de Jean son frère, le 9 mai 1412, par acte passé devant Charlaye, notaire. Sa postérité forma cinq branches, dont deux subsistent encore aujourd'hui :

A. Celle des de Ripert du Devès, représentée par sa dernière héritière, veuve de M. de Bertrand de Montfort; résidence Vaison (Vaucluse).

B. Celle des de Ripert d'Alauzier, seigneurs de Rac et de Novezan, pour qui le fief de Barri en Venaissin fut érigé en marquisat, par bref pontifical, en date du 9 juin 1789. (Repertorium camerais, L. N., fo 1092.) Résidence Carpentras et Bollène (Vaucluse.)

Jean Baptiste Joseph Elie, comte de Ripert, maréchal des camps et armées du roi, par brevet en date du 1er janvier 1784, fils de Joseph de Ripert, lieutenant-colonel dans le régiment de Hainaut, et de Albertine de la Roche Aymon, de la famille du célèbre cardinal de ce nom, grand aumônier de France et archevêque de Reims, fut grièvement blessé à Fontenoy et fait chevalier de Saint-Louis sur le champ de bataille. il avait alors vingt ans (1745). (Voir la Biographie vauclusienne, t. II, article Elie de Ripert; et l'Etat militaire de la France pour 1790, p. 69.)

J. N. Albert, chevalier de Ripert Saint-Maurin, brigadier général le 1er mars 1780. (Voir l'Etat militaire de la France, 1790, p. 77.) Il se trouvait au siége de Mahon avec son frère Joseph Elie et son cousin Joseph Gabriel de Ripert, aussi officier dans le régiment de Hainaut. Ce dernier y fut tué en montant à l'assaut.

Pierre-François de Ripert , baron de Monclar, capitaine dans le régiment de Nisas, quitta le service après la mort de son frère aîné, puis fut conseiller au parlement de Provence en 1704, procureur général au même parlement le 29 novembre 1728. Le chancelier d'Aguesseau l'avait surnommé l'Amour du bien.

J. P. François de Ripert, marquis de Monclar, conseiller du roi en ses conseils et son procureur général en la cour de parlement de Provence le 19 décembre 1732. 11 était alors âgé de vingt-deux ans. Après plus de quarante ans d'exercice de ses fonctions, il mourut dans sa terre de Saint-Saturnin les Apt, le 12 février 1773.

Le premier, depuis la révocation de l'édit de Nantes, il avait réclamé la réhabilitation civile des protestants. La première édition de son Mémoire théologique et politique sur les mariages clandestins des protestants en France est de 1750.

En juin 1768, il prit possession d'Avignon et du comtat Venaissin au nom du roi de France, et constatait ses droits à cette enclave, autrefois démembrée de la Provence dans son « Mémoire pour le procureur général du parlement de Provence, tendant à établir la souveraineté du roi de France sur Avignon et le comtat Venaissin. » (2 vol. in-8°, 1768, imprimerie royale.)

Des lettres patentes de S. M. le roi Louis XV, en date d'octobre 1769, enregistrées au parlement de Provence, le 10 janvier suivant, ont concédé à François de Ripert Monclar, pour lui et ses descendants et héritiers mâles, le titre de marquis.

Voulant, dit le préambule de ces lettres, reconnaître les services qu'il nous rend depuis trente-huit ans, dans l'exercice de la magistrature, et notamment ceux qu'il vient de nous rendre dans la restitution du comtat Venaissin à la France, et lui accorder une marque de notre faveur qui rejaillisse sur sa famille, etc., avons, etc.

Chef actuel : André Victor Amédée, marquis de Ripert Monclar d'Artaud de Montauban, fils de Joseph Auguste (1772-1839), en son vivant capitaine de frégate en retraite, chevalier de Saint-Louis et des saints Maurice et Lazare de Sardaigne, et de Thérèse Dorothée, comtesse de Sobiratz, et petit-fils d'André III et de Marie-Anne de Meyronnet auquel s'arrête la filiation donnée par la Chenaye-Desbois; marié le 19 mars 1838 à Marie Clémentine de Jerningham, fille de Edward de Jerningham, frère cadet de lord Stafford , pair d'Angleterre, et d'Emily Mary Middleton of Town-Hill (Hampshire).

De ce mariage sont issus

1. Joseph Anne Amédée François;

2. Marie Thérèse Gabrielle Victoire.

Oncle.

Jules Ange, comte de Ripert d'Artaud de Montauban, chef d'escadron de hussards en retraite, officier de la Légion d'honneur, etc., marié à Françoise Astier; sans enfants. (Il avait eu pour frères feu Joseph Auguste et André J. H. Elie, capitaine de frégate, chevalier de Malte, tué le 2 mai 1810, dans le combat naval de l'amiral de Ramatuelle contre les Anglais (voir le Journal de l'Empire, 25 mai 1810).

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de gueules, au château à trois tours d'or, qui est des ARTAUD, comtes de Die; aux 2 et 3 d'azur, à trois tours d'or, posées deux et un, qui est de MONTAUBAN; et sur le tout : de gueules, à la fleur de lys d'or, traversée par une fasce d'azur, qui est de RIPERT MONCLAR.

Les quartiers du champ, par suite du mariage d'André II de Ripert avec Rose Marie d'Artaud de Montauban, la dernière de sa maison, dans le contrat desquels il fut stipulé que les noms et armes de la maison d'Artaud de Montauban seraient relevés et maintenus par André de Ripert et ses descendants.

« Cette maison (dit Maynier dans son Livre de la noblesse illustre de Provence), qui est étrangère, a fait la branche des seigneurs de Barret, transplantée en Provence. Elle est originaire du Dauphiné, de l'illustre maison d'Artaud de Montauban. L'Histoire générale et Chorier, auteur du Nobiliaire du Dauphiné, rapportent les titres, les alliances et les faits d'armes des seigneurs souverains de Die, dont les Artaud étaient barons et comtes . Ils portent le nom de Montauban depuis le mariage de Guillaume Artaud, baron d'Aix-en-Diois, avec Isoarde de Montauban, dame de Montmaur. Charles d'Artaud de Montauban est compris dans la noblesse de Provence à cause de la terre de Barret, » etc. (Maynier, in-4°, 4719, article d'Artaud de Montauban.)

Voir pour plus de détails: le Dictionnaire de la noblesse, par la Chenaye-Desbois, t. XII, p. 406 et suivantes. Le nobiliaire de Provence, par Artefeuil, t. II, article Ripert. Le Dictionnaire de la France et des Gaules, par Expilly, article Monclar. La Francs illustre ou le Plutarque français, 42e cahier, éloge de Monclar. La Biographie universelle de Didot et toutes les Biographies générales, article Monclar. Histoire de Monclar, 4 vol. in-42. L'éloge de Monclar, procureur général au parlement de Provence, prononcé par M. Borély, procureur général à la cour royale d'Aix, à la rentrée de la cour en novembre 1843, etc., etc.

03 septembre 2005

Nobiliaire de Provence : Gassendi

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036591
pages 140 à 142
La Critique du Nobiliaire de Provence, par Barcillon de Mauvans, dit que la famille de Gassendi, originaire de Digne, est noble et ancienne, et qu'elle possédait au XVIe siècle les coseigneuries de Sigoyer et de Riès. Elle cite Marc Antoine Gassendi, seigneur de Thorame et de Tartonne, qui avait été longtemps lieutenant de sénéchal à Digne; Jean-Pierre Gassendi, seigneur de Tartonne, son fils, qui devint président aux enquêtes du parlement d'Aix. Elle ajoute que, ruiné sans doute par les guerres civiles de religion, Prosper Gassendi, frère de Marc Antoine, dérogea pour rétablir sa fortune.

A cette famille appartenait aussi, dit-on, Pierre Gassendi, qui s'est rendu si célèbre dans les sciences physiques et dans la philosophie. Né à Champtercier, près de Digne, en 1592, il embrassa l'état ecclésiastique et devint chanoine et prévôt de l'église cathédrale de cette ville. Son esprit, sa vaste érudition et ses écrits sur Aristote le firent appeler à Paris, et nommer, en 1645, professeur au collège de France. Il se lia avec Gaulée, Kepler, Pascal et les savants les plus distingués de son temps. Il mourut en 1655.

Soit qu'il y ait eu deux familles Gassendi, ou que la dérogeance ait nécessité une nouvelle ère nobiliaire, Etienne Gassendi fut pourvu, le 16 janvier 1644, d'une charge de conseiller secrétaire du roi, contrôleur en la chancellerie des comtes de Provence. Il la résigna trois ans après en faveur d'Esprit Gassendi, son neveu, qui exerça plus de trente ans la charge de lieutenant particulier du sénéchal d'Aix avec l'estime générale.

Jean-François Gassendi, frère puîné d'Esprit, fut auditeur des comptes, puis conseiller à la cour des comptes d'Aix, et racheta la terre de Campagne qui lui rendit la coseigneurie de Riès.

Joseph Louis Gassendi de Tartonne, dit l'abbé Gassendi, né à Tartonne (Basses Alpes), le 26 avril 1751, était curé de Barras, lorsqu'il fut nommé, en 1789, député du clergé de la sénéchaussée de Forcalquier aux états généraux. Il prêta serment à la constitution civile du clergé et se retira dans ses foyers à la fin de la session de L'Assemblée législative. Après la révolution du 18 brumaire (9 novembre 1799), il fut élu député des Basses-Alpes au Corps législatif, où il a siégé jusqu'en 1803.

Balthazard de Gassendi, chevalier, seigneur de Tartonne et de la Penne, maire de Digne, épousa, le 23 septembre 1738, Marguerite de Rous, soeur du marquis de Bellaffaire. (Voyez l'Annuaire de 1858, p. 219.)

Jean-Jacques Basilien, comte Gassendi, né à Digne, le 18 décembre 1748, élève au corps royal d'artillerie en 1779, jouissait déjà de la réputation d'un officier distingué dans son arme lorsque la révolution éclata. Créé chevalier de Saint-Louis en 1791, chef de bataillon en 1793, colonel, chef de brigade, le 3 mars 1796, il prit part, en ces diverses qualités, aux opérations des premières campagnes de la république. Il fut, le 18 mars 1800, nommé général; et on le désigna, dans le même temps, pour commander le parc d'artillerie du camp de réserve de Dijon. Inspecteur général d'artillerie, et général de division en 1805, il entra l'année suivante au conseil d'Etat, d'où il passa, en 1813, au sénat conservateur. Le comte Gassendi appelé à la pairie en 1844, accepta la même dignité pendant les cent jours et fut exclu de la chambre haute après la seconde restauration. L'ordonnance royale du 24 novembre 1819 lui rouvrit les portes du Luxembourg, où il siégeait encore lorsqu'il mourut le 14 décembre 1828. II ne laissait pas de postérité et sa pairie s'éteignit avec lui.

Armes: d'azur, semé d'étoiles d'or. -- Ce blason qui rappelle sans doute le mathématicien et l'astronome Pierre Gassendi, a été enregistré dans l'Armorial des pairs de France. Mais la plupart des nobiliaires de Provence donnent pour armoiries à l'ancienne souche de la famille d'azur, à un dauphin d'argent; au chef d'or, chargé de trois pieds d'aigle de sable.

Nobiliaire de Provence : Lascaris-Vintimille

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036591
pages 149 et 150

La maison de Lascaris était une des plus anciennes et des plus illustres de la Grèce, où elle possédait la souveraineté de Céphalonie. Théodore Lascaris, un de ses rejetons, ayant épousé la fille d'Alexis Ange Comnène, empereur d'Orient, monta sur le trône après la mort de son beau-père, en 1218. Mais la couronne fut enlevée à son petit-fils, Jean Lascaris, par Michel Paléologue, qui fit aveugler le jeune prince et qui éloigna ses soeurs en les mariant à des princes et seigneurs étrangers.

Eudoxie Lascaris, l'une d'elles, épousa Guillaume Pierre, comte de Vintimille, gentilhomme génois, que les révolutions de l'empire d'Orient avaient attiré à Constantinople, et qui appartenait à la branche aînée d'une ancienne famille, issue, dit-on, du marquis d'Ivrée, roi d'Italie. De leur mariage était issu Jean, comte de Vintimille et de Tende, qui releva le nom et les armes de sa mère, et dont la descendance a formé plusieurs branches connues sous le nom de Lascaris-Vintimille, et dont quelques-unes se sont perpétuées jusqu'à la fin du siècle dernier.

Les principales étaient :
  1. Celle des comtes de Tende, éteinte dès le XVe siècle dans la maison de Savoie, par le mariage d'Anne Lascaris, comtesse de Tende et marquise de Menton, avec le prince René de Savoie ;

  2. Celle des barons de Châteauneuf, qui a pris son surnom d'une baronnie située près de Grasse, en Provence, et dont un rameau se transplanta en Languedoc ;

  3. Celle des seigneurs du Castellar et d'Apremont, qui se répandirent dans le comté de Nice, et qui ont produit le grand-maître de l'ordre de Malte, Jean-Paul Lascaris-Castellar, élu en 1636. C'est de lui que le duc d'Arpajon obtint, par bulle du 30 mai 1645, le privilège de charger ses armes de celles de la religion et de pouvoir désigner un de ses fils pour être reçu grand-croix à seize ans; privilège héréditaire de mâle en mâle; et confirmé depuis, en 1741, en faveur de Philippe de Noailles, duc de Mouchy et de sa descendance mâle, par suite de son mariage avec l'héritière de la maison d'Arpajon.
On peut consulter, mais avec réserve, sur la maison de Lascaris-Vintimille, le dictionnaire de la Chenaye Desbois, tome VIII, page 729.

ARMES : écartelé, aux 1 et 4 de gueules, à l'aigle d'or, à deux têtes, couronnées du même, qui est de Lascaris, aux 3 et 3 de gueules, au chef d'or, qui est de Vintimille

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02 septembre 2005

Nobiliaire de Provence : Fortia

Annuaire de la noblesse de France
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036591
pages 138 à 140

La maison de Fortia, dont le nom se prononce Forthia, est, selon plusieurs généalogistes, issue de Bernard de Fortia, général des armées du roi d'Aragon, en 1385. Elle est connue en Provence et au Comtat Venaissin par les services distingués qu'elle a rendus, depuis quatre siècles, dans les armées et la magistrature. La filiation commence à Jean de Fortia, décédé en 1493, laissant de riches dotations aux hôpitaux de Montpellier et au couvent des frères mineurs de Saint-François dit des Cordeliers.

Marc Antoine de Fortia, fils de Jean, fit, à l'exemple de son père, divers legs en faveur des couvent et des pauvres. Sa descendance a formé plusieurs branches. Bernard, l'aîné de ses fils, continua la ligne directe éteinte en 1760, dans la personne de Jean-Joseph de Fortia, capitaine au régiment de Condé, cavalerie, et chevalier de Saint-Louis.

Jean de Fortia, frère puîné de Bernard, fut l'auteur de la ligne cadette, qui se partagea en trois branches :

I. Celle des marquis d'Urban, qui s'est éteinte il y a quelques années par le décès d'Agricole Joseph François Xavier Pierre Esprit Simon Paul Antoine, marquis de Fortia d'Urban, né en 1756, sorti de l'école royale militaire en 1773, nommé par le souverain pontife colonel du Comtat Venaissin. La révolution lui ayant enlevé cette charge, il quitta le service militaire pour s'adonner à l'étude des belles-lettres, et publia un grand nombre d'ouvrages sur l'histoire et l'archéologie. Cette branche, alliée aux Vitalis, aux Rocquart, aux Vissec de la Tude, a produit un grand nombre d'officiers qui se sont distingués dans les guerres des règnes de Louis XIV et de Louis XV.

II. Celle des marquis de Montréal, qui s'allia aux maisons de Seytres-Caumont, de Thezan, de Louet-Nogaret, de Sassenage, de Vogué, et se fondit dans la maison des ducs de Gadagne, en 1749, par le mariage de Françoise Gabrielle Charlotte de Fortia, avec Joseph Louis Marie de Galéan, duc de Gadagne. Elle avait pour auteur Jean de Fortia, né en 1553, qui reçut en partage la terre de Montréal en Dauphiné. A cette branche appartenaient Paul de Fortia, qui servait dans la marine, et commandait, en 1636, une galère appelée la Montréal ; Gaspard de Fortia, fils du précédent, blessé au combat de Gènes, en 1638, et nommé capitaine de galère, l'année suivante, sur la démission de son père.

III. Celle des ducs de Fortia, marquis de Piles, issue de Paul de Fortia, baron de Baumes, seigneur de Piles, gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri IV, en 1595. On compte parmi ses rejetons Louis de Fortia, officier de marine, qui eut le malheur de tuer en duel le fils du poète Malherbe, en 1627 ; Pierre-Paul de Fortia, baron de Baumes, frère de Louis, et colonel d'un régiment d'infanterie, qui prit le nom de Piles; Toussaint Alphonse de Fortia, marquis de Piles, aide de camp du maréchal de Villars, chevalier de Saint-Louis, né en 1714; par bulle du 14 juin 1775, le pape Pie VI érigea en sa faveur la baronnie de Baumes en titre de duché sous le nom de Fortia. Cette branche s'est éteinte en la personne d'Alphonse Toussaint Joseph André Marie Marseille, comte de Fortia de Piles, né en 1758. Il servait en qualité de sous-lieutenant au régiment du roi, infanterie, lorsque la révolution de 1789 amena la dissolution de ce corps, et il fut nommé chevalier de Saint-Louis. Il avait épousé, en 1786, une fille du président à mortier de Cabre de Roquevaire, dont il eut Alphonsine Marie Reine Caroline de Fortia de Piles, mariée 1° en 1809, à Jean-Paul de Laidet; 2° à Edouard de Malijay. De la première union était issu Alfred Jules Alphonse de Laidet, qui a été autorisé, par ordonnance royale du 21 août 1816, à ajouter à son nom patronymique celui de Fortia. Mais il est décédé à l'âge de douze ans, à Marseille, le 10 février 1824.

ARMES : d'azur, à la tour d'or, crénelée et maçonnée de sable, posée sur un rocher de sept coupeaux de sinople, mouvant du bas de l'écu. (Voyez pl. 2 du Nob.) -- Couronne ducale. -- Supports : deux lions. -- Devise TURRIS FORTISSIMA
VIRTUS.