28 octobre 2005

Nobiliaire de Provence : Agoult

Extrait de l'Annuaire de la noblesse de France - 1844
M. BOREL D'HAUTERIVE
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036573
pages 203 à 207

TABLETTES GÉNÉALOGIQUES
DES
MAISONS NOBLES DE FRANCE.

AGOULT.

La haute ancienneté de la maison d'Agoult, la quantité de ses branches, le nombre et l'étendue de ses possessions, ses services, ses places et ses alliances, ne laissent pas, dit Chérin dans les Preuves de cour, etc. de comparaison entre elle et aucune autre famille de Provence. Pour compléter cet éloge et ajouter l'éclat des vertus à l'éclat de la noblesse, il eût suffi de dire que la justice populaire a consacré le proverbe hospitalité et bonté d'Agoult ; vieil adage du roi René.

La maison d'Agoult, dont sont issus les Simiane et les Pontevès fut d'abord qualifiée princes d'Apt et barons de Sault, petits états qu'elle possédait en pleine souveraineté et dont les historiens racontent ainsi l'origine.

Lorsque les comtes de Provence, profitant de la faiblesse des rois d'Arles, fixèrent héréditairement dans leur maison le gouvernement temporaire qui leur avait été confié, d'autre seigneurs du pays, puissants par leur crédit personnel et par leurs conquêtes sur les Sarrasins, aspirèrent aussi à l'indépendance. Ils se détachèrent du comte de Provence, dont ils repoussaient la suprématie, et ils firent directement hommage de leurs possessions à l'Empereur, qui les maintint et les confirma dans tous les attributs de la puissance souveraine.

Parmi ces petits états, on distinguait ceux des seigneurs de Baux, d'Orange, d'Apt, de Sault, de Castellane, d'Aulps, de Monaco et de plusieurs grandes maisons du Dauphiné et du Comtat Venaissin. Le nom de terre adjacente fut donné à quelques-uns d'entre eux. Les possesseurs de ces alleux jouissaient d'une indépendance absolue et traitaient d'égal à égal avec les comtes de Provence, de Forcalquier, de Savoie, avec les Dauphins, etc., etc. Raymond d'Agoult, seigneur de Luc, de la branche du Dauphiné, fit la guerre au Dauphin vers 1250.

Lorsque l'accroissement progressif des familles comtales eut brisé sans retour le lien qui unissait les fiefs d'une même origine, lorsque surtout Charles d'Anjou, frère de saint Louis, devint comte de Provence, les barons de Sault cédèrent à la loi du plus fort et se soumirent à l'hommage envers Charles II. Ils conservèrent cependant la pleine suzeraineté dans leur principal domaine, et se placèrent au premier rang des barons et de la haute noblesse de Provence.

Le nom d'Agoult, adopté par les princes d'Apt, baron de Sault, au commencement du XIe siècle, est celui d'une terre située dans le diocèse de Cavaillon.

Leur ascendance, authentiquement établie par le P. Anselme et les Preuves de cour, remonte à Humbert , seigneur d'Apt, ville épiscopale, dont il enrichit l'église de ses bienfaits en 993, 1005 et 1006. Guillaume son fils et Rostaing son petit-fils imitèrent ses libéralités.

Rostaing d'Agoult fut père de Rambaud, qui épousa, vers 1080, Sancie, dame de Simiane, dont il eut deux fils. Guiran, l'aîné, surnommé de Simiane, fut l'auteur de l'illustre maison de Simiane. Bertrand Rambaud continua la souche des d'Agoult, et fut père de Guillaume, célèbre troubadour, dont la postérité s'éteignit au XIIIe siècle, et de Raymond Ier qui assista, en 1172, à la cour Plénière de Beaucaire, où la paix fut conclue entre le comte de Toulouse et le roi d'Aragon, sous la médiation de l'Angleterre. Raymond d'Agoult y figura comme témoin et comme arbitre. Il laissa d'Isoarde, fille du comte de Die, trois fils :
  1. Isoard ;
  2. Raymond II, auteur de la branche des seigneurs de Luc et de La Baume en Dauphiné, dont sont issus les deux rameaux seuls existants aujourd'hui dans les mâles, de Montmaur et de Voreppe, et ceux récemment éteints de Beauvesin, de Chanousse et d'Upaix ;
  3. Bertrand II, auteur de la branche de Curban, éteinte en 1474, et dont les biens, par un mariage, retournèrent à la branche aînée.
Isnard Ier, fils aîné de Raymond Ier, avait épousé, en 1210, Doulceline de Pontevès, dont il eut trois fils :
  1. Isnard, le second, continua la branche de Sault ;
  2. Raymond, le plus jeune, fonda celle de Frets ;
  3. Fouquet, l'aîné, héritier de sa mère, releva, dit-on, le nom et les armes de Pontevès. De lui seraient issues toutes les branches de l'illustre maison de Pontevès.
La postérité d'Isnard II forma les rameaux de Sault et de Barret : le premier s'éteignit avec Raymond III, qui suivit le comte d'Anjou dans l'expédition de Naples en 1388, tous ses biens passèrent, par le mariage de sa fille , à l'autre rameau, qui finit lui-même en 1503 par la mort de Raymond V, dont la soeur porta le nom et les armes d'Agoult dans une branche de la maison d'Artaud-Montauban, qui se fondit en 1608 dans la maison de Créqui-Blanchefort. Fouquet d'Agoult, ami et exécuteur testamentaire du roi René et oncle de Raymond V, lui avait substitué par testament son filleul Fouquet Vincent, à la charge, par ce dernier, de prendre le nom et les armes d'Agoult, avec cette différence que, dans son écu, le loup aurait un collier d'argent cloué d'or. La postérité de Vincent s'est perpétuée avec distinction, jusqu'à ce jour, sous le nom d'Agoult.

La branche des seigneurs de Luc et de La Baume des Arnauds, détachée de la souche, était représentée en 1545 par François d'Agoult, qui, unique rejeton de cette branche, laissa deux fils : Barthélemy, le cadet, fut l'auteur des comtes de Chanousse et des seigneurs d'Upaix, éteints récemment les uns et les autres ; Giraud, l'aîné, continua la souche, et il eut pour arrière petit-fils Hector d'Agoult, qui épousa, en 1650, Uranie de Calignon, dame de Voreppe. De ce mariage sont issus trois fils :

  1. Charles, l'aîné, baron de Montmaur, bisaïeul de Charles, aîné de la maison d'Agoult ;
  2. Jean, seigneur de Voreppe, aïeul de Jean Antoine d'Agoult, maréchal de camp et commandeur de l'ordre de Saint-Louis, décédé en 1826, père des deux représentants de cette branche ;
  3. François, qui forma le rameau de Beauvesin, très récemment éteint, dont les derniers représentants ont été le marquis d'Agoult, lieutenant général en 1816, mort en 1837 ; l'évêque de Pamiers, mort en 1824, et Antoine Jean, vicomte d'Agoult, mort en 1828. Ce dernier, fit les preuves de cour en 1781, fut créé commandeur de l'ordre de Saint-Lazare, lieutenant général et grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, premier écuyer de madame la Dauphine, gouverneur de Saint-Cloud, pair de France le 23 décembre 1823, chevalier du saint-Esprit le 30 mai 1825. Il avait épousé Anne Henriette Charlotte de Choisy, dame d'atours de madame la Dauphine. La vicomtesse d'Agoult a suivi cette princesse dans son exil. Elle est morte à Goritz en 1841.

I. BRANCHE DE MONTMAUR.

Charles Louis Constant, comte d'Agoult, né au château d'Arpaillargues (Gard), 13 janvier 1790, capitaine de dragons 12 février 1813, colonel de cavalerie, commandeur de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, de Saint-Lazare et Saint-Maurice de Sardaigne, et de Saint-Ferdinand d'Espagne, blessé au combat de Nangis en 1814, retiré du service en 1830, après avoir fait les campagnes d'Allemagne, d'Espagne et de France de 1807 à 1814, et celle d'Espagne de 1823 ; marié en 1827 à Marie Sophie Catherine de Flavigny, dont Claire Christine d'Agoult, née 10 août 1830.

II. BRANCHE DE VOREPPE (résidence, Voreppe).

Hector-Philippe , comte d'Agoult, né â Grenoble 16 septembre 1712, envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire du roi en Hanovre 1819, en Suède 1820, aux Pays-bas 1823, en Prusse 1827 ; pair de France par transmission de la pairie du vicomte d'Agoult 9 avril 1828, en vertu des ordonnances du 7 avril 1828 et du 30 juin 1829 qui fondent son majorat ; marié en 1823 à Henriette Louise Martin de Vaucresson, fille du dernier président du Grand-conseil, dont :
  1. Foulques Antoine René d'Agoult, né à Bruxelles 1824.
  2. Henri Théodore d'Agoult, né à Voreppe 1836.
  3. Marie d'Agoult, née à La Haye 1826.
  4. Henriette d'Agoult, née à Berlin 1828.
Et cinq autres filles en bas âge.

Frère (résidence Montluçon.)

Alphonse Charles, comte d'Agoult, né à Grenoble 17 juillet 1784, reçu chevalier de Malte de minorité, chevalier de Saint-Louis et de la Légion d'honneur, officier supérieur des gardes du corps, colonel de cavalerie, retiré du service en 1830, après avoir accompagné Charles X à Cherbourg ; marié 26 janvier 1818 à Elisabeth Stéphanie Des Champs de La Vareinne, fille du baron de La Vareinne, ancien capitaine de cavalerie et membre de la Chambre des Députés en 1823, dont :
  1. Raymond d'Agoult, né en 1825.
  2. Edouard d'Agoult, né en 1832.
  3. Mabile d'Agoult, mariée au baron de Pampullonne en Vivarais.
  4. Olympe d'Agoult, née en 1829.
  5. Alix d'Agoult, née en 1838.
III. BRANCHE DE BEAUVESIN.

Le marquis d'Agoult, dernier rejeton mâle de cette branche, est mort en 1837, ne laissant que deux filles.
  1. Marie-Césarine d'Agoult, née 23 novembre 1783.
  2. Stéphanie d'Agoult, veuve du comte de Chaponay-Saint-Julien.
Armes : d'or, au loup rampant d'azur, armé et lampassé de gueules.
Supports : deux anges.
Devise : Avidus committere pugnam.

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