02 décembre 2006

Les chevaliers français au tournoi de Cambrai en 1269

Source : Revue nobiliaire, héraldique et biographique. 1862.
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36909m/f388.item

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Le tournoi de Cambrai fut célébré le 27 mai 1269, à l'occasion du mariage de Jean, duc de Brabant, avec Marguerite de France, fille de saint Louis. Butkens (Troph. de Brabant, t. I, p. 284), parle de ce mariage en ces termes.

« Ayant pris possession de ses pays, son mariage fut traité et finalement arrêté en l'an 1269 avec Marguerite, fille de saint Louis, roi de France ; laquelle avait été promise dès l'an 1254 au prince Henri, son frère aîné. Mais la mort, envieuse de cette heureuse alliance, les vint séparer, coupant le fil de la vie de la princesse, à la fleur de son âge, en l'an 1271. »

Jean, duc de Brabant, chargea son roi d'armes de veiller au cérémonial et à la bonne tenue de la fête, à laquelle il convia les plus nobles chevaliers de France et de Brabant. Cinquante-cinq Français et cinquante-sept Brabançons répondirent à cet appel. Nicolas, évêque de Cambrai, présida la solennité. Le roi de France, le duc de Bourgogne et le duc de Brabant en furent les juges.

Le roi d'armes Gilbert, chargé de faire l'histoire de ce tournoi, s'en acquitta soigneusement et orna son travail d'un grand luxe de miniatures. J'ignore ce que son livre est devenu. J'en possède une bonne copie, d'après laquelle j'ai fait cet article. Ce livre est d'autant plus précieux qu'il donne les renseignements les plus précis sur les armoiries des familles françaises qui venaient de se former, et surtout sur celles que la famille royale venait d'adopter.

1. Le premier qui entra dans l'arène, fut Philippe de France, duc d'Orléans, frère aîné, de Marguerite : il porta un écu d'azur, semé de fleurs de lis d'or, chargé d'un lambel d'argent à trois pendants, car le roi de France saint Louis, son père, vivait encore. Son cimier était une fleur de lis fleuronnée de quatre croissants renversés d'or. Plus tard les blasonneurs ont fait de ce cimier une double fleur de lis. M. Douet d'Arcq a entrevu cette différence.

2. Le chevalier, qui suivit dans l'arène Philippe, duc d'Orléans, fut son frère puîné, Jean duc de Valois : il porta d'azur semé de fleurs de lis d'or, à la bordure de gueules. Son cimier était une fleur de lis fleuronnée de quatre croisant renversés d'or.

3. Robert, comte de Dreux, portait un écusson échiqueté d'or et d'azur, à la bordure de gueules. Son cimier était aussi une fleur de lis fleuronnée de quatre croissants renversés d'or, que les membres de la maison royale de France venaient d'adopter. Ce Robert, comte de Dreux, était fils aîné de Jean comte de Dreux et de Braine, et de Marie de Bourbon. M. Douet d'Arcq (t. 1, p. 379) rapporte, de ce Robert de Preux, un scel équestre.

4. Jean, comte de Roucy, entra dans l'arène à la suite de Robert, comte de Dreux : il porta d'or, au lion d'azur, lampassé de gueules, et pour cimier le lion de l'écu. Jean, comte de Roucy, était fils unique de Jean, comte de Roucy, et de Marie de Dampmartin.

5. Thibaut, comte de Bar, le cinquième chevalier, suivit Jean, comte de Roucy : il porta d'azur, semé de croix recroisettées d'or au pied long, chargé de deux bars d'or adossés, et pour cimier ledit écusson entre un vol d'azur et d'or. Il était le fils aîné de Henri, comte de Bar, et de Philippine de Dreux.

6. Étienne, comte de Sancerre, fut le sixième chevalier : il porta d'azur, à une bande d'argent, accompagnée de deux cotices potencées et contre potencées d'or, et pour cimier deux pieds de cheval au naturel, au sabot de sinople mis en haut. M. Pouet d'Arcq, rapporte quelques sceaux équestres des comtes de Sancerre, t. I, p. 332. Spener donne dans les Familles illustres de France (p. 97) la généalogie des comtes de Sancerre. On y voit qu'Etienne, comte de Sancerre, mort en 1288, épousa Marie de Lusignan, fille de Hugues, comte de la Marche, et que son frère, nommé Théobald, était évêque de Tournay.

7. Le chevalier qui suivit Etienne, comte de Sancerre, porta un écu de gueules, à trois pals de vair, au chef d'or, son cimier était une tête et col de cygne d'argent entre un vol d'argent et de sinople. C'était Jean, comte de Blois, fils aîné de Hugues, seigneur de Chastillon, comte de Saint-Paul, et de Marie d'Avesnes, comtesse de Blois.

8. Le huitième chevalier porta un écu écartelé, au 1er et 4ème d'argent, au lion de pourpre, et au 2ème et 3ème de gueules, au léopard lionné d'or. Son cimier était le lion du premier quartier. Il se qualifia de Bernard, comte d'Armagnac. La présence de ce chevalier dérange singulièrement la généalogie des comtes d'Armagnac, donnée par le père Anselme (t. III, p.415).

9. Thibaut, comte de Broyes, portait un écu de gueules, à trois broyes d'or rangées en fasce ; son cimier était une tête et col d'âne d'or langué de gueules. Thibaut, comte de Broyes, était fils aîné de Hugues, sire de Broyes.

10. Henri, comte de Vaudemont, portait un écu burelé d'argent et de sable ; son cimier était un vol burelé comme l'écu.

11. Le chevalier qui suivit Henri, comte de Vaudemont, entra dans l'arène le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or ; ce fut Matthieu, sire de Montmorency, portant l'écu de son illustre race, d'or, à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d'azur ; son cimier était une tête et col de chien braque au naturel. La présence de Matthieu, sire de Montmorency, au tournoi de Cambrai, qui eut lieu le 27 mai 1269, fait douter de l'exactitude du père Anselme qui affirme (t. III, p. 571) que ce seigneur partit au mois de mai pour son voyage d'outre-mer.

12. Le chevalier qui entra dans l'arène avec Matthieu, sire de Montmorency, portait comme lui, sur la tête, une couronne fleuronnée d'or. Son écusson était d'or, à trois jumelles de sable. Il se qualifia d'Emery de Gouffier, sire de Bonnivet. Son cimier était un griffon ailé d'or, armé d'une dague, issant de la couronne.

13. Le treizième combattant fut Gobert, sire d'Aspremont, portant un écusson de gueules, à la croix d'argent; son cimier était une aigle d'or aux ailes éployées d'argent. Butkens le cite dans les Annales de la maison de Lynden (p. 27), d'après André Duchesne (Histoire de la maison de Chastillon).

14. Jean, sire de Créquy, portait un écu d'or, au créquier de gueules ; son cimier était deux têtes et cols de cygnes, affrontées d'argent, becquées de gueules, tenant ensemble un anneau d'or à la pointe d'un diamant. Il était fils aîné de Baudouin, sire de Créquy, et d'Aelis, fille héritière de Matthieu, seigneur de Heilly.

15. Le quinzième chevalier qui entra dans l'arène, le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or, fut Guy, sire de Laval, de l'illustre famille de Montmorency, dont il portait l'écusson brisé de cinq coquilles d'argent, sur la croix de gueules ; son cimier se distinguait aussi par une brisure, le chien, étant colleté d'or.

16. Guillaume, seigneur de Beaumont, portait d'argent à trois tours de sinople, crénelées et maçonnées de gueules ; son cimier était une tour de l'écu.

17. Le dix-septième combattant qui entra dans l'arène à la suite de Guillaume, sire de Beaumont, fut Aymery, sire de Poitiers, nommé par le père Anselme (t. II, p. 188) Aymar de Poitiers, comte de Valentinois : il porta d'azur, à six besans d'argent, 3, 2, 1 ; son cimier était deux trompes d'éléphant d'or, le naseau en haut.

18. Le chevalier Hugues, sire d'Ailly, portait un écu de gueules, au chef échiqueté d'azur et d'argent de trois traits ; son cimier était une tête et col de chien braque entre un vol d'azur. Il était fils de Jean, seigneur d'Ailly.

19. Jean, seigneur d'Estouteville, portait un écu fascé d'argent et de gueules de dix pièces, au lion de sable brochant sur le tout ; son cimier était deux bois de cerf d'or. Jean, seigneur d'Estouteville, était, frère aîné de Robert d'Estouteville, qui avait combattu au tournoi de Compiègne, en 1238.

20. Le sire de Trie, portait un écu d'or, à la bande d'azur. Il se qualifia de Gilbaut, sire de Trie, tandis que, selon le père Anselme (t. VI, p. 663), le seigneur de Trie, qui florissait à cette époque, se nommait Matthieu. Mais il est, à remarquer que Jean de Trie, seigneur de Plessis, florissant en 1345, était surnommé Billebault, selon le même auteur. Le cimier de Gilbaut, seigneur de Trie, était une tête et col de biche d'or. M. Douet d'Arcq (t. I, p. 373) rapporte un scel équestre de Matthieu de Trie, appendu à une charte du mois de février 1262.

21. Raoul, seigneur de Reux, portait un écu d'azur, à dix besans d'or, 3, 3, 3 et 1 ; son cimier était une roue de gueules.

22. Le vingt-deuxième combattant entra dans la lice le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or, portant un écu d'or, à trois chabots de gueules. Ce fut Thibaut, seigneur de Chabot, fils de Thibaut, seigneur de Chabot, et d'Aenor, dame des Essarts. Son cimier était un chapeau antique d'azur au bout d'argent garni de pennaches de sable. Spener, dans les familles illustres de France (p. 37), dit que Aenor, dame des Essarts, était Aenor de Brosse, fille de Bernard, vicomte de Brosse.

23. Le vingt-troisième chevalier qui suivit le seigneur de Chabot, fut Guy de Lévis, sire de Ventadour : il porta d'or, à trois chevrons de sable ; son cimier était un moine de l'ordre de Saint-Augustin, de carnation, l'habit et le bonnet de sable au collet d'argent, tenant de la main dextre un bréviaire aussi de sable, à la tranche de gueules, et de la main senestre un chapelet de gueules. Tous ces détails concordent peu avec les renseignements donnés par l'historiographe Duchesne et le père Anselme qui l'a suivi (t. IV, p. 13).

24. Le vingt-quatrième chevalier entra dans l'arène le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or, portant un écu d'azur, à sept besans d'or 3, 3 et 1, au chef d'or. Il se qualifia de Jean, vicomte de Melun. Son cimier était une tête et col de taureau d'or. Le héraut d'armes Jean-Baptiste Maurice, auteur du Blason des chevaliers de la Toison d'or (p. 30), donne un autre cimier : une tête de taureau d'or au col de même coupé d'azur, chargé de sept besans comme l'écu.

25. Amaury, seigneur de Craon, portait un écu losangé d'or et de gueules ; son cimier était un vol losangé d'or et de gueules.

26. Guillaume, seigneur de Coligny, porta un écu de gueules, à l'aigle d'argent, couronné d'or ; son cimier était l'aigle naissante de l'écu sans couronne.

27. Guillaume, seigneur de Coligny, fut suivi par Oudart, sire de Mailly, portant un écu d'or à trois maillets de sinople ; son cimier était un maillet de l'écu entre un vol d'or. L'apparition de ce chevalier et de ses armoiries donne une idée peu avantageuse de la généalogie de la famille de Mailly donné par le père Anselme. L'armoirie primitive fut aux trois maillets de sinople ; on adopta ensuite comme brisure le gueules et le sable, pour distinguer les branches.

28. Jean, seigneur de Chasteauvillain, de la maison des sires de Broyes, portait un écusson de gueules, semé de billettes d'or, au lion de même brochant sur le tout ; son cimier était un lion d'or issant d'un donjon de château également d'or. Il était fils de Simon de Broyes, seigneur de Chasteauvillain, qui adopta de nouvelles armes et les transmit à sa postérité avec le nom de Chasteauvillain.

29. Bernard, seigneur de Moreuil, portait un écu d'azur, semé de fleur de lis d'or, au lion naissant d'argent ; son cimier était une fleur de lis fleuronnée de quatre croissants renversés d'or. Le seigneur de Moreuil combattit admirablement ; il se signala par sa valeur et son adresse. Le roi de France, le duc de Bourgogne et le duc de Brabant, les trois juges des prouesses du tournoi, lui donnèrent le prix. M. Douet d'Arcq (t. I, p. 689) rapporte un scel équestre de cette famille appendu à un acte de 1314.

30. Jean, sire d'Amboise, portait un écu pallé d'or et de gueules de six pièces ; son cimier était un buste de carnation vêtu de gueules, au chapeau de môme. Spener (Familles illustres de France) donne sa descendance.

31. Le chevalier qui suivit dans l'arène, le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or, porta un écu d'or, au chevron de gueules accompagné de trois aiglettes d'azur, becquées et membrées de gueules. Il se qualifia de Jacques, seigneur de la Tremoille. Son cimier était la tête et col de l'aigle de l'écu. Ce Jacques, seigneur de la Tremouille, n'est pas mentionné par le père Anselme.

32. Le chevalier qui suivit le seigneur de la Tremouille entra dans l'arène le front ceint d'une couronne fleuronnée de gueules, portant un écu de gueules, à deux fasces d'or. Ce fut Jean, seigneur de Harcourt, âgé de 71 ans. Son cimier était une roue de paon. Il avait comparu au tournoi de Compiègne en 1238.

33. Le trente-troisième combattant qui se présenta dans la lice porta un écu d'azur, à trois gerbes d'or, liées de gueules. Il se qualifia de Jean, seigneur de Brosse. Son cimier était une gerbe de l'écu. La généalogie des seigneurs de Brosse a été donnée par le père Anselme (t. V, p. 568) d'une manière incorrecte, comme le prouve la présence du chevalier Jean, seigneur de Brosse. Guillaume de Brosse, archevêque de Sens, en 1258, portait d'azur à trois brosses d'or, les manches de gueules.

34. Le trente-quatrième combattant qui s'avança dans l'arène, porta un écu de gueules, semé de trèfles d'or, à deux bars adossés de même, Il se qualifia de Jean, sire de Clermont. Son cimier était un chapeau élevé mordu par deux bars de l'écu la queue en haut. La présence de Jean, sire de Clermont, doit faire douter de l'exactitude du père Anselme, relativement à la transmission de la terre de Clermont.

35. René, sire de Carnazet, portait un écu de gueules à trois peignes d'or, à un écusson d'argent en abîme, chargé d'une couleuvre de sinople, à la bordure de gueules ; son cimier était un peigne de l'écu entre un vol, à dextre de gueules et senestré d'argent.

36. Aymery, seigneur de Rochechouart, portait un écu anté en face de six pièces de gueules et d'argent ; son cimier était une cigogne d'argent becquée d'or. M. Douet d'Arcq (t. I, p. 442) rapporte un scel d'Aimeri, vicomte de Rochechouart, appendu à une charte de 1269.

37. Le combattant qui entra dans l'arène à la suite du seigneur de Rochechouart, fut Jean, seigneur de Villers, portant un écu d'or, au chef d'azur, chargé d'un dextrochère de carnation vêtu d'hermines, au fanon de même, frangé d'argent, pendant sur le tout ; son cimier était une tête et col de coq d'argent, crêté et barbé de gueules, becqué d'or, entre un vol d'argent.

38. Le combattant qui suivit dans l'arène le seigneur de Villers, porta un écu de gueules, à trois maillets d'or. Ce fut Jean, sire de Monchy. Son cimier était une tête et col d'aigle d'argent languée d'or. Selon Spener (Familles illustres de France, p. 75), Jean, seigneur de Monchy, était fils d'Hugues de Monchy et d'Agde de Créquy; il avait épousé Agnès de Planques.

39. Le combattant qui vint dans la lice à la suite du sire de Monchy, porta d'azur, à trois sautoirs d'argent, au chef d'or, chargé de trois sautoirs d'azur en fasce. Il se qualifia de Bernard, seigneur de Balsac. Son cimier était un sautoir d'azur.

40. Le quarantième combattant porta un écu d'or, à un lion de sable. Il se qualifia d'Humbert, seigneur de Beaujeu. Son cimier était le lion de l'écu naissant.

41. Le quarante-unième combattant porta un écu de gueules, au lion herminé. Il se qualifia d'Ebeles, seigneur de Chabannes. Son cimier était un lion naissant de l'écu entre deux cornes de boeuf herminées.

42. Enguerran, seigneur de Crèvecœur, porta de gueules à trois chevrons d'or ; son cimier était deux bras élevés d'azur aux manches étroites d'or, relevées de gueules, pressant un cœur de gueules. Le héraut d'armes Maurice, dans son livre du Blason de la Toison d'or (p. 31), donne un autre cimier que la famille avait déjà adopté au XVIIe siècle deux bras élevés d'azur aux manches larges et courtes d'or, relevées d'hermines.

43. Guy, seigneur d'Allègres, portait un écu de gueules, au château d'argent ; son cimier était une tête et col de licorne d'argent bridée d'or, cornée de même. Le père Anselme donne la généalogie des seigneurs d'Alegre (t. VII, p. 702), mais il n'a pas connu Guy, le combattant de Cambray.

44. René, sire de Beauvau, portait de gueules, à quatre lions d'argent ; son cimier était un chapeau d'or, rebrassé de gueules, en pointe pommelé de sable, sommé de trois panaches de même. La généalogie publiée dans Moréri et puis dans le Dict. généal. met à tort la date de sa mort à l'année 1266.

45. Jean, seigneur de Roncherolles, portait un écu d'argent, à deux fasces de gueules ; son cimier était une roue de gueules. Tout ceci concorde fort peu avec les généalogies de la famille publiées dans le Dictionnaire de Moréri, de 1759, et ailleurs.

46. Guillaume, seigneur de Chauvigny, portait un écu d'argent, à la fasce fuselée de gueules de six pièces, au lambel d'azur à cinq pendants ; son cimier était une tête et corps de dogue de sable, colletée d'or. Il était fils de Guillaume de Chauvigny et d'Agathe de Lezignem ; il épousa Jeanne de Chastillon. M. Douet d'Arcq (t. I, p. 538), rapporte un scel équestre de Guillaume de Chauvigny, chevalier, seigneur de Châteauroux, appendu à une charte de 1267, par laquelle ce seigneur promet à Alphonse, comte de Poitiers, d'aller à la croisade. Ce Guillaume est le père du combattant du tournoi de Cambrai ; il mourut en 1270.

47. Jean, seigneur de Cantiers, portait un écu d'argent, à la croix engrêlée d'azur ; son cimier était la tête et col de griffon d'argent becqué d'or et langué de gueules.

48. Guillaume, châtelain de Beauvais, portait un écu d'argent, à la croix de sable, chargée de cinq coquilles d'or; son cimier était un buste de carnation habillé de l'écu, coiffé d'un chapeau antique de sable rehaussé d'or.

49. Le chevalier qui suivit le châtelain de Beauvais entra dans l'arène le front ceint d'une couronne fleuronnée d'or, portant un écu d'argent, semé de croisettes recroisettées de gueules, à trois molettes de même. Il se qualifia de Guillaume, seigneur de Boufflers. Son cimier était deux pieds de cheval de gueules, le sabot en haut.

50. Jacques Aymart, seigneur de Sanglier, portait un écu d'or, au sanglier de sable ; son cimier était un sanglier naissant de l'écu.

51. Jacques, sire d'Aneux, portait un écu d'or, à trois croissants de gueules ; son cimier était un chien assis d'argent.

52. Jean, seigneur de Choiseul, portait un écu de gueules, à la croix d'or, cantonnée de seize billettes de même ; son cimier était un buste de carnation habillé de l'écu, colleté de gueules, coiffé d'un chapeau de cardinal de même.

53. Le seigneur de Choiseul fut immédiatement suivi d'un noble chevalier du pays de Liège, Jean, comte de Los et de Cheny ; mais Jean, comte de Châlon, se hâta d'entrer dans la lice et de se joindre à ses compatriotes. Il fut le cinquante-troisième combattant de sa nation : il porta un écu de gueules, à la bande d'or ; son cimier était un vol d'azur plumeté de gueules chargé d'une bande d'or.

54. Godefroi de Brabant, comte d'Asschot, suivit le comte de Châlon, et fut accompagné d'Ebles, comte de Rethel, portant un écu de gueules, à deux rateaux d'or sans manche ; son cimier fut une tête et col de cheval d'argent, bridé d'or.

55. Le comte de Rethel fut suivi de Henri de Brabant, seigneur de Hestal, et de Guillaume, sire de Vergy, portant un écu de gueules, à trois quinte feuilles d'or ; son cimier était un griffon naissant d'or, ailé de gueules. L'auteur du Blason de la Toison d'or (p. 32), donne un autre cimier : une tête et col de griffon d'or.

Tous les chevaliers des deux nations combattirent avec une égale adresse. Leurs prouesses furent généralement applaudies. Les Brabançons, se piquant d'honneur, s'efforcèrent de rivaliser avec les chevaliers français.

Wauthier, seigneur de Quaderebbe, et Gossuin, seigneur de Stalle, mortellement blessés, succombèrent le jour même à leurs blessures.

Au milieu de tant de vaillants champions, se distinguèrent tout particulièrement : le seigneur de Moreuil, Wauthier Berthout, seigneur de Malines, et Gérard, sire de Murbais. Leurs prouesses furent acclamées ; aussi les juges du tournoi décernèrent-ils le prix à ces seigneurs.

Les restes mortels des seigneurs de Quaderebbe et de Stalle furent pompeusement ramenés en Brabant et ensevelis auprès de leurs ancêtres.

GOETHALS, de Bruxelles.

4 commentaires:

ALBa a dit…

Bonjour,

Il me faut signaler une erreur dans votre représentation de l'écu d'argent engrêlé d'azur.

Je connais personnellement bien cet écu et la famille qui le portait à cette époque même, c'est celle de Jean de Hulluch, sgr dudit lieu.
L'érreur est dans le graphisme engrêlé.
Vous le représentez avec les pointes tournées vers l'intérieur de la croix alors qu'elles doivent l'être vers l'extérieur.
L'érreur est un peu comme si vous représentiez la couronne d'épines du christ avec ses piquants à l'intérieur au lieu d'à l'extérieur ...
Tous les traités d'héraldique (voire le site Héraldique & Noblesse) le confirment ...
Cordialement

Gilles a dit…

Merci de votre remarque, vous avez tout à fait raison et j'ai corrigé...

La Criante a dit…

Bonjour,

D'où vient l'erreur concernant les armes de Jean de Choiseul ? Le champ de l'écu devrait être en effet d'azur comme vous l'avez représenté et non de gueules comme le précise le blasonnement. Cependant, ce blasonnement, si j'ai bien compris l'historique, a été rédigé au XIXe d'après les dessins (perdus ?) originaux réalisés au XIIIe siècle (pas de blasonnement à l'époque). Est-ce une erreur de transcription de GOETHALS ? Merci par avance pour votre réponse.
Cordialement.
La Criante.

Gilles Dubois a dit…

Dans l'article de Mr Goethals, il est bien écrit de gueules et non d'azur mais je ne sais pas d'où vient l'erreur...