05 janvier 2008

La famille Arouet de Voltaire

Source : Annuaire de la noblesse de France 1869 page 198
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36597m/f210.item


La famille Arouet ou Arrouet, que quelques généalogistes disent avoir été anoblie par les charges (Beauchet Filleau, Dictionnaire de la noblesse du Poitou), était originaire de Loudun, où elle habitait déjà au quinzième siècle. Son nom s'écrivait souvent avec deux r ; et c'est sous cette forme qu'on le rencontre dans le registre officiel de l'Armorial général de France de 1696 et dans tous les almanachs royaux de 1708 à 1745, où figurent le père et le frère aîné de Voltaire comme receveurs des épices de la chambre des comptes.

Bonaventure Arouet rendit une déclaration d'héritage au baron d'Hervault le 25 mars 1599, et Marie Arouet en avait rendu une autre le 25 mai 1595. Pierre Arouet était procureur fiscal du comté de Secondigny (Poitou) en 1627, et Samuel Arouet fut notaire de 1618 à 1641. La filiation peut être établie comme il suit :
  1. Jean Arouet, tige de cette famille, fut receveur de la ville de Loudun dès 1408 ; il épousa Marie Thomassine, fille de René Thomassine, receveur de Loudun en 1402.

  2. Thomas Arouet, leur fils, élu en l'élection de Loudun, épousa, en 1437, Denise Vollain, dont il eut :
    1. René, qui continue la descendance ;
    2. Simonne Arouet, femme de Louis Guerinet, frère de l'évêque de Poitiers Léo Guerinet (1456).

  3. René Arouet, né à Loudun en 1440, notaire à Saint- Loup, composa des poésies inédites, et mourut le 24 octobre 1499, suivant son épitaphe qui se voyait jadis dans l'église de Saint-Pierre. De Jeanne Duguet, sa femme, il laissa un fils, qui suit :

  4. Robert Arouet, procureur en l'élection de Loudun, ne vivait plus en 1538. Il avait épousé Jacqueline Aubery, morte en 1327, dont :
    1. Jean II, qui suivra ;
    2. René Arouet, procureur à Poitiers en 1538 ;
    3. Jeanne Arouet, mariée à Michel Voltaire, receveur, et décédée avant 1538. (C'est sans doute au souvenir de ce parent que l'auteur de la Henriade emprunta son surnom de Voltaire.)

  5. Jean II Arouet, greffier en l'élection de Loudun, puis notaire à Saint-Loup, mourut en 1583, laissant de Marie Bayon, fille d'un notaire :
    1. François Ier, qui continuera la filiation ;
    2. Claude Arouet, né à Saint-Loup, qui périt à Poitiers, dans le massacre de la Saint-Barthélemy ;
    3. Pierre Arouet, trésorier de France en la généralité de Tours, mort le 14 avril 1596 ;
    4. Marie Arouet, religieuse augustine à Poitiers.

  6. Francois Ier Arouet, né à Saint-Loup, syndic puis bailli de sa ville natale, mourut en 1627. Il avait épousé Catherine Barlaud, fille de Samuel Barlaud, greffier de la ville de Saint-Loup, et de Marie Dupuis. Leurs enfants furent :
    1. Samuel Arouet, notaire à Saint-Loup ;
    2. François II Arouet, qui suivra ;
    3. Pierre Arouet, avocat du roi en l'élection de Thouars, marié à Françoise Bodin, dont a. Jérôme Arouet; b. Marie Arouet, marraine du père de Voltaire.

  7. François II Arouet vint s'établir à Paris, où il fit le commerce des draps, et où il épousa, en 1647, Marie Mallepas (alias de Malpart), dont il eut :
    1. François, qui suit ;
    2. Marie Arouet, femme de Mathieu Marchant, bourgeois de Paris, qui assista comme témoin au mariage de son frère.

  8. François III Arouet, fils de François Arouet, marchand, et de Marie Mallepas, baptisé, le 22 août 1649, en l'église Saint-Germain l'Auxerrois, eut pour parrain Nicolas Brodin, maître chirurgien, et pour marraine Marie Arouet, fille de Pierre Arouet, avocat du roi en l'élection de Tours, sa cousine. (Reg. de l'état civil de Paris.) Il était notaire en 1683, comme on le voit par son acte de mariage, dont voici un extrait : « Le 7 juin 1683, François Arouet, âgé d'environ trente-deux ans, conseiller du roy, nottaire au Châtelet de Paris, fils de feu François Arouet et de Marie de Malpart, avec Marie Marguerite Daumard, âgée de vingt-deux ans, fille de Nicolas Daumard, cydevant greffier criminel du parlement de Paris, et de Catherine Carteron ; en présence de 1° Pierre Ouvreleul, escuyer, secrétaire du roi ; 2° Mre Nicolas-Siphorien Daumard, escuyer, capitaine du chastel de Ruel et frère de la mariée ; 3° Marie Arouet, femme de Mathieu Marchant, bourgeois de Paris, et soeur du marié. » (Reg. de la paroisse de Saint-Germain l'Auxerrois.) Il prit la qualité de receveur des épices de la chambre des comptes, lorsqu'il fit enregistrer ses armes, au mois de janvier 1698, dans l'Armorial général, au bureau établi vis-à-vis de l'horloge du Palais. C'est donc une erreur que de dire avec quelques biographes qu'il ne fut nommé qu'en 1701 receveur des épices, fonctions transformées dans la Vie de Voltaire par Condorcet en celles de trésorier de la chambre des comptes, et dont le titre officiel (voir les almanachs royaux) était payeur des épices et receveur des amendes de la chambre des comptes. C'était le 10 octobre 1696 qu'il avait été nommé à cette charge. Il mourut vers 1724, ayant eu de son mariage :
    1. Armand Arouet, né en 1685, succéda à son père, le 29 décembre 1721, dans les fonctions de payeur des épices et de receveur des amendes de la chambre des comptes ; il fut un janséniste ardent, un partisan du diacre Pâris et des convulsionnaires, dont il est accusé par quelques écrivains d'avoir séduit les plus jolies ; Voltaire, dans une de ses lettres, semble croire qu'il était marié secrètement. (Décembre 1737.) Il laissa un Recueil de convulsions, manuscrit qui de la bibliothèque de Voltaire a passé dans celle de l'impératrice de Russie ; il mourut, le 18 février 1745, sans alliance ;
    2. François Marie Arouet de Voltaire, qui suit ;
    3. Marie Arouet, née en 1690, morte en septembre 1726, qui avait épousé, en 1709, Pierre-François Mignot, correcteur des comptes, dont elle eut : a. Louise Mignot, qui, veuve, en avril 1744, de M. Denis, ancien officier, devenu commissaire des guerres, tint la maison de Voltaire, et, après la mort de ce frère, se remaria, en 1779, à M. Duvivier, et mourut en 1790 ; b. François Mignot, né en 1711, conseiller correcteur à la chambre des comptes, mort en juin 1740 ; c. Marie Elisabeth Mignot, née en 1715, mariée, en mai 1738, à Nicolas Joseph Dompierre de Fontaine, veuve en 1756, remariée, le 7 mai 1762, à Philippe Antoine de Claris, dit le marquis de Florian, oncle du fabuliste, et décédée en 1771 ; son fils, Dompierre d'Hornoy, député, mourut en 1828 ; d. Alexandre Jean Mignot, né vers 1725, militaire, puis abbé et conseiller clerc au grand conseil, mort en 1790.

  9. François Marie Arouet de Voltaire est né à Paris le 21 novembre 1694, suivant son acte de baptême, dont voici le texte, collationné sur l'original : « Le lundy 22e jour de novembre 1694 fut baptisé dans l'église de Saint-André des Arcs, par M. Bouché, prêtre vicaire de ladite église, soussigné, François Marie, né le jour précédent, fils de Me François Arouet, conseiller du roy, ancien notaire au Châtelet de Paris, et de demoiselle Marie-Marguerite Daumart, sa femme ; le parrein, messire François de Castagnier, abbé commendataire de Varenne, et la marreine, dame Marie Parent, épouse de M Simphorien Daumart, escuyer, controlleur de la gendarmerie du roy. » Mais les actes de l'état civil, qui devraient être le miroir de la vérité, cachent trop souvent des irrégularités. (Voyez l'Annuaire de 1868, p. XVI, et celui de 1849-1850, p. 271.) Il paraît que Voltaire était né à Châtenay, et non à Paris, le 20 février et non le 24 novembre 1694. C'est lui-même qui l'affirme dans une lettre de 1765. On explique cette divergence en disant que l'enfant était né si faible qu'il fallut attendre neuf mois pour le déclarer, et que l'on déclara alors une fausse date de naissance pour dissimuler ce long retard.

    Après sa sortie de la Bastille (le 10 avril 1718), il ajouta et plus tard il substitua au nom d'Arouet celui de : de Voltaire, espérant, dit-on, être plus heureux sous cette nouvelle dénomination, qui était, selon les uns, l'anagramme d'Arouet le jeune, qu'il avait empruntée, selon d'autres, à une des terres de sa famille maternelle. (Voyez plus haut notre opinion à ce sujet, à la fin du IVe degré.) Voltaire mourut le 30 mai 1778, et avec lui parait s'être éteint le dernier rejeton mâle de sa famille.
Armes : d'or, à trois flammes de gueules.

Voir aussi :
  1. La généalogie de Voltaire sur Geneastar

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