24 février 2008

La famille de Scudéri

Source : Annuaire de la noblesse de France 1879 page 183
Gallica/BnF : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36606r/f199.item

Armes : écartelé, aux 1 et 4 de gueules, au lion d'or ; aux 2 et 3 d'argent ; à trois marteaux de gueules.
Cette famille, dont le nom s'écrit aussi Scudéry et que des biographes disent originaire du royaume de Naples, était établie dans la ville d'Apt dès le quatorzième siècle. Jean Scudéri avait épousé, par contrat passé à l'Isle-sur-la-Sorgue en 1360, Marguerite Isnard ou des Isnards (fille de Pierre Isnard, chevalier, et de Pompée d'Astres), qui avait reçu en dot la somme de 1.000 florins d'or. Sébastien Scudéri (dont le nobiliaire du comté Venaissin reproduit le nom sous la forme latine Scutifer), avait épousé par contrat passé au Thor, le 7 avril 1480, Lucrèce de Guast, fille de Pierre de Guast, deuxième du nom, et de Madeleine de Rousset.

Georges de Scudéri (alias de Scudéry), lieutenant du Roi au Havre, avait épousé Marie de Brilly, d'une famille normande de la généralité de Rouen, maintenue dans sa noblesse le 6 février 1666. Il eut de cette union : 1° Georges, dont l'article suivra ; 2° Madeleine de Scudéri, née au Havre le 15 juin 1607, écrivain célèbre, auteur du roman de Cyrus et de celui de Clélie, où elle traça la carte du Tendre ; son esprit la fit rechercher par les plus grands seigneurs de la cour et par tous les hommes de talent et de science. Un de ses plus intimes amis était Pellisson, qu'elle égalait en laideur. Elle mourut à Paris, le 2 juin 1701, en sa maison de la rue de Beauce. Elle avait fait enregistrer ses armes en 1697, au bureau de la rue Saint-Antoine (Reg. de Paris, tome II, page 208), où elle est qualifiée Madeleine de Scudéry, fille.

Georges de Scudéri, né au Havre, le 11 avril 1601, servit d'abord dans le régiment des gardes-françaises ; mais il quitta la carrière des armes pour cultiver la poésie et la littérature théâtrale. Il fut loin d'y relever sa fortune, et Richelieu, pour le retirer de sa position par trop modeste, le nomma en 1642 gouverneur du château de Notre-Dame de la Garde, petit fort délabré près de Marseille,

Gouvernement commode et beau,
A qui suffit pour toute garde
Un suisse avec sa hallebarde
Peint sur la porte du château.

Chapelle et Bachaumont, qui le visitèrent en 1665, ajoutèrent quelques vers plus loin, dans le récit de leur voyage :

Le gouverneur de cette roche,
Retournant en cour par le coche,
A depuis environ quinze ans
Emporté la clef dans sa poche.

Au mois d'octobre 1647, s'était répandu dans Paris le bruit de la mort de Georges de Scudéri, que la Gazette de France annonçait en ces termes :
Avignon, le 16 octobre 1647. On a ici appris la mort du sieur de Scudéry, arrivée à une lieue et demie au-dessus de Valence, au passage de la rivière de l'Isère, par l'ouverture du bateau qui se fendit, en venant de Paris avec une sienne soeur, pour se rendre à son gouvernement du Fort de Nostre-Dame de la Garde de Marseille, dont le roy défunt l'avait honoré depuis quelques années à la recommandation du feu cardinal duc de Richelieu, qui avait en singulière estime son bel esprit et sa grande capacité dans la poésie.
Cette phrase un peu amphigourique, où l'on cherche de quelle soeur il s'agit, prouve que dès cette époque les journaux n'étaient pas mieux écrits ni mieux renseignés que de nos jours ; car, quelques pages plus loin, la Gazette de France se rectifiait ainsi :
Avignon, le 23 octobre 1647. Le bruit de retour du sieur de Scudéry en son gouvernement et la perte d'un bateau qui s'est ouvert au-dessus de Valence, au passage de la rivière de l'Isère, dans lequel estoyent quelques personnes de condition, avoyent donné lieu à la nouvelle qu'il y estoit péri avec sa compagnie ; mais il ne se trouve rien de vray en ce que je vous en ay escrit que les louanges qu'on lui a données.
Georges de Scudéri, reçu membre de l'Académie française en 1650, mourut le 14 mai 1667. Il avait épousé Marie-Madeleine Dumoncel de Martinvast, alias Marie-Françoise du Moncel de Martinvast, née en 1627, décédée le 6 septembre 1711, à Paris, paroisse Saint-Sulpice. De cette union était issu un fils, né en 1662, qui eut pour parrain le duc de Saint-Aignan, et pour marraine mademoiselle de Montpensier. Georges de Scudéri, sur la fin de sa vie, était devenu d'une grande piété, et son fils embrassa l'état ecclésiastique.

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