25 février 2012

Coutray de Pradel

COUTRAY-DE-PRADEL, famille noble et ancienne, originaire de Gascogne, qui dès les temps les plus reculés s’est distinguée par son attachement à ses légitimes souverains, et dont le zèle n’a jamais été altéré, ni par les circonstances des temps, quelque critiques qu’elles ayent été, ni par les différentes révolutions que le fanatisme a suscitées en France, pendant les quatorzième, quinzième et seizième siècles. Le parti de la Ligue ayant subjugué toute la Gascogne, Samatan, principale ville du Comminges, fut la seule de ce canton qui résista avec succès aux armes de Montgomery, des Guise et des Joyeuse. Les plus anciens registres de l’administration politique et économique de cette ville, font mention de la maison de Coutray-de-Pradel, comme d’une famille qui jouissait, dans la province d’une grande considération acquise par le patriotisme, et par le zèle avec lequel elle a toujours servi ses rois, soit dans les armées, soit dans le gouvernement politique.

Parmi plusieurs anecdotes honorables qui lui sont particulières, et relatives au temps de la Ligue, on lit dans les Annales manuscrites de la ville de Samatan : « Que, le 4 février 1589, noble Arnaud de Coutray-de-Pradel, militaire, et premier consul de cette ville, fut instruit, par le premier président du parlement de Languedoc, son parent, que les ligueurs favorisés par une partie des Samatanais, devaient incessamment surprendre dans la nuit, et s’emparer du château et de la ville de Samatan. Coutray fit provision de munitions de guerre et de bouche. Il intimida et harangua le peuple et les soldats, et les fit tous se déclarer en faveur du roi. » C’est ainsi que Coutray fit échouer le projet des Ligueurs, et qu’il maintint sa patrie dans la fidélité qu’elle devait à son légitime Souverain. Les ennemis d’Henri IV se vengèrent et saccagèrent les fertiles campagnes qui environnent la ville de Samatan ; ils pillèrent les maisons, et enlevèrent les bestiaux, et s’attachèrent surtout à dévaster les fermes et possessions d’Arnaud de Coutray ; ils incendièrent son château de Pradel, où étaient les archives de sa maison ; ce qui fut cause de la perte totale des titres de cette ancienne maison, et que nous n’en pouvons commencer la généalogie qu’à cette époque, d’après les titres originaux, vérifiés par M. d’Hozier, en 1726.
  1. Noble Jean de COUTRAY, chevalier, seigneur de Pradel, épousa 1.° le 1er juillet 1530, N*** de Cobral, morte en 1546 ; 2.° le 13 juillet 1547, Marie de Mont, veuve de noble Pierre de Lamarque, dont elle avait des enfants. Jean testa le 8 septembre 1567, et son épouse, Marie de Mont, le 12 novembre 1591, laissant :
    Du premier lit :
    1. Arnaud, mort sans postérité ;
    2. Arnaud de Coutray, dont l’article viendra.
    Du second lit :
    1. Simon-Bernard, qui, par le testament de son père, fut avantagé de deux domaines considérables, Racon et Varennes, qu’Arnaud prétendait lui être substitués par son bisaïeul paternel ; il les laissa à sa mort, à sa mère ;
    2. Charles, mort sans hoirs, et qui fit aussi sa mère héritière de son bien ;
    3. Françoise, mariée le 1er décembre 1560, à noble François de la Queille ;
    4. Garcie d’Arnaud, mariée avec Thomas de Lagardie.
     
  2. Noble Arnaud DE COUTRAY, Ier du nom, écuyer, seigneur de Pradel, homme d’armes des ordonnances du roi, compagnie de Monberaud, épousa 1.° en 1569, Jeanne de Beaulac, d’une ancienne noblesse, alliée aux maisons de Montesquiou, de Massancome et de Montluc, sœur de Jacquette de Beaulac, mariée à N*** de Paulo, frère du grand-maître de Malte de ce nom, laquelle décéda en 1590 ; 2.° Anne de Canselade, dont il n’eut point d’enfants. Ce fut lui qui, en 1589, sut si bien maintenir la ville de Samatan, dans l’obéissance due au roi. Il avait testé en partant pour la guerre en 1586, et mourut au mois de décembre 1598, laissant de sa première femme :
    1. Arnaud, dont l’article suit ;
    2. Simon-Jacques ;
    3. Anne ;
    4. Françoise ;
    5. Jeanne de Coutray.
     
  3. Noble Arnaud DE COUTRAY, IIe du nom, écuyer, seigneur de Pradel, homme d’armes des ordonnances du roi, ainsi qu’il appert par un acte du 27 novembre 1592. Il épousa, 1.° le 3 octobre 1596, Jeanne de Benoît, fille de messire Pierre de Benoît, conseiller au parlement de Toulouse, et de Béatrix de Robert ; 2.° le 21 juillet 1607, Catherine de Fleurian, fille de noble Michel de Fleurian, seigneur de Calomé et de Marguerite de Labarthe-Giscaro.
    De ces mariages sont issus :
    Du premier lit
    1. Sébastien.
    Du second lit :
    1. Michel, dont l’article suit ;
    2. Jean-Sébastien de Coutray, qui partagea les biens de son père, et transigea sur les biens respectifs de sa mère, le 26 novembre 1626.
     
  4. Noble Michel DE COUTRAY, Ier du nom, écuyer, seigneur de Pradel, fut successivement enseigne des gardes du roi, capitaine commandant une compagnie de cent hommes du Comminges, puis aide-de-camp du duc d’Epernon. Il se trouva, en 1628, au siège de la Rochelle, et les années suivantes, aux barricades de Suze et au siège de Cazal. Il assista également à la prise de Pignerol, en Piémont, au siège de Montmélian et à la prise de Saluces, en 1639. Il avait épousé N*** de Chavaille de Baziliac, à la mort de laquelle il embrassa l’état ecclésiastique. Il mourut prêtre le 20 juin 1671, laissant :
    1. Bernard, dont l’article viendra ;
    2. Sébastien de Coutray, enseigne de la compagnie colonelle du régiment de Roquelaure, mort à Roses, en Catalogne, où il était en garnison ;
    3. Catherine de Coutray ; mariée, le 4 mai 1699, à noble Pons Beaudar, seigneur de Lisle.
     
  5. Bernard DE COUTRAY, écuyer, seigneur de Pradel, né à Samatan, le 5 février 1643, entra au service en 1664, et parvint au grade d’officier dans la compagnie franche de cavalerie de M. de Richel. Il fut compris dans le nombre des officiers français qui allèrent en Hongrie, au secours de l’empereur, contre les Turcs, et fut blessé à la bataille de Saint-Godar. Il fut nommé lieutenant des chevau-légers de la compagnie du seigneur de Broissia, par brevet du roi, le 8 octobre 1683. Il rendit hommage au roi, conjointement avec son père, en 1667, pour leurs biens de Baracon. Il épousa, le 10 février 1668, Anne de Daux. Il eut de ce mariage :
    1. Michel, qui suit ;
    2. Madeleine, morte sans alliance.
     
  6. Michel DE COUTRAY, IIe du nom, écuyer, seigneur de Pradel, né à Samatan, en 1668, fut successivement cadet gentilhomme à Bedfort, en 1687, sous-lieutenant en 1689, lieutenant, dans le régiment de Bretagne, en 1695, cornette et ensuite lieutenant au régiment de Fimarcon, dragons, aide-major en 1705, chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, en 1706 ; capitaine au régiment de Guyenne, dragons, en 1707, puis au régiment de Bonnèles, en 1719. Il reçut d’honorables blessures à l’affaire de la vallée d’Engrogne, à celle du col de Fenestrel, à la bataille de Marsale et à l’affaire de Crémone. Il avait assisté au siège d’Ath et du Quesnoy, en Flandres, de Coni en Piémont et de Montmélian en Savoie. II testa le 18 mars 1733, laissant de son mariage contracté, le 30 juillet 1713, avec Marie Poitevin :
    1. Louis-Michel, dont l’article suit ;
    2. Anne de Coutray, mariée à Marc-Antoine de Fleurian, seigneur de la Ligne ;
    3. Jeanne-Marie-Bartholomée de Coutray, épouse en 1757, de N*** chevalier Baudean Parabère ;
    4. Marie-Anne, reçue à Saint-Cyr, après ses preuves de noblesse, en 1726, décédée au moment d’y entrer.
     
  7. Louis-Michel DE COUTRAY, écuyer, seigneur de Pradel, en Gascogne, et de Saint-Georges-Lavalade, en Saintonge, lieutenant au régiment de Bonnèles, dragons, le 1er décembre 1721, puis lieutenant au régiment de Montmorency, quitta le service pour cause de maladie. Il épousa, à Saintes en 1749, Julie de Pamouzion de Nieul. Il testa au mois d’octobre 1761, laissant de son mariage :
    1. Michel-Nicolas-Henri, qui suit ;
    2. Marie-Julie de Coutray, mariée à N*** Bureau de Civrac.
     
  8. Michel-Nicolas-Henri DE COUTRAY, écuyer, seigneur de Pradel et de Saint-Georges-Lavalade, baron de Nieul, né le 19 janvier 1751, reçu garde-du-corps du roi, compagnie de Villeroi, en 1768, capitaine de cavalerie le 3 juin 1779. Il s’est émigré, en 1791, en Espagne, où il a fait là guerre dans l’armée du roi catholique, sous les ordres des généraux Ricardos et la Union, jusqu’à la paix de 1795. Il a épousé 1.°, à Toulouse en 1783, Alexandrine-Elisabeth de Lavaud, fille de noble Pierre de Lavaud et de dame du Bois de Boutaric ; 2.° Marie-Françoise-Mélanie de Manny, fille de N*** de Manny, ancien major de place d’Angoulême, et chevalier de l’ordre royal et militaire de Saint-Louis, qui s’est aussi émigré, et a servi à l’armée des Princes. Il a :
    Du premier lit :
    1. Pierre-Marie-Michel-Eugène, né le 11 avril 1784.
    Du deuxième lit :
    1. Marie-Thérèse-Rose-Clotilde.
Armes : « D’or au chevron d’azur accompagné de trois faucons éployés de sable, armés de gueules, deux en chef et un en pointe, pour timbre une couronne de comte, et pour supports deux griffons d’or, armés et lampassés de gueules. »

Source : Nobiliaire Universel de France, Tome II, page 256

BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36862s

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