24 octobre 2005

Aperçu historique sur le château de Barbentane

Annuaire de la noblesse de France - 1854
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N0036582
pages 279 à 280
Les Cimbres et les Teutons ayant fait une halte an confluent de la Durance et du Rhône, y établirent un camp retranché. Cette construction donna peu après naissance à la localité désignée par les historiens sous les noms de Bellinto, Barben et enfin Barbentane.

Tour de Barbentane

En 728, les Sarrasins démantelèrent Barbentane, que Charles Martel reprit sur eux et entoura des remparts qui s'y voient encore.

En 879, Barbentane fut possédé par Rostaing, archevêque d'Arles, qui en restaura le château.

En 945, la seigneurie de Barbentane passa à Béranger II, comte de Provence.

En 1276, Hugues de Saint-Pésaire fut nommé claari du château de Barbentane par le comte de Provence.

En 1305, Clément V, premier pape d'Avignon, fut suzerain-banneret de Barbentane.

En 1356 et le VI des calendes de juin, l'empereur. Charles IV accorda à l'évêque d'Avignon le droit de battre monnaie au château de Barbentane.

En 1365, Anglic Grimoald, cardinal-évêque d'Avignon et frère du pape Urbain V, flanqua l'ancien château de la grande tour, qui coûta 4,000 florins d'or.

En 1474, le roi René, et en 1482 le roi Charles du Maine inféodèrent les seigneuries de Graveson et de Barbentane à Pierre de Robin, chef de la famille des Barbentane.

En 1596, le sire de Crozes assiégea Barbentane, où s'était enfermé le duc d'Epernon, lieutenant d'Henri IV. Ceux de Graveson marchèrent contre les assiégeants, et les mirent en déroute.
En 1642 le cardinal de Richelieu, remontant le Rhône de Tarascon à Lyon, coucha à Barbentane.

En 1680, le grand Condé, pour la querelle de qui le sire de Robin avait aliéné sa seigneurie de Graveson, lui vint faire une visite dans son château de Barbentane. A son retour près de Louis XIV, il lui vanta tellement la beauté du site, que la grand roi eu aurait accru son domaine, si son désir n'eût été vaincu par le quatrain suivant, que lui adressa le marquis de Barbentane Robin :

Eh! Qu'est-ce donc pour toi, grand monarque des Gaules, Qu'un peu de sable et de gravier ? Que faire de mon isle ?... Il n'y croit que des saules, Et tu n'aimes que le laurier !

En 1759, la grande tour du château de Barbentane servit d'observatoire à Cassini pour lever sa carte de France.

En 1792, le château de Barbentane succomba sous le marteau révolutionnaire, et ses ruines, d'abord vendues comme bien national, furent, par la suite, rachetées par la famille des Barbentane Robin, qui les ont restaurées au point d'en faire un des monuments les plus remarquables de l'époque féodale.

Voyez : la Chesnaye-des-Bois ; Robert de Briançon ; Vertot ; Pithon-Curt, histoire de Provence ; l'histoire du roi René ; l'histoire universelle de la Noblesse de Provence ; la Critique du Nobiliaire de Provence ; et les Archives d'Angers, d'Aix, de Tarascon, d'Avignon, de Malte, etc., etc.

Barbentane sur le web :

2 commentaires:

Juliett a dit…

Le quatrain que vous citez et qui, si ma mémoire est bonne, est gravé sur une plaque à l'entrée de la tour de Barbentane, n'a jamais été écrit par le Marquis de Barbentane Robin (il parle du reste d'une île ; on voit mal le rapport avec le château), mais par Gilles de Roubin, président de l'académie d'Arles et dont les œuvres en vers ont été publiées au XVIIème siècle. Elle contiennent ce quatrain, cité par plusieurs auteurs (dont Frédéric Mistral).
Un exemplaire des œuvres de Gilles de Roubin est à la biliothèque de France ; un autre dans ma famille...

Gilles a dit…

Merci Juliett pour cette correction.