15 novembre 2008

Famille Bouvier de Montmeiran et de Cachard

BOUVIER DE MONTMEIRAN ET DE CACHARD, famille d’une noble et ancienne extraction, originaire du Dauphiné, établie en Vivarais depuis environ deux cent cinquante ans. Elle s’est alliée avec celles de Tournon, Sassenage, Labeaume, Montmeiran, Montauban-Jarjaie, Brunier de l’Arnage, et plusieurs autres des plus considérables de ces deux provinces.

Un grand nombre de lettres de convocation pour l’arrière-ban ont adressées aux chefs de cette famille, depuis le commencement du quinzième siècle jusques au dernier arrière-ban, et vingt-six sont conservées encore dans ses archives. Elle a fourni, dans ses différentes branches, plusieurs capitaines qui ont servi leurs princes et leur pays avec honneur et courage : l’histoire du Dauphiné en cite quelques-uns avec éloge.

Pierre DE BOUVIER-MONTMEIRAN, seigneur de Chaban, jouissait d’une grande réputation, comme homme de guerre ; on en trouve la preuve dans une lettre que lui adressa un baron de Sassenage. André de Bouvier était également un capitaine très-distingué, et le connétable de Lesdiguières, en lui écrivant, le nomme son frère, son compagnon et son parfait ami, comme on le voit dans l’histoire de ce connétable, par Louis Videl.

Le premier de cette maison que l’on connaisse aujourd’hui par titres authentiques, est :
  1. Jean DE BOUVIER, Ier du nom, seigneur de la maison forte de Bouvier, qui vivait en 1376, et habitait à Curson. II est rappelé dans un arrêt du parlement de Dauphiné, rendu en l’année 1491, existant en original, dans lequel on lui donne la qualité suivante : « Noble homme, Jean de Bouvier, écuyer, Nobilis vir, Joannes Boverii, scutifer. ». Dans ce même arrêt, il est reconnu et constaté qu’il était issu d’une noble et ancienne race, et qu’il avait contracté alliance avec une demoiselle de sa province. On prouve depuis lui la filiation la mieux suivie. Il eut pour fils :

  2. Artaud DE BOUVIER, qui fut compris, au rang des nobles dans une révision de feux faite dans la province du Dauphiné, en 13xx ; il fut convoqué pour l’arrière-ban et épousa, comme son père, une fille de qualité. Il est aussi rappelé dans l’arrêt du parlement, où il est fait mention de cette alliance. Il laissa :
    1. Pouson de Bouvier, qui suit ;
    2. Remond de Bouvier, qui fut la tige des Bouvier de Chabert. Cette branche, qui a donné un grand nombre de capitaines dans divers régiments, a subsisté plus de trois cents ans. N*** de Bouvier de Chabert, dernier rejeton de cette famille, entra dans la maison de Rostaing.

  3. Pouson DE BOUVIER et ses frères sont au rang des nobles du mandement de Clérien, dans une révision de feux faite le 3 juillet 1438. Ils y sont désignés sous le nom d’héritiers de noble Artaud de Bouvier : « Hoeredes nobilis vin Artaudi Boverii nobiliter viventes. » Il épousa, le 12 février 1446, Jeanne de Morvilliers, fille de Jean de Morvilliers, seigneur de Morvilliers-Pouson est qualifié, dans son contrat de mariage « Homme noble et distingué Nobilis et distinctus vin. ». Il naquit de ce mariage :
    1. André, dont nous allons parler ;
    2. Fortunat, dont le petit-fils Antoine n’eut que deux filles ;
    3. Charles qui eut plusieurs enfants, tous morts sans postérité.

  4. André DE BOUVIER et Charles son frère, justifièrent de leur noblesse devant le parlement de Grenoble. Cette cour souveraine, dans un arrêt en date du 24 septembre 1491, dont nous avons déjà fait mention, reconnaît et déclare qu’ils sont issus d’une noble et ancienne race ; et les maintient dans lest honneurs, rang, titres, privilèges et exemptions attribués aux vrais gentilshommes de la province et du royaume, dont eux et leurs ancêtres ont toujours joui. André de Bouvier se maria, le 29 octobre 1475, avec Fleurie de Bertrand, fille de N. de Bertrand d’Alissans, écuyer, dont il eut :
    1. Hugues ;
    2. Claude, mort sans enfants.

  5. Hugues DE BOUVIER reçu des lettres de convocation pour l’arrière-ban, et épousa, le 27 septembre 1519, Marthe de la Beaume. De ce mariage, vinrent :
    1. Pierre de Bouvier, qui suit ;
    2. Jacques mort, sans enfants mâles, en 1597 ;
    3. Mathieu, qui mourut également sans enfants, en 1585 ;
    4. Antoinette, mariée à N***.

  6. Pierre Ier DE BOUVIER, capitaine de cent hommes de pied, s’allia, le 22 janvier 1544, avec Jeanne de Montmeiran, fille de Louis de Montmeiran, seigneur de Chaban. Elle recueillit tous les biens de sa maison qui lui étaient substitués, et les porta dans celle de Bouvier. L’acte de substitution charge ses enfants de joindre le nom de Montmeiran au leur, et d’en écarteler les armes, qui sont d’azur semé de franc. C’est à Pierre de Bouvier, seigneur de Chaban, qu’était adressée cette lettre d’un baron de Sassenage, dont j’ai déjà parlé ; elle est écrite en vieux style, et parfaitement conservée. Comme elle et un témoignage de la considération distinguée dont jouissait le seigneur de Chaban, et qu’elle prouve l’alliance de sa maison avec celle de Sassenage, je vais la transcrire ici littéralement.
    « Monsieur de Bouvier, ayant été mandé par monseigneur le duc du Maine, pour l’aller treuver avecques la compagnie de Henri Monsieur son fils pour l’occasion qu’il se présente des Reitres, et sachant que vous avez toujours recherché les belles occasions et ne pouvant présenter une plus belle que celle-cy et là où il y aye plus d’honneur et de réputation, je me suis pancé vous faire cette m’estant toujours promis d’être honoré de votre amytié, si vodriez faire ce voyage et qualissions ensemble, nous asseurant qui me ferait l’un des plus grands contentements que je scarais recevoir, et en tous les endroits ou me vodrez employer pour nous assister et faire servisse je le feray et sa dailleuirs de cette affection que scariez désirer d’ung qui nous apartient, et de telle ceste que je me recommande humblement à vos bonnes graces priant le créateur vous donner monsieur de Bouvier en parfaite santé heureuse et longue vie. Votre humble allié affectioné à vous faire servisse. Signé de SASSENAGE. P. S. Monsieur de Monteson (de Clermont Monteson) me mande que m. le Seneschal de Montelimart nous doit apporter pour faire deux Montres. A Montellier le 20 juin 15xx. »
    La suscription de cette lettre est à M. de Bouvier, mon cousin, à Curson.
    Pierre de Bouvier laissa :
    1. Pierre IIe ;
    2. Bonaventure et Jean, morts sans enfants.

  7. Pierre IIe DE BOUVIER-MONTMEIRAN, seigneur de Chaban, était capitaine, et servit dans l’arrière-ban. Il épousa, le 19 juin 1588, Claudine de Brunier de l’Arnage, fille de Jean de Brunier, seigneur de l’Arnage et Tain en Dauphiné. Il naquit de ce mariage :
    1. Jean-Pierre ;
    2. Claudine, mariée à Jacques de Murynais.

  8. Jean-Pierre Ier DE BOUVIER-MONTMEIRAN, capitaine au régiment de Montclard, se maria le 4 mars 1627 avec Catherine de Ferrand de la Motte-Teste, fille de Claude de Ferrand, seigneur de la Motte-Teste, baron d’Urtail et de Cornas, chevalier de l’ordre du roi, habitant au château de Borgard près St.-Péray, et de Catherine de Geix. Il en eut :
    1. Jean, baron de Montmeiran, d’Urtail, etc., capitaine de cavalerie, qui fut père de François de Bouvier-Montmeiran, baron d’Urtail ; mort sans postérité ; et de Louise, qui épousa Claude-François de Coston, mousquetaire du roi, nommé à la majorité de Valence en 1677. Elle porta dans cette famille les baronnies de Cornas et d’Urtail.
    2. Claude, mort sans enfants.
    3. Jean-Pierre, dont l’article suit.

  9. Jean-Pierre IIe DE BOUVIER, chevalier de Montmeiran, seigneur de Chaban, était capitaine au régiment de la Tourrete ; il servit dans le dernier arrière-ban de la province du Languedoc, que commandait M. le marquis de Montfrin. Il se maria en 1672 avec Marguerite du Roux de Jarjaie-Montauban, dame de CACHARD, fille et héritière de René IIe du Roux de Jarjaie-Montauban, seigneur de Jarjaie et Cachard, capitaine commandant au régiment de Nérestan, et d’Esther de Galbert des Fonds. Sont issus de ce mariage :
    1. François de Bouvier, qui suit ;
    2. Jean-Pierre, connu sous le nom de chevalier de Cachard, qui servit dans la maison du roi, et mourut sans enfants ;
    3. Louis, capitaine d’infanterie, également mort sans enfants.

  10. François DE BOUVIER, seigneur de CACHARD, capitaine d’infanterie, épousa en 1709 Françoise Aimard, dont il eut :
    1. François-Alexis, qui suit ;
    2. N*** Chevalier de Cachard, capitaine de cavalerie au service de S. M. catholique, et commandant la ville de Valence dans le royaume de ce nom. Il est mort laissant plusieurs enfants, dont deux servaient dans la maison du roi avant la révolution d’Espagne, et deux autres dans le régiment de Tarragone ;
    3. N*** de Cachard, mariée à N. d’Athenol des Tourrettes, capitaine d’infanterie ;
    4. Madeleine qui avait épousé Laurent de Planta-Wildenberg, et fut mère de Marc-Antoine Planta de Wildenberg, ancien officier au régiment de Barrois.

  11. François-Alexis DE BOUVIER DE CACHARD, seigneur dudit lieu, lieutenant au régiment d’Auvergne, reçut plusieurs blessures au siège de Prague en 1774. Il fut capitaine au régiment de Bouillon, et épousa en 1744, Jeanne-Françoise du Trémolet de la Cheisserie, fille d’Antoine IIIe du Trémolet de la Cheisserie, seigneur du Trémolet de la Cheisserie, Craux et Montagu, capitaine au régiment de la Chaux-Montauban, et de Marguerite de Barjac de Roucoule. Ils ont laissé dix enfants.
    1. Louis-François, Ier du nom, né en 1766, élève du roi à l’école militaire de Tournon, lieutenant au régiment d’Agenois. Accusé d’avoir conspiré pour le rétablissement de la royauté, il a été condamné à mort par le tribunal révolutionnaire en 1793 ;
    2. Hercule-Annet-Christon, qui suit ;
    3. Louis-François IIe, né en 1768, élève du roi à l’école militaire de Sorèze, lieutenant au régiment de royal-infanterie. Il est mort en Allemagne sans être marié ;
    4. Jean-Humbert, né en 1770, lieutenant d’artillerie au régiment de La Fère, et qui obtint une compagnie dans la même arme au service d’Angleterre. Il s’est marié à Moscou avec une demoiselle Lewanski ;
    5. Louis-François IIIe, élève d’artillerie, qui est passé dans les colonies en qualité de lieutenant dans un régiment d’artillerie anglaise, et s’y est marié avec N*** de Rougemont ;
    6. Placide également destiné à l’état militaire avant la révolution ;
    7. Auguste, élève du roi à l’écoIe militaire de Tournon ; il fut forcé d’en sortir en 1792 ;
    8. Trois filles, Jeanne-Françoise, Adélaïde et Antoinette-Eugénie.

  12. Hercule-Annet-Christon DE BOUVIER DE CACHARD, né le 5 novembre 1767, porta d’abord le nom de chevalier de Cachard, et fut ensuite destiné à l’état ecclésiastique. Il a possédé pendant dix ans environ le prieuré commendataire de Notre-Dame de Lassas, diocèse de Viviers. Il est aujourd’hui le chef de sa famille et habite au château de Cachard en Vivarais. Ayant fat partie de la députation du canton de St.-Péray qui est venu féliciter le roi Louis XVIII sur son heureux retour dans es états, S. M. a bien voulu lui accorder la décoration du lys. Il a épousé le 16 février 1803, Marie-Julie de Baussancourt, fille d’Edme-François-Marcel de Baussancourt, baron de Baussancourt, seigneur de Dolancourt, Vauchonvilliers, et autres terres dans la province de Champagne, capitaine de cavalerie et cheval de l’ordre royal et militaire de St. Louis, et de Marie Madeleine Jacobé de Vienne. De ce mariage sont nés :
    1. Hercule-Louis-Gaston, né le 31 juin 1807.
    2. Marie-Madeleine-Alexia, née le 16 février 1802.
Armes : « De gueule à trois rencontres de taureau d’or, panachée de même ; deux en chef, une en pointe : ce sont les armes simples de Bouvier ; mais Bouvier-Montmeiran écartèle d’azur, semé de France qui est de Montmeiran.»

Source : Nobiliaire Universel de France, Tome I, page 275
BnF/Gallica : http://gallica.bnf.fr/document?O=N036861

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